Jean-Guy Talamoni : U ritornu di e ghjurnate internaziunale

E Ghjurnate sont de retour ! Cette manifestation est bien davantage qu’un rendez-vous estival : elle constitue le témoignage d’un presque demi-siècle de lutte du peuple corse. Au début de l’aventure, ceux qui représentaient légitimement ce peuple étaient arithmétiquement minoritaires. En fait, ils avaient été une poignée à ramasser à terre les pénates de la patrie. Durant les années soixante, la prise de conscience avait concerné quelques groupes de militants se cherchant confusément une stratégie, entre régionalisme et revendications corporatistes. Au cours des années 1970 en revanche, eut lieu ce que l’on a pu appeler le « miracle » du Riacquistu. « Miracle », le mot était bien choisi, car enfin, qui aurait pu prévoir ce sursaut d’un peuple dont la grande majorité des membres ignoraient l’idée nationale, pensaient que leur langue se réduisait à un « patois » et estimaient que l’objectif le plus raisonnable était de devenir « des Français à part entière » ? Comme en d’autres points du monde, la puissance dominante avait savamment instillé le venin de la « haine de soi » (Albert Memmi)… Si Aleria fut en 1975 un moment fort dans la prise de conscience, c’est bien la création du FLNC l’année suivante qui donna à la nation de réelles chances de renaître, à travers la mise en œuvre de la stratégie de Lutte de Libération Nationale. Ceux qui ont connu cette période ont pu voir l’évolution de l’image, dans l’esprit des Corses, de ceux que l’on n’appelait pas encore « les natios ». Largement considérés jusque-là comme des exaltés ou des produits folkloriques de « soixante-huit », ils ne suscitaient de la part des clanistes alors tout puissants que des réactions goguenardes, surtout au moment du dépouillement, lorsqu’ils se hasardaient à se présenter aux élections : « Ùn ritrovi mancu i toi ! ». La création du FLNC eut pour conséquence immédiate le changement du regard porté par les Corses sur cette jeunesse qu’il fallait bien prendre, désormais, au sérieux. Dans les années qui suivirent, e Ghjurnate furent le miroir fidèle des combats, des solidarités internationales, des sacrifices, des erreurs et des avancées d’une lutte qui a – quoi que certains en disent – sauvé la nation corse d’une disparition certaine. C’est cette histoire-là que racontent e ghjurnate. C’est cette histoire-là qu’elles continuent à écrire, loin des dérisoires politicailleries qui avilissent la vie publique. L’histoire d’une fidélité aussi inexpugnable que les murs de la citadelle de Corti. Jean-Guy Talamoni

“Our revenge will be the laughter of our children” Bobby Sands

"Our revenge will be the laughter of our children" Bobby Sands " (Notre vengeance sera le rire de nos enfants.) Bobby Sands - Arnaldo Otegi Mondragon, porte parole de Sortu - Michelle O'Neill, Vice-présidente du Ógra Shinn Féin et future première ministre du gouvernement d’Irlande du Nord - Gorka Elegebarrieta, responsable de l'international de EH Bildu et senateur à Madrid - Jean-Guy Talamoni, ancien président de Assemblea di Corsica

Bobby Sands in patifame per i prighjuneri pulitichi

“ Ils n’ont rien dans tout leur arsenal impérial qui puisse briser l’esprit d’un seul Irlandais qui ne veut pas être brisé » Bobby Sands Le 1er mars 1981, à la prison forteresse de Maze à Belfast, Bobby Sands refuse de se nourrir. Il commence la grève de la faim dans laquelle il sera rejoint par neuf autres prisonniers républicains. Elle durera 66 jours jusqu’à sa mort le 5 mai 1981 à l’âge de 27 ans. Les neuf autres militants le suivront dans la mort jusqu’au 20/08/1984 ; malgré les nombreuses manifestations mondiales. Le plus jeune d’entre eux avait 23 ans, le plus âgé 30 ans. Le 9 mars 1981, il est élu député de la Chambre des Communes face à un candidat protestant unioniste. Il succède au député républicain Frank Moguire qui vient de décéder. ce qui donne lieu à une élection anticipée. Il sera élu avec 51 % des voix. Par cette élection, ses partisans pensaient qu’il y aurait plus d’opportunités pour faire valoir leurs revendications, à savoir la reconnaissance du statut politique comprenant entre autres le droit de porter des vêtements civils, refusé par le gouvernement de Margaret Tatcher.. Dans la foulée, le gouvernement britannique change la loi électorale pour empêcher l’élection d’autres prisonniers de l’Ira. Il est interdit aux prisonniers condamnés à plus d’un an de prison de se présenter aux élections. Lors d’une visite de sa famille il avait fait promettre à ses parents de ne pas le nourrir afin de lui éviter la mort, s’il tombait dans le coma. Extrait d’une lettre de Bobby Sands à ses parents Février 1981 « Je ne serai pas seul. Il y a d’autres camarades avec moi. L’heure est venue de nous lever et de faire preuve de courage. Je sais que cela va être dur pour vous et le reste de la famille mais je vous demande d’être avec moi jusqu’au bout. Mourir en sachant que vous n’êtes pas d’accord avec mes choix est la seule chose qui me fasse vraiment peur Je viens de passer mon neuvième Noël consécutif en prison. A cause de la prison j’ai perdu beaucoup. Je ne vois plus ma femme et mon fils. Mais si je pouvais revenir en arrière, je recommencerais à me battre. Je ne suis ni fou ni sauvage. Je suis raisonnable. Je ne fais que perpétuer les combats des générations passées. » D.T

