Irlande : le Brexit accélère la séparation avec l‘Angleterre

Depuis le Brexit la majorité que la frange loyaliste détenait toujours en Irlande du Nord est en train de disparaitre, et avec elle le principal fondement de l’accord de paix d’avril 1998 : l’assurance que l’Irlande du Nord resterait britannique tant que les habitants le souhaiteraient en majorité… et ils sont de moins en moins nombreux… La crise a vraiment débuté en juin avec les funérailles de Bobby Storey : Allié proche et à vie de l’ancien président du Sinn Féin, Gerry Adams, l’homme du nord de Belfast était considéré comme le chef du renseignement de l’IRA. Il a passé plus de 20 ans en prison, en commençant par un internement sans procès à l’âge de 17 ans, un an après avoir rejoint l’IRA en 1972. Il est impliqué dans la très spectaculaire évasion de la prison de Maze en 1983, lorsque 38 prisonniers républicains s’en sont évadés. Lorsqu’il a été libéré de prison en 1994, M. Storey était considéré comme une personne clé dans le processus de paix et l’accord du vendredi saint du 10 avril 1998. Des sources de sécurité l’ont lié à plusieurs incidents majeurs, dont le vol de 26 millions de livres sterling de la Northern Bank en 2004. Plus récemment, il avait été président nord du Sinn Féin. Les patriotes irlandais lui ont rendus un émouvant hommage : Le cercueil drapé d’un drapeau irlandais, précédé d’un joueur de cornemuse et suivi par tous les élus du Sinn Fein dont Gerry Adams et Michelle O’neill, la vice premier ministre républicaine d’Irlande du Nord, a longuement serpenté dans les rues de la ville encadré par des centaines d’anciens combattants de l’IRA formant une haie d’honneur jusqu’à sa dernière demeure ; une occasion d’exprimer leur gratitude, de renouveler leur engagement et le passage du flambeau, en démontrant leur volonté à poursuivre la cause de l’unification irlandaise, tout en permettant aux personnes en deuil de pleurer et de rendre hommage. Ceci, pour les loyalistes, a été considéré comme une provocation et une démonstration de force intolérable, ce qui a déclenché une vague de violence sans précèdent de la part de ces anti républicains. D’autant que le ministère public a décidé de ne poursuivre personne en relation avec les funérailles : cette tolérance policière a été vécue par les unionistes comme la preuve supplémentaire que l’Angleterre était sur le point de se désengager d’Irlande ! De fait, le Brexit a entrainé la création d’une frontière douanière maritime entre l’Irlande, les six comtés nordistes compris, et l’Angleterre : un acte de trahison intolérable pour les unionistes ! Cette frontière naturelle, toujours niée par les partisans de l’Angleterre, s’est donc imposée logiquement grâce à l’Europe et à la volonté de la seule Angleterre de s’en détacher… Il est d’ailleurs surprenant, que par une facétie de l’histoire, cette Europe fondée sur les principes du capitalisme triomphant et de l’hégémonie des banques toutes puissantes soit la cause de la désintégration progressive de ce pays, d’autant que l’Ecosse répond en écho à cette volonté séparatiste. Ainsi le pays dont chacun s’accorde à dire qu’il a été avec Adam Smith, à la fin du XVIIIe siècle, le berceau du capitalisme pourrait imploser à cause des dégâts collatéraux d’une économie qui se veut de plus en plus libérale. A quelques semaines du centenaire de la création de l’Irlande du Nord, que l’on commémore en mai, la mémoire de la guerre civile n’aura jamais été plus présente dans les esprits britanniques qu’en ce moment, la Grande Bretagne apparaissant de moins en moins « grande »… et son Royaume … de moins en moins uni… L’Azzezu

Maghju #137 : Hè esciutu !

U Ribombu Internaziunale #137 di maghju 2021 hè quì, à u prugramma : U prugramma di u mese di maghju 2021 : CARICATURE de justice, “état de droit“ à l‘usu francese Cartulare : Turisimu : Chì vulemu per u turismu in Corsica ? Corsica Libera : Interview de J.Guiseppi, François Benedetti et Pascale Simoni Internaziunale : Irlande, le brexit accélère la séparation avec l‘angleterre Storia : L’ottu di maghju, Ponte novu in puesia https://uribombu.corsica/produit/n137-maghju-du-2021/

Helis.blog : Ghjurnale novu indipendentistu sardu

HELIS.BLOG hè u situ novu di iRS, ProgReS e Torra. Parleranu di pulitica, cultura, storia è faceranu di stu situ, un arnesu è un spaziu indipendentistu cù parechji riflessioni. iRS – indipendèntzia Repùbrica de Sardigna insieme al coordinamento Torra e al partito ProgReS – Progetu Repùblica de Sardigna, è lieta di partecipare alla nascita dell’aperiodico indipendentista Helis.blog, nuovo spazio di confronto, di elaborazione e di ragionamento politico, sociale e culturale. La nascita di questo nuovo spazio di confronto è frutto di un cambio di atteggiamento da parte di un’area indipendentista che ha deciso di discutere insieme in uno spazio di elaborazione e di riflessione. In antitesi allo scontro sterile e fratricida che per anni ha afflitto l’indipendentismo. https://www.helis.blog/

