Assemblea di Corsica : La majorité acte l‘échec de sa stratégie

« Par ailleurs, il n’est pas certain que le fait de chercher à nouer un accord avec l’adversaire aux dépens de ses alliés constitue une démarche glorieuse, ou même simplement honorable… » Depuis à présent des années, Corsica Libera plaide pour la mise en œuvre d’une stratégie offensive face au déni de démocratie parisien. Les autonomistes semblaient en revanche persuadés qu’en se montrant conciliants – pour ne pas dire davantage –, les choses finiraient par s’arranger. Se faire de plus en plus lisse, édulcorer sans cesse son discours, abandonner de fait les revendications de nature nationale : telle a été la démarche politique de Femu a Corsica. Jusqu’à mettre fin unilatéralement à l’union avec Corsica Libera, pourtant prévue pour dix ans. Si l’on en croit un article publié le mois dernier dans un journal parisien de référence, cette rupture – exigée depuis 2015 par Paris – aurait eu pour objectif de permettre l’ouverture d’un dialogue entre le gouvernement français et les autonomistes ainsi débarrassés de leur « encombrant allié indépendantiste Corsica Libera » (Le Monde). Sauf que cet allié a permis en 2015 aux autonomistes de s’emparer du pouvoir exécutif et en 2017 de parvenir à la majorité absolue. Par ailleurs, il n’est pas certain que le fait de chercher à nouer un accord avec l’adversaire aux dépens de ses alliés constitue une démarche glorieuse, ou même simplement honorable… Bref, le passé est ce qu’il est. Même s’il convient de ne point oublier ses enseignements, il nous faut prendre en compte la situation présente, afin d’envisager l’avenir. Sur cette situation, l’article d’Isabelle Luccioni du vendredi 19 novembre jette un éclairage cru. Evoquant les discussions ayant eu lieu durant la session de l’Assemblée de Corse, elle écrit : « La sensation générale, c’est que l’Etat n’a absolument pas envie de discuter avec les élus nationalistes. Pas plus maintenant que sous les précédentes mandatures. Même parmi les élus de la majorité, on ne croit plus vraiment avoir l’oreille de Paris. “Ils veulent nous transformer en super conseil général sous la tutelle du préfet”, grince un conseiller Fà populu inseme. » Rien d’étonnant à cela : prêts à toutes les concessions et reculades, les responsables autonomistes n’ont reçu en retour que le mépris de leurs interlocuteurs. Logique. Mesurant l’ampleur des dégâts, les élus ne savent manifestement plus à quel saint se vouer. La journaliste cite l’un d’eux qui, nous dit-elle, n’a jamais cautionné la lutte armée et qui s’en remet à présent au retour des clandestins pour débloquer la situation ! Il y aurait de quoi sourire, s’il ne s’agissait de l’avenir de notre pays… Lors de cette réunion de l’Assemblée de Corse, le Président de l’exécutif a fait part de sa détermination à s’opposer au dictat parisien concernant la dette envers la Corsica Ferries. S’agit-il d’un sursaut salutaire ? « Si l’on peut regretter que ce soit une affaire d’argent qui fasse prendre conscience d’une situation politique dont le caractère inacceptable est ancien, on ne peut qu’espérer un changement de stratégie des élus majoritaires. » L’avenir immédiat nous le dira. Si l’on peut regretter que ce soit une affaire d’argent qui fasse prendre conscience d’une situation politique dont le caractère inacceptable est ancien, on ne peut qu’espérer un changement de stratégie des élus majoritaires. Désormais au pied du mur, assumeront-ils leurs responsabilités ? Résisteront-ils à la tentation de rechercher une porte de sortie qui ne pourrait être qu’une humiliation de plus pour les institutions corses ? Si les propos de jeudi dernier sont enfin suivis d’actes empreints de force et de dignité, alors il est probable que l’ensemble du mouvement national sera au rendez-vous pour défendre les intérêts matériels et moraux de la Corse. Jean-Guy Talamoni

#143 di Dicembre : L’ultimu hè quì !

