Cap’Articulu d’Eric Simoni : Aprile d’u 2021

A Salute, una priurità, ma dinù una lotta pupulare. La crise sanitaire que nous traversons a mis en lumière, en Corse comme ailleurs, les failles d’un système dont la fragilité et la dérive virtuelle apparaissent chaque jour davantage. Au delà de conséquences économiques et sociales, qui appellent des solutions découlant d’approches diamétralement opposées à tout ce que nous subissons depuis trop longtemps, les politiques de Santé Publique que l’on nous impose sont de plus en plus remises en question. La logique paradoxale à laquelle nous sommes confrontés en permanence est celle d’un État central qui tente de compenser ses défaillances par une omniprésence et un contrôle délétère de réalités humaines qui, dans les faits, inéluctablement, lui échappent de plus en plus. Son seul objectif étant de ne pas perdre la main. Ainsi, le rôle des ARS, aujourd’hui véritables préfectures de santé, aux antipodes d’une vision souple, décentralisée, et adaptée aux territoires, est remise en question même au sein de l’hexagone. Pourtant depuis près d’un an, après le rapport présenté le 27 mars par Jean Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse, intitulé « Luttà contr’à u Covid-19 », une feuille de route cohérente, potentiellement efficace, nous était proposée. Il s’agissait d’un véritable cap à tenir dans la tourmente. Dès lors, malgré la bonne volonté de tous les acteurs de terrain, l’implication immédiate de l’Université de Corse et de son laboratoire de virologie, ainsi que la synergie d’action des professionnels de santé, les obstacles et décisions arbitraires imposées depuis Paris n’ont servi qu’à créer retard et confusion; il aura fallu plusieurs mois, par exemple, pour que la réalité géographique d’un territoire insulaire de Méditerranée soit prise en compte. Comme le soulignait l’Associu Corsu di a Salute lors de sa conférence de presse du 26 juin dernier, « toutes les initiatives concrètes, utiles, vitales, émanant de la société corse semblaient se heurter à une inertie incompréhensible, alors que l’urgence était là. On peut admettre que tout n’ait pas été faisable ou prévisible. Mais empêcher d’agir lorsque c’est possible et nécessaire est typique d’un système étranger que nous subissons depuis trop longtemps, dans tous les domaines. Mais qui ne se remettra jamais en question sans y être obligé. » Aujourd’hui, dans un domaine aussi sensible que l’organisation de la Santé, il apparaît plus que jamais urgent de se mobiliser pour faire entendre la voix de la Corse. La construction d’une stratégie territoriale coordonnée, la création d’un Centre Hospitalier Universitaire multi-site et d’une Assistance Publique Corse, le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse, la valorisation des compétences, des formations et des conditions de travail des personnels de santé, l’autonomisation du régime d’assurance maladie, la reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières insulaires, la construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale, sont autant de priorités programmatiques pour Corsica Libera. Ce sont aussi d’évidentes nécessités au regard des besoins réels de notre peuple en matière de santé. Ce seront sûrement, n’en doutons pas, d’âpres combats à mener contre l’inertie cynique d’une bureaucratie hors sol. Mais ces luttes là, comme tant d’autres, s’inscrivent dans le cadre de la défense de l’intérêt national dans sa dimension la plus humaine et la plus concrète. Charge à chacun d’entre nous d’y participer avec détermination.