Catalogne : Grande victoire aux élections des indépendantistes

Da Jordi Mirò u nostru currispudente è presidente di l‘Estat Català Le 14 février, ont eu lieu des élections au Parlement de Catalogne, une élection déclenchée au milieu de la pandémie de Covid et contre la volonté du gouvernement de Catalogne pour le danger qu’elles représentaient pour les citoyens. Il faut se rappeler que ce processus électoral a été atteint, bien que la législature n’ait pas été épuisée, car la justice espagnole avait disqualifié le président de la Generalitat, Quim Torra, pour avoir accroché une banderole sur le balcon du Palau de la Generalitat demandant la «Liberté des prisonniers politiques et des exilés». Un fait sans précédent dans tout État démocratique et une attaque frontale contre la liberté d’expression et la souveraineté du Parlement de Catalogne, car qui a le pouvoir d’élire ou de révoquer le Président de la Generalitat, c’est le Parlement. La Catalogne est en état de siège judiciaire depuis le 1er octobre 2017, depuis la menace de disqualification et d’emprisonnement des députés et du président du Parlement; avec des milliers de personnes inculpées pour leur implication dans les événements du 1er octobre ou plus tard. Nous ne devons pas oublier les longues peines infligées aux membres du gouvernement catalan, ni la persécution judiciaire en cours des membres du gouvernement en exil, dirigée par le président Carles Puigdemont, actuellement membre du Parlement Européen. Le gouvernement espagnol a forcé ces élections avec l’intention de former un gouvernement unioniste en Catalogne. C’est pourquoi il a ignoré les indications médicales, et le refus du gouvernement catalan, qui a proposé de tenir les élections en mai. Profitant du fait que le ministre de la Santé du gouvernement central était catalan, ils ont tenté de profiter de l’effet médiatique du ministre en tant que tête de liste au Parlement de Catalogne pour le Parti Socialiste. En raison de la pandémie, ces élections ont été marquées par un taux de participation très faible, avec un peu plus de 53%, l’un des plus bas de l’histoire. Ce faible taux de participation a nui aux grandes formations et a profité aux petites, avec un électorat plus fidèle. Au sein du bloc indépendantiste, il y a eu des résultats très proches entre ERC et Junts, donc il y avait une égalité technique. Lors des dernières élections, Junts était la force dirigeante du bloc indépendantiste et du deuxième ERC. Cette fois, c’est l’inverse: l’ERC a obtenu 33 députés et 32 Junts. Il est à noter que Junts a eu une scission: le secteur autonome de droite, héritier de l’ex-Convergència de Jordi Pujol, a quitté le parti en raison du virage pro-indépendance et progressiste de Junts sous la direction du président Carles Puigdemont, et il s’est présenté aux élections avec l’acronyme PDeCAT. Ils n’ont pas obtenu de représentation parlementaire, mais leurs 77 000 voix ont fait que Junts n’est pas resté, lors de ces élections, la force dirigeante du Parlement de Catalogne. Quoi qu’il en soit, Junts, bien qu’étant la deuxième force des députés et des votes, a été la première force électorale au niveau des communes et des régions de toute la Catalogne. Les anticapitalistes du CUP ont bénéficié du faible taux de participation et ont obtenu 9 députés; de très bons résultats qui les rapprochent aux 10 députés qu’ils ont déjà obtenus aux élections de 2015. Le faible taux de participation a également profité, au sein du camp unioniste, à l’extrême droite espagnole qui est entrée au Parlement de Catalogne pour la première fois. Le parti fasciste, Vox, a obtenu 11 députés et devient la quatrième force. Poursuivant dans le camp unioniste, Ciutadans (parti du centre anti-catalan), qui avait été le plus voté aux élections de 2017, a perdu la majorité de ses députés (il ne lui reste plus que 6 députés, sur les 36 qu’il avait), qui passent aux «socialistes» du PSC (la branche du PSOE en Catalogne), qui a obtenu 34 députés, ou à l’extrême droite de Vox. Les ex-communistes, En Comú Podem, restent avec les mêmes résultats: 8 députés. Ils sont définis comme équidistants; ils sont favorables à un référendum sur l’autodétermination, mais sont opposés à l’indépendance; à Madrid, ils gouvernent avec le PSOE; ils sont favorables à des portes ouvertes à l’immigration, mais à la mairie de Barcelone, ils ont pu gouverner grâce au soutien de Manuel Valls. Le PP, parti classique de droite, héritier direct du régime franquiste, deuxième parti d’Espagne, s’est retrouvé sans presque aucune représentation parlementaire: ses anciens électeurs ont préféré les fascistes de Vox et l’ont laissé avec 3 députés. Malgré tous les éléments qui s’y opposent, le mouvement indépendantiste a montré une santé de fer. Encore une fois, et c’est déjà la troisième fois : en 2015 et en 2017, malgré l’état d’exception que représentait l’article 155, ce 14 février 2021 le mouvement indépendantiste dans son ensemble a remporté les élections au Parlement de Catalogne. Ces élections du 14 Février supposaient un nouveau plébiscite pour le mouvement indépendantiste. Le résultat est clair : nous avons obtenu une majorité parlementaire des formations favorables à l’indépendance de la Catalogne et, pour la première fois, nous avons franchi le seuil de 50% des électeurs en faveur du fait que la Catalogne soie un État indépendant. Cela montre que l’indépendantisme ne souffre pas de l’épuisement, que n’est pas une proposition conjoncturelle et que la volonté d’indépendance reste plus forte que jamais. La communauté internationale doit prendre acte de la volonté de la majorité du peuple catalan et doit trouver les mécanismes pour résoudre le conflit. Le message des urnes a été clair: l’indépendantisme est le vainqueur des élections; il nous faut maintenant un gouvernement d’unité entre les forces indépendantistes pour faire avancer le pays, sortir de la grave crise économique et sanitaire et avancer de manière décisive, dans cette législature, vers l’indépendance de la Catalogne. 