▶🔥L'ultimu numeru di l’annu : u #143 di Dicembre hè quì !   ➡️Attualità - Eric Simoni : Redéploiement des forces vives, le rejet de la soumission   🟠Corsica Libera "un aveu d'échec de la stratégie de Partitu Femu a Corsica"   🏳️🏴A festa di a Nazione corsa : l’ottu di dicembre !   🏫Assemblea di Corsica - Jean-Guy Talamoni : “La majorité acte l’échec de sa stratégie”   🌍Internaziunale - Situation en Kanaky : Lettre ouverte du peuple kanak au peuple français - Foncier et Logement en Iparralde “Dénoncer la situation du marché libre (...) type AirBnB“ - - - https://uribombu.corsica/

#143 : Cap’articulu di Eric Simoni : Redéploiement des forces vives le rejet de la soumission

De la Guadeloupe à la Kanaky, en passant par la Corse - au delà de tout ce qui n’est pas forcément comparable - il existe un point commun qui relie toutes « ces îles que l’on dit françaises »*, et qui, en réalité, ne le sont ni par la culture, ni par la géographie, ni par l’Histoire. Il s’agit de l’attitude d’un Etat qui ne s’oriente vers un semblant de dialogue qu’en cas de tensions et de troubles graves, et trahit systématiquement sa parole, ses engagements, et tout espoir de résolution raisonnable, juste, politique, des problèmes posés par des peuples à qui l’on dénie des droits pourtant imprescriptibles, et reconnus par les Nations Unies depuis toujours. Comme si l’annexion par les armes et le feu, sur fond de massacres des populations autochtones, était le seul critère de légitimité reconnu, au mépris de toutes les déclarations officielles assénant à longueur de temps l’exact contraire. « Les stratégies visant à amoindrir le caractère national de revendications légitimes et validées par le peuple(...) sont vouées à l’échec. » Ce cynisme insupportable et injustifiable, porteur de tant de drames passés et potentiels, conduit non seulement à un déshonneur, source de futures repentances hypocrites - exercice dans lequel l’Etat français est devenu champion toutes catégories -, mais aussi au désaveu de personnalités lucides, honnêtes, impliquées dans des processus vertueux, comme a pu l’être, en son temps un Michel Rocard par exemple. La logique aveugle d’un vieil empire colonial qui ne veut pas mourir alors qu’il pourrit de l’intérieur s’applique alors par des démonstrations de force, et des rigidités absurdes, qu’il applique avec d’autant plus de détermination morbide à sa périphérie que son vieux cœur décadent n’arrive plus à battre qu’au rythme imposé par les banques et les puissances financières du moment. En Corse, comme ailleurs, la démonstration a été faite, à maintes reprises, que les stratégies visant à amoindrir le caractère national de revendications légitimes et validées par le peuple, ou celles qui privilégient une pérennité purement électorale sur la consolidation d’un socle cohérent, combatif et déterminé à changer la situation, sont vouées à l’échec. Oublier la nature du système étranger qui nous est opposé, n’avoir comme seule ligne d’horizon que la désagrégation de la vieille classe politique aux affaires pour se contenter de les gérer un peu mieux, alors que les mécanismes de dépendance et de destruction de notre être collectif perdurent, c’est participer à l’anesthésie du peuple dont on est censé défendre les intérêts. Ça n’est pas ce dont la Corse a besoin, ce n’est pas ce pourquoi les patriotes corses se battent depuis si longtemps. « L’avènement d’hommes d’Etat français capables d’une hauteur de vue et d’un courage politique suffisants pour infléchir cette ligne mortifère semble une perspective de plus en plus lointaine. » En France, malgré les efforts unilatéraux émanant exclusivement de la Lutte de Libération Nationale en vue de créer les conditions les plus favorables à une résolution pacifique et véritablement démocratique de la situation, l’« Etat profond » est manifestement toujours en guerre contre l’idée même d’une nation corse exerçant une quelconque forme de souveraineté. Le sort réservé aux prisonniers politiques, le mépris affiché pour les décisions ou votes de l’Assemblée de Corse, et autres injonctions préfectorales, en attestent. Et l’avènement d’hommes d’Etat français capables d’une hauteur de vue et d’un courage politique suffisants pour infléchir cette ligne mortifère semble une perspective de plus en plus lointaine. Dans la période qui s’ouvre, toutes les forces vives de notre pays devront donc, nécessairement, trouver les voies et moyens d’un redéploiement efficace et durable, en se rappelant toujours ce qu’écrivait en substance Sun Tzu: « Quand l’ennemi t’a emmené à le combattre avec des armes choisies par lui, à utiliser le langage qu’il a inventé, à te faire chercher des solutions parmi les règles qu’il a imposées, tu as déjà perdu toutes les batailles, y compris celle qui aurait pu le vaincre. » Le stade ultime d’un tel funeste processus étant atteint lorsque l‘on ne combat plus l‘ennemi et que l‘on adhère à l‘idée de sa propre soumission. Ce qui ne sera jamais le cas pour qui veut réellement libérer et construire la nation. Eric Simoni * « Ces îles que l’on dit françaises » est un ouvrage collectif paru en 1985 et préfacé par Jean Marie Tjibaou.            