Helis.blog : “Francia e Spagna hanno un problema di democrazia”

Il movimento indipendentista Corsica Libera dal 2015 al 2021 ha fatto parte assieme agli autonomisti del primo governo nazionale còrso dai tempi dell’esperienza repubblicana di Pasquale Paoli e ha espresso il primo Presidente dell’Assemblea di Corsica indipendentista, Jean-Guy Talamoni. Il movimento ha inviato una sua delegazione ufficiale in Sardegna per presenziare al sit-in contro l’estradizione del presidente catalano in esilio Carles Puigdemont e per la democrazia in Catalogna. Helis ha potuto confrontarsi con Jean-Daniel Cortopassi, delegato della sezione di Bastia di Corsica Libera. Sassari, 04/10/2021. Corte d’Appello. Delegazione di Corsica Libera in attesa della sentenza sull’estradizione di Carles Puigdemont. Foto Marcello Saba Oggi qui a Sassari si ritrovano assieme esponenti indipendentisti di tre nazioni europee – Sardegna, Catalogna e Corsica – per sostenere il presidente Puigdemont e, probabilmente, ad assistere all’ennesima sconfitta dei tribunali spagnoli causata dalle leggi del sistema giudiziario europeo. Cosa accomuna il nostro impegno politico? Quali le analogie nei rapporti di forza tra le nostre nazioni, l’Europa e, rispettivamente, gli Stati italiano, spagnolo e francese? Siamo venuti qui in Sardegna perché il nostro dovere è sostenere il presidente Carles Puigdemont in quanto in questo momento interpreta e rappresenta il simbolo dell’indipendentismo nel mondo e in particolare in Europa. Per la Corsica, la Sardegna e la Catalogna la questione centrale e comune della lotta è quale sarà, nell’Europa di domani, il destino dei nostri diritti come quello alla libertà nazionale, all’autodeterminazione, al riconoscimento e alla liberazione dei prigionieri politici e dei ricercati. L’Europa attuale, gli Stati attuali, sono caratterizzati dalla negazione di questi diritti. Ed è per questo che noi dobbiamo necessariamente continuare il nostro impegno e la nostra lotta. Per noi piccoli popoli senza Stato è importante unirci alla Catalogna nel suo cammino verso la libertà e verso una nuova Europa di popoli liberi ed emancipati. Nel nostro caso l’indipendentismo moderno è impegnato in una lotta lunga quaranta anni. Sassari, 04/10/2021. La delegazione di Corsica Libera incontra Jordi Sanchez, ex presidente dell’ANC che ha scontato anni di carcere per le manifestazioni nonviolente catalane. Al centro Jean-Marc Rodriguez, sindaco di Venacu e responsabile delle relazioni internazionali di Corsica Libera. Foto Marcello Saba Il fatto che i tribunali di tutta Europa non stiano assecondando le richieste spagnole di arrestare Puigdemont è un fatto importante. Ma rimane comunque lo scoglio degli Stati che impediscono l’espressione democratica della volontà popolare o che ignorano totalmente i risultati delle elezioni territoriali. Cosa possiamo fare dal vostro punto di vista? Sicuramente, è molto importante. Ma effettivamente rimane il problema degli Stati che in tutta Europa non accettano che i popoli siano padroni del proprio futuro. Dobbiamo continuare a impegnarci, dobbiamo attivarci nelle strade, nelle comunità, a livello istituzionale; dobbiamo far capire alla gente l’importanza di far crescere un popolo, di rafforzare le sue istituzioni per costruire un Paese che non dipenda dalla Francia, dalla Spagna o dall’Italia. Abbiamo il diritto storico ad essere padroni del nostro futuro. Quindi dobbiamo dibattere, confrontarci con la gente, per la strada e nelle sedi europee, per far sì che un domani questi nostri popoli e queste nostre nazioni senza Stato possano accedere al diritto all’autodeterminazione. D’altronde i nostri sono popoli con una Storia di libertà, siamo già stati liberi nel corso della Storia. Dobbiamo continuare a incontrarci. Dobbiamo coalizzarci e fare pressione in Europa per rivendicare la nostra Storia e i diritti che ci spettano. Sassari, 04/10/2021. Antone Simoni di Corsica Libera con Elisenda Paluzie, presidente dell’ANC. Foto Marcello Saba La Francia accetta che in Nuova Caledonia – collettività d’oltremare che ha rappresentanti nel Parlamento francese – vengano celebrati referendum sull’indipendenza mentre nei confronti del Governo còrso c’è una totale chiusura al dialogo anche su temi molto più semplici come l’autonomia e lo status della Lingua còrsa. Come si spiega questa differenza di trattamento così grande? Penso che la differenza sia semplicemente il fatto che la Corsica è molto vicina alla Francia, nel mezzo del Mediterraneo. Se un domani la Nuova Caledonia diventerà indipendente – tanto meglio per loro – per i francesi si tratterà di una cosa lontana, impalpabile, con poco impatto sull’opinione pubblica. Al contrario