Kurde : L’impossible équation

Les Kurdes ? Un peuple, une langue, une histoire, un territoire. Tous les éléments constitutifs d’une nation sont sur la table. Mais le Kurdistan est une nation sans État. Ce n’est pas original. Des nations sans État, le monde en compte un certain nombre qui toutes, plus ou moins, avec des fortunes diverses, luttent pour leur indépendance. En Europe, la Catalogne, la Corse, l’Euskadi sont les exemples les plus connus pour avoir chacune un mouvement national actif, organisé et majoritaire. Mais c’est le cas des Kurdes, me direz-vous. Oui, et les Kurdes ont des forces armées, les peshmergas d’Irak et les combattants du PKK turc essentiellement, qui ont amplement contribué  à l’éradication de l’État Islamique dans la région, en Syrie et dans le Nord de l’Irak. Alors, où est le problème ? Pourquoi lorsqu’il est abordé, essayistes et analystes parlent de L’impossible État kurde, ou de La Malédiction kurde ? Parce qu’indépendamment des ses atouts, la revendication kurde est plombée par une situation géopolitique insoluble et une indifférence générale - lorsque ce n’est pas une hostilité - des grandes puissances. Le Moyen Orient est une zone d’instabilité permanente depuis des siècles et le pétrole n’a fait qu’aggraver la situation. Entre les guerres tribales, les prises de pouvoir éphémères, l’instabilité continuelle et les interventions extérieures dès que les ressources pétrolières ou les intérêts stratégiques sont menacés, nous avons tous les ingrédients pour favoriser un état de conflit - déclaré ou larvé - permanent. Il est évident qu’entre les querelles des uns et des autres, arbitrées par les intérêts des grande puissances - la Russie, les États-Unis et la Chine, puissance émergente dans cette partie du monde - le problème national kurde n’intéresse personne et le statu-quo convient à tout le monde. Le Statu-quo justement, c’est le deuxième handicap majeur du peuple kurde. La nation kurde s’étend sur quatre États-Nations incontournables dans la région : la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Et cela ne date pas d’hier, c’est une situation qui remonte à l’Antiquité. Pas sur sa forme actuelle, bien sûr, les frontières et les empires ne revêtaient pas les mêmes organisations qu’à notre époque. Mais déjà, à l’origine, les Kurdes sont disséminés entre la Perse, l’Anatolie, l’Empire parthe et le royaume d’Arménie. Des indépendances éphémères Avec la chute de l’Empire ottoman qui englobait le Kurdistan, après la première guerre mondiale, les Kurdes obtiennent un État par le traité de Sèvres en 1920, le premier État kurde indépendant, le Kurdistan. Mais les termes du traité ne seront jamais appliqués ! Les Turcs de Mustapha Kemal Atatürk auront tôt fait d’anéantir les espoirs d’un État kurde indépendant. Il y aura peu de temps après un Royaume du Kurdistan proclamé en Irak et balayé en 1924 par l’armée britannique qui occupait l’Irak à l’époque. Et une république kurde, la République d’Ararat, proclamée par les kurdes de Turquie en 1927 et écrasée trois ans plus tard par l’aviation du même Atatürk. Et il en sera de même de la République de Mahabad proclamée par les Kurdes d’Iran en 1946 et anéantie par les armées iraniennes un an plus tard. Retour à la case départ : le peuple kurde réparti sur quatre États frontaliers, la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Mais la révolte est toujours là. En Turquie, le PPK, Parti des Travailleurs kurdes, fondé en 1978 par Abdullah Öcalan est en lutte armée contre le pouvoir turc, même après l’arrestation et l’emprisonnement d’Öcalan. En Irak, à la faveur des deux guerres du Golfe - 1991 et 2003 - les Kurdes d’Irak et leurs peshmergas, les combattants kurdes de Massoud Barzani, obtiennent l’autonomie du Kurdistan irakien. Mais malgré l’écrasante majorité du oui à l’indépendance lors du référendum de 2017 (92%), le redéploiement de l’armée irakienne dans la région et les querelles internes des mouvances nationalistes kurdes, réduisent à néant les espoirs d’un État Kurde indépendant. Une situation inextricable Ils sont pourtant entre 35 et 40 millions, les Kurdes, répartis entre quatre États-Nations : 12 à 15 millions en Turquie ; 6 à 7 millions en Iran ;  5 millions en Irak ; 3 millions en Syrie. À ceux-là s’ajoute une importante diaspora disséminée à travers l’Europe (l’Allemagne à elle seule en compte 1 million), les pays voisins du Moyen Orient ( Arménie, Azerbahijan, Turkestan, Géorgie, principalement), l’Amérique du Nord. Un peuple de 35 millions d’individus peut apparaître comme une force. En fait, dans le cas des Kurdes c’est un handicap supplémentaire. Oui : En Turquie, ils représentent 24% de la population du pays ; en Irak 21% ; en Iran 18%. Quel pays accepterait de se voir amputé d’un quart ou d’un cinquième de sa population ? Avec les conséquences économiques, diplomatiques, politiques que cela impliquerait ? D’autant - autre handicap - que les Kurdes sont musulmans, comme leurs colonisateurs. Et même si l’Islam kurde (80% de sunnites, 20% de chiites) n’est pas l’Islam de l’Arabie Saoudite, des Frères musulmans ou de l’Iran. Les femmes kurdes, notamment , participent souvent sur un pied d’égalité avec les hommes à la vie politique et militaire des forces kurdes et chacun a en mémoire le rôle des redoutées combattantes kurdes contre Daesh. Mais ils ont la même origine cultuelle que les États qui les occupent et qui les intègrent. Pour le monde occidental, qui n’a pas beaucoup le sens des nuances, ils appartiennent au même groupe ethno-religieux. Et - conséquence supplémentaire de son importance numérique - le nationalisme Kurde n’est pas homogène, il s’en faut. Entre le PKK  d’Öcalan d’inspiration marxiste, le PDK parti démocratique de Barzani, l’UPK, parti laïque et anti-féodal (!) créé par Jalal Talabani, le HÜDA PAR d’inspiration plus ou moins islamiste, le HDP, parti turc de gauche défendant les intérêts kurdes,  pour ne citer que les plus connus et la kirielle de partis et de mouvances réparties sur quatre pays, on est loin de l’entente cordiale. On serait même souvent à couteaux tirés… Sans parler des querelles tribales, ça et là. Le bout du tunnel ? On le voit avec cet aperçu rapide d’une situation pour le moins difficile, on imagine mal le bout du tunnel pour un peuple qui semble voué à une lutte sans fin pour une indépendance illusoire. D’autant que le Moyen Orient est une aire de jeu et d’intérêts pour les grandes puissances, Russie, Étas-Unis, Chine, avec un État d’Israël prêt à intervenir pour préserver ses intérêts et ses annexions territoriales parfaitement illégitimes. Alors, les Kurdes… La Russie de Poutine a son prè carré en Syrie qu’elle tient à préserver pour des raisons stratégiques évidentes. Il ne va pas faire de peine à Bachar El Assad. Exit les Kurdes de Syrie. Les États-Unis et leur allié israélien surveillent de près l’Iran, prêts à intervenir au moindre prétexte. Les Kurdes d’Iran, ce n’est pas leur problème. L’Allemagne compte pas loin de 3 millions de turcs (d’origine ou immigrés légaux) sur son sol. Elle est par ailleurs une alliée traditionnelle de la Turquie. Elle ne va pas faire de misère à Erdogan. Et si l’Europe avait des velléités d’élever la voix, le président turc ouvre ses frontières à 3 millions d’immigrés qui se précipiteront en Europe qui ne sait déjà pas gérer les siens. Les Kurdes de Turquie ? C’est pour les protestations de principe de quelques droit-de-l’hommistes. Reste l’Irak. C’est le seul pays où les Kurdes qui constituent le Nord du pays ont une large autonomie, avec un gouvernement, le GRK, reconnue par la Constitution irakienne de 2005, suite à la défaite de l’Irak après la deuxième guerre du Golfe. Les États-Unis, qui avaient pu compter sur les peshmergas de Barzani comme alliés pour lutter contre l’armée de Saddam Hussein, en sont à l’origine. Et il faut dire que les Kurdes d’Irak menaient une lutte acharnée depuis des décennies contre le colonisateur irakien. Mais comme nous l’avons vu, le oui à l’indépendance de 2017 a vu l’armée irakienne revenir s’installer dans la région. Et les États-Unis qui ont de gros intérêts pétroliers en Irak - et incidemment dans le Kurdistan irakien - ne vont surtout pas intervenir. Les Kurdes d’Irak attendront. Seul un effondrement de l’État irakien permettrait au Kurdistan irakien d’accéder à l’indépendance. Mais là encore, il semble improbable que la Turquie laisse faire sans intervenir. L’insoluble équation kurde ? J’espère me tromper. J’espère que ceux qui parlent de la Malédiction kurde, de l’Impossible État kurde se trompent. Mais le passé et le présent du peuple kurde n’incitent pas à un optimisme démesuré… Yves Bourdiec

