Cartulare : A salute, una priurità maiò (2/3)

Un chu en corse, la condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île François Benedetti, elettu di u gruppu Corsica Libera à l‘Assemblea è presidente di u culletivu per a creazione d‘un centru ospidalieru universitariu ci parla di a crisa è di a pruposta di un CHRU : « En tant que médecin généraliste exerçant dans le secteur de plaine orientale depuis plus de quarante ans, j‘ai été confronté maintes fois à la problématique des soins en milieu rural mais également aux difficultés de traiter en Corse les patients qui nécessitaient l‘intervention de praticiens hautement spécialisés. Aujourd‘hui conseiller territorial, ayant eu à connaître cette forte vague épidémique de covid 19 qui a obligé les hôpitaux insulaires à se réorganiser grâce à la forte mobilisation des équipes soignantes, il devient extrêmement important de sortir du sous-développement structurel et humain que nous connaissons en matière sanitaire. L‘histoire de la Corse dans les domaines économiques et sociaux a souvent démontré le mépris dont nous avons été l‘objet de la part des puissances colonisatrices. Le premier conflit mondial aux mobilisations de fratries entières envoyées en première ligne en est un exemple parmi tant d‘autres. L‘absence de perspectives de développement économique, d‘autonomie de gestion fiscale, de maîtrise de l‘urbanisme sont des preuves flagrantes de ce que j‘avance. En matière sanitaire, la problématique est la même et j‘affirme avec vigueur que le saupoudrage d‘aides ou d‘avancées de ci de là concédées par les préfets de santé en place sur l‘île ne sont pas suffisantes pour lutter contre la désertification médicale, pour assurer une permanence des soins qualifiés, et pour permettre à nos patients de pouvoir recevoir en Corse les soins spécifiques auxquels ils ont droit. C‘est une question d‘équité et de justice qui une nouvelle fois dans ce domaine est bafouée. Une requête évoquée il y a une dizaine d‘années par Corsica Libera Le plan Corsica 21 il y a plusieurs années posait déjà les grandes lignes de l‘avènement d‘une assistance publique des hôpitaux de Corse, un projet novateur qui regrouperait structures médicales publiques et privées de l‘île. Aujourd‘hui, les petites batailles gagnées (les Smur, les scanner et Irm implantés) ne sont pas la grande victoire que j‘appelle de tous mes voeux. Une victoire pour laquelle je ne suis pas seul à me battre puisqu‘un collectif composé de professeurs universitaires et de professionnels de santé travaille sur le projet d‘un centre hospitalier régional universitaire, une entité multi sites répartie sur la Corse entière et qui n‘oublierait personne. Le projet de CHRU n‘est pas comme le pensent certains une utopie, les mêmes peut être qui jadis ne croyaient sûrement pas à la création de l‘université de Corse. Aujourd‘hui cette dernière fonctionne bien et nos étudiants développent ainsi une conscience collective et intellectualisée de ce que nous sommes et des combats que nous menons. Le concept de CHRU a également reçu le soutien de la Collectivité en premier lieu lors d‘une motion portée par Jean Guy Talamoni validée par l‘exécutif puis par la contribution du président de l‘assemblée de Corse au Segur de la santé. Comment en effet s‘opposer lorsque l‘on défend le peuple corse à la création de services de formation et de recherche médicale, comment renoncer à la formation de médecins en permettant aux étudiants en médecine de l‘île de réaliser leurs années d‘étude à Corte ? Un centre hospitalier multi-sites réhausserait sur tout le territoire le niveau de l‘interventionnel, la qualité des soins et lutterait efficacement contre le manque cruel de spécialistes qui obligent nos malades à partir sur le continent. Le développement de structures de