#143, L’ultimu di u 2021 : DA VENE !

▶🔥Da vene a settimane chi vene l'ultimu di st'annu : u #143 di Dicembre !   ➡️Cap’articulu di Eric Simoni : Redéploiement des forces vives : Le rejet de la soumission   🔳L’ottu di dicembre : A festa di a Nazione corsa   🏫Assemblea di Corsica Jean-Guy Talamoni : “La majorité acte l’échec de sa stratégie”   🌍Internaziunale Situation en Kanaky : Lettre ouverte du peuple kanak au peuple français - - - https://uribombu.corsica/

Affaire Alessandri, Colonna, Ferrandi : Délibérer, et après ?

« Mettre en œuvre tout ce dont la Corse dispose de moyens de lutte, depuis la désobéissance civile et institutionnelle jusqu’à la mobilisation populaire. » L’Assemblée de Corse a une nouvelle fois délibéré au sujet du sort fait aux orses condamnés dans l’affaire Erignac. Elle l’a fait de façon solennelle, en présence des anciens présidents de l’Assemblée de Corse. Dès l’instant où l’on était sollicité pour soutenir une nouvelle démarche visant à obtenir justice, l’hésitation n’était pas de mise. Pour tout Corse, apporter son soutien à des compatriotes en butte à un inqualifiable acharnement est une chose naturelle. Toutefois, cette nouvelle délibération nous a-t-elle permis d’avancer ? Si elle n’était pas enfin le signal d’une mobilisation constitutive d’un vrai rapport de force, il serait malheureusement permis d’en douter. Pourquoi, en effet, les dirigeants français seraient-ils plus sensibles à cette expression du fait démocratique qu’il ne l’ont été par le passé ? D’autant que s’agissant de la levée du statut de « détenu particulièrement signalé », des assurances nous avaient été données lors des entretiens que nous avions eus, le président du Conseil exécutif et moi-même, avec le président de la République française, puis avec le garde des sceaux. Des engagements honteusement reniés, ce qui n’est malheureusement pas rare, en la matière comme en d’autres. La question des prisonniers n’est évidemment pas indépendante du problème politique général. Elle en est même le cœur symbolique. La vérité, c’est que les dirigeants parisiens méprisent les élus insulaires et qu’ils ne le cachent même plus désormais. La présidente de l’Assemblée de Corse, Madame Maupertuis, en faisait d’ailleurs, lucidement, le triste constat : « La façon dont on traite la représentation démocratique en Corse est très singulière et ne laisse pas présager un échange fructueux » (Corse-Matin du 29 octobre). Le même jour, même s’il fut moins explicite, le président du Conseil exécutif ne cachait pas sa déception suite à ses déplacements à Paris. Face à ce mépris ouvertement affiché, que faire ? Y répondre par de nouvelles délibérations et de nouveaux voyages à Canossa reviendrait à accepter l’abaissement des institutions corses, et donc de la Corse. La seule attitude qui nous semble digne et conforme aux nécessités de l’heure serait de relever le défi qui nous est lancé et de mettre en œuvre tout ce dont la Corse dispose de moyens de lutte, depuis la désobéissance civile et institutionnelle jusqu’à la mobilisation populaire. Si la majorité autonomiste actuellement aux responsabilités décidait d’opter pour une telle attitude, elle ne bénéficierait peut-être pas d’une nouvelle unanimité à l’Assemblée de Corse. Elle aurait en revanche, à n’en pas douter, le soutien de l’ensemble du mouvement national. Il lui faut à présent choisir entre le consensus émollient et la fermeté, entre l’humiliation et la dignité. Jean-Guy Talamoni