la Francia non accetta il dialogo con la vicina Corsica e rifiutando il dialogo non prende in considerazione il voto indipendentista e autonomista che ha espresso maggioranze di governo molto ampie. La Francia in Corsica ha un problema di democrazia. Sassari, 04/10/2021. Delegazione di Corsica Libera con Elisenda Paluzie (ANC), esponenti di iRS e SNI. Sulla destra l’eurodeputata in esilio Clara Ponsatì e Jordi Mirò, presidente di Estat Català. Foto Marcello Saba Nell’ultima sua visita in Corsica il presidente francese Emmanuel Macron ha pronunciato un discorso nel quale ha semplicemente ignorato le reiterate proposte di dialogo del Governo còrso. Una situazione abbastanza umiliante e imbarazzante a livello istituzionale aggravata dall’inopportuna decisione di perquisire personalmente all’ingresso dell’incontro pubblico le più alte cariche istituzionali còrse compresi i Sindaci come quello di Aiacciu che non sono neanche indipendentisti. L’immagine di un presidente francese che viene nel nostro Paese – in una regione amministrativa francese, dal suo punto di vista – e rifiuta totalmente il dialogo con un Governo eletto con il 57% dei voti equivale ad affermare che per lui in Corsica i nazionalisti semplicemente non esistono, non esiste il popolo. Dove sono i diritti? Dov’è il diritto alla libertà? Dov’è la democrazia? Da molti anni gli indipendentisti e gli autonomisti gestiscono l’Assemblea di Corsica. Come può il presidente francese non tenere in in considerazione i risultati elettorali e la legittimità delle istituzioni còrse? Lo stesso problema esiste nella porzione di Paese Basco amministrato dallo Stato francese. Delegati di Corsica Libera con Jordi Sanchez e Simone Maulu (iRS/Helis). Foto Marcello Saba Dal punto di vista dell’indipendentismo sardo l’esperienza della lista unitaria Pè a Corsica dal 2015 in poi è stata qualcosa di molto entusiasmante che ha dato speranza e ha ispirato processi di dialogo e riavvicinamenti politici e umani. Vedere come è finita e vedere come poi sono andate le elezioni ha instillato in noi una profonda tristezza. È crollato una sorta di mito. Ora ci chiediamo come la base, gli attivisti, i militanti, hanno vissuto questa separazione, questa interruzione improvvisa di un accordo che, secondo i patti, avrebbe dovuto essere decennale. Nel 2015 al secondo turno delle elezioni territoriali còrse abbiamo costruito un’alleanza storica tra autonomisti e indipendentisti che ha consentito ai nazionalisti di vincere il secondo turno. Due anni dopo, per le successive elezioni, l’unione è stata riproposta e ha ottenuto un nuovo risultato storico perché il 57% dei cittadini còrsi, autonomisti e indipendentisti assieme, hanno detto a gran voce che la Corsica non è un dipartimento francese. La convivenza tra autonomisti e indipendentisti non è semplice ma sui temi dell’amministrazione concreta, sui problemi quotidiani del nostro popolo, è utile e normale che le due anime lavorino assieme e sostengano insieme un progetto comune. Chiaramente autonomisti e indipendentisti non sono la stessa cosa, ma siamo riusciti a lavorare assieme. Purtroppo però, in Corsica come in altre parti d’Europa, al di là delle differenze ideologiche c’è un problema di uomini e di carrierismo. Bisogna dirlo onestamente. Il movimento di Corsica Libera e le varie sigle che lo hanno preceduto hanno portato avanti la lotta indipendentista per decenni, hanno lavorato molto, hanno scontato anni di carcere, si sono impegnati nel governo assieme agli autonomisti. In cambio gli autonomisti hanno preso tutto questo lavoro e lo hanno sprecato in nome di un loro cammino solitario ispirato da una non meglio identificata necessità di costruire alleanze tra la destra e la sinistra. Ma per noi questo non è un progetto politico, il vero problema è questo. L’alleanza tra noi e gli autonomisti aveva coinvolto la gente. Ora che questa esperienza è stata interrotta non possiamo fermarci, dobbiamo continuare nella nostra battaglia. Quali sono le prospettive attuali di Corsica Libera nelle istituzioni e nella società? Due mesi fa alle elezioni abbiamo ottenuto il 6.9%, un bel risultato che però per un centinaio di voti non è stato non sufficiente a farci entrare con le nostre forze nel Parlamento e a ottenere più di un eletto. Oggi Josepha Giacometti porta la voce di Corsica Libera nelle istituzioni e continuerà a lavorare con il movimento. Corsica Libera, sia nell’Assemblea sia in strada, continuerà a muoversi e a lottare. Tra qualche giorno terremo un’assemblea nazionale nella quale faremo ripartire il movimento su una base politica chiara, per definire il ruolo e il lavoro degli indipendentisti negli prossimi anni. Per riprendere la strada.