recherche à Corte, l‘installation en centre corse d‘un TEP scan accolé à un cyclotron en capacité de fournir aux opérateurs les isotopes nécessaires est un axe sérieux de travail. Nous avons en Corse et dans la diaspora des compétences certaines qui ne demandent qu‘à s‘exprimer. De nombreux jeunes corses postulent actuellement pour la première année de médecine à Corte. De la même manière des mesures incitatives pourraient être prises pour attirer sur l‘île un corps professoral universitaire pré-retraité ou retraité en lui allouant des aides à l‘installation ou des avantages fiscaux. La fin de la dépendance sanitaire De nombreuses pistes sont à étudier et le collectif que je préside envisage la création d‘un conseil scientifique restreint consacré à l‘étude de faisabilité de ce CHRU. Comme je le signifiais precédemment, d‘éminents professeurs universitaires ont été contactés, certains d‘entre eux ont co-signé la pétition pour un centre hospitalier universitaire. Ce conseil scientifique sera à même d‘apporter sa cotribution aux travaux menés depuis quelques semaines par la commission médicale de l‘assemblée de Corse. La responsabilité de l‘état dans le sous developpement hospitalier et sanitaire de la Corse est engagée. Il semblerait au vu de la frilosité des mesures prises par le gouvernement et ses représentants en Corse qu‘il n‘existe pas une volonté de permettre à l‘île d‘accéder à une médecine moderne de haut niveau. Quelque soient les domaines d‘exercice régalien, notre jeunesse est maintenue dans une dépendance totale y compris du point de vue de la formation médicale. Cette proposition de CHRU a obtenu de la part de l‘ensemble des formations politiques insulaires le consensus. Cette idée maîtresse de l‘émancipation de l‘île d‘un point de vue médical a le soutien total de la population confrontée trop souvent à des difficultés d‘accession aux soins. Cette inéquité anti constitutionnelle doit être combattue et je m‘y emploierai de toutes mes forces. » François Benedetti

Cartulare : A salute, una priurità maiò (1/3)

« Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action de Corsica Libera » Depuis des décennies, le courant historique représenté par Corsica Libera au sein du mouvement national, porte des propositions innovantes en matière de santé. Le système de santé est une des bases de la nation Corse Indépendante de demain, ainsi lorsque ce sujet est venu au centre de l‘actualité depuis le début de la crise sanitaire, Corsica Libera et ses élus ont porté à nouveau leurs revendications au sein du débat public. Le système Français qui restreint aujourd‘hui fortement la marge de manoeuvre des élus de la Corse, est également celui qui a conduit méthodiquement à détruire l‘offre de santé publique dans son propre Pays et de facto, sur notre terre, déjà sous développée dans ce domaine, comme dans de nombreux autres. Emmanuel Macron, digne héritier des politiques libérales qui ont mené l‘Hôpital public au bord du gouffre s‘est improvisé cette année en sauveteur d‘un secteur dont il a contibué à l‘affaiblissement et a annoncé en grande pompe son Ségur de la santé, un emplâtre sur une jambe de bois, dénoncé par les soignants et qui aujourd‘hui encore, peine à montrer des résultats tangibles. Au mois de Mai 2020, le groupe Corsica Libera à l‘assemblée de Corse, par la voix du Docteur François Benedetti, proposait dans le cadre de ce Ségur la création d‘un CHU ainsi que la réévaluation du coefficient géographique déterminant les moyens alloués à la Corse. Dénonçant le fonctionnement et l‘utilité même de l‘ARS, il a demandé à ce que ses compétences soient transférées à la Collectivité de Corse. En Juillet 2020, c‘est au tour de Jean Guy Talamoni de se positionner sur le sujet, en réitérant les demandes effectuées par le groupe