Cartulare : U turisimu, scontru cù Cesar Filippi

U RIBOMBU - César Filippi, sous votre impulsion une nouvelle organisation professionnelle a vu le jour : A FIDIRAZIONI DI L‘UPARAGHJI DI U TURISIMU CORSU. Dites-nous tout ! A qui s‘adresse ce moyen de revendication, quel est le sens de votre lutte, qui sont vos interlocuteurs, et le but global de votre action ? A FIDIRAZIONI DI L‘UPARAGHJI DI U TURISIMU CORSU, est ouverte à tous les professionnels qui, de manière directe, induite ou périphérique, vivent en Corse de l‘industrie du Tourisme. Elle prêche la refonte totale de ce secteur d‘activité, afin que l‘île passe d‘un Tourisme de cueillette à un Tourisme maîtrisé, à taille humaine, et respectueux de l‘homme dans son environnement et sa culture. Elle souhaite asseoir autour de la même table de travail tous les acteurs d‘une transversalité, pierre angulaire du Tourisme de demain dans le monde. A FIDIRAZIONI a comme finalité d‘institutionnaliser cette démarche par la création d‘une Chambre des Métiers du Tourisme qui regroupera sur une plate-forme commune de réflexion, de travail et de propositions, les 22 secteurs d‘activité qui ont d‘ores et déjà rejoint nos rangs. U RIBOMBU - L‘époque actuelle a vu une évolution pour le moins chaotique de la conjoncture... Les enjeux habituels sont-ils à redéfinir ? Un bateau sans gouvernail finit toujours par s‘échouer, ou couler. Le Tourisme en Corse n‘a jamais été planifié ! Longtemps qualifié comme : “le mal nécessaire“ personne ne s‘en est préoccupé ! Ce joyau a donc été abandonné à la prédation sauvage et il a attiré toutes sortes de rapaces qui n‘ont été freinés qu‘un temps par ce que d‘aucuns ont appelé la “violence politique“. Aujourd‘hui, le constat est amer : cette fabuleuse ressource échappe pour l‘essentiel aux indigènes et provoque, c‘est compréhensible, un véritable phénomène de rejet par une partie de la population. Le problème est que ce rejet global touche également les 30 000 familles Corses, qui en vivent depuis déjà quelques décennies. Ces familles qui, il y a un demi-siècle, ont choisi cette voie pour pouvoir vivre en Corse du fruit de leur travail ! Seraient-elles restées en Corse si elles n‘avaient pas opté à l‘époque pour le Tourisme ? Mais il est évident qu‘une très profonde refonte s‘impose ! U RIBOMBU - La crise sanitaire peut apparaître comme une mise à mort de notre économie, comment vous organisez-vous pour appréhender et répondre à cette situation catastrophique ? Quand un secteur d‘activité représente 33% du PIB d‘une Région, une Île-montagne, avec de surcroît une faible démographie... tout s‘arrête brutalement. C‘est bien évidemment très préoccupant pour l‘ensemble de son économie ! Mais la Pandémie n‘est que le révélateur et l‘accélérateur de tous les maux dont souffre l‘île. Mais il ne faudrait pas que la COVID soit l‘arbre qui cache la forêt. Elle révèle également l‘important retard qui n‘a cessé de se creuser, au niveau des infrastructures lourdes, au cours des dernières décennies ! Mais, la crise aiguë que connaît aujourd‘hui l‘hébergement Professionnel est due aux dysfonctionnements que ce secteur traîne comme de lourds boulets et surtout aussi à l‘émergence du PARA-TOURISME qui à commencé il y a 20 ans et qui, depuis, ne cesse de croître ! Il représente aujourd‘hui plus de 70% de l‘offre totale de l‘hébergement dans l‘île : il est le cancer de la Corse ! U RIBOMBU - Notre pays restera toujours un pays touristique. Dans quel sens entendez-vous cet état de fait, comment faudra-t-il orienter notre offre pour répondre à ces nouvelles attentes ? Votre constat est très juste, mais je vais y ajouter 6 mots pour faire sourire les lecteurs : “À l‘insu de notre plein gré“. Et ma réponse sera sous forme de métaphore, et évitera une très longue démonstration. Quand un pays a la chance de posséder un diamant brut de cette taille et qu‘il est situé à 1h30 de toutes les capitales européennes: On n‘a pas le droit de le vendre en pieces détachées. On n‘a pas besoin d‘en tailler les facettes pour répondre à tel ou tel autre phénomène de mode ! On n‘a simplement qu‘à en polir les facettes les mettre en évidence puis étaler et limiter à convenance les flux de visiteurs pour éviter de ternir ce joyau. Voilà les principes de base ! Et bien évidemment ne pas omettre de prioriser enfin le Tourisme professionnel qui crée la valeur ajoutée et la forte incidence sociale comme l‘a clairement défini le PADDUC. Aujourd‘hui ces mêmes acteurs sont contraints de mener un combat permanent, à armes inégales, contre le Para-Tourisme ainsi que contre la différence des coûts d‘exploitation entre la Corse et le continent pour pouvoir travailler. Sans une intervention très énergique de la part de l‘ÉTAT, ils sont voués à disparaître. U RIBOMBU - César, avez-vous déjà identifié quels outils mobiliser pour répondre aux crises et se projeter dans un nouveau développement ? La CDC et les Corses pourront-ils répondre aux attentes en termes de formation, et d‘investissements ? La demi-saison de 2020 à répondu à une partie de votre question ! De quoi avons-nous le plus souffert la saison dernière ? Des carences générales et récurrentes dont souffre la Corse depuis 2 siècles et demi ! Des manques d‘équipements structurants de tout ordre, y compris sur le plan sanitaire ! Des Transports, toujours très chers et inadaptés à la réalité de la demande actuelle ! Car le Touriste part plus souvent, mais pour de plus courts séjours. Et nous travaillons sur des segments de saison beaucoup trop courts ! La Formation est sous-dimensionnée, car les besoins sont de 24 000 saisonniers, et nous n‘en formons qu‘une centaine par an. Ainsi elle ne répond pas aux critères prioritaires clairement définis par les objectifs du PADDUC. Il est certain que la CDC n‘a pas les moyens financiers pour répondre aux besoins d‘une incontournable refonte ! C‘est à l‘Etat qu‘il appartient d‘agir. Et cela à plus d‘un titre. Le premier et le plus lourd est de rétablir l‘équilibre qu‘il a très largement participé à rompre en faisant de la Corse un «Paradis Fiscal» pour les Spéculateurs Urbi et Orbi mais au grand dam de la population et des Professionnels locaux ! LA FIDIRAZIONI a fait une proposition à l‘ÉTAT pour qu‘il accorde un Crédit d‘impôt spécifique de 50% sur 7 ans. Cette mesure est aujourd‘hui indispensable au tissu professionnel familial existant afin qu‘il retrouve le Marché que l‘ÉTAT a largement contribué à lui faire perdre ! Sans cette mesure, tous ces établissements disparaîtront dans des ventes à la bougie, pour réapparaître sous forme de résidences secondaires...ou bien, sous la “griffe“ acérée des majors de l‘hôtellerie, ou des multinationales ! U RIBOMBU - Enfin, toute activité est censée produire une plus-value : quelle intégration sociale pour le tourisme corse, comment partager les fruits de cette activité surtout si le statu quo reste la règle en politique institutionnelle ? Il faut avoir comme objectif premier de tout faire pour favoriser le développement d‘un Tourisme transversal établi sur l‘année ! C‘est le fil rouge que va suivre A FIDIRAZIONI avec l‘ensemble de ses partenaires. L‘action Touristique peut rester le générateur des flux. Mais pour cela il faut également changer les logiciels de la promotion et des transports ! Et il faut surtout cesser de faire croire que le salut des entreprises tient dans le simple fait d‘augmenter la fréquentation en période de crête. Le plus grand danger se situe à ce niveau ! C‘est tout simplement la marche silencieuse vers le concept de « Tout Tourisme » qui n‘ose pas dire son nom ! U RIBOMBU - Vous savez également le rôle identitaire et crucial, pour notre destination, des productions locales, qu‘elles soient agro-alimentaires, ou artisanales. Voudriez-vous jouer également un rôle dans la défense de ses activités ? Un Tourisme transversal, sinon, quoi d‘autre ? La plupart des acteurs économiques des secteurs que vous citez ont déjà rejoint A FIDIRAZIONI ! Et d‘ailleurs c‘est une opération gagnant, gagnant ! Car la mise en pratique des circuits courts est une chance et surtout aujourd‘hui. C‘est une énorme image de marque publicitaire pour l‘offre réceptive corse ! La Corse possède le potentiel, les matériaux et les hommes ! Il manque la volonté collective, le pouvoir, les moyens financiers, et «puis la partition et la formation de la chorale». C‘est très exactement ce que nous avons initié et qui restera le cœur de projet et la mission que s‘est fixée A FIDIRAZIONI !