Irlande : le Brexit accélère la séparation avec l‘Angleterre

Depuis le Brexit la majorité que la frange loyaliste détenait toujours en Irlande du Nord est en train de disparaitre, et avec elle le principal fondement de l’accord de paix d’avril 1998 : l’assurance que l’Irlande du Nord resterait britannique tant que les habitants le souhaiteraient en majorité… et ils sont de moins en moins nombreux… La crise a vraiment débuté en juin avec les funérailles de Bobby Storey : Allié proche et à vie de l’ancien président du Sinn Féin, Gerry Adams, l’homme du nord de Belfast était considéré comme le chef du renseignement de l’IRA. Il a passé plus de 20 ans en prison, en commençant par un internement sans procès à l’âge de 17 ans, un an après avoir rejoint l’IRA en 1972. Il est impliqué dans la très spectaculaire évasion de la prison de Maze en 1983, lorsque 38 prisonniers républicains s’en sont évadés. Lorsqu’il a été libéré de prison en 1994, M. Storey était considéré comme une personne clé dans le processus de paix et l’accord du vendredi saint du 10 avril 1998. Des sources de sécurité l’ont lié à plusieurs incidents majeurs, dont le vol de 26 millions de livres sterling de la Northern Bank en 2004. Plus récemment, il avait été président nord du Sinn Féin. Les patriotes irlandais lui ont rendus un émouvant hommage : Le cercueil drapé d’un drapeau irlandais, précédé d’un joueur de cornemuse et suivi par tous les élus du Sinn Fein dont Gerry Adams et Michelle O’neill, la vice premier ministre républicaine d’Irlande du Nord, a longuement serpenté dans les rues de la ville encadré par des centaines d’anciens combattants de l’IRA formant une haie d’honneur jusqu’à sa dernière demeure ; une occasion d’exprimer leur gratitude, de renouveler leur engagement et le passage du flambeau, en démontrant leur volonté à poursuivre la cause de l’unification irlandaise, tout en permettant aux personnes en deuil de pleurer et de rendre hommage. Ceci, pour les loyalistes, a été considéré comme une provocation et une démonstration de force intolérable, ce qui a déclenché une vague de violence sans précèdent de la part de ces anti républicains. D’autant que le ministère public a décidé de ne poursuivre personne en relation avec les funérailles : cette tolérance policière a été vécue par les unionistes comme la preuve supplémentaire que l’Angleterre était sur le point de se désengager d’Irlande ! De fait, le Brexit a entrainé la création d’une frontière douanière maritime entre l’Irlande, les six comtés nordistes compris, et l’Angleterre : un acte de trahison intolérable pour les unionistes ! Cette frontière naturelle, toujours niée par les partisans de l’Angleterre, s’est donc imposée logiquement grâce à l’Europe et à la volonté de la seule Angleterre de s’en détacher… Il est d’ailleurs surprenant, que par une facétie de l’histoire, cette Europe fondée sur les principes du capitalisme triomphant et de l’hégémonie des banques toutes puissantes soit la cause de la désintégration progressive de ce pays, d’autant que l’Ecosse répond en écho à cette volonté séparatiste. Ainsi le pays dont chacun s’accorde à dire qu’il a été avec Adam Smith, à la fin du XVIIIe siècle, le berceau du capitalisme pourrait imploser à cause des dégâts collatéraux d’une économie qui se veut de plus en plus libérale. A quelques semaines du centenaire de la création de l’Irlande du Nord, que l’on commémore en mai, la mémoire de la guerre civile n’aura jamais été plus présente dans les esprits britanniques qu’en ce moment, la Grande Bretagne apparaissant de moins en moins « grande »… et son Royaume … de moins en moins uni… L’Azzezu