Cap’Articulu d’Eric Simoni : Marzu d’u 2021

Développement durable et dessein national « Dans ce système, seuls la dépendance et l’effondrement de nos ressources naturelles seront durables, voire définitifs. » La notion de développement durable est aujourd’hui omniprésente, dans les médias, dans les discours, dans tous les programmes politiques. Pourtant, dans notre pays, nous ne cessons de nous éloigner de ces objectifs vertueux, sous la pression de lobbies puissants favorisés par une administration étrangère insensible aux aspirations légitimes de notre peuple. Ainsi, lorsqu’il s’agit de polluer, de détruire notre environnement - véritable richesse économique dans le cadre d’un développement durable -, toutes les dérogations sont possibles : la destruction de l’herbier de posidonies envisagée dans le cadre des projets de port sur le site de la Carbonite à Bastia, n’est qu’un des nombreux exemples de cette scandaleuse réalité. En revanche, concernant l’obtention d’un statut fiscal et social qui orienterait au mieux l’activité économique, ou d’un statut de résident qui mettrait un frein à la frénésie spéculative, c’est un « niet » absolu qui nous est opposé. Dans ce contexte global, alors que la question du traitement des déchets correspond, de l’avis général, à une priorité, comment s’étonner que la Corse soit l’un des plus gros producteurs de déchets urbains solides par habitant du monde? Au delà de l’application des seules lois existantes, réclamée par certaines associations, il semble à la fois urgent, et pour tout dire vital, de changer radicalement de logique et d’en finir avec la prise en otage de notre économie par des forces qui nous conduisent collectivement à la ruine. Dans ce système, aujourd’hui contesté non seulement par des militants politiques ou associatifs, mais aussi par des acteurs économiques lucides et conscients des véritables enjeux, seuls la dépendance et l’effondrement de nos ressources naturelles seront durables, voire définitifs. Mais il n’y a aucune fatalité à ce que la Corse continue sa descente aux enfers, et que ce paradis, qui est à portée de main, soit inexorablement transformé en no man’s land pour notre peuple et ses générations futures. Il faut, pour cela, rester mobilisés, refuser l’application ici de modèles importés et dont on ne veut même plus ailleurs. Cela passe par une redéfinition des enjeux et des objectifs prioritaires, dans le cadre d’un projet de société cohérent, et en rupture avec toutes les formes de dépendance ou de soumission. Ce projet existe. Il demande à être réactualisé en permanence et est forcément évolutif, mais il est, depuis toujours, porté par celles et ceux qui ne renonceront jamais à libérer et construire la nation. Il nous appartient de le préciser, et d’en faire la feuille de route qui permettra à chaque acteur de la vie politique, économique, culturelle, associative d’agir pour installer une réalité alternative incontournable, que nulle force étrangère aux intérêts de notre peuple ne pourra nier ou réduire. La tâche est immense. Elle est à la mesure du grand dessein d’un peuple dont le destin national finira par s’accomplir contre vents et marées.

Cap’Articulu d’Eric Simoni : Ferraghju d’u 2021

« ...On m’ôtera les armes et je la défendrai avec mes mains la maison de mon père. On me coupera les mains et je la défendrai avec mes bras la maison de mon père. On me laissera sans bras, sans poitrine et je la défendrai avec mon âme la maison de mon père. »* S’il est un combat emblématique de la lutte nationale corse c’est bien celui que les patriotes ont de tous temps mené contre la dépossession foncière de notre peuple. Le phénomène de transfert de la terre et des biens immobiliers excluant les Corses au profit de personnes ou de groupes financiers étrangers, qui est à l’œuvre depuis trop longtemps déjà, a connu une accélération notable ces dernières années. Certaines mobilisations de la part de Corsica Libera, comme aux Palazzi en Balagne ou au couvent de Santa Catalina à Siscu ont permis de donner un coup d’arrêt ponctuel à cette pression permanente des forces de l’argent qui tend à faire des Corses des errants sur leur propre sol. Cela est d’autant plus insupportable que ce qui nous lie à notre terre, comme à nos maisons, va, depuis le fond des âges, bien au delà de la propriété matérielle. Nous appartenons au lieu au moins autant qu’il ne nous appartient. Aucune administration étrangère, aucune transaction financière, ne sera jamais assez légitime à nos yeux pour nous faire accepter cette logique mortifère de dépossession programmée. De l’action armée du FLNC jusqu’en 2014, à la revendication d’un indispensable statut de résident, en passant par le programme intitulé « Terra salva » défendu par le groupe d’élus de Corsica Libera à l’Assemblée de Corse, la volonté du peuple corse de combattre ce fléau s’est toujours affirmée. Et continuera à le faire. C’est une question vitale qui touche non seulement à ce qui doit être reconnu comme nous appartenant, mais aussi, comme on l’a vu, à ce que nous sommes. La résolution démocratique de ce problème est également une exigence autant qu’une garantie d’évolution pacifique durable dans un contexte qui ne cesse de se tendre et de s’aggraver, du fait d’apprentis sorciers qui, dans les officines parisiennes, continuent de penser que le pourrissement de la situation est toujours la meilleure stratégie. La Corse ne connaît que trop bien les conséquences de ce genre de calculs, aussi ineptes que cyniques. Notre Histoire contemporaine en est, malheureusement, jalonnée. Ils ont pourtant échoué jusqu’ici à réduire notre sentiment national et ce dernier a, au contraire, été à l’origine de victoires sur un terrain institutionnel pourtant miné par un corps électoral en partie étranger. Il n’en demeure pas moins que la lutte contre une spéculation immobilière prédatrice aux effets délétères doit être prioritaire et nécessitera un mouvement global intéressant toute la société, bien au delà des rangs d’une Assemblée de Corse qui, aujourd’hui, n’est pas en mesure d’imposer, seule, les règles indispensables à la sauvegarde de nos intérêts communs face à un Etat français plus sourd et aveugle que jamais. Comme les indépendantistes n’ont eu de cesse de le rappeler, le maintien de l’usage et de la propriété de notre terre par les Corses est une des conditions indispensables pouvant nous permettre d’assurer un avenir à notre peuple. Aujourd’hui, le combat politique à mener contre l’exclusion des Corses de leur propre terre répond toujours, à la fois, à des problématiques d’ordre social, agricole, culturel, économique ou environnemental. Il est central, essentiel, incontournable, et demandera la mobilisation de toutes les forces vives de notre pays. *Gabriel Aresti (La maison de mon père, 1963, Euskadi)