Cartulare : A salute, una priurità maiò (3/3)

Parolla libera : De la réalité scientifique à la parole politique Le mois de janvier 2020 les autorités sanitaires Européennes actent l’arrivée du coronavirus SARS-COV2 en Europe. Agnès Buzyn, ministre de la santé à l’époque et elle même docteur en médecine déclare alors « que le risque d’importation du virus depuis Wuhan est pratiquement nul et que le risque de propagation est très faible ». Cela s’est révélé bien évidemment faux, mais comment une ministre de surcroit médecin peut-elle prévoir le mode de propagation d’un virus ? Ainsi que la diminution de sa contagiosité ? Ce dernier paramètre ne se faisant que par mutation du virus, ce paramètre étant imprévisible. Les tests PCR étaient alors à l’époque qualifiés « d’extrêmement couteux » et de non réalisables par une bonne partie des laboratoires d’analyses médicales, il faut savoir qu’une RT-PCR dure 1h45 et permet de mettre en évidence le matériel génétique viral dans un prélèvement naso-pharyngé c’est une technique de biologie moléculaire simple, basée sur l’amplification du matériel génétique durant plusieurs cycles, cette technique étant déjà réalisée pour la détection d’autres virus comme les HPV (papillomavirus), il est impensable de dire que la biologie moléculaire n’est pas quelque chose d’accessible. Fin mars le premier confinement se met en place, les soignants doivent alors faire face, sans maques ffp2, à un nombre croissant d’hospitalisations pour un nombre réduit de tests. Les masques médicaux sont indisponibles et qualifiés d’inutiles or la contamination s’effectue par voie aérienne. Une stratégie épidémiologique simple mais efficace aurait été de tester massivement puis d’isoler et enfin d’administrer un traitement viable et non couteux, à la place nous avons eu droit à une spéculation sur des médicaments dont la stratégie moléculaire était assez peu fiable, toujours dans un seul et même but qui est l’enrichissement des sociétés pharmaceutiques assez proches de l’Etat … Les premières annonces étaient donc complètement mensongères, elles avaient pour seuls objectifs  le maintien de la population dans l’ignorance, permettant ainsi une installation progressive de la peur dans la vie quotidienne, ceci afin de masquer des décisions de plus en plus catastrophiques. Un des tournants de l’épidémie fut le refus de mise en place d’un green pass pour notre île durant l’été, à des fins purement monétaires, la mutation du SARS-COV 2 ayant été détectée en Espagne au cours de la saison estivale, il est donc facilement arrivé sur l’île car aucuns tests n’ont été fait au préalable pour au minimum gagner du temps. Viens le tour de l’ARS (agence régionale de la santé) qui fait un bulletin journalier parlant d’incidence (nombre de cas positifs divisé par un échantillon de la population durant une période donnée), à l’heure où l’information doit être de plus en plus claire, ils décident de noyer le poisson avec des termes certes adaptés à l’épidémiologie mais inadaptés à un public lambda, didactiser un savoir n’est pourtant pas une chose compliquée. Ils entretiennent également un climat néfaste de peur annonçant une augmentation chaque jour du nombre de cas, cette augmentation se faisant également en parallèle du nombre de personnes testées il est normal de trouver plus de positifs si il y a plus de personnes qui vont se faire tester. Les conséquences mentales de l’épidémie bien qu’ignorées sont pourtant bien présentes et vont de pair avec les restrictions : couvre feu, fermeture des bars et restaurants, des lieux culturels, des salles de sport ces dernières étant essentielles à l’immunité ainsi qu’au bien être physique et mental et ce malgré les alertes incessantes de la communauté scientifique, l’état français fait comme à son habitude la sourde oreille et instaure un rythme de vie dans lequel il n’y a que le travail qui est présent. L’Ecole quant à elle reste ouverte se déguisant alors en garderie nationale, devenant un véritable cluster et mettant en danger la vie des enseignants à qui l’on donne bien volontiers des masques à composants toxiques (DIM) pour s’enfermer dans des classes de plus de 30 élèves avec pour seule consigne sanitaire « d’ouvrir les fenêtres ». Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale possède également une vision bien personnelle de l’épidémiologie, en effet pour lui il n’y a pas de contaminations dans ce lieu « sacré » , si il y en a c’est que les enseignants, ces victimes faciles et parfaites, font mal leur boulot. Inutile de lui dire que les élèves ont du mal à porter un masque durant 8h00 et que ceux en tissu ne sont d’aucune utilité, ils peuvent êtres néanmoins considérés comme un vecteur de contamination car ils sont humidifiés par la respiration et deviennent un véritable eldorado pour la prolifération microbienne. A l’heure où les contaminations se multiplient et le couvre feu est de plus en plus tôt, on s’aperçoit que finalement les lieux culturels, les bars, les restaurants, les salles de sports, en résumé tout ce qui fait vivre un monde, ne sont que très peu impliqué dans la propagation du virus. La stratégie mensongère du gouvernement Français empirant tous les mois la crise que nous connaissons est bien loin d’être terminée. Angèle Filippi

Cartulare : A salute, una priurità maiò (2/3)

Un chu en corse, la condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île François Benedetti, elettu di u gruppu Corsica Libera à l‘Assemblea è presidente di u culletivu per a creazione d‘un centru ospidalieru universitariu ci parla di a crisa è di a pruposta di un CHRU : « En tant que médecin généraliste exerçant dans le secteur de plaine orientale depuis plus de quarante ans, j‘ai été confronté maintes fois à la problématique des soins en milieu rural mais également aux difficultés de traiter en Corse les patients qui nécessitaient l‘intervention de praticiens hautement spécialisés. Aujourd‘hui conseiller territorial, ayant eu à connaître cette forte vague épidémique de covid 19 qui a obligé les hôpitaux insulaires à se réorganiser grâce à la forte mobilisation des équipes soignantes, il devient extrêmement important de sortir du sous-développement structurel et humain que nous connaissons en matière sanitaire. L‘histoire de la Corse dans les domaines économiques et sociaux a souvent démontré le mépris dont nous avons été l‘objet de la part des puissances colonisatrices. Le premier conflit mondial aux mobilisations de fratries entières envoyées en première ligne en est un exemple parmi tant d‘autres. L‘absence de perspectives de développement économique, d‘autonomie de gestion fiscale, de maîtrise de l‘urbanisme sont des preuves flagrantes de ce que j‘avance. En matière sanitaire, la problématique est la même et j‘affirme avec vigueur que le saupoudrage d‘aides ou d‘avancées de ci de là concédées par les préfets de santé en place sur l‘île ne sont pas suffisantes pour lutter contre la désertification médicale, pour assurer une permanence des soins qualifiés, et pour permettre à nos patients de pouvoir recevoir en Corse les soins spécifiques auxquels ils ont droit. C‘est une question d‘équité et de justice qui une nouvelle fois dans ce domaine est bafouée. Une requête évoquée il y a une dizaine d‘années par Corsica Libera Le plan Corsica 21 il y a plusieurs années posait déjà les grandes lignes de l‘avènement d‘une assistance publique des hôpitaux de Corse, un projet novateur qui regrouperait structures médicales publiques et privées de l‘île. Aujourd‘hui, les petites batailles gagnées (les Smur, les scanner et Irm implantés) ne sont pas la grande victoire que j‘appelle de tous mes voeux. Une victoire pour laquelle je ne suis pas seul à me battre puisqu‘un collectif composé de professeurs universitaires et de professionnels de santé travaille sur le projet d‘un centre hospitalier régional universitaire, une entité multi sites répartie sur la Corse entière et qui n‘oublierait personne. Le projet de CHRU n‘est pas comme le pensent certains une utopie, les mêmes peut être qui jadis ne croyaient sûrement pas à la création de l‘université de Corse. Aujourd‘hui cette dernière fonctionne bien et nos étudiants développent ainsi une conscience collective et intellectualisée de ce que nous sommes et des combats que nous menons. Le concept de CHRU a également reçu le soutien de la Collectivité en premier lieu lors d‘une motion portée par Jean Guy Talamoni validée par l‘exécutif puis par la contribution du président de l‘assemblée de Corse au Segur de la santé. Comment en effet s‘opposer lorsque l‘on défend le peuple corse à la création de services de formation et de recherche médicale, comment renoncer à la formation de médecins en permettant aux étudiants en médecine de l‘île de réaliser leurs années d‘étude à Corte ? Un centre hospitalier multi-sites réhausserait sur tout le territoire le niveau de l‘interventionnel, la qualité des soins et lutterait efficacement contre le manque cruel de spécialistes qui obligent nos malades à partir sur le continent. Le développement de structures de recherche à Corte, l‘installation en centre corse d‘un TEP scan accolé à un cyclotron en capacité de fournir aux opérateurs les isotopes nécessaires est un axe sérieux de travail. Nous avons en Corse et dans la diaspora des compétences certaines qui ne demandent qu‘à s‘exprimer. De nombreux jeunes corses postulent actuellement pour la première année de médecine à Corte. De la même manière des mesures incitatives pourraient être prises pour attirer sur l‘île un corps professoral universitaire pré-retraité ou retraité en lui allouant des aides à l‘installation ou des avantages fiscaux. La fin de la dépendance sanitaire De nombreuses pistes sont à étudier et le collectif que je préside envisage la création d‘un conseil scientifique restreint consacré à l‘étude de faisabilité de ce CHRU. Comme je le signifiais precédemment, d‘éminents professeurs universitaires ont été contactés, certains d‘entre eux ont co-signé la pétition pour un centre hospitalier universitaire. Ce conseil scientifique sera à même d‘apporter sa cotribution aux travaux menés depuis quelques semaines par la commission médicale de l‘assemblée de Corse. La responsabilité de l‘état dans le sous developpement hospitalier et sanitaire de la Corse est engagée. Il semblerait au vu de la frilosité des mesures prises par le gouvernement et ses représentants en Corse qu‘il n‘existe pas une volonté de permettre à l‘île d‘accéder à une médecine moderne de haut niveau. Quelque soient les domaines d‘exercice régalien, notre jeunesse est maintenue dans une dépendance totale y compris du point de vue de la formation médicale. Cette proposition de CHRU a obtenu de la part de l‘ensemble des formations politiques insulaires le consensus. Cette idée maîtresse de l‘émancipation de l‘île d‘un point de vue médical a le soutien total de la population confrontée trop souvent à des difficultés d‘accession aux soins. Cette inéquité anti constitutionnelle doit être combattue et je m‘y emploierai de toutes mes forces. » François Benedetti

Cartulare : A salute, una priurità maiò (1/3)

« Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action de Corsica Libera » Depuis des décennies, le courant historique représenté par Corsica Libera au sein du mouvement national, porte des propositions innovantes en matière de santé. Le système de santé est une des bases de la nation Corse Indépendante de demain, ainsi lorsque ce sujet est venu au centre de l‘actualité depuis le début de la crise sanitaire, Corsica Libera et ses élus ont porté à nouveau leurs revendications au sein du débat public. Le système Français qui restreint aujourd‘hui fortement la marge de manoeuvre des élus de la Corse, est également celui qui a conduit méthodiquement à détruire l‘offre de santé publique dans son propre Pays et de facto, sur notre terre, déjà sous développée dans ce domaine, comme dans de nombreux autres. Emmanuel Macron, digne héritier des politiques libérales qui ont mené l‘Hôpital public au bord du gouffre s‘est improvisé cette année en sauveteur d‘un secteur dont il a contibué à l‘affaiblissement et a annoncé en grande pompe son Ségur de la santé, un emplâtre sur une jambe de bois, dénoncé par les soignants et qui aujourd‘hui encore, peine à montrer des résultats tangibles. Au mois de Mai 2020, le groupe Corsica Libera à l‘assemblée de Corse, par la voix du Docteur François Benedetti, proposait dans le cadre de ce Ségur la création d‘un CHU ainsi que la réévaluation du coefficient géographique déterminant les moyens alloués à la Corse. Dénonçant le fonctionnement et l‘utilité même de l‘ARS, il a demandé à ce que ses compétences soient transférées à la Collectivité de Corse. En Juillet 2020, c‘est au tour de Jean Guy Talamoni de se positionner sur le sujet, en réitérant les demandes effectuées par le groupe Corsica Libera et en y intégrant les suivantes : - La construction d’une stratégie territoriale de la santé coordonnée - La création d’un CHR-U multi-site et d’une Assistance Publique Corse à conseil de surveillance unique - Le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse. - La valorisation des compétences, des formations et des rémunérations des personnels de santé. Nous souhaitons porter un éclairage particulier sur les personnels des services d‘aide et d‘accompagnement à domicile (SAAD) qui n’ont pas démérité pendant la crise et qui ne doivent être les grands oubliés. - L’autonomisation du régime d’assurance maladie ce qui existe déjà en Alsace-Moselle. - La reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité. - L’assurance de l’équité dans l’accès aux soins. À ce jour, l‘État a donné à ces revendications la même réponse qu‘à toutes celles formulées par la Collectivité de Corse depuis 2015, à savoir le refus ou le silence. La Santé est une des principales préoccupations des Corses et de Corsica Libera depuis de nombreuses années. Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action présenté pour la première fois par Corsica Libera en 2010 et réactualisé fréquemment depuis. La question de la santé publique y occupe une place centrale (16% du document final). Bien que cela soit une compétence de l’Etat, en tant que représentant des intérêts matériels et moraux du peuple corse, Corsica Libera œuvre, à travers ses militants et ses élus, depuis des années, afin que soient reconnues nos particularités liées à la démographie, l’insularité et la ruralité en termes de santé publique. Nous n’avons pas attendu la crise du COVID-19 pour rendre hommage à nos personnels soignants et pour les soutenir. Hommage et soutien que nous réitérons régulièrement. En effet, nous avons été très souvent aux côtés (et parfois même les initiateurs) des mobilisations des personnels médicaux libéraux, des personnels hospitaliers ou encore des élus et des populations visant à améliorer le système de santé corse. Nous dénonçons depuis plus d’une décennie l’inertie d’une administration d’Etat (Agence Régionale de la Santé de Corse) qui cherche à appliquer en Corse des méthodes inefficaces conçues pour les mégalopoles françaises dont l’objectif inavoué consiste seulement à réaliser des économies. Dès l’accession des nationalistes aux responsabilités, les élus Corsica Libera ont ainsi fait créer une commission santé à l’Assemblée de Corse. Cette commission aura servi à auditionner beaucoup d’acteurs de la santé et a émis de nombreuses propositions lors de cette mandature. Cette commission aura aussi permis, suite à l’obtention du statut d’île montagne, d’avoir un volet propre à la Corse au sein de la Stratégie Nationale de Santé. D’autres solutions ont été obtenues pour réguler les problèmes récurrents rencontrés par notre système de santé : - Hausse de 3% du coefficient géographique (de 8% à 11%), soit un financement annuel supplémentaire de 4,5 M€ et l’attribution d’une enveloppe de 990 000€ pour le service de radiologie de Castelluciu et de 500 000€ pour l’Hôpital de Bastia (néonatologie et neurochirurgie) : - Autorisations obtenues pour l’implantation d’une IRM, d’un Centre de Rééducation fonctionnelle en Plaine Orientale (dont l’autorisation est depuis devenue caduque) et rédaction d’un projet médical global pour le territoire ; - Lancement d’un appel à projet pour l’accompagnement familial des malades sur le continent ; - Mise en place d’un volet Santé dans le plan du comité de massif pour lutter contre la désertification médicale du monde rural via des investissements pour des maisons de Santé, des cabinets médicaux… Mais aussi pour adapter à la Corse des moyens de fonctionnement dérogatoires notamment pour disposer de services d’urgence en milieu rural… Nous avons aussi participé et soutenu activement les usagers et les professionnels de l’Hôpital de Corti Tattò pour mettre en place un Service d’Accueil des Urgences et un scanner sur Corti. Lors de la prochaine mandature, il sera nécessaire de reconduire la commission santé et il nous faudra collectivement lui permettre d’atteindre une autre dimension afin de faire aboutir des dossiers essentiels (CHR-CHU, nouvel Hôpital de Bastia, implantation d’un Hôpital en Plaine Orientale…). Cependant, les difficultés financières et d’équipements structurels de la plupart des établissements publics démontrent que les approches sectorielles menées par l’administration d’Etat de tutelle sont insuffisantes. Cela nous renforce dans l’idée que Corsica Libera doit continuer à occuper le terrain à travers l’action de ses élus et de ses militants auprès des acteurs de la santé et des populations. Cela nous renforce aussi dans l’idée que la Corse, doit être dotée d’un pouvoir législatif et règlementaire de plein exercice afin de pouvoir adapter les lois et les règlements à ses propres réalités et contraintes socioéconomiques, condition sine qua non pour doter notre pays d’un système de santé moderne et pérenne digne du XXIème siècle. Aussi, il est urgent de réunir tous les partenaires, dont le Ministre de la Santé, autour de la table pour engager une réflexion globale sur les besoins de financement et d’investissement de tous les établissements publics et privés de Corse afin de définir une programmation financière permettant d’y répondre selon un calendrier partagé. Les grandes mesures à prendre en concertation avec l’ensemble des acteurs : - Créer une Assistance Publique Corse (AP) afin d’assurer un maillage essentiel pour la proximité des soins et la prise en charge de la première urgence sanitaire ; - La création de l’AP permettra la mise en place d’un Centre Hospitalier Régional (CHR), assurant ainsi des dotations financières plus importantes et des plans de carrière plus avantageux pour les agents hospitaliers ; - La labellisation de CHR permettra la création d’un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) par simple convention avec les facultés de médecine existantes, prolongeant ainsi la formation de la Faculté de Médecine de l’Université de Corse => compétences supplémentaires au plan de la formation et des soins dispensés, moyen de lutte contre la désertification médicale des zones rurales (60% des internes exerçant en milieu libéral s’installent dans la région où ils ont été formés) ; - Prise en compte du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité et suppression des effets de seuil ; - Résorption du déficit par l’Etat via dotations affectées et financement des plans de modernisation des structures hospitalières afin de restaurer leur capacité d’autofinancement devant leur permettre à l’avenir de se moderniser sur leurs propres ressources ; - Œuvrer pour que le coefficient géographique soit ajusté à la hauteur des besoins, soit un minimum de 15% ; - Obtention d’ouverture de places supplémentaires en médecine attribuées à l’Université de Corse. Leur financement par la Collectivité de Corse engagera le bénéficiaire à exercer 10 ans en milieu rural selon un zonage réalisé par la CDC en relation avec la Chambre des territoires. Il faut savoir qu’il y a une suppression du concours de la PACES et de la sémantique « numerus clausus » à partir de l’année prochaine. Mais en réalité, c’est une mesure en trompe l’œil s’il n’y a pas de moyens supplémentaires octroyés aux facultés de médecine pour augmenter leurs capacités d’accueil ; - Construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale.  

La crise sanitaire liée au SARS COV 2 vu par une jeune infirmière

Nathalie Mabon, jeune infirmière en 3ème année de médecine nous raconte la crise sanitaire : Tout d’abord je voudrais vous parler de ce métier que j’ai choisi par passion, pour moi pouvoir aider des personnes en difficultés semblait donner un sens à ma vie . Je me sens utile car c‘est un métier où je me consacre à prendre en soin des patients qui ont à un moment recours aux besoins pour des soins aussi bien curatifs que préventifs . Lorsque j‘ai débuté ma carrière je ne pensais jamais pouvoir un jour être confronté à une pandémie mondiale qui a bousculé la planète . Mais je sais que le personnel soignant quel qu’il soit (médecins, infirmiers, aides -soignants et agents de service) forment un maillon essentiel dans la lutte contre le coronavirus , et cette période difficile a renforcé les liens entre les membres des équipes. Chaque jours les incertitudes liées à cette maladie nouvelle me font me poser des questions tant au niveau des personnes atteintes par la maladie , que sur l’impact lié à leurs proches, qui pour des mesures de sécurité sont contraints à ne pas pouvoir rendre visite. Les nouvelles caractéristiques de cette maladie ont installé un climat anxiogène au sein de l’établissement. Les privations ou restrictions des visites ont de sérieuses conséquences, pour les personnes soignants et les soignés. Chaque jours, la fatigue et l’inquiétude se lisent sur nos visages , il ne se passe pas un jour où je n’ai peur, peur d’être contaminé, peur de contaminer mes proches ou mes enfants . Nous sommes contraint à porter un masque FFP2 durant des heures qui est cependant très inconfortable, car cela engendre fréquemment des céphalées et parfois même une sensation de manquer d’air, mais c’est ainsi nous devons nous protéger et surtout protéger nos patients avant tout. Je sais que cette bataille risque d’être longue et dure, mais avec l’entraide ce qui fera de nous notre force au quotidien, nous pouvons espérer revivre comme avant . La prise en charge de la pandémie a conduit à une réorganisation importante au niveau de notre hôpital afin d’assurer au mieux des soins de qualité. Lorsque je réfléchi à notre avenir sur du long terme il est évident qu’un CHU serait indispensable pour notre peuple et celui de nos enfants .