Corsica Libera et en y intégrant les suivantes : - La construction d’une stratégie territoriale de la santé coordonnée - La création d’un CHR-U multi-site et d’une Assistance Publique Corse à conseil de surveillance unique - Le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse. - La valorisation des compétences, des formations et des rémunérations des personnels de santé. Nous souhaitons porter un éclairage particulier sur les personnels des services d‘aide et d‘accompagnement à domicile (SAAD) qui n’ont pas démérité pendant la crise et qui ne doivent être les grands oubliés. - L’autonomisation du régime d’assurance maladie ce qui existe déjà en Alsace-Moselle. - La reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité. - L’assurance de l’équité dans l’accès aux soins. À ce jour, l‘État a donné à ces revendications la même réponse qu‘à toutes celles formulées par la Collectivité de Corse depuis 2015, à savoir le refus ou le silence. La Santé est une des principales préoccupations des Corses et de Corsica Libera depuis de nombreuses années. Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action présenté pour la première fois par Corsica Libera en 2010 et réactualisé fréquemment depuis. La question de la santé publique y occupe une place centrale (16% du document final). Bien que cela soit une compétence de l’Etat, en tant que représentant des intérêts matériels et moraux du peuple corse, Corsica Libera œuvre, à travers ses militants et ses élus, depuis des années, afin que soient reconnues nos particularités liées à la démographie, l’insularité et la ruralité en termes de santé publique. Nous n’avons pas attendu la crise du COVID-19 pour rendre hommage à nos personnels soignants et pour les soutenir. Hommage et soutien que nous réitérons régulièrement. En effet, nous avons été très souvent aux côtés (et parfois même les initiateurs) des mobilisations des personnels médicaux libéraux, des personnels hospitaliers ou encore des élus et des populations visant à améliorer le système de santé corse. Nous dénonçons depuis plus d’une décennie l’inertie d’une administration d’Etat (Agence Régionale de la Santé de Corse) qui cherche à appliquer en Corse des méthodes inefficaces conçues pour les mégalopoles françaises dont l’objectif inavoué consiste seulement à réaliser des économies. Dès l’accession des nationalistes aux responsabilités, les élus Corsica Libera ont ainsi fait créer une commission santé à l’Assemblée de Corse. Cette commission aura servi à auditionner beaucoup d’acteurs de la santé et a émis de nombreuses propositions lors de cette mandature. Cette commission aura aussi permis, suite à l’obtention du statut d’île montagne, d’avoir un volet propre à la Corse au sein de la Stratégie Nationale de Santé. D’autres solutions ont été obtenues pour réguler les problèmes récurrents rencontrés par notre système de santé : - Hausse de 3% du coefficient géographique (de 8% à 11%), soit un financement annuel supplémentaire de 4,5 M€ et l’attribution d’une enveloppe de 990 000€ pour le service de radiologie de Castelluciu et de 500 000€ pour l’Hôpital de Bastia (néonatologie et neurochirurgie) : - Autorisations obtenues pour l’implantation d’une IRM, d’un Centre de Rééducation fonctionnelle en Plaine Orientale (dont l’autorisation est depuis devenue caduque) et rédaction d’un projet médical global pour le territoire ; - Lancement d’un appel à projet pour l’accompagnement familial des malades sur le continent ; - Mise en place d’un volet Santé dans le plan du comité de massif pour lutter contre la désertification médicale du monde rural via des investissements pour des maisons de Santé, des cabinets médicaux… Mais aussi pour adapter à la Corse des moyens de fonctionnement dérogatoires notamment pour disposer de services d’urgence