Quilapayun – La nueva constitucion

Quilapayun, groupe politico-culturel chilien historique créé en 1965 et nommé ambassadeur culturel par le président de la république chilienne, Salvador Allende en 1972, le groupe, alors en concert en France, demande l'asile politique après sa mort lors du Coup d'État du Général Pinochet le 11 septembre 1973. Internationalement connu, ils sont les invités des Ghjurnate Internaziunale di Corti de 1978. Le groupe chilien s’est plus récemment produit en Août 2018 à l’invitation de l’Associu Pà u Ricordu di Circinellu et d’A Primavera à Guagnu. Connu dans l’île par ses ses célèbres chansons “El pueblo unido jamás será vencido”, chantée par Tavagna, adapté par l’Arcusgi (Un Populu ùn Hè Vintu), “La Muralla” ou bien encore “Patria”, a récemment sortie une nouvelle chanson en faveur de la nouvelle constitution. 78 % des votants se sont prononcés en faveur d’une nouvelle Constitution. Le Chili va donc en finir avec l’ancienne, adoptée en 1980 sous la dictature du général Augusto Pinochet. Rencontre avec un des membres fondateurs historiques de Quilapayun, Hernan Gomez, que nous remercions pour sa disponibilité.   Vous avez récemment écrit une nouvelle chanson à propos de la nouvelle constitution votée en Octobre dernier, au Chili, qu’en est-il et quelle importance pour vous ? Lors du vote du 25 octobre les chiliens ont approuvé à 78% le fait d'élaborer une nouvelle Constitution afin de remplacer l'existante qui date de la dictature, et malgré quelques réformes faites en 2005 ne convient plus à la situation actuelle car elle est rigide, empêchant les réformes et favorisant un système gouvernemental trop présidentiel. Le libéralisme á outrance et l'impuissance du système pour maîtriser ses effets nocifs, ont fait que malgré une situation économique stable le Chili a vu les inégalités se  creuser, les services de l'état comme la santé, la sécurité sociale, les transports, les ressources naturelles et l'éducation ont été délaissés au profit du privé et par défaut, au grand capital. Tout ceci a produit un chômage de masse et un énorme désespoir qui a abouti à une explosion populaire exigeant plus de justice. Cela s’est manifesté à la fin 2019 par des énormes révoltes pendant plus d’un mois, dont la réponse fut une répression violente et cruelle, indigne d’une véritable démocratie. Pour endiguer ce mécontentement et sortir de la crise qui paralyse le pays, les partis politiques se sont vus contraints de convoquer ce plébiscite ; pour ou contre une nouvelle constitution. C’est pourquoi nous avons considéré qu’il était important de donner de la voix sur le sujet. Mais le plus difficile reste à faire Cet engagement s’inscrit finalement dans votre lutte politico-culturelle qui a toujours été le principal moteur du groupe ? Oui car il ne faut pas se leurrer, le temps des dictatures n'est pas définitivement derrière, (voire ce qui se passe au Pérou), donc une partie de notre discours s’inscrit toujours et encore dans la défense des valeurs démocratiques. Mais encore, nous préconisons que le droit à la culture soit inscrit dans la nouvelle charte. L'éducation, l'art, toutes manifestations de la culture auxquelles en politique on n’accorde pas d’importance. D’ailleurs, tu auras remarqué que au centre de cette chanson appelant à faire le geste politique de voter, son auteur Eduardo Carrasco, a placé Gabriela Mistral, Neruda, Nicanor et Violeta Parra, De Rocka et Huidobro, précisément hommes et femmes de la culture de stature mondial, qui ont toujours fustigé les forces rétrogrades du Chili et défendu nos libertés. Par ailleurs, il ne faut pas oublier les nouveaux défis tels que la lutte contre le racisme, l’intolérance, la drogue, le sexisme, l’homophobie et autres, tares qui se développent par ignorance et l'absence des repères, des rêves et réalités que justement la culture par ses diverses manifestations peut nous apporter.   La nouvelle constitution, justement, parlez-nous-en. Quel symbole derrière ce vote ? Il y a un symbole mais surtout la perspective des grandes avancées sociales derrière ce vote. Néanmoins, nous sommes encore au tout début du processus. En fait, une Assemblée Constituante chargée de rédiger le nouveau texte, dont les participants seront par moitié issus de la société civile et moitié des parlementaires, devra être élue en avril 2021 par un vote populaire. Et voilà un autre combat à mener, afin que tous les secteurs de notre société y soient représentés et que la parité homme-femme soit respectée au sein de cette instance pour qu’elle ne devienne pas un instrument des intérêts réactionnaires. S’ajoutant à ceux de la sécurité social, l’éducation et la santé  des nouveaux droits devraient y être inscrits et garantis par la Nouvelle Constitution ; les droits des populations autochtones, les droits de femmes, la participation citoyenne ainsi que des mécanismes de démocratie directe. Enfin, une série de réformes qui suscitent beaucoup d’espoirs.   Enfin, le groupe, son avenir proche ? A cause de la pandémie nous naviguons seulement à moyen terme et avec les moyens du bord. Heureusement nous pouvons continuer à enregistrer par internet avec les membres du groupe qui résident au Chili depuis la fin de la dictature et nous comptons avec le concours d’autres artistes et des professionnels du métier. La chanson La Nueva Constitución est un exemple récent. Aussi, ce 12 décembre nous avons présenté en collaboration avec quelques-unes des chanteuses chiliennes les plus connues, la pièce la plus importante de notre carrière, la Cantate Populaire Santa Maria d’Iquique. Le spectacle a eu lieu de façon virtuelle depuis le Chili. https://www.puntoticket.com/cantata-santa-maria-streaming C’est une initiative de plus en collaboration avec des artistes de la nouvelle génération de notre pays avec qui nous travaillons depuis quelques années. En ce qui concerne cette Cantate, elle a déjà été adoptée par des formations féminines notamment par El Ensamble Femenino del Departamento de Música la Universidad de La Serena, ville situé dans le nord du Chili. Celle-ci fait partie de nombreuses adaptations que des formations musicales, chorales, troupes de théâtre et de danse, ont réalisées dans plusieurs pays. Si je peux me permettre ; le faire avec une formation Corse serait fabuleux. Quilapayun - La nueva constitucion (disponible sur Youtube) https://www.youtube.com/watch?v=oH2NMuNpWB8