Cartulare : E rumenzule

Un bref historique L’origine même de la crise des déchets en Corse peut remonter dès les années 60/70 avec un changement drastique de notre consommation, qui a automatiquement engendré, de plus en plus de déchets. Afin de pallier cette arrivée massive de « nouveaux déchets », la première solution a été, pour chaque commune, de créer des décharges brutes, engendrant ainsi des nuisances et pollutions sans précèdent pour notre environnement sur les eaux superficielles ainsi que les nappes phréatiques, en rajoutant à cela un vecteur important d’incendie. Ce n’est que dans les années 80 que les premières idées désastreuses font leur apparition avec notamment la création des premiers incinérateurs d’ordures ménagères à échelle communale. Cette méthode fut d’autant plus chaotique que l’ensemble de ces incinérateurs ont arrêté de fonctionner entre 2002 et 2005 à cause d’une pollution sans précédent, en raison notamment des fumées toxiques dégagées par ces machines. La première « réflexion » n’apparaitra dans la sphère politique qu’à l’année 1995, initiée par l’Office de l’Environnement de la Corse. Ce n’est que 3 ans après, en 1998, que les deusx départements rédigeront un plan d’élimination des déchets qui n’aura servi malheureusement à rien compte tenu de l’avis du Ministère de l’Environnement qui, lui, préconisera un seul plan pour l’ensemble de notre territoire. La preuve d’un désintéressement total de la part des élus durant ces veilles années n’est plus à apporter: il sera tel que la préfecture de corse devra réactiver le dossier, afin de solutionner la problématique de la gestion des déchets. En 2002 sera alors voté le Plan Interdépartemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés, ainsi que la création du SYVADEC en 2005. Durant toutes ces années, entre débats contradictoires, recherches, plans d’action, etc... aucune « des solutions », en parfait accord avec nos principes de base, ne se sont dégagées. L’enjeu politique est certainement de taille, mais rien ne peut être plus important que l’impact environnemental, qu’à terme une mauvaise gestion, pour ne pas dire une « non-gestion », pourra engendrer sur notre terre. C’est pour cela qu’il semble essentiel de rappeler que la source même de la crise des déchets en Corse, comme rappelé en début d’article, a été la modification brutale de nos méthodes de consommation, dès les années 1960 et 1970. Cette nouvelle consommation de masse, a créé de toute pièce cette crise existante, avec notamment l’apparition de nouveaux déchets plastiques, verre, aluminium ou autres, à raison d’une surindustrialisation liée à une politique mondiale basée sur l’ultra libéralisme. De ce fait, quels autres choix vont alors se poser aux producteurs de déchets que celui de pallier au désastre de cette surconsommation ? La responsabilité des grandes-surfaces est tout aussi importante dans le sens où elle induit, à elle seule, la nécessité d’une surproduction d’emballage, pour un meilleur packaging, une meilleure préservation, et aussi, un coût plus élevé à la revente. La mise en place d’achat en vrac, l’arrêt des bouteilles en plastique pour une création de consigne sur l’ensemble des bouteilles en verre peuvent être, en l’état, un début de solution dans l’objectif de contrecarrer cette logique de suremballage, imposée par une politique néfaste de surrentabilité, à défaut de favoriser une méthode plus écologique. La première pierre que nous devons poser ensemble sera de promouvoir le principe de zéro déchet. Car au-delà du constat que « la meilleure façon de traiter les déchets, est de ne pas les produire », et ainsi de promouvoir le Zéro Déchet, il s’agit également de mieux développer l’économie sociale et solidaire, de renforcer l’ensemble des circuits courts, de réinventer un nouveau système économique basé sur une nouvelle agriculture, une nouvelle industrialisation et, ainsi, une véritable économie circulaire profitable à tous, mais aussi, et c’est là tout l’enjeu, une véritable vision pour la sauvegarde de notre environnement. Le Tri à la source L’ensemble de la crise que nous traversons encore aujourd’hui, aura permis de dégager un ordre d’idée majeur qui est le tri sélectif au porte à porte. « En 2019 en Corse, chaque habitant a produit 730 kg de déchets dits municipaux, soit un volume total de 241 080 tonnes. 36 % de ce volume total est recyclé grâce aux moyens mis à disposition des habitants : poubelles et bornes de tri sélectif pour les emballages, le verre et le papier ; composteurs individuels ou partagés ; réseau des 22 recycleries » Source : Bilan annuel du trie en Corse 2020*) Le taux de tri et de résiduel en 2019* : Si nous commençons à être témoins d’un changement d’habitude de la part des corses, il est important de prendre en considération plusieurs données. Pour rappel l’ensemble des directives européennes nous impose les objectifs suivants : Le tri des emballages, du verre et du papier, devra être effectué à hauteur de 55% à l’horizon 2025 ; 60% en 2030 et 65% en 2035. Aussi, Le taux de tri s’établit aujourd’hui à 36 % soit 266 kg/hab. (contre 32 % en 2018). Entre août 2017 et juillet 2020, le volume total des collectes sélectives d’emballages, de verre et de papier a augmenté de plus de 24 %. Cette hausse découle principalement de l’augmentation considérable de la collecte des emballages : + 70 % en trois ans. Ce résultat significatif témoigne des effets positifs de la mise en place anticipée de l’extension des consignes de tri entrée en vigueur en août 2018, et, peut ainsi paraître comme un excellent résultat. Cependant, si une partie de ces chiffres peuvent en l’état, être rassurants, l’objectif d’augmenter notre capacité de tri à hauteur de 19% en seulement 3 ans relève des tâches les plus complexes, sachant que l’objectif pour notre mouvement reste inchangé*, à savoir viser 80% du tri sélectif en Corse. (Corsica 21)* Aussi, la dernière donnée à prendre en compte, reste l’augmentation significative du nombre de nos habitants Avec 338 554 habitants au 1er janvier 2018, la population de la Corse a augmenté en moyenne de 1,1 % sur les cinq dernières années*. Cette croissance soutenue place notre pays parmi les « départements français » les plus dynamiques. (Source Insee) Le tri à la source, eu égard à l’ensemble de ces données, peut paraître aller dans le bon sens. Cependant nous rappelons la nécessité de devoir accélérer ce processus qui n’est clairement pas à la hauteur des enjeux. Au vu des expériences dans le domaine du tri sélectif que nous avons pu observer, aussi bien dans le rural que dans le milieu urbain, la seule solution permettant d’atteindre notre objectif de tri de 80% est le ramassage quotidien des ordures ménagères au porte à porte. Le passage au tri sélectif au porte à porte nécessite également d’employer plus de personnels pour pouvoir effectuer les tournées nécessaires au bon fonctionnement du dispositif parce qu’il doit s’accompagner du retrait progressif des poubelles actuelles et des bornes de tri déjà installées. Des filières pour le rachat des ordures recyclées sont déjà presque toutes en place en dehors de celle pour les déchets fermentescibles que le SYVADEC aurait dû mettre en place rapidement pieve par pieve. Les intercommunalités, véritables acteurs d’une meilleure gestion. Si aujourd’hui nous confirmons la nécessité de mettre fin au SYVADEC, qui n’est que complication politique et administrative, nous réaffirmons alors le fait que l’ensemble des Intercommunalités doivent récupérer les prérogatives du traitement et de la valorisation de leurs propres déchets. Si l’Assemblée de Corse vote un Plan de gestion des déchets, elle doit aujourd’hui s’appuyer sur l’expertise et la concertation de la Chambre des Territoires ainsi que du CESEC, pour ainsi permettre à chaque EPCI, en application dudit Plan, la gestion de ses propres déchets. Comme exemple concret, l’EPCI sera en mesure de récolter ces déchets, avec application du tri à la source directement chez le producteur de déchets, emmènera l’ensemble des déchets triés au sein de ses plateformes de récoltes déjà existantes pour un « sur-tri » et ainsi aura à disposition son propre service de valorisation et de traitement. L’installation de ces nouvelles plateformes de « sur-tri » et de traitement des déchets, peut prendre la forme d’une multitude de procédés, excluant bien évidement l’élimination thermique des déchets par incinération. Il est important de se placer dans l’innovation, de traiter et ainsi valoriser intelligemment, dans l’objectif de se servir de nos propres déchets non pas comme « une crise et un fardeau » mais comme une richesse. Grâce à de multiples procédés, chaque intercommunalité, pourra valoriser une partie de ses propres déchets en Combustibles Solide de Récupération, avec deux choix : Les stocker dans un premier temps (Déchet inerte grâce à de nouveaux procédés innovants, déjà en application dans de nombreux pays) Se servir de ses CSR afin de créer une véritable richesse pour les collectivités avec sa commercialisation. En effet ces CSR pourront servir de matière première dans bien des cas, comme l’Eco construction, combustible pour chauffage, réalisation d’enrobé pour route, etc. Cette première solution pourra en effet permettre la création de futures filières innovantes et ainsi rentrer dans une véritable économie verte et durable. Ainsi, lesdits déchets récoltés, triés, recyclés et valorisés, serviront de matière première grâce aux procédés innovants déjà en application dans d’autre pays. Cette nouvelle stratégie permettra à la fois de baisser de façon drastique le coût du traitement des déchets actuellement exorbitant, de valoriser ces déchets afin d’en créer une richesse, de maitriser publiquement avec l’aide potentielle de privés, la gestion de nos déchets et de leur valorisation. Mais aussi de financer de nouveaux projets grâce à cette rentabilité créée, et ainsi s’inscrire dans une véritable politique de développement durable et de sauvegarde de notre environnement. Le simple fait de donner à chaque intercommunalité la compétence traitement et valorisation des déchets, réduira l’impact carbone, considérablement élevé, laissé par l’ensemble des transporteurs privés, qui actuellement récupèrent les déchets aux différents points de récolte, pour les transporter soit sur le continent, soit dans les centres d’enfouissement. L’impact carbone laissé par l’ensemble de ces transports est absolument à prendre en compte dans ladite crise des déchets. La solution de faire de l’intercommunalité, le récolteur, l’ambassadeur de tri d’une meilleure « production » du déchet, et, de ce fait, l’entité publique en charge de valoriser et traiter, est pour notre mouvement, le début de la solution de cette crise. Un exemple, le JAPON Les objectifs de recyclage et de réduction de déchets guident de plus en plus de politiques locales nippones. Ainsi, le village de Kamikatsu