#142 di Nuvembre : Da leghje !

U Ribombu #142 di Nuvembre ! ➡️Cartulare : I prighjuneri pulitichi - L'ora di l'unità : Unità strategica - Interviste è Discorsu   🏫Sucetà - Rejet des modèles imposés : une voie corse pour la démocratie   ✊Ghjuventù Libera - Tourisme de masse et problèmes de société :La voix de la jeunesse, la voie de la nation   🌍Internaziunale - Référendum en Kanaky : L‘appel au boycott du FLNKS-Officiel   🎤Cultura - Petru Guelfucci : A voce di a Corsica s‘hè spenta   - - - www.uribombu.corsica https://uribombu.corsica/produit/

#142 : Cap’articulu di Eric Simoni : Unité stratégique : convergences et lucidité face à la répression.

La récente conférence de presse des associations de défense des prisonniers politiques corses, au delà de représenter un gage d’efficacité supplémentaire dans un dur combat pour la justice et la liberté, aura permis de démontrer que la volonté de « normalisation » de la Corse, sur fonds de dilution de nos solidarités les plus élémentaires, ou de marginalisation d’une revendication authentiquement nationale, ne pourra avoir lieu. Ceux qui, à Paris ou ailleurs, misent depuis toujours sur l’essoufflement, le découragement ou les contradictions - inévitables dans toute entreprise humaine - du mouvement national corse, en seront pour leur frais : jamais les Corses n’oublieront ce qu’ils ont en face d’eux, et qui les sépare de leurs objectifs légitimes de justice, de liberté, et de dignité en tant que peuple à part entière. Ceux qui ont voulu, au delà de nos propres erreurs, nous diviser, s’apercevront, à leur dépens, qu’ils nous ont multipliés. Une unité stratégique est en route, forte d’une pluralité qui doit devenir source d’émulation positive, et point d’ancrage des mobilisations à venir pour arracher au sort que leur fait l’Etat français les patriotes corses aujourd’hui embastillés, comme toutes les victimes d’une répression politique inique et multiforme. Les manœuvres visant à étouffer des aspirations profondes, naturelles, puisant à la source de l’Histoire et de la culture multiséculaire de tout un peuple, empruntent de partout et de tout temps les mêmes voies : déstabilisation de la société traditionnelle systématiquement présentée comme incompatible avec une nécessaire modernité civilisatrice, interdiction administrative ou institutionnelle d’envisager toute forme de développement conforme aux réels intérêts du peuple et à ses réalités culturelles, et enfin, déploiement de tout un arsenal légal - et même illégal si nécessaire - pour réprimer toute forme de révolte contre cette violence permanente baptisée pour la circonstance « Etat de droit ». L’installation d’une « troisième voie » accompagnant « en douceur » la lente agonie programmée d’une nation qui pourrait, qui devrait, au contraire, revivre et se libérer est également systématiquement envisagée, et tentée chaque fois que l’occasion se présente. Pourtant, l’avenir continue à appartenir aux peuples qui n’acceptent pas de péricliter, pas seulement parce que c’est de leur sort qu’il s’agit, mais parce que, instinctivement parfois, ils ont conscience d’un enjeu plus universel, renvoyant aux paroles que Jean Paul II prononça à l’UNESCO en 1980 : « Veillez par tous les moyens sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque nation en vertu de sa propre culture. Protégez-là comme la prunelle de vos yeux pour l‘avenir de la grande famille humaine. » La Corse, en tant que nation actuellement sous férule étrangère, comme cela a souvent été le cas au cours de son Histoire, ne saurait faire défaut à cette sage exhortation. U Ribombu Internaziunale #URibombu #sulidarità

Da vene : U Ribombu #142 di Nuvembre !