en milieu rural… Nous avons aussi participé et soutenu activement les usagers et les professionnels de l’Hôpital de Corti Tattò pour mettre en place un Service d’Accueil des Urgences et un scanner sur Corti. Lors de la prochaine mandature, il sera nécessaire de reconduire la commission santé et il nous faudra collectivement lui permettre d’atteindre une autre dimension afin de faire aboutir des dossiers essentiels (CHR-CHU, nouvel Hôpital de Bastia, implantation d’un Hôpital en Plaine Orientale…). Cependant, les difficultés financières et d’équipements structurels de la plupart des établissements publics démontrent que les approches sectorielles menées par l’administration d’Etat de tutelle sont insuffisantes. Cela nous renforce dans l’idée que Corsica Libera doit continuer à occuper le terrain à travers l’action de ses élus et de ses militants auprès des acteurs de la santé et des populations. Cela nous renforce aussi dans l’idée que la Corse, doit être dotée d’un pouvoir législatif et règlementaire de plein exercice afin de pouvoir adapter les lois et les règlements à ses propres réalités et contraintes socioéconomiques, condition sine qua non pour doter notre pays d’un système de santé moderne et pérenne digne du XXIème siècle. Aussi, il est urgent de réunir tous les partenaires, dont le Ministre de la Santé, autour de la table pour engager une réflexion globale sur les besoins de financement et d’investissement de tous les établissements publics et privés de Corse afin de définir une programmation financière permettant d’y répondre selon un calendrier partagé. Les grandes mesures à prendre en concertation avec l’ensemble des acteurs : - Créer une Assistance Publique Corse (AP) afin d’assurer un maillage essentiel pour la proximité des soins et la prise en charge de la première urgence sanitaire ; - La création de l’AP permettra la mise en place d’un Centre Hospitalier Régional (CHR), assurant ainsi des dotations financières plus importantes et des plans de carrière plus avantageux pour les agents hospitaliers ; - La labellisation de CHR permettra la création d’un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) par simple convention avec les facultés de médecine existantes, prolongeant ainsi la formation de la Faculté de Médecine de l’Université de Corse => compétences supplémentaires au plan de la formation et des soins dispensés, moyen de lutte contre la désertification médicale des zones rurales (60% des internes exerçant en milieu libéral s’installent dans la région où ils ont été formés) ; - Prise en compte du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité et suppression des effets de seuil ; - Résorption du déficit par l’Etat via dotations affectées et financement des plans de modernisation des structures hospitalières afin de restaurer leur capacité d’autofinancement devant leur permettre à l’avenir de se moderniser sur leurs propres ressources ; - Œuvrer pour que le coefficient géographique soit ajusté à la hauteur des besoins, soit un minimum de 15% ; - Obtention d’ouverture de places supplémentaires en médecine attribuées à l’Université de Corse. Leur financement par la Collectivité de Corse engagera le bénéficiaire à exercer 10 ans en milieu rural selon un zonage réalisé par la CDC en relation avec la Chambre des territoires. Il faut savoir qu’il y a une suppression du concours de la PACES et de la sémantique « numerus clausus » à partir de l’année prochaine. Mais en réalité, c’est une mesure en trompe l’œil s’il n’y a pas de moyens supplémentaires octroyés aux facultés de médecine pour augmenter leurs capacités d’accueil ; - Construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale.  

Pasquale Paoli, ritrattu d‘un omu di quarant‘anni