a par exemple atteint un taux de recyclage des déchets de 80 % en imposant des consignes de tri strictes, en mettant en place des systèmes de troc, des opérations de sensibilisation, des ateliers d‘upcycling, etc... Les retombées écologiques, mais aussi économiques et sociales observées, sont très positives. En effet, la loi japonaise fixe le rôle de chaque acteur : l’État et les collectivités locales ont ainsi pour responsabilité d’inciter les particuliers et entreprises à agir – notamment en leur fournissant les moyens de collecte, de tri et de recyclage adéquats – et de punir les comportements inadaptés. Tous les acteurs de la société se doivent d’optimiser le cycle des biens qu’ils consomment et de gérer de manière appropriée la fin de vie de ces derniers. Ainsi, deux principes coexistent dans la loi japonaise : Le principe, « Responsabilité Étendue du Producteur », selon lequel les producteurs portent un certain degré de responsabilité dans le recyclage et la gestion appropriée de leurs produits (même après que ces derniers aient été utilisés et éliminés), et celui d’une responsabilité incombant au générateur de déchets (y compris le consommateur) de les recycler et les éliminer de manière adéquate. C’est pour cela que les municipalités japonaises sont au cœur de la problématique de gestion des déchets. Elles formulent et mettent en œuvre les plans concrets de gestion des déchets sur leur territoire et ont la responsabilité de collecter, traiter et éliminer les déchets « municipaux » (par opposition aux déchets d’entreprises). Elles disposent donc d’une assez grande latitude dans la façon dont elles choisissent de gérer les déchets : cette gestion peut être soit directe (i.e. réalisée par les services municipaux), déléguée (i.e. confiée par la localité à un opérateur privé) ou « autorisée » (i.e. où la collectivité autorise des particuliers ou entreprises à contracter avec un opérateur privé pour la gestion de leurs déchets). Si il est difficile de comparer les municipalités japonaises et les nôtres, il convient simplement de les remplacer par nos « Intercommunalités ».     assemblea di corsica : u gruppu corsica libera Depuis des décennies dans les domaines de traitements de déchets, comme dans de nombreux autres, la Corse est en situation de sous-développement, qui est la résultante des politiques coloniales successives et de l‘incurie de ceux qui ont eu à gérer la Corse jusqu‘à 2015. Alors que le mouvement national a toujours été à la pointe en matière de propositions innovantes et de protection de l‘environnement, les tenants de la Corse française se complaisaient dans les politiques mortifères du tout enfouissement et de la gestion privée. La séance de l‘Assemblée de Corse du 26 février a permis de clarifier les positions des différents courants politiques sur ce sujet et de valider, par le vote, un choix assumé dans le domaine de la gestion des déchets. A cette occasion, les élus de la Corse étaient amenés à débattre du futur PTPGD, à savoir le Plan territorial de prévention et de gestion des déchets qui s‘imposera après adoption définitive aux intercommunalités, au Syvadec et aux opérateurs privés. Notons à ce sujet que la procédure d‘adoption de ce plan relève, pour reprendre l‘expression de Petru Antone TOMASI d‘une « bizarrerie institutionnelle ». Alors que les régions de droit commun maîtrisent la totalité du processus d‘élaboration du plan, en Corse, c‘est une commission spéciale composée en grande partie de représentants des intercommunalités ou du Syvadec qui élabore le projet de plan. Cela n‘est pas neutre et explique la surprise de nombreux militants à la lecture du projet de plan initial qui diffère grandement de nos options sur nombre d‘orientations. Durant le débat, après la présentation du rapport du Conseil Exécutif par François SARGENTINI, Petru Antone TOMASI, a défendu, au nom du groupe Corsica Libera, les fondamentaux de notre politique, à savoir : - La montée en puissance du tri à la source comme priorité absolue grâce, par exemple, au développement d‘une tarification incitative, voire comme l‘a proposé y compris un élu de l‘opposition (François-Xavier Ceccoli) une taxation de la production de déchets des personnes extérieures à la Corse. - Le refus sans ambiguïté de l‘incinérateur pour des raisons à la fois sanitaires, économiques, voire même, désormais, réglementaires. - La réaffirmation de la maîtrise publique des infrastructures de traitement et de transports (fret ferroviaire) des déchets pour parer toutes les velléités de mainmise dans un secteur extrêmement lucratif et donc extrêmement sensible. A cet égard, le Président du groupe a, en même temps qu‘il lui apportait publiquement son soutien suite à l‘incendie contre des engins de la Communautés de Communes de Lisula-Balagna, salué les annonces faites par Lionel MORTINI et notamment la création d‘un centre public de stockage des déchets inertes de petite capacité (20.000 t) adapté à son territoire. Cette expérience de centres équitablement répartis dans les territoires ayant vocation à se reproduire ailleurs : la délibération de l‘Assemblée de Corse acte un nombre pouvant aller de 4 à 5. - L‘inclusion au sein de la stratégie d‘usines de méthanisation, non pas dans une dimension industrielle (le projet de plan prévoyait un méthaniseur de 130.000 t), mais dans le cadre du traitement de biodéchets d‘origine végétale ou animale par exemple. - Enfin, la ligne de clivage avec une partie de l‘opposition a surtout porté sur le projet d‘usine de surtri porté par la CAPA (un autre projet pourrait voir le jour sur Monte). La majorité nationaliste a accepté le principe de ces usines pour accompagner la montée en puissance du tri et réduire les volumes destinés au stockage. Dans cet esprit, les tonnages que ces usines auront à traiter seront appelés à baisser chaque année au fur et à mesure que le tri augmentera. Or, le projet lancé par la CAPA (l‘appel d‘offres est publié) est complètement surdimensionné. Alors que la CAPA figure aujourd‘hui dans les derniers de la classe pour le tri (0% pour la collecte des biodéchets !), ce projet de centre de surtri confirme que la CAPA ne souhaite pas trier puisqu‘en 2030 80% des déchets de cette région seraient traités par cette usine ! Le Président du groupe Corsica Libera a donc dénoncé ce qu‘il considère comme « une insulte à l‘intelligence des Corses et à l‘intelligence de l‘Assemblée et de sa majorité ». Des Corses d‘abord parce que l‘on fait croire que la CAPA soutient le tri alors qu‘elle porte un projet dicté par la seule rentabilité économique qui va empêcher tout tri ! A la majorité, parce que le projet actuel de la CAPA est un reniement à la parole donnée et signée en 2016 (centre dimensionné sur les objectifs de tri, maîtrise publique). Les amendements portés et votés par l‘ensemble de la majorité lors de cette session permettent de verser à l‘enquête publique une vision claire de ce que doit être une gestion saine du traitement des déchets. Il reviendra devant l‘Assemblée de Corse pour une approbation définitive dans près de dix mois. MARE VIVU : UNE JEUNESSE à plein bouillon face au drame environnemental Fondée il y a quatre ans par deux amis corses en études à Paris, l’association Mare Vivu a une histoire peu conventionnelle dans le paysage environnemental insulaire. À commencer par deux parcours universitaires que rien ne lie à l’environnement, si ce n’est un attachement viscéral à leur île. C’est pour trouver des réponses face au constat de plus en plus accablant des scientifiques, tenter d’en comprendre les manifestations et se donner des moyens de réagir que cette association est née. Rien de très « écologiste » là-dedans. C’est une jeune association, portée par des jeunes, et au service des jeunes. Dans le seul souci de leur avenir. La démarche est donc à fois scientifique, pédagogique et engagée : sur le terrain, l’association mène des opérations de caractérisation scientifique en partenariat avec divers organismes de recherche (CNRS, Ifremer…), puis utilise dans la foulée ces données comme témoignages pour informer et sensibiliser le public, en redoublant d’effort et d’imagination pour toucher un maximum de monde possible. Historiquement l’association s’est beaucoup spécialisée sur la problématique de la pollution plastique, même si en réalité toutes les thématiques y passent : habitats marins, réchauffement climatique, espèces invasives… mais également sobriété numérique, expérimentations low-tech, zéro déchet… L’association se veut à la fois laboratoire et manifeste, outil d‘expérimentation et d‘expression, support d‘information et d‘action. Elle vise à questionner, décrypter et réformer « par la base » nos choix de société dans le seul souci d’assurer un avenir juste à cette jeune génération.   Biomédias : pollution sans précédent à la Marana Des dizaines de milliers de filtres plastiques disséminés sur la plage du lido de la Marana Un dimanche matin maussade, qu‘on pourrait croire ordinaire pour un jour de février. Et pourtant, malgré la météo pluvieuse, une petite centaine de personnes se sont rassemblées munies de gants et de filets, pour réagir face à une pollution sidérante. A perte de vue, la plage de sable fin est constellée de dizaines de milliers de petits camemberts en plastique, qui depuis plusieurs semaines se déversent en continu sur le lido de la Marana, puis désormais sur l’ensemble du littoral insulaire. Les biomédias (ou médias filtrants) sont de petits filtres circulaires en plastique utilisés depuis le début des années 2000 dans de nombreuses stations d‘épuration municipales ou industrielles (pisciculture, papeterie). Il en existe plusieurs types, de formes, tailles et couleurs différentes, en fonction de l‘usage du bassin et des eaux traitées. Leur rôle est de servir de support aux micro-organismes qui, en s‘y agglutinant, permettent de dégrader plus efficacement la matière organique pendant la phase de traitement biologique des eaux, améliorant ainsi le rendement de la station jusqu’à 30%. Malheureusement, plusieurs incidents peuvent conduire à ces cas de pollution : fortes pluies causant des débordements de bassins, opérations de maintenance, pannes techniques, ou tout simplement défauts de conception des installations, comme l’absence de grilles de rétention pour ces biomédias. Outre la catastrophe environnementale que ces incidents génèrent, les biomédias constituent un grave risque sanitaire car ils sont contaminés par de nombreux germes et bactéries contenus dans les eaux usées. Le bilan de la collecte organisée par Mare Vivu est glaçant : au total, quelques centaines de milliers de ces filtres ont été ramassés par les bénévoles, sur une portion de la Marana allant de l’embouchure de l’étang jusqu’à Pineto. Mais depuis lors, les signalements affluent de partout en Corse, et des milliers d’autres biomédias du même type sont retrouvés tout autour du littoral insulaire.