➡️Cartulare : I prighjuneri pulitichi - L'ora di l'unità : Unità strategica - Interviste è Discorsu   🏫Sucetà - Rejet des modèles imposés : une voie corse pour la démocratie   ✊Ghjuventù Libera - Tourisme de masse et problèmes de société :La voix de la jeunesse, la voie de la nation   🌍Internaziunale - Référendum en Kanaky : L‘appel au boycott du FLNKS-Officiel   🎤Cultura - Petru Guelfucci : A voce di a Corsica s‘hè spenta   - - - www.uribombu.corsica

Elezzione chambre des métiers : Vittoria di a lista “una strada per l‘artisgiani“

Les élections pour la Chambre des métiers et de l’artisanat ont eu lieu entre le 1er et le 14 octobre. Depuis janvier 2021, il n’existe plus qu’une seule chambre qui est devenue régionale. Deux listes étaient en compétition, avec à leur tête les anciens présidents départementaux : « A voce di l’Artigiasni » menée par François-Marie Ottaviani en Corse du sud, et « Una strada per l‘Artisgiani » avec à sa tête Jean-Charles Martinelli, artisan boucher à Bastia. Sur cette liste figure notre militante Valérie Straboni, artisan boulanger à Siscu qui était candidate Corsica Libera sur la liste des territoriales. Dans une économie qui peine à vivre ou à survivre dans notre pays, elle sera un des acteurs de terrain qui veillera à la sauvegarde des idées de Corsica Libera afin d’aider à la mise en œuvre et au développement des acquis des artisans dans le respect de leurs droits. Sur presque 18.000 artisans (17887 exactement) qui étaient appelés à voter, 4839 seulement se sont exprimés. Le taux de participation est de 28%, plus élevé qu’en France où il avoisine les 18%. Elue avec 2422 suffrages, la liste de Jean-Charles Martinelli devance de 5 voix celle de son adversaire qui conteste le résultat du scrutin et a déposé un recours devant le Tribunal Administratif.

Helis.blog : “Francia e Spagna hanno un problema di democrazia”