[Livre] Jean-Guy Talamoni – Le sens d’un engagement (Frédéric BERTOCCHINI)

Préface : De l'engagement des années difficiles au monde universitaire et à la présidence actuelle de l'Assemblea di Corsica, l'ami Jean-Guy Talamoni n'a jamais cessé d'être, selon ses propres mots dans le livre, un militant nationaliste ou, pourrions-nous dire, un « partisan national ». Il poursuit une trajectoire politique cohérente, construite dès le plus jeune âge à travers une démarche revendicative et culturelle fondée sur la manière d'être et de s'exprimer de son peuple. L'engagement identitaire est devenu politique dès les premières participations aux rencontres patriotiques des années 70, organisées pour débattre de l'avenir national de l'île. De là est née l'admiration pour des personnages historiques de la politique nationale corse comme Edmond Simeoni. Ce n'est pas la première fois que Jean-Guy Talamoni nous offre une perspective sur la réalité politique et culturelle corse sous la forme d'un livre. Cet ouvrage que vous avez entre les mains est le portrait politique et humain d'un homme d'État pour lequel j'ai un profond respect politique et auquel je dois une reconnaissance pour la solidarité et l'intérêt qu'il a toujours témoigné au processus démocratique en Catalogne. La Corse a été la première nation européenne à reconnaître la volonté de la majorité du Parlement de Catalogne pour que la Catalogne devienne un État sous forme de république et l'Assemblée de Corse a été l'un des parlements européens condamnant clairement la répression espagnole contre le mouvement indépendantiste catalan. Deux gestes que je n'oublierai jamais. En fait, les parallèles entre le désir de liberté de la Catalogne et de la Corse sont évidents. Ils sont présents dans un livre où Jean-Guy Talamoni donne les clés pour expliquer les bases fondamentales des processus d'autodétermination existant en Europe, 8 basés sur des principes éthiques et démocratiques stricts, et par lesquels il estime indispensable que passe la souveraineté corse. Il explique que les défenseurs de l'autonomie de la Corse qui ont évolué vers des positions clairement indépendantistes ne feront plus le chemin du retour, situation qui rappelle celle de la Catalogne. Cette détermination est la conséquence, en grande partie, de l'aveuglement politique de la France et de l'Espagne, deux États réticents à comprendre que la Corse et la Catalogne sont deux nations, et qui continuent à les traiter comme de simples entités administratives qu'il convient de surveiller étroitement. Une grave erreur qui confirme la volonté des gouvernements de Paris et de Madrid de se perpétuer en tant qu'États centralistes, une idée obsolète qui ne correspond pas à l'Europe du XXIe siècle. Comme c'était le cas en Catalogne il y a à peine dix ans, l'auteur admet que l'idée d'indépendance a encore une connotation de radicalisme pour de nombreux citoyens corses, mais que tôt ou tard elle apparaîtra comme un chemin « parfaitement raisonnable ». En Catalogne, l'indépendantisme était aussi soutenu par une minorité jusqu'à ce qu'il soit justifié par des arguments politiques, sociaux, économiques, culturels, moraux et démocratiques. Il n'a depuis été combattu par les unionistes qu'à travers l'utilisation de l'insulte, de la menace et enfin de la répression. Quelle grave erreur. Car en Catalogne comme en Corse, le but véritable de la répression contre la revendication politique est de dissuader les générations futures de continuer à réclamer l'indépendance. Mais contrairement à cet objectif, les cycles électoraux de ces dernières années, en Catalogne et en Corse, nous montrent que toujours davantage de citoyens sont convaincus que la prospérité individuelle et collective implique de changer d'État. Et plus encore si cet État refuse de négocier. Il n'y a pas de compromis politique possible lorsque l'une des parties ne s'engage même pas à respecter les standards universellement reconnus dans le domaine des Droits de l'Homme. La relation fraternelle entre la Corse et la Catalogne s'explique également par le fait que les deux pays ont des prisonniers politiques, un problème qui apparaît dans le livre. Jean-Guy Talamoni explique qu'il a très vite pris conscience que la lutte pour la liberté serait longue et douloureuse, qu'elle serait un chemin parsemé d'obstacles et, malheureusement, non exempt de violence, avec une longue liste de responsables politiques et militants corses emprisonnés. « Nous n'avons été ni naïfs ni romantiques », raconte-t-il, rappelant les années les plus dures. Il admet que dans ces moments-là, sans la lutte armée, le peuple corse, en tant que communauté, avec sa langue, sa culture et sa manière de participer au monde, aurait disparu. Ce sont des mots troublants pour ceux qui, de l'autre côté de la Méditerranée, aspirent à la liberté sans morts et sans violence. Heureusement aujourd'hui, l'indépendantisme corse, ayant renoncé aux armes depuis 2014, constitue un projet social et politique radicalement pacifique, en partie grâce aux parcours d'hommes politiques comme Jean-Guy, homme de grand consensus, partisan de l'unité politique des souverainistes et qui a réussi à convaincre une bonne partie de la population de la nécessité de défendre la langue et la culture, afin d'être et de s'exprimer en tant que pays libre ouvert sur le reste de l'Europe. La solidarité fraternelle entre le peuple catalan et le peuple corse ne peut être comprise indépendamment d'une confiance commune en la construction d'un avenir de liberté et de paix dans notre Europe méditerranéenne. Nous sommes deux pays politiquement engagés à bâtir un nouvel ordre mondial plus juste et plus pacifique, plus interdépendant et plus ouvert au dialogue. Le Président Talamoni partage la nécessité du dialogue et de la négociation en tant que vecteurs nécessaires pour atteindre les plus hauts niveaux de prospérité, de confiance et de sécurité. La résolution de tout conflit politique ne se fait que par des solutions politiques. La dureté avec laquelle les divers gouvernements français ont historiquement traité les revendications nationales corses a été la même que celle utilisée par l'Espagne pour s'opposer au référendum que nous, Catalans, avons organisé le 1er octobre 2017. L'existence de prisonniers politiques et d'exilés catalans nous confirme la disparition de tous les ressorts de la démocratie en Espagne, qui semblaient plus consolidés que la réalité ne l'a montré. Pour avoir installé des urnes et des bulletins de vote, nous avons été condamnés à des sanctions pénales comparables à celles qu'aurait entraîné un soulèvement armé, avec de lourdes peines de prison en l'absence de manifestation ou d'action violentes commises par les accusés. Les tribunaux belges, allemands, écossais et européens le savent, et je suis sûr que les pouvoirs politiques et judiciaires espagnols le savent aussi, mais ils préfèrent promouvoir le mensonge et institutionnaliser la honte face à l'unité patriotique de l'Espagne. La violence ne sert à rien. Nous sommes au XXIe siècle et le droit à l'autodétermination ne devrait pas être la conséquence d'un conflit violent. En fait, l'Histoire nous enseigne qu'un nombre très important des conflits armés qui ont eu lieu depuis 10 la Seconde Guerre mondiale ont pour origine le non-respect du droit à l'autodétermination. Le Président Talamoni et moi-même avons parlé à plusieurs reprises de l'indécence qu'il y a à remplacer la politique par le Code pénal et à céder la place aux juges et à la police, au lieu de la laisser aux gouvernements et aux parlements, car ce comportement signifie la fin de la démocratie. Avec le Président Talamoni, nous partageons une idée de l'Europe comprise comme une alliance des peuples et des nations. Interrogé dans le livre sur la possibilité qu'une Corse indépendante soit exclue de l'Union, il rappelle le cas de la Catalogne, au moment où l'unionisme a fait pression sur les électeurs au moyen de la menace de voir l'Europe nous exclure. Quelqu'un peut-il imaginer l'Union Européenne sans la Corse ou sans la Catalogne ? Impensable, conclut Talamoni. La menace pour l'Europe n'est pas l'expansion ou la cohabitation de nouvelles unités territoriales, mais la montée en puissance de mouvements populistes d'exclusion contraires aux principes fondateurs de l'Union elle-même. Le manque de leadership au sein de l'Union européenne a conduit le projet européen à une stagnation profonde qui l'éloigne de ses valeurs fondatrices — paix, démocratie, progrès économique et solidarité — et alimente l'euroscepticisme. En Europe et dans le monde, les relations entre les pays doivent être fondées sur le respect mutuel, la somme de la diversité et la défense des minorités, auxquelles il faut donner le pouvoir politique de décider de leur propre avenir et de définir leurs propres stratégies. Ce n'est qu'ainsi que nous serons plus forts pour faire face aux problèmes mondiaux qui nous interpellent tous. La résolution des conflits politiques apporte stabilité et prospérité, ce qui signifie liberté et démocratie. Le livre parle du passé, du présent, mais aussi des temps à venir, dans lesquels le Président Talamoni exprime le désir d'une pleine liberté pour la Corse lorsque la majorité des citoyens le décidera. Telle est la grandeur des mouvements démocratiques dans nos pays, des processus qui vont de bas en haut et qui dépendent uniquement et exclusivement du peuple. La responsabilité de ceux qui sont à la tête des institutions politiques est d'accompagner et de rendre possible ce que veulent les citoyens. C'est cela la démocratie, en Corse, en Catalogne et partout sur la planète. Carles Puigdemont i Casamajó 130e Président de la Generalitat de Catalunya (Traduction du catalan par Conxita Bosch) Per cumprà lu : https://editionsclementine.com/produit/jean-guy-talamoni-le-sens-dun-engagement/?fbclid=IwAR0i_kQ7aEAhvn0fiqLdz8HL6PrHNBwETD2-YkLLErEwqctI2ebWGhQfzLA