Cartulare : U Fundariu

A SPECULAZIONE da Alexandra Bischof Depuis des années, la lutte contre la spéculation immobilière et la bétonisation des côtes est engagée. Le fait que chaque Corse puisse vivre et travailler sur sa terre est un des points fondamentaux de la politique que nous défendons. Pourtant, en regardant les chiffres, nous arrivons aujourd’hui à un constat plus qu’alarmant. En effet, selon l’INSEE, en 2017 la Corse compte 72 000 résidences déclarées comme secondaires soit 28,8 % de l’ensemble des logements. Cela représente trois fois plus que la moyenne française (9,7 %). Ces chiffres classent la Corse parmi ceux qui ont les parts les plus importantes de résidences secondaires. En 2018, une nouvelle étude de l’INSEE dévoile que depuis une dizaine d‘années la Corse gagne plus de 5 000 logements par an. L‘institut note d‘ailleurs que la Corse enregistre la plus forte croissance du parc de logements. Le part des résidences secondaires à l‘augmentation du parc de logements en Corse est plus importante que partout ailleurs avec 54,3 % (contre 11,2 % en moyenne française). En 2020, la Corse compte 72 000 habitations déclarées comme secondaires, ce qui représente 28,8 % du parc de logements. Plus d’une résidence secondaire sur deux c’est-à-dire 36 500 (55%) appartiennent à des propriétaires qui résident en France. Ces logements utilisés comme résidences secondaires s’avèrent être souvent plus proches de la mer que les résidences principales avec 34 % à moins de 500 mètres de la côte, contre 25 % pour celles des résidents corses. Les habitants des résidences secondaires sont des ménages aisés, leur niveau médian de 1,6 fois supérieur à celui des ménages des résidences principales avec un niveau de vie médian 1,4 fois supérieur à celui des propriétaires de résidences secondaires insulaires. Le coût du foncier a fortement augmenté. Entre 2016 et 2019, le foncier a augmenté plus vite qu’en France : +68% contre 36% et le coût quatre fois plus vite (+138% contre 64%). Selon un article de Corse-matin, malgré la crise économique induite par le contexte sanitaire, les réseaux d‘immobilier de prestige affichent « une forme insolente » avec une activité même supérieure à celle enregistrée l‘an dernier à la même période. Cible d’appétits spéculatifs féroces, nous nous rendons compte à quel point la Corse est prisée. De nationalité française pour la grande majorité d‘entre eux, ils se disputent les plus belles villas du territoire. La demande est d’ailleurs constante sur le marché. Des projets hôteliers, des établissements de luxe, des résidences secondaires s’affranchissent depuis des années des règles d’urbanisme. De plus, il se produit une accélération de la bétonisation sur des sites pourtant inconstructibles. A travers ces chiffres demeure une triste réalité : les Corses ne parviennent à se loger décemment, l’accession à la propriété pour nos jeunes devient très compliquée et les jeunes agriculteurs rencontrent des difficultés pour s’installer. Le 5 mars 2018, le tribunal administratif de Bastia annulait la délibération de l’Assemblée de Corse du 2 octobre 2015 lors de l’adoption du PADDUC qui fixait les Espaces Stratégiques Agricoles. Le 26 juillet 2018, était adopté sur proposition du Président du Conseil Exécutif, la modification du PADDUC en vue du rétablissement de la carte des Espaces Stratégiques Agricoles. Par cette délibération le président du Conseil Exécutif s‘engageait à mettre en œuvre cette procédure de modification du document en étant assisté par l’agence de l’Aménagement durable de l’Urbanisme et de l’Energie de la Corse. La délibération qui fixe les modalités de la procédure de modification des ESA a été approuvée le 26 juillet 2018 par l’Assemble de Corse. Le rapport présenté par le Président du Conseil exécutif indiquait que l’absence de cartographie ne remettait pas en cause le caractère inconstructible des ESA, et appelait les autorités compétentes, pour l’instruction et le contrôle des actes d’urbanisme, à une vigilance accrue en vue de faire appliquer les dispositions du PADDUC. En réponse, la prêfète avait assuré le principe d’inconstructibilité de ces espaces et que les services de l’Etat respectaient les dispositions du PADDUC. Pourtant, de nombreux permis de construire sont toujours délivrés par les communes et les services de l’Etat émettent systématiquement des avis favorables sur ces espaces stratégiques agricoles pourtant protégés par le PADDUC. Les documents d’urbanisme sont de surcroit, incompatibles avec le PADDUC ce qui ne peut qu’aggraver la pression foncière subie par la population. La lutte contre la spéculation a été menée de longue années par les Corses, il convient à présent à l’Etat français de prendre en compte les revendications de notre peuple. Cette situation engendre des écarts sociaux importants. Ces dernières années, certaines communes sont devenues totalement inaccessibles. Selon le rapport d‘information sur les marchés fonciers et immobiliers réalisé par l‘Agence d‘aménagement durable, d‘Urbanisme et d‘Energie, en dix ans, le prix du foncier a augmenté de 138 % en moyenne sur l‘ensemble du territoire insulaire. « Entre 2006 et 2007, ce coût s‘est accru quatre fois plus vite que sur le continent (+ 36 %). Sur la même période, le prix moyen du mètre carré bâti a augmenté de 36 % en Corse, contre 35 % pour le reste du territoire métropolitain. » Il est également indiqué que 42 communes, soit 12 % des villes et villages de Corse, sont devenues « inaccessibles » aujourd’hui. Les communes qualifiées de « non accessibles » sont toutes situées sur le littoral ou à proximité immédiate. Hormis le Centre Corse, toutes les régions de l‘île sont concernées par ce phénomène. « Les territoires les plus urbanisés ou les plus touristiques présentent les taux de communes « non accessibles » les plus élevés : l‘Extrême-Sud, la Balagne, la région bastiaise et le très recherché pays ajaccien, dont 52 % des communes sont présentées comme « inaccessibles ». En février 2018 Emmanuel Macron affirmait lors de sa venue en Corse que « la mise en œuvre d’un statut de résident en Corse, n’était pas la bonne réponse aux problèmes immobiliers de l’île ». Au cours de sa dernière visite, le Président Macron s’est exprimé sur la hausse des prix immobiliers qui privent les Corses de l’accès à la propriété́ et a déclaré : « Il faut un renforcement des contrôles pour la régularisation des fonciers. Les compétences sont dématérialisées, donc c’est à la CDC d’agir. L’Etat sera au rendez-vous de ces exigences, il n’y aura pas de défaillances liées au Covid, il faudra faire au cas par cas et vérifier les bilans entreprise par entreprise » Le statut de résident réserve le droit à l‘acquisition de biens immobiliers en Corse à celles et ceux qui y résident depuis au moins cinq ans, à titre permanent à celles et ceux qui sont nés en Corse et à celles et ceux qui ont un parent, où un aïeul, qui est né ou est inhumé en Corse. L’objectif est de freiner la spéculation immobilière et permettre aux jeunes corses d‘accéder à la propriété sur leur île. Le statut de résident est une délibération de l‘Assemblée de Corse datant du 24 avril 2014, qui a toute sa légitimité politique. Paris a pourtant rejeté la délibération sans la moindre hésitation. La hausse des coûts du foncier, le taux exponentiel de résidences secondaires et les inégalités engendrées par cette situation privent une grande partie des Corses d’acquérir un bien familial et rend inaccessible certaines communes. Comment pouvons-nous l’accepter ? Les Corses ne peuvent être exclus sur leur propre terre. Notre mouvement a pourtant été force de propositions sur la question foncière. Corsica Libera s’est prononcé en faveur d’une démarche d‘expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l‘Assemblée de Corse. Une démarche soutenue par le Président de l’Assemblée de Corse, qui proposait quant à lui une solution fiscale en alternative : la mise en place d‘une résidence administrative et fiscale, qui permettrait de différencier ceux qui vivent en Corse ou la diaspora, des détenteurs de résidences secondaires extérieurs à la Corse. Elle ne donne pas la possibilité d‘acheter mais d‘être exonéré d‘une éventuelle surtaxe. Jugée anticonstitutionnelle, cette proposition avait été rejetée. Pour rappel, la loi finances de 2017 prévoit une surtaxe des résidences secondaires dans les zones dites d’habitat tendu allant de 5 à 60%. Corsica Libera déposait également une motion le 29 novembre 2019 à l’Assemblée de Corse demandant un