Il movimento indipendentista Corsica Libera dal 2015 al 2021 ha fatto parte assieme agli autonomisti del primo governo nazionale còrso dai tempi dell’esperienza repubblicana di Pasquale Paoli e ha espresso il primo Presidente dell’Assemblea di Corsica indipendentista, Jean-Guy Talamoni. Il movimento ha inviato una sua delegazione ufficiale in Sardegna per presenziare al sit-in contro l’estradizione del presidente catalano in esilio Carles Puigdemont e per la democrazia in Catalogna. Helis ha potuto confrontarsi con Jean-Daniel Cortopassi, delegato della sezione di Bastia di Corsica Libera. Sassari, 04/10/2021. Corte d’Appello. Delegazione di Corsica Libera in attesa della sentenza sull’estradizione di Carles Puigdemont. Foto Marcello Saba Oggi qui a Sassari si ritrovano assieme esponenti indipendentisti di tre nazioni europee – Sardegna, Catalogna e Corsica – per sostenere il presidente Puigdemont e, probabilmente, ad assistere all’ennesima sconfitta dei tribunali spagnoli causata dalle leggi del sistema giudiziario europeo. Cosa accomuna il nostro impegno politico? Quali le analogie nei rapporti di forza tra le nostre nazioni, l’Europa e, rispettivamente, gli Stati italiano, spagnolo e francese? Siamo venuti qui in Sardegna perché il nostro dovere è sostenere il presidente Carles Puigdemont in quanto in questo momento interpreta e rappresenta il simbolo dell’indipendentismo nel mondo e in particolare in Europa. Per la Corsica, la Sardegna e la Catalogna la questione centrale e comune della lotta è quale sarà, nell’Europa di domani, il destino dei nostri diritti come quello alla libertà nazionale, all’autodeterminazione, al riconoscimento e alla liberazione dei prigionieri politici e dei ricercati. L’Europa attuale, gli Stati attuali, sono caratterizzati dalla negazione di questi diritti. Ed è per questo che noi dobbiamo necessariamente continuare il nostro impegno e la nostra lotta. Per noi piccoli popoli senza Stato è importante unirci alla Catalogna nel suo cammino verso la libertà e verso una nuova Europa di popoli liberi ed emancipati. Nel nostro caso l’indipendentismo moderno è impegnato in una lotta lunga quaranta anni. Sassari, 04/10/2021. La delegazione di Corsica Libera incontra Jordi Sanchez, ex presidente dell’ANC che ha scontato anni di carcere per le manifestazioni nonviolente catalane. Al centro Jean-Marc Rodriguez, sindaco di Venacu e responsabile delle relazioni internazionali di Corsica Libera. Foto Marcello Saba Il fatto che i tribunali di tutta Europa non stiano assecondando le richieste spagnole di arrestare Puigdemont è un fatto importante. Ma rimane comunque lo scoglio degli Stati che impediscono l’espressione democratica della volontà popolare o che ignorano totalmente i risultati delle elezioni territoriali. Cosa possiamo fare dal vostro punto di vista? Sicuramente, è molto importante. Ma effettivamente rimane il problema degli Stati che in tutta Europa non accettano che i popoli siano padroni del proprio futuro. Dobbiamo continuare a impegnarci, dobbiamo attivarci nelle strade, nelle comunità, a livello istituzionale; dobbiamo far capire alla gente l’importanza di far crescere un popolo, di rafforzare le sue istituzioni per costruire un Paese che non dipenda dalla Francia, dalla Spagna o dall’Italia. Abbiamo il diritto storico ad essere padroni del nostro futuro. Quindi dobbiamo dibattere, confrontarci con la gente, per la strada e nelle sedi europee, per far sì che un domani questi nostri popoli e queste nostre nazioni senza Stato possano accedere al diritto all’autodeterminazione. D’altronde i nostri sono popoli con una Storia di libertà, siamo già stati liberi nel corso della Storia. Dobbiamo continuare a incontrarci. Dobbiamo coalizzarci e fare pressione in Europa per rivendicare la nostra Storia e i diritti che ci spettano. Sassari, 04/10/2021. Antone Simoni di Corsica Libera con Elisenda Paluzie, presidente dell’ANC. Foto Marcello Saba La Francia accetta che in Nuova Caledonia – collettività d’oltremare che ha rappresentanti nel Parlamento francese – vengano celebrati referendum sull’indipendenza mentre nei confronti del Governo còrso c’è una totale chiusura al dialogo anche su temi molto più semplici come l’autonomia e lo status della Lingua còrsa. Come si spiega questa differenza di trattamento così grande? Penso che la differenza sia semplicemente il fatto che la Corsica è molto vicina alla Francia, nel mezzo del Mediterraneo. Se un domani la Nuova Caledonia diventerà indipendente – tanto meglio per loro – per i francesi si tratterà di una cosa lontana, impalpabile, con poco impatto sull’opinione pubblica. Al contrario la Francia non accetta il dialogo con la vicina Corsica