U 5 aprile 1765, era u quarantesimu anniversariu di a nascita di Pasquale Paoli, capugenerale di a nazione corsa dapoi quasi dece anni. Pruvemu à fà, secondu certe testimunianze, u ritrattu di issu omu di quaranta anni. Ottu ghjorni dopu issu 5 aprile, Marbeuf u scontra tramezu à Bastia è San Fiurenzu. Scrive à Choiseul : “Le général Paoli est un homme assez intéressant pour que vous soyez peut-être bien aise de savoir ce qui le concerne. Il est grand et assez gros, blond il a un fort beau teint et une figure fort riante. Il est étonnant qu‘un homme dans sa position ait l‘air aussi frais, et aussi peu occupé…“. Quandu, à u mese di uttobre di u 1766, James Boswell ghjunghje in Suddacarò cù una lettera di ricumandazione di Jean-Jacques Rousseau, Paoli hà quaranta anni è sei mesi. U giovanu inglese, chì ellu hà vinticinque anni, trova un omu grande, forte, ben fattu, vistutu di verde è d‘oru. Nanzu, Paoli avia l‘abitutine di vestesi à a corsa, ma dapoi ch‘elli eranu ghjunti i Francesi per aiutà i Genuvesi, pensava chì una certa eleganza pudia fà impressione. Boswell restò abbacciacatu davanti à u capiguvernu di un paisichjulu cum‘è a Corsica. Hè vera chì a nomina avia francatu i mari. Boccheciampe avia fattu entre l‘Inglese in a sala di travagliu di Paoli, è l‘avia lasciati soli. Boswell si trova dipunta à un omu maestosu, energicu, impunente, chì u feghja cù un sguardu acutu, un sguardu chì li ghjunghje à l‘osse. Subitu hè intimuritu, è po, pianu pianu, si ripiglia. U generale li parlava senza famigliarità ma cù naturale. Paoli era un omu assennatu, francu, agradevule. Era sempre à boccarisa senza permettesi di scaccanà. Boswell passò una settimana in Suddacarò, è fù maravigliatu. Più di una volta si truvò solu à parlà cù Paoli. U generale era sempre in muvimentu. Sì ellu ùn era troppu stancu, ùn pusava. Passava è venia, tranquillu, cù una andatura marziale, è parlava di tuttu… in inglese, in francese, o in talianu. Avia assai memoria. Ritenia nomi è casate, cunnuscia i caratteri di e persone, e parentie, è citava autori latini. A so cultura era immensa. U so spiritu era adurnatu d una mansa di cunnuscenze. A so cunversazione era, attempu, istruttiva è divertente. Boswell conta ancu ch‘ellu avia u donu di prevede, svegliulu è durmendu, fatti à vene. L‘omu era calmu, è sapia cumandà. Avia una pruntezza di mente superiore. Un ghjornu ch‘elli li avianu purtatu un traditore, Boswell l‘hà vistu fighjalu cù un ochjacciu, ghjustu una piccula stonda, è po rivene tranquillu, placidu. L‘hà ancu vistu a mane à bon‘ora quandu ellu facia a so pulizia è ch‘ellu si vestia. Ancu tandu avia un cumpurtamentu degnu. A‘ tavula, u pastu era bundante ma semplice. Arricurdemuci ch‘ellu si facia serve patate per incuragginne a cultura à una epica chì in Francia ùn e cunnuscianu ancu. Un‘ li piacianu e pietanze cumplicate è mai beia vini ghjunti da fora. Quandu Boswell si ne andò, per ellu Pasquale Paoli era un omu strasurdinariu, un eroe. U 13 ghjugnu 1769, trentacinque ghjorni dopu a disfatta di Pontenovu, l‘eroe si imbarcava in Portivechju per l‘esiliu. Avia quarantaquattru anni. Trè mesi dopu era in Inghilterra duve ellu hè statu più di vinti anni. Passò per Livornu, Firenze, Bologna, Mantova, Verona, Vienna, Monacu di Baviera, Francuforte, l‘Aia, Utrecht è Amsterdam. Dapertuttu era fistighjatu cum‘è u campione di a Libertà. Era accoltu da i duca è da i rè. In Mantova, duve ellu si hè fermatu una decina di ghjorni, hè statu ricevutu da l‘imperatore austriacciu, Ghjiseppu Secondu. Custì ci era Padre Saveriu Bettinelli, un ghjesuitu di una quarantina di anni, digià celebre cum‘è prufessore, scrittore, puetu, criticu litterariu. Currispundia cù Voltaire è cunniscia a lingua francese quant‘è a taliana. In una lettera à “Madame de l‘Hôpital“, Bettinelli dice : “Après plusieurs conversations que j‘ai eu avec cet homme célèbre, et peu connu hors de la Corse, il me paraît digne d‘être peint pour l‘honneur de l‘humanité, et de notre siècle, qui n‘est pas riche et peut avoir besoin d‘exemples. Je l‘ai considéré en bien et en mal, mais je n‘ai vu que le beau côté. S‘il en a un mauvais, il le cache bien. Il est d‘une taille avantageuse, bien faite, et dans les proportions d‘un corps robuste : le visage beau, tous les traits réguliers, blond tirant au roux, les yeux vifs et pleins de douceur, et encore plus de feu, quoique bleus lorsqu‘il s‘anime en parlant.