Maghju #137 : Hè esciutu !

U Ribombu Internaziunale #137 di maghju 2021 hè quì, à u prugramma : U prugramma di u mese di maghju 2021 : CARICATURE de justice, “état de droit“ à l‘usu francese Cartulare : Turisimu : Chì vulemu per u turismu in Corsica ? Corsica Libera : Interview de J.Guiseppi, François Benedetti et Pascale Simoni Internaziunale : Irlande, le brexit accélère la séparation avec l‘angleterre Storia : L’ottu di maghju, Ponte novu in puesia https://uribombu.corsica/produit/n137-maghju-du-2021/

Helis.blog : Ghjurnale novu indipendentistu sardu

HELIS.BLOG hè u situ novu di iRS, ProgReS e Torra. Parleranu di pulitica, cultura, storia è faceranu di stu situ, un arnesu è un spaziu indipendentistu cù parechji riflessioni. iRS – indipendèntzia Repùbrica de Sardigna insieme al coordinamento Torra e al partito ProgReS – Progetu Repùblica de Sardigna, è lieta di partecipare alla nascita dell’aperiodico indipendentista Helis.blog, nuovo spazio di confronto, di elaborazione e di ragionamento politico, sociale e culturale. La nascita di questo nuovo spazio di confronto è frutto di un cambio di atteggiamento da parte di un’area indipendentista che ha deciso di discutere insieme in uno spazio di elaborazione e di riflessione. In antitesi allo scontro sterile e fratricida che per anni ha afflitto l’indipendentismo. https://www.helis.blog/