recours contre tout document local d’urbanisme en cas de non-respect du PADDUC. Cette dernière visait à faire respecter les orientations politiques de l’Assemblée de Corse, exprimées notamment à l’occasion du vote du PADDUC en 2015, et les règles de droit qui découlent de ces décisions politiques. En effet, en mai 2019 une délibération sollicitait la signature d’une convention avec l’Etat afin de renforcer le contrôle de légalité avec la création d’un comité de suivi chargé de vérifier la légalité des autorisations d’urbanisme délivrées sur des parcelles présentant le caractère d’ESA ou le caractère d’espaces nécessaires au maintien ou au développement des activités agricoles, pastorales au sens des articles du code de l’urbanisme concernant respectivement les communes du littoral et les communes de montagne. Une proposition rejetée à son tour par la préfète de l’époque, Josiane Chevalier. L’Etat français ne peut continuer d’ignorer les décisions de notre Assemblée, en ne tenant compte de la situation politique Corse et des engagements pris. Les politiques défendues par Corsica Libera sont légitimes et les Corses ne peuvent être indéfiniment chassés de chez eux. Ainsi, faire valoir les choix démocratiquement exprimés doit demeurer une priorité. Aujourd’hui, la mobilisation doit continuer afin de lutter contre cette situation foncière.   TERRA SALVA presidenza di l'assemblea Lors de la séance publique de l’Assemblée de Corse en juillet 2019, suite à la présentation du rapport de l’AUE sur la situation foncière en Corse, chaque groupe a reconnu la gravité du phénomène de dépossession à l’œuvre. Les chiffres sont alarmants et le constat est plus qu’inquiétant : on n’a jamais autant construit dans l’île et les prix n’ont jamais été autant élevés. Face à cette situation, le statut de résident, voté en 2014 par l’Assemblée de Corse, demeure la solution la plus adaptée car il répondrait à des problématiques différentes, tant au niveau social qu’agricole et économique, et en matière de préservation de l’environnement. Cette proposition, pour l’heure, s’est heurtée à une fin de non-recevoir. Pourtant les Corses doivent défendre leur droit à demeurer dans leur pays afin de ne pas en être chassés par la force de l’argent, comme le font d’autres peuples, y compris dans l’Union Européenne. Le Président de l’Assemblée de Corse, conformément à son discours du 25 juillet 2019 en ouverture de la séance publique, propose de lancer une démarche collective de la Corse afin d’obtenir de Paris les moyens juridiques nécessaires pour traiter cette problématique. Dans cette démarche, les institutions devront naturellement tenir leur place, mais leur seule action ne saurait suffire à créer le nécessaire rapport de forces avec Paris. Le rapport réalisé par l’Agence de l’Urbanisme et de l’Energie relatif au foncier, présenté en juillet dernier à l’Assemblée de Corse, confirme l’ampleur de la démarche de dépossession à l’œuvre. Il mentionne notamment le chiffre de l’augmentation des prix des terrains constructibles : 138% en 7 ans ! Devant cette inquiétante réalité, en séance publique, les groupes de l’opposition ont dû reconnaître la gravité d’un phénomène mettant largement hors de portée des Corses l’accession à la propriété dans leur propre pays. Depuis de nombreuses années, le mouvement indépendantiste Corsica Libera avait défendu le principe de statut de résident, lequel a été validé à une forte majorité par l’Assemblée de Corse le 24 avril 2014. En décembre 2015, les nationalistes ont accédé aux responsabilités dans les principales institutions de l’île, puis à nouveau en décembre 2017, à la majorité absolue cette fois. Toutefois, les discussions engagées avec le gouvernement français au début de l’année 2018 n’ont pas permis d’avancer, les élus corses s’étant heurtés à une fin de non-recevoir. Pourtant les Corses doivent défendre leur droit à demeurer dans leur pays et à ne pas en être chassés par la force de l’argent. Les Corses doivent défendre leurs droits, comme d’autres peuples le font, y compris dans l’UE. Des solutions existent. À l’extérieur de l’Europe, les cas sont nombreux : observons que récemment, dans un cas beaucoup moins grave (60% d’augmentation du prix du foncier en 10 ans alors qu’en Corse il s’agit de 138% en 7 ans !) la Nouvelle Zélande a décidé d’interdire la vente de biens immobiliers à des étrangers. En Europe (mais hors UE) la Suisse protège également son patrimoine immobilier et limite drastiquement les possibilités d’acquisition par les étrangers. Au sein même de l’Union Européenne, Åland (province de Finlande) réserve l’achat de l’immobilier aux résidents, et le Danemark interdit l’achat de résidences secondaires aux étrangers. Il existe également le cas de Bolzano. Pour une double démarche, institutionnelle et populaire : « Terra salva » Cette démarche pourrait s’organiser autour d’un programme de négociation avec Paris, qui comprendrait les six points suivants : - Statut de résident - Résidence administrative et fiscale - Dispositif type « Bolzano » (Italie) - Centre des Intérêts Matériel et Moraux - Renforcement de la spécificité en matière de fiscalité du patrimoine (ex « arrêté Miot ») - Respect plein et entier par l’administration d’Etat du PADDUC, et notamment des 105.000 ha d’Espaces Stratégiques Agricoles (ESA).   GHJUVENTÙ LIBERA Depuis la décision du FLNC de sortir de la clandestinité et l‘accession du mouvement national “aux responsabilités“ à l‘assemblée de Corse, la part de résidences secondaires sur notre terre explose littéralement. Cette augmentation significative de logements appartenant à des non corses, et majoritairement à des Français semble ne plus pouvoir être freinée, tant les moyens à notre disposition pour lutter contre cet accaparement de la terre par les puissances de l‘argent sont limités. Le statut de résident aurait pu être un outil permettant de réguler cette situation mais c‘était sans compter sur la volonté de Paris de faire échouer systématiquement chaque tentative de notre part visant à endiguer le phénomène. Les Corses se retrouvent ainsi depossédés de leur terre et face à la flambée des prix, ne sont plus en capacité de se loger. Cet état de fait touche particulièrement notre jeunesse, qui dans un avenir proche sera contrainte à l‘exil si elle veut pouvoir se loger. Les résidences secondaires qui étaient encore hier des bronzodromes pour riche Français en fin de vie sont devenues des investissement rentables par le biais du développement des locations type B&B qui constituent une concurrence déloyale au secteur hôtelier et un facteur déterminant de l‘augmentation des prix du foncier. Heureusement le développement de ce nouveau secteur économique a des conséquences positives pour les Corses et particulièrement en matière d‘emplois, désormais nos jeunes sont invités à faire du gardiennage dans ces maisons où à en assurer l‘entretien. De communauté historique sur cette terre, nous serons bientôt devenus une communauté de domestiques, merci bwana. Les terres quand elles ne sont pas vouées à la speculation sont aujourd‘hui occupées par des bases militaires, ou réservées pour accueillir des locaux de gendarmeries et des logements pour les familles des forces d‘occupation. Les derniers chiffres de L‘INSEE prouvent que l‘immigration française sur notre sol tend à s‘accélérer, et cette vague migratoire se traduit par la mise en place de non Corses à des postes de responsabilité dans la plupart des administrations, c‘est le cas par exemple à Pôle Emploi où la direction affiche clairement son hostilité à la charte pour l‘emploi local et au principe de corsisation des emplois. En parallèle, l‘Ambassadeur de France en Corse continue de distribuer à tour de bras des permis de construire légaux ou pas, tout en continuant à se prendre pour le roi de l‘île. Le siècle dernier était celui de la décolonisation pour de nombreux pays du globe, ce siècle est celui de la recolonisation pour notre île. In parechje cità, so oghje messe in piazza iniziative per pruvà di fà calà u numeru di residenzie sicundarie, per via di una tassazione supplementaria. Ci vuleria da allargà st‘iniziative à l‘inseme di u nostru Paese è chjamemu i merri à andà in stu sensu. Chjamemu dinù una volta di più l‘Assemblea di Corsica à piglià in contu l‘urgenza di a situazione è à piglià e so rispunsabilità, andendu s‘ella ci vole sin‘à a disubbidienza civile ! A situazione hè chjara, per pudè campà Corsi annant‘à a nostra terra, a mubilizazione di u Populu Corsu hè più chè necessaria.