Interview Republican Sinn Fein : Des Dalton Par Anghjula Filippi

NDLR : Le Ribombu publie ici une interview du principal responsable actuel du parti irlandais Rebublican Sinn Féin. Afin d’éclairer le lecteur, certaines informations semblent nécessaires pour une meilleur e compréhension du contexte politique actuel en Irlande du Nord. En effet, force est de constater que scissions et divisions existent dans tous les combats de ce type, ce qui, au delà d’un simple constat désabusé, peut être intéressant, voire instructif, à observer. Cela permet d’avoir un regard extérieur, donc un certain recul et une analyse plus objective, sur des phénomènes qui n’ont malheureusement pas épargné nos propres luttes. En ne perdant jamais de vue les différences qui existent aussi entre les situations.Le Republican Sinn Féin est né d’une scission relativement récente, survenue en 1986, au sein du Sinn Féin. Il s’est alors notamment opposé à la ligne défendue par Gerry Adams et Martin Mac Guiness, ainsi qu’au processus de paix ayant abouti aux accords du vendredi saint en 1998. Le RSF a été fondé au départ par des membres influents bien que minoritaires du Sinn Féin (Ruairí Ó Brádaigh, Dáithi Ó Conaill,...), qui avaient été également des chefs d’Etat major de l’IRA puis de l’IRA provisoire (après la scission de 1970).Bien que l'IRA provisoire soit opposée à la création de nouveaux groupes armés, la CIRA (Armée républicaine irlandaise de la continuité) apparaît au moment de la naissance du RSF et est considérée par de nombreux observateurs comme l'aile militaire du RSF, ce qui est officiellement démenti par ce dernier.   1. Pour quelle cause vous battez-vous en Irlande ? Nous sommes les Traditionnels républicains Irlandais du Sinn Fein nous nous battons pour la liberté et l’unité de l’Irlande.Il y a cent ans, le gouvernement britannique a rejeté la République démocratique de toute l'Irlande et le parlement qui avaient été proclamés lors du soulèvement de 1916 et approuvés par le peuple irlandais lors des élections générales de 1918. Au lieu de cela, ils ont partitionné l'Irlande, créant deux États de partition qui existent toujours aujourd'hui. L'injustice politique et économique que la partition a imposée au peuple irlandais demeure et ne peut être éliminée qu'en mettant fin à l'occupation britannique des six comtés du nord-est de l'Irlande et à la création d'une Nouvelle-Irlande. Nous recherchons une République socialiste démocratique fédérale de 32 comtés. C’est notre lutte et c’est une lutte pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis au cours des décennies et des siècles.Tout comme le peuple corse se bat pour l'indépendance, nous luttons pour la liberté nationale du peuple irlandais. La lutte irlandaise fait partie de cette lutte internationale contre l'impérialisme. Les républicains irlandais ont toujours été solidaires de tous les peuples en quête de liberté nationale tels que la Corse, le Pays basque, la Bretagne, la Catalogne, la Palestine entre autres. Dans les années 70 et 80 notamment, nous avons eu des relations étroites avec le mouvement pour l'indépendance de la Corse.   2. Quels sont vos moyens de lutte ? Comment les appliquez-vous au quotidien ? Nous sommes une organisation politique, donc nous transmettons notre message directement au peuple. Nous contestons les élections du gouvernement local dans l'État du sud de l'Irlande où nous avons un conseiller élu, Tomás Ó Curraoin, à Co Galway. Nous sommes un mouvement activiste et nous nous impliquons donc dans des campagnes pour la justice politique et économique. Beaucoup de nos membres sont également actifs au sein du mouvement syndical. Le républicain Sinn Féin a par exemple joué un rôle de premier plan dans la question des sans-abris. Un membre de notre exécutif national (Ard Chomhairle) Diarmuid MacDubhghlais a joué un rôle prédominant dans ce travail tout au long de la crise du Covid-19. Nous pensons qu'un tel travail est vital pour relier la lutte pour la liberté nationale aux luttes quotidiennes du peuple. C'est essentiel si nous voulons construire un mouvement national fort basé sur les principes de la démocratie politique et économique.   3. Quels sont les points clés de votre programme ? Notre programme politique est basé sur les principes de liberté énoncés dans la Proclamation historique de 1916. Nos stratégies politiques et économiques reflètent ces idées de justice politique et économique. Notre programme politique ÉIRE NUA (Nouvelle-Irlande) prévoit la décentralisation de la prise de décision politique du niveau national au niveau provincial, régional et communautaire. Cela implique une réelle participation des personnes aux décisions qui affectent leur vie et leur communauté. Il met un pouvoir significatif entre les mains des gens plutôt que d'un petit groupe d'élite de politiciens qui restent largement irresponsables. ÉIRE NUA concerne la participation maximale des personnes au processus décisionnel et à la formulation des politiques.Chacune des quatre provinces historiques d'Irlande aurait son propre parlement avec un parlement fédéral national représentant tout le peuple irlandais pour décider de questions telles que les relations internationales et la défense nationale. Les parlements provinciaux et les assemblées régionales auraient la responsabilité de domaines importants tels que le développement économique, la santé, l'éducation et la politique environnementale. Notre programme social et économique SAOL NUA (Nouvelle société) vise à créer une véritable démocratie économique, à autonomiser les travailleurs au sein de leurs lieux de travail et communautés dans le développement économique de leurs régions, SAOL NUA encourage les coopératives de travailleurs comme modèle de croissance économique. Nous prônons un développement industriel irlandais tout en développant une relation économique internationale forte et éthique avec d'autres nations pour les investissements entrants et sortants. SAOL NUA est basé sur de forts principes écologiques, républicains et socialistes pour un développement économique durable.Nous luttons pour une Irlande qui embrasse véritablement tous les enfants du pays de la même manière et autonomise les gens à la fois politiquement et économiquement.   