Catalogne : Grande victoire aux élections des indépendantistes

Da Jordi Mirò u nostru currispudente è presidente di l‘Estat Català Le 14 février, ont eu lieu des élections au Parlement de Catalogne, une élection déclenchée au milieu de la pandémie de Covid et contre la volonté du gouvernement de Catalogne pour le danger qu’elles représentaient pour les citoyens. Il faut se rappeler que ce processus électoral a été atteint, bien que la législature n’ait pas été épuisée, car la justice espagnole avait disqualifié le président de la Generalitat, Quim Torra, pour avoir accroché une banderole sur le balcon du Palau de la Generalitat demandant la «Liberté des prisonniers politiques et des exilés». Un fait sans précédent dans tout État démocratique et une attaque frontale contre la liberté d’expression et la souveraineté du Parlement de Catalogne, car qui a le pouvoir d’élire ou de révoquer le Président de la Generalitat, c’est le Parlement. La Catalogne est en état de siège judiciaire depuis le 1er octobre 2017, depuis la menace de disqualification et d’emprisonnement des députés et du président du Parlement; avec des milliers de personnes inculpées pour leur implication dans les événements du 1er octobre ou plus tard. Nous ne devons pas oublier les longues peines infligées aux membres du gouvernement catalan, ni la persécution judiciaire en cours des membres du gouvernement en exil, dirigée par le président Carles Puigdemont, actuellement membre du Parlement Européen. Le gouvernement espagnol a forcé ces élections avec l’intention de former un gouvernement unioniste en Catalogne. C’est pourquoi il a ignoré les indications médicales, et le refus du gouvernement catalan, qui a proposé de tenir les élections en mai. Profitant du fait que le ministre de la Santé du gouvernement central était catalan, ils ont tenté de profiter de l’effet médiatique du ministre en tant que tête de liste au Parlement de Catalogne pour le Parti Socialiste. En raison de la pandémie, ces élections ont été marquées par un taux de participation très faible, avec un peu plus de 53%, l’un des plus bas de l’histoire. Ce faible taux de participation a nui aux grandes formations et a profité aux petites, avec un électorat plus fidèle. Au sein du bloc indépendantiste, il y a eu des résultats très proches entre ERC et Junts, donc il y avait une égalité technique. Lors des dernières élections, Junts était la force dirigeante du bloc indépendantiste et du deuxième ERC. Cette fois, c’est l’inverse: l’ERC a obtenu 33 députés et 32 Junts. Il est à noter que Junts a eu une scission: le secteur autonome de droite, héritier de l’ex-Convergència de Jordi Pujol, a quitté le parti en raison du virage pro-indépendance et progressiste de Junts sous la direction du président Carles Puigdemont, et il s’est présenté aux élections avec l’acronyme PDeCAT. Ils n’ont pas obtenu de représentation parlementaire, mais leurs 77 000 voix ont fait que Junts n’est pas resté, lors de ces élections, la force dirigeante du Parlement de Catalogne. Quoi qu’il en soit, Junts, bien qu’étant la deuxième force des députés et des votes, a été la première force électorale au niveau des communes et des régions de toute la Catalogne. Les anticapitalistes du CUP ont bénéficié du faible taux de participation et ont obtenu 9 députés; de très bons résultats qui les rapprochent aux 10 députés qu’ils ont déjà obtenus aux élections de 2015. Le faible taux de participation a également profité, au sein du camp unioniste, à l’extrême droite espagnole qui est entrée au Parlement de Catalogne pour la première fois. Le parti fasciste, Vox, a obtenu 11 députés et devient la quatrième force. Poursuivant dans le camp unioniste, Ciutadans (parti du centre anti-catalan), qui avait été le plus voté aux élections de 2017, a perdu la majorité de ses députés (il ne lui reste plus que 6 députés, sur les 36 qu’il avait), qui passent aux «socialistes» du PSC (la branche du PSOE en Catalogne), qui a obtenu 34 députés, ou à l’extrême droite de Vox. Les ex-communistes, En Comú Podem, restent avec les mêmes résultats: 8 députés. Ils sont définis comme équidistants; ils sont favorables à un référendum sur l’autodétermination, mais sont opposés à l’indépendance; à Madrid, ils gouvernent avec le PSOE; ils sont favorables à des portes ouvertes à l’immigration, mais à la mairie de Barcelone, ils ont pu gouverner grâce au soutien de Manuel Valls. Le PP, parti classique de droite, héritier direct du régime franquiste, deuxième parti d’Espagne, s’est retrouvé sans presque aucune représentation parlementaire: ses anciens électeurs ont préféré les fascistes de Vox et l’ont laissé avec 3 députés. Malgré tous les éléments qui s’y opposent, le mouvement indépendantiste a montré une santé de fer. Encore une fois, et c’est déjà la troisième fois : en 2015 et en 2017, malgré l’état d’exception que représentait l’article 155, ce 14 février 2021 le mouvement indépendantiste dans son ensemble a remporté les élections au Parlement de Catalogne. Ces élections du 14 Février supposaient un nouveau plébiscite pour le mouvement indépendantiste. Le résultat est clair : nous avons obtenu une majorité parlementaire des formations favorables à l’indépendance de la Catalogne et, pour la première fois, nous avons franchi le seuil de 50% des électeurs en faveur du fait que la Catalogne soie un État indépendant. Cela montre que l’indépendantisme ne souffre pas de l’épuisement, que n’est pas une proposition conjoncturelle et que la volonté d’indépendance reste plus forte que jamais. La communauté internationale doit prendre acte de la volonté de la majorité du peuple catalan et doit trouver les mécanismes pour résoudre le conflit. Le message des urnes a été clair: l’indépendantisme est le vainqueur des élections; il nous faut maintenant un gouvernement d’unité entre les forces indépendantistes pour faire avancer le pays, sortir de la grave crise économique et sanitaire et avancer de manière décisive, dans cette législature, vers l’indépendance de la Catalogne. 