e rifiutando il dialogo non prende in considerazione il voto indipendentista e autonomista che ha espresso maggioranze di governo molto ampie. La Francia in Corsica ha un problema di democrazia. Sassari, 04/10/2021. Delegazione di Corsica Libera con Elisenda Paluzie (ANC), esponenti di iRS e SNI. Sulla destra l’eurodeputata in esilio Clara Ponsatì e Jordi Mirò, presidente di Estat Català. Foto Marcello Saba Nell’ultima sua visita in Corsica il presidente francese Emmanuel Macron ha pronunciato un discorso nel quale ha semplicemente ignorato le reiterate proposte di dialogo del Governo còrso. Una situazione abbastanza umiliante e imbarazzante a livello istituzionale aggravata dall’inopportuna decisione di perquisire personalmente all’ingresso dell’incontro pubblico le più alte cariche istituzionali còrse compresi i Sindaci come quello di Aiacciu che non sono neanche indipendentisti. L’immagine di un presidente francese che viene nel nostro Paese – in una regione amministrativa francese, dal suo punto di vista – e rifiuta totalmente il dialogo con un Governo eletto con il 57% dei voti equivale ad affermare che per lui in Corsica i nazionalisti semplicemente non esistono, non esiste il popolo. Dove sono i diritti? Dov’è il diritto alla libertà? Dov’è la democrazia? Da molti anni gli indipendentisti e gli autonomisti gestiscono l’Assemblea di Corsica. Come può il presidente francese non tenere in in considerazione i risultati elettorali e la legittimità delle istituzioni còrse? Lo stesso problema esiste nella porzione di Paese Basco amministrato dallo Stato francese. Delegati di Corsica Libera con Jordi Sanchez e Simone Maulu (iRS/Helis). Foto Marcello Saba Dal punto di vista dell’indipendentismo sardo l’esperienza della lista unitaria Pè a Corsica dal 2015 in poi è stata qualcosa di molto entusiasmante che ha dato speranza e ha ispirato processi di dialogo e riavvicinamenti politici e umani. Vedere come è finita e vedere come poi sono andate le elezioni ha instillato in noi una profonda tristezza. È crollato una sorta di mito. Ora ci chiediamo come la base, gli attivisti, i militanti, hanno vissuto questa separazione, questa interruzione improvvisa di un accordo che, secondo i patti, avrebbe dovuto essere decennale. Nel 2015 al secondo turno delle elezioni territoriali còrse abbiamo costruito un’alleanza storica tra autonomisti e indipendentisti che ha consentito ai nazionalisti di vincere il secondo turno. Due anni dopo, per le successive elezioni, l’unione è stata riproposta e ha ottenuto un nuovo risultato storico perché il 57% dei cittadini còrsi, autonomisti e indipendentisti assieme, hanno detto a gran voce che la Corsica non è un dipartimento francese. La convivenza tra autonomisti e indipendentisti non è semplice ma sui temi dell’amministrazione concreta, sui problemi quotidiani del nostro popolo, è utile e normale che le due anime lavorino assieme e sostengano insieme un progetto comune. Chiaramente autonomisti e indipendentisti non sono la stessa cosa, ma siamo riusciti a lavorare assieme. Purtroppo però, in Corsica come in altre parti d’Europa, al di là delle differenze ideologiche c’è un problema di uomini e di carrierismo. Bisogna dirlo onestamente. Il movimento di Corsica Libera e le varie sigle che lo hanno preceduto hanno portato avanti la lotta indipendentista per decenni, hanno lavorato molto, hanno scontato anni di carcere, si sono impegnati nel governo assieme agli autonomisti. In cambio gli autonomisti hanno preso tutto questo lavoro e lo hanno sprecato in nome di un loro cammino solitario ispirato da una non meglio identificata necessità di costruire alleanze tra la destra e la sinistra. Ma per noi questo non è un progetto politico, il vero problema è questo. L’alleanza tra noi e gli autonomisti aveva coinvolto la gente. Ora che questa esperienza è stata interrotta non possiamo fermarci, dobbiamo continuare nella nostra battaglia. Quali sono le prospettive attuali di Corsica Libera nelle istituzioni e nella società? Due mesi fa alle elezioni abbiamo ottenuto il 6.9%, un bel risultato che però per un centinaio di voti non è stato non sufficiente a farci entrare con le nostre forze nel Parlamento e a ottenere più di un eletto. Oggi Josepha Giacometti porta la voce di Corsica Libera nelle istituzioni e continuerà a lavorare con il movimento. Corsica Libera, sia nell’Assemblea sia in strada, continuerà a muoversi e a lottare. Tra qualche giorno terremo un’assemblea nazionale nella quale faremo ripartire il movimento su una base politica chiara, per definire il ruolo e il lavoro degli indipendentisti negli prossimi anni. Per riprendere la strada.
Back to Top
Product has been added to your cart