4. La langue corse n'est toujours pas reconnue et est largement minoritaire par rapport à la langue française, qu'en est-il du statut de la langue irlandaise ainsi que de son utilisation dans la vie quotidienne? La langue irlandaise est officiellement la première langue de l'État du sud de l'Irlande (26 comtés). Cependant, la réalité est qu'elle a été régulièrement érodée par la négligence au fil des ans par l'État. Les zones de langue irlandaise connues sous le nom de zones Gaelteact ont été privées d'investissement économique, ce qui signifie qu'elles ont perdu un grand nombre de leurs populations qui ont été forcées d'émigrer pour trouver un emploi.Au sein du système éducatif, des tentatives ont été faites pour faire supprimer la langue irlandaise comme matière obligatoire. Cela montre le mépris que beaucoup au sein de l'establishment politique ont pour la langue irlandaise.Dans les six comtés du nord de l'Irlande, il n'y a pas de reconnaissance officielle de la langue irlandaise. L'accord Stormont de 1998 promettait une loi sur la langue irlandaise, mais cela n'a jamais été appliqué. Malgré cela, un mouvement dynamique d'écoles de premier et deuxième niveaux de langue irlandaise s'est créé au cours des 20 dernières années.De nombreuses communautés de langue irlandaise prennent les choses en main pour promouvoir la langue et développer économiquement leurs propres communautés. Pour les républicains irlandais, cela a toujours été une partie vitale de la lutte nationale pour la liberté irlandaise.Si un peuple perd sa langue, il perd une grande partie de son identité, sa capacité à se connecter avec son passé et à exprimer au monde son identité nationale unique.   5. La France exprime une forte réticence à enseigner son histoire coloniale en Corse et plus généralement l'histoire de la Corse elle-même, qu'en est-il du côté de l'Angleterre et de l'Irlande? Il y a toujours eu une réticence similaire ici. L'histoire irlandaise est devenue une arme pour l'État britannique et l'État du sud de l'Irlande. Ils le font pour tenter de retirer la légitimité de la lutte historique pour la liberté irlandaise. Ces dernières années, cela s'est intensifié alors que nous marquons le centenaire de la période révolutionnaire de 1913-1923. L'État a tenté d'assainir cette histoire en assimilant ceux qui ont collaboré avec l'État britannique en rejoignant son armée à ceux qui ont résisté et combattu contre la domination britannique. Cela vise à brouiller et à voler le sentiment d’identité de nos enfants et une véritable fierté de notre histoire révolutionnaire. Dans les six comtés du nord de l'Irlande, une vision très étroite de l'histoire irlandaise est enseignée qui ignore ou balaie la façon dont la partition a été imposée à l'Irlande et le rôle répressif de l'État britannique en Irlande. L’État britannique n’enseigne aucune histoire irlandaise significative, ce qui signifie que la grande majorité des Britanniques n’ont aucune connaissance de l’Irlande ou du rôle colonial de la Grande-Bretagne en Irlande. L'histoire et notre compréhension de celle-ci sont extrêmement importantes pour garantir notre sentiment d'identité.   6. Quel statut a donné l'Angleterre aux prisonniers politiques irlandais, font-ils l'objet d'injustice par rapport aux prisonniers de droit commun? Après la grève de la faim héroïque de 1981 H Block menée par Bobby Sands, les prisonniers républicains irlandais du nord de l'Irlande ont obtenu la pleine reconnaissance en tant que prisonniers politiques. Cela a été donné aux termes de l'accord de Stormont ou de Belfast de 1998. Depuis lors, les prisonniers républicains détenus dans la prison de Maghaberry, près de Belfast, ont été impliqués dans une campagne en cours pour restaurer leur plein statut politique. Ils ont subi un régime carcéral brutal, des fouilles à nu et des passages à tabac de la part des gardiens de prison. Ils ont vaincu une tentative de les forcer à partager les « débarquements » de prison avec des prisonniers criminels et à avoir leurs propres « débarquements » au sein de la prison et leur propre structure de direction et organisation.Cependant, ils endurent de longues périodes d’enfermement dans leurs cellules, de manque de temps libre avec leurs camarades et d’accès à des établissements scolaires adéquats. Cela a inclus l'interdiction des livres. Un exemple célèbre en est l’interdiction, l’année dernière, d’une étude académique sur le républicanisme irlandais contemporain par le Dr Marisa McGlinchey de l’université de Coventry intitulée Unfinished Business: The Politics of «Dissident» Irish Republicanism. Cette interdiction a été contestée par Marisa McGlinchey et son défi a forcé le service pénitentiaire britannique du nord de l'Irlande à reculer et à convenir de nouvelles procédures qui permettraient aux livres universitaires d'entrer dans la prison. Ce fut une victoire significative pour les droits des prisonniers politiques d’avoir un accès approprié aux livres. Les Britanniques utilisent la vieille tactique d'essayer de criminaliser les prisonniers républicains dans une tentative de criminaliser la lutte pour mettre fin à la partition et pour une Irlande totalement libre. Dans l'État du sud de l'Irlande, les prisonniers républicains sont en effet reconnus comme prisonniers politiques et peuvent organiser leurs structures au sein de la prison de Portlaoise, accéder à l'éducation et s'associer librement entre eux. Angèle Filippi