Populu è immigrazione : Quì simu in Corsica

Conférence de presse de Corsica Libera sur La promotion du peuple corse et de ses droits du 28 octobre 2015 : Le débat récemment organisé à l’Università di Corsica sur la notion de « communauté de destin » a donné lieu à une large participation de la jeunesse à travers notamment les syndicats étudiants. Des prises de positions très intéressantes ont été effectuées à cette occasion. Nous nous reconnaissons tout particulièrement dans l’intervention, équilibrée et responsable, de la Ghjuventù Indipendentista.Ce débat constitue pour nous l’occasion de préciser notre propre position en ce domaine. Héritier de la lutte des nationaux corses du XVIIIe siècle, le mouvement moderne de libération nationale combat naturellement pour la défense des intérêts politiques de notre peuple, dont il convient de rappeler qu’il est la seule communauté de droit sur la terre corse. Le peuple corse, seule communauté de droit sur la terre corse Comme l’avait solennellement déclaré l’Assemblée de Corse en 1988, à travers une motion déposée par le groupe de A Cuncolta Naziunalista, notre peuple est composé de Corses d’origine et de Corses d’adoption. Lorsque, il y de nombreuses années, le FLNC a adopté la notion de « communauté de destin », cette dernière ne signifiait pas qu’il suffisait de fouler le sol de l’île pour devenir corse instantanément. L’adoption dont il est question suppose une volonté de participer à notre peuple, ainsi qu’un processus d’intégration. Ce mode d’intégration fonctionne depuis toujours dans notre pays et il a conduit au peuple corse actuel.Aujourd’hui, cette communauté nationale, qui a adopté des étrangers tout au long de son histoire, se pose légitimement la question de son avenir, compte tenu de la politique migratoire mise en œuvre par la France sur le territoire corse : 4000 à 5000 personnes s’installent chaque année dans notre pays. Notre taux d’immigration est deux fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE, et quatre fois plus élevé que le taux de la France ! (Et oui, contrairement à une idée répandue dans l’hexagone, ce dernier est loin d’être accueillant !)Nos taux de chômage et de précarité sont extrêmement élevés. Notre langue, vecteur majeur d’intégration depuis le fond des âges, est aujourd’hui en danger, ce qui rend les choses encore plus difficiles. Pour autant, les nationaux corses n’ont jamais eu et n’adopteront jamais le discours égoïste qui caractérise aujourd’hui une large part du paysage politique français. Pour paraphraser Michel Rocard « La Corse ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre sa part », propos que le Premier ministre français appliquait quant à lui à son propre pays, conciliant humanisme et bon sens, éthique de conviction et éthique de responsabilité. S’agissant de l’immigration économique, on peut dire que jusqu’à présent la Corse en a pris plus que sa part, ce qui est tout à son honneur mais qui pose pour l’avenir le problème du contrôle par notre peuple de ses flux migratoires, pouvoir dont disposent déjà les Catalans et que le mouvement national revendique depuis fort longtemps.Corsica Libera continuera à militer pour que les institutions de la Corse bénéficient enfin de ce droit de contrôle et de régulation des flux migratoires. La question de l’intégration : ici c’est la Corse La générosité de notre peuple à l’égard de ceux qui sont venus sur sa terre pour trouver de meilleures conditions d’existence implique pour ces derniers de souscrire à un « pacte d’intégration ». Le prélude à ce pacte est naturellement une reconnaissance et un respect réciproque. Ici, ce n’est pas la France mais la Corse. C’est donc la Corse qui accueille les étrangers. La reconnaissance par ces derniers de ce fait incontournable est évidemment la moindre des choses. De la même manière et de façon réciproque, les étrangers voient leurs droits reconnus, au premier rang desquels le droit à une vie matérielle décente et à une progressive intégration.S’agissant des différents modèles d’intégration, celui de la France montre actuellement ses limites, de façon cruellement évidente. Le modèle « multiculturaliste » à la canadienne n’est pas davantage le nôtre : il n’y aura pas sur notre terre de communautés juxtaposées et concurrentes. Nous nous prononçons clairement pour un rejet à la fois du modèle français d’intégration et du modèle multiculturaliste. Un modèle corse doit s’affirmer. Il puise ses racines dans la tradition insulaire du XVIIIe siècle. Rappelons l’attitude extrêmement ouverte de Pasquale Paoli, notamment à l’égard des Juifs : les individus disposaient des mêmes droits quelles que soient leurs origines et confessions. En revanche, il n’était nullement question de nier la place du christianisme dans notre société. Observons que ce modèle corse de gestion de la diversité est proche de l’« interculturalisme » que les Québécois ont notamment développé face au multiculturalisme canadien (cf. travaux de la commission Bouchard-Taylor). Or, c’est ce modèle que le Conseil de l’Europe privilégie depuis la consultation de 2006-2007, rejetant dos à dos d’une part la version française de « l’intégration républicaine » faisant appel à une notion abstraite de « citoyen » détachée de toute réalité, et d’autre part le multiculturalisme qui encourage les communautés à vivre séparément sur un même territoire. Pour les tenants de l’interculturalisme, la vie commune ne peut s’organiser qu’à partir du peuple d’accueil, disposant d’une langue et de valeurs spécifiques et autour duquel s’agencent nécessairement la vie du pays et l’intégration de ceux qui souhaitent y demeurer, même s’il n’est pas demandé à ces derniers de renoncer à leurs religions et à leurs racines. Il existe une « préséance » du peuple d’accueil et de sa « culture fondatrice », pour reprendre la terminologie québécoise. C’est ce que nous exprimons pour notre part en affirmant que le peuple corse est le seul peuple de droit sur la terre de Corse.   La question de la laïcité Ici encore, le modèle français ne correspond ni à nos intérêts ni à nos traditions politiques. Sous l’autorité de Pasquale Paoli, la Corse a inventé un Etat laïque dès la moitié du XVIIIe siècle, ce qui était alors impensable en France et dans le reste de l’Europe. La séparation entre l’ordre ecclésial et l’ordre politique était réalisée, opération extrêmement audacieuse à l’époque. Les Juifs vivant dans l’île disposaient du droit de vote comme les autres citoyens. Il ne s’agissait pourtant pas d’une démarche d’éjection du fait religieux, d’un laïcisme comme celui que la Révolution française créera quelques décennies plus tard. Ce laïcisme français conduit actuellement à des comportements ineptes, comme interdire les crèches dans les lieux publics. Cette laïcité qui prétend effacer les racines culturelles chrétiennes de l’Europe n’est pas la nôtre. La laïcité que nous enseigne la tradition politique corse est fondée sur un respect réciproque. Ici encore, il n’est pas question de renoncer à ce que nous sommes et notamment à l’enracinement culturel chrétien de notre société. La laïcité corse garantit à tous les individus les mêmes droits, quelles que soient leurs religions. Elle donne à chacun la possibilité de se livrer de façon digne au culte de son choix. Elle admet depuis toujours, pour faciliter la vie en commun, ce que les Québécois appellent les « accommodements raisonnables ». La laïcité, dont la raison d’être est de permettre le vivre ensemble, place toutes les personnes, de toutes confessions, dans une position de stricte égalité du point de vue politique, administratif, et quant à leurs droits individuels. En revanche, il n’est pas envisageable de mettre sur le même plan le christianisme, intégré culturellement dans notre pays depuis deux millénaires, et les autres religions présentes dans l’île. On comprendra aisément par exemple que nos fêtes religieuses aient vocation à demeurer ce qu’elles ont toujours été, et que notre laïcité ne conduira pas à leur substituer celles d’autres religions présentes dans l’île.  La crise des réfugiés Il ne s’agit pas ici d’un cas d’immigration économique mais de réfugiés que la guerre a jetés vers l’Europe. Que faire devant cette urgence ? Tenter de barricader ses portes en tremblant, comme certains le suggèrent? Ceux qui ont « une certaine idée de la Corse », ceux qui considèrent que nous sommes une nation, et non une population apeurée sur un morceau de territoire français, ne peuvent avoir cette attitude. En premier lieu, parce que le droit d’asile relève du jus gentium appliqué par tous les pays civilisés. En second lieu, parce que cette forme particulière d’hospitalité est chez nous essentielle, de par nos racines culturelles chrétiennes et notre propre tradition politique. À cet égard, le paolisme n’a pas fini de nous délivrer ses enseignements.En tout état de cause, il convient d’observer que la participation de la Corse à l’effort européen concernera seulement quelques dizaines de personnes à accueillir.Par ailleurs, ne peut-on mettre à profit l’émotion suscitée par cet épisode dramatique pour fédérer toutes les ressources disponibles dans le sens d’une solidarité organisée face à toutes les situations de détresse ? L’Assemblée de Corse ne pourrait-elle se doter d’une entité politique en charge de la coordination de l’ensemble des administrations, des associations et des particuliers, non seulement pour participer – dans la mesure de nos modestes capacités – à la gestion de la présente situation de crise, mais à plus long terme pour venir en aide à tous ceux qui dans l’île éprouvent les plus grandes difficultés ? C’est ce que le groupe Corsica Libera a officiellement proposé à l’Assemblée de Corse lors du débat public du 2 octobre 2015. Ainsi, non seulement les détresses locales ne seraient pas délaissées au profit des réfugiés mais ces derniers auraient provoqué une prise de conscience salutaire au bénéfice de tous. Car la générosité et la solidarité n’ont pas vocation à se diviser mais à s’additionner. La citoyenneté : un pont entre le statut de résident et la nationalité corse de demain Le statut de résident, adopté par l’Assemblée de Corse, constitue une avancée importante dont nous devons obtenir la mise en œuvre par Paris. Pour autant, il ne saurait constituer une fin en soi. Nous militons pour une citoyenneté corse, laquelle devra conduire à terme à l’institution d’une véritable nationalité.  Une citoyenneté fondée sur dix ans de résidence à titre permanent (critère retenu depuis une quinzaine d’années par l’ensemble des formations nationalistes dans le cadre de « A Cunsulta Naziunale ») ainsi qu’une connaissance de notre langue (compétence de niveau A2, critère proposé par le rapport de la mission universitaire sur l’avenir de la Corse d’avril 2011).Cette citoyenneté permettrait d’accéder à la propriété immobilière, à l’emploi, ainsi qu’à l’inscription sur les listes électorales.Observons que la corsisation et la corsophonisation des emplois demeurent des axes essentiels de la politique que nous préconisons. Enfin, précisons que ces propositions de notre part, bien que parfaitement cohérentes avec l’objectif d’indépendance nationale, ont vocation à être mises en œuvre par les autorités corses dès la prochaine mandature, quitte à ouvrir des contentieux avec l’Administration de l’Etat français. Corsica Libera
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