Kurde : L’impossible équation

Les Kurdes ? Un peuple, une langue, une histoire, un territoire. Tous les éléments constitutifs d’une nation sont sur la table. Mais le Kurdistan est une nation sans État. Ce n’est pas original. Des nations sans État, le monde en compte un certain nombre qui toutes, plus ou moins, avec des fortunes diverses, luttent pour leur indépendance. En Europe, la Catalogne, la Corse, l’Euskadi sont les exemples les plus connus pour avoir chacune un mouvement national actif, organisé et majoritaire. Mais c’est le cas des Kurdes, me direz-vous. Oui, et les Kurdes ont des forces armées, les peshmergas d’Irak et les combattants du PKK turc essentiellement, qui ont amplement contribué  à l’éradication de l’État Islamique dans la région, en Syrie et dans le Nord de l’Irak. Alors, où est le problème ? Pourquoi lorsqu’il est abordé, essayistes et analystes parlent de L’impossible État kurde, ou de La Malédiction kurde ? Parce qu’indépendamment des ses atouts, la revendication kurde est plombée par une situation géopolitique insoluble et une indifférence générale - lorsque ce n’est pas une hostilité - des grandes puissances. Le Moyen Orient est une zone d’instabilité permanente depuis des siècles et le pétrole n’a fait qu’aggraver la situation. Entre les guerres tribales, les prises de pouvoir éphémères, l’instabilité continuelle et les interventions extérieures dès que les ressources pétrolières ou les intérêts stratégiques sont menacés, nous avons tous les ingrédients pour favoriser un état de conflit - déclaré ou larvé - permanent. Il est évident qu’entre les querelles des uns et des autres, arbitrées par les intérêts des grande puissances - la Russie, les États-Unis et la Chine, puissance émergente dans cette partie du monde - le problème national kurde n’intéresse personne et le statu-quo convient à tout le monde. Le Statu-quo justement, c’est le deuxième handicap majeur du peuple kurde. La nation kurde s’étend sur quatre États-Nations incontournables dans la région : la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Et cela ne date pas d’hier, c’est une situation qui remonte à l’Antiquité. Pas sur sa forme actuelle, bien sûr, les frontières et les empires ne revêtaient pas les mêmes organisations qu’à notre époque. Mais déjà, à l’origine, les Kurdes sont disséminés entre la Perse, l’Anatolie, l’Empire parthe et le royaume d’Arménie. Des indépendances éphémères Avec la chute de l’Empire ottoman qui englobait le Kurdistan, après la première guerre mondiale, les Kurdes obtiennent un État par le traité de Sèvres en 1920, le premier État kurde indépendant, le Kurdistan. Mais les termes du traité ne seront jamais appliqués ! Les Turcs de Mustapha Kemal Atatürk auront tôt fait d’anéantir les espoirs d’un État kurde indépendant. Il y aura peu de temps après un Royaume du Kurdistan proclamé en Irak et balayé en 1924 par l’armée britannique qui occupait l’Irak à l’époque. Et une république kurde, la République d’Ararat, proclamée par les kurdes de Turquie en 1927 et écrasée trois ans plus tard par l’aviation du même Atatürk. Et il en sera de même de la République de Mahabad proclamée par les Kurdes d’Iran en 1946 et anéantie par les armées iraniennes un an plus tard. Retour à la case départ : le peuple kurde réparti sur quatre États frontaliers, la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Mais la révolte est toujours là. En Turquie, le PPK, Parti des Travailleurs kurdes, fondé en 1978 par Abdullah Öcalan est en lutte armée contre le pouvoir turc, même après l’arrestation et l’emprisonnement d’Öcalan. En Irak, à la faveur des deux guerres du Golfe - 1991 et 2003 - les Kurdes d’Irak et leurs peshmergas, les combattants kurdes de Massoud Barzani, obtiennent l’autonomie du Kurdistan irakien. Mais malgré l’écrasante majorité du oui à l’indépendance lors du référendum de 2017 (92%), le redéploiement de l’armée irakienne dans la région et les querelles internes des mouvances nationalistes kurdes, réduisent à néant les espoirs d’un État Kurde indépendant. Une situation inextricable Ils sont pourtant entre 35 et 40 millions, les Kurdes, répartis entre quatre États-Nations : 12 à 15 millions en Turquie ; 6 à 7 millions en Iran ;  5 millions en Irak ; 3 millions en Syrie. À ceux-là s’ajoute une importante diaspora disséminée à travers l’Europe (l’Allemagne à elle seule en