“ Chì Pasquale Paoli era grande è rubustu, a ci avia digià detta Boswell. D‘altronde, avemu d‘ellu qualchì ritrattu di issa epica. Per esempiu, quandu ellu passò in Amsterdam, ci era una pittrice francese, Sophie Caron. Fece un ritrattu chì ghjè statu incisu nantu à ramu da Hubraken, stampatu è distribuitu à chì ne vulia. Contanu chì, quandu Sophie Caron fece u ritrattu, dumandò à Paoli chì vestura andava a megliu. E‘ Paoli averebbi rispostu : “Per esse in u veru, ci vurebbi à riprisentami in camisgia… chì a Francia mi hà spugliatu“. In Amsterdam ci era dinù un abate francese, Gabriel- François Coyer, chì hà vistu à Paoli è hà scrittu : “Paoli n‘a ni la taille, ni l‘air héroïque : il n‘a même pas l‘air italien. Sans être grand, il a les épaules assez larges, le teint fort blanc, des cheveux blonds, une physionomie douce et modeste“. Qualchì ghjornu nanzu, à Francuforte, Paoli avia scontru un giuvanottu, incunnusciutu tandu, ma chì serà prestu celebre in u mondu interu : Johann Wolfgang von Goethe. Goethe hà dettu chì Paoli era un bellu omu, smirzu, biondu, graziosu, affabile. Isse parulle sò state scritte una cinquantina di anni dopu in un libru autobiograficu intitulatu “Puesia è Verità“, è bisogna à mette da cantu quella chì face di Paoli un omu “smirzu“. Ciò chì hè sicuru, hè chì Paoli avia u fisicu di un omu di u nordu. U litteratore inglese Oraziu Walpole hà scrittu: “era accantu à ellu dapoi qualchì minutu è u pigliava per un ufficiale inglese, o almenu scuzzese“. Tandu, semu sempre in 69. Quattru anni dopu, u filosofu è puetu inglese James Beattie, scrive : “Paoli hà un carnatu chjaru è culuritu. Hà l‘ochji neri acuti. Misura, credu, cinque pedi è nove pollici (ciò chì ferebbi un metru è ottantacinque, allora chì l‘abate Expilly, geografu francese venutu in Corsica, dice “5 pieds, 5 pouces“, dunque un metru è settantasei). Hè rubustu ma micca sgalabatu. E so manere sò semplice è degne. U so sguardu, u so parlà, sò quelli di un superiore, ma ùn hè nè severu nè fieru. A‘ u cuntrariu, hè assai curtese. Un surisu schjarisce a so faccia senza mai cambiassi in risa. I so tratti sò regulari è piacenti.“ Per Beattie, Paoli hè ochjineru, allora chì Bettinelli hà dettu “bleus lorsqu‘il s‘anime en parlant“. Vistu u so fisicu di biondu si pò pensà à ochji naturalmente verdi turchini ma chì cambianu di culore secondu l‘ambiente. Bettinelli dà dinù una precisione pè u culore di i capelli. Dice : “blonds, tirant sur le roux“. L‘Alemani, l‘Inglesi, l‘anu vistu biondu è basta, ma hè nurmale chì un Talianu sia più attenti à un culore chì ùn hè micca cumunu in u so paese. In Corsica, capibiondi è capirossi ci ne hè quantunque parechji. Un‘ sò sì d‘altra ghjente hà parlatu di issu culore di i capelli di paoli, ma Guerrazzi chì si hè ducumentatu per scrive u so rumanzu “Pasquale Paoli ossia la rotta di Pontenuovo“ parla di capelli “di colore fulvo“, vene à dì russicciu. Cuntinuvemu a lettera di Padre Bettinelli à “Madame de l‘Hôpital“ : “Sa figure intéressante et son port majestueux arrêtent les regards de tout le monde. On le croirait un homme de 40 ans et il en a 44 accomplis. Son tempérament est donc bien fort, après tant de peines et de travaux. Toute saison lui est égale, tout aliment indifférent. Il est