Aleida Guevara, fille d’Ernesto “Ché” Guevara, soutient l’amnistie

De passage en France, pour une rencontre sur la Tricontinentale (organisation créée à la Havane en 1966 regroupant les forces « anti-impérialistes » d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine), Aleida Guevara, fille du révolutionnaire Ernesto “Che” Guevara s’est rendue au Centre international deculture populaire, une maison associative anticolonialiste de solidarité internationale, où la Section à Paris de l’Associu Sulidarità, organise régulièrement des soirées de solidarité et d’information en faveur des prisonniers politiques corses et de leurs familles. Un représentant à Paris de Sulidarità a pu, ce vendredi 25 septembre 2015, s’entretenir avec Madame Guevara et prendre une photo avec elle en solidarité avec la Campagne “AMNISTIA !” pour la libération de nos prisonniers politiques. Un geste fort internationaliste, de cette personnalité qui continue à œuvrer pour les idéaux de son père. Geste important notamment alors que la jeunesse corse se mobilisent pour nos prisonniers et que Paul-André Contadini, met sa vie en danger pour faire valoir ses droits! Evviva a sulidarità internaziunale ! Libertà per tutti i prighjuneri pulitichi corsi incarcerati ! Amnistia ! Sylvain AlesandriniAssociu Sulidarità – sezzione in Pariggi
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