compte 1 million), les pays voisins du Moyen Orient ( Arménie, Azerbahijan, Turkestan, Géorgie, principalement), l’Amérique du Nord. Un peuple de 35 millions d’individus peut apparaître comme une force. En fait, dans le cas des Kurdes c’est un handicap supplémentaire. Oui : En Turquie, ils représentent 24% de la population du pays ; en Irak 21% ; en Iran 18%. Quel pays accepterait de se voir amputé d’un quart ou d’un cinquième de sa population ? Avec les conséquences économiques, diplomatiques, politiques que cela impliquerait ? D’autant - autre handicap - que les Kurdes sont musulmans, comme leurs colonisateurs. Et même si l’Islam kurde (80% de sunnites, 20% de chiites) n’est pas l’Islam de l’Arabie Saoudite, des Frères musulmans ou de l’Iran. Les femmes kurdes, notamment , participent souvent sur un pied d’égalité avec les hommes à la vie politique et militaire des forces kurdes et chacun a en mémoire le rôle des redoutées combattantes kurdes contre Daesh. Mais ils ont la même origine cultuelle que les États qui les occupent et qui les intègrent. Pour le monde occidental, qui n’a pas beaucoup le sens des nuances, ils appartiennent au même groupe ethno-religieux. Et - conséquence supplémentaire de son importance numérique - le nationalisme Kurde n’est pas homogène, il s’en faut. Entre le PKK  d’Öcalan d’inspiration marxiste, le PDK parti démocratique de Barzani, l’UPK, parti laïque et anti-féodal (!) créé par Jalal Talabani, le HÜDA PAR d’inspiration plus ou moins islamiste, le HDP, parti turc de gauche défendant les intérêts kurdes,  pour ne citer que les plus connus et la kirielle de partis et de mouvances réparties sur quatre pays, on est loin de l’entente cordiale. On serait même souvent à couteaux tirés… Sans parler des querelles tribales, ça et là. Le bout du tunnel ? On le voit avec cet aperçu rapide d’une situation pour le moins difficile, on imagine mal le bout du tunnel pour un peuple qui semble voué à une lutte sans fin pour une indépendance illusoire. D’autant que le Moyen Orient est une aire de jeu et d’intérêts pour les grandes puissances, Russie, Étas-Unis, Chine, avec un État d’Israël prêt à intervenir pour préserver ses intérêts et ses annexions territoriales parfaitement illégitimes. Alors, les Kurdes… La Russie de Poutine a son prè carré en Syrie qu’elle tient à préserver pour des raisons stratégiques évidentes. Il ne va pas faire de peine à Bachar El Assad. Exit les Kurdes de Syrie. Les États-Unis et leur allié israélien surveillent de près l’Iran, prêts à intervenir au moindre prétexte. Les Kurdes d’Iran, ce n’est pas leur problème. L’Allemagne compte pas loin de 3 millions de turcs (d’origine ou immigrés légaux) sur son sol. Elle est par ailleurs une alliée traditionnelle de la Turquie. Elle ne va pas faire de misère à Erdogan. Et si l’Europe avait des velléités d’élever la voix, le président turc ouvre ses frontières à 3 millions d’immigrés qui se précipiteront en Europe qui ne sait déjà pas gérer les siens. Les Kurdes de Turquie ? C’est pour les protestations de principe de quelques droit-de-l’hommistes. Reste l’Irak. C’est le seul pays où les Kurdes qui constituent le Nord du pays ont une large autonomie, avec un gouvernement, le GRK, reconnue par la Constitution irakienne de 2005, suite à la défaite de l’Irak après la deuxième guerre du Golfe. Les États-Unis, qui avaient pu compter sur les peshmergas de Barzani comme alliés pour lutter contre l’armée de Saddam Hussein, en sont à l’origine. Et il faut dire que les Kurdes d’Irak menaient une lutte acharnée depuis des décennies contre le colonisateur irakien. Mais comme nous l’avons vu, le oui à l’indépendance de 2017 a vu l’armée irakienne revenir s’installer dans la région. Et les États-Unis qui ont de gros intérêts pétroliers en Irak - et incidemment dans le Kurdistan irakien - ne vont surtout pas intervenir. Les Kurdes d’Irak attendront. Seul un effondrement de l’État irakien permettrait au Kurdistan irakien d’accéder à l’indépendance. Mais là encore, il semble improbable que la Turquie laisse faire sans intervenir. L’insoluble équation kurde ? J’espère me tromper. J’espère que ceux qui parlent de la Malédiction kurde, de l’Impossible État kurde se trompent. Mais le passé et le présent du peuple kurde n’incitent pas à un optimisme démesuré… Yves Bourdiec
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