Cap’Articulu d’Eric Simoni : Ghjennaghju d’u 2021

2021 : Pace, Salute, è Libertà, frutti difficiuli di a lotta pulitica. L’année 2020 restera une année sombre à maints égards et dans beaucoup d’esprits. Les conséquences de la pandémie ont mis en lumière les nombreuses défaillances d’un système qui continue de camper sur de fausses certitudes et des orientations parfois aussi péremptoires qu’erronées, sans jamais se remettre en question. Mais aussi, dans quelle condition d’extrême fragilité se retrouve notre société corse face à n‘importe quel phénomène émergent, dès lors qu’elle est dans l’impossibilité de réagir vite, bien, et de manière adaptée. Les liens de dépendance et le carcan administratif français s’opposent en permanence aux initiatives cohérentes qu’un territoire insulaire et une société de proximité comme la nôtre peuvent générer. Et ce, dans tous les domaines, la Santé Publique n’étant qu’un exemple - essentiel certes - mais pas isolé. Pourtant les plans vertueux existent et ne demandent qu’à être appliqués. Il faudra bien y venir car, au delà de revendications légitimes portées par tout un peuple depuis des décennies, il s’agit là, chaque jour davantage, d’une question de survie. Dans le bras de fer qui s’annonce, avoir certains leviers institutionnels en main ne suffira pas si une nouvelle stratégie - celle qui aurait dû prévaloir dès l’accession de la coalition Pè a Corsica aux rênes de l’Assemblée de Corse - n’est pas adoptée. Chaque pas que nous voudrons faire dans le bon sens, sera entravé. Mais ça, ce n’est pas nouveau, et les rapports de force politiques sont le quotidien des peuples qui veulent s’affranchir d’une tutelle étrangère partout dans le monde, et toujours dans l’Histoire. L’oublier pour se satisfaire de cogérer le système que l’on nous impose n’est sûrement pas dans l’ADN de Corsica Libera : cela a été rappelé à plusieurs reprises. L’année qui se termine, au delà des rétrospectives événementielles, est pour un grand nombre de Corses marquée par un sentiment de désillusion et une vive inquiétude pour l’avenir, dans tous les domaines, certains n’hésitant pas à parler d’ « annus horribilis ». Pourtant notre peuple a connu d’autres moments difficiles : des générations de Corses ont passé - et passent encore - des Noëls loin d’un proche injustement emprisonné; des drames, des deuils cruels, des souffrances partagées ont jalonné l’Histoire de notre pays, et celle de nos luttes les plus récentes. Notre nation a toujours produit des individus assez pragmatiques et réalistes pour savoir que ce n’est pas en renonçant à ses rêves que l’on peut se donner la moindre chance de changer la réalité. Or c’est précisément sur la réalité que tout combat politique digne de ce nom doit s’efforcer d’influer. L’évolution des modalités de lutte, pour nécessaire qu’elle soit, n’altère en rien la finalité et les fondements d’une démarche visant, depuis et pour toujours, la libération nationale de la Corse. En attendant, une nouvelle année commence, et les défis qui nous attendent ne doivent pas nous faire oublier les voeux de circonstance, surtout lorsqu’ils sont sincères et qu’ils nous engagent véritablement: Pace è Salute à tutti, è, sopratuttu, Libertà pè a Corsica è i so figlioli, chì, senza libertà, ùn ci pò esse, veramente, nè pace, nè salute. CUMPRATE LU : https://uribombu.corsica/produit/n133-ghjennaghju-du-2021/
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