sobre en tout, et les plaisirs de l‘âme semblent les seuls qu‘il aime. Quoique très poli avec les dames, et n‘ignorant pas cet air de galanterie qu‘elles exigent des hommes aimables, on voit qu‘il n‘est pas de la profession et qu‘il ne s‘en occupe que par politesse (Paoli avia dettu à Boswell chì mai si mariterebbi, ch‘ellu ùn avia e virtù cunghjugale. O allora ch‘ellu si mariterebbi cù una donna ricca immensa chì metterebbi a so furtuna à u serviziu di a patria) ; je l‘ai vu avec elles, et c‘était un homme du monde ; je l‘ai vu avec les enfants de ces dames, et il descendait naturellement jusqu‘à eux. Il est tout ce qu‘il doit être et il l‘est sans efforts. L‘éloquence lui est naturelle ; les occasions de parler en public ne sont plus ; mais ses discours les plus indifférents font conjecturer ce qu‘il était à la tête de la nation.“ “Une voix claire et agréable, le geste vif et plein d‘action, tous ses mouvements font sentir la force de l‘âme, et les grâces de la personne. L‘Anglais, le Français, le Latin lui sont familiers, mais il préfère l‘Italien, sa langue naturelle, qu‘il parle très bien - Per l‘inglese, Boswell conta chì Paoli l‘avia amparatu in Napuli cù Irlandesi, ma quandu ellu l‘hà vistu in Suddacarò, facianu dece anni ch‘ellu ùn u parlava più, è circava e so parulle -. La noblesse et la simplicité caractérisent son style ; toujours modeste et réservé dans ses discours, on y sent un air de vérité qui ne laisse même pas douter de l‘exactitude, et de la sincérité de ses narrations et de ses sentiments. La conversation ne languit jamais en sa compagnie, toujours égal même avec des personnes frivoles ou indiscrètes, qui justifieraient quelque impatience dans un homme de ce caractère, puisque nous ne pouvions la dissimuler. En bonne compagnie de gens raisonnables et discrets, c‘est un plaisir de le voir s‘épancher en liberté. C‘est alors qu‘on admire les qualités de l‘âme et du cœur qui en font un homme unique. Toute la solidité du Législateur, du Philosophe et du Guerrier, toutes les connaissances du Savant et de l‘homme de lettres, avec toutes les manières et les grâces de l‘homme de Cour, la facilité, la bonté, la familiarité de l‘homme de Société, composent cet homme qui fait honneur à l‘homme. Sa mémoire est prodigieuse ; l‘histoire, la poésie, les anciens, les modernes, tous les grands maîtres, et les meilleurs ouvrages fournissent à sa conversation et embellissent ses discours sans la plus petite teinture de vanité ou de pédantisme dans ses citations. Il m‘a dit que la lecture a toujours été sa passion après ses devoirs. Tacite et Virgile semblent ses favoris, et on prétend qu‘il les sait par cœur, ce qu‘il n‘a pas voulu m‘avouer. Les connaissances de l‘antiquité ne l‘ont pas occupé au point de négliger l‘étude de l‘Homme et du Siècle. Le cœur humain, et les affaires de l‘Europe ne peuvent être plus connus par aucun philosophe ou politique, et nous nous sommes accordés à le mettre sur ces matières par préférence, pour notre profit, autant que pour notre plaisir, parce qu‘il y avait dans la compagnie de jeunes seigneurs fort instruits. On ne se lasserait jamais de l‘entendre parler de Lois, de Gouvernements, de Ministères et de Ministres, puisqu‘il a été en commerce avec les principaux de presque toutes les puissances, et il en connaît le fort et le faible, le mérite et les défauts par leurs lettres, leurs traités, leurs artifices enfin. C‘est pour cela que ses papiers sont un objet très intéressant pour lui. De là les passions, et le jeu de nos penchants et de nos intérêts particuliers lui sont mieux connus ; on ne croit pas être avec un soldat. L‘homme de Cabinet, le plus tranquille moraliste ne sauraient développer plus profondément les secrets du cœur et les mystères de l‘amour-propre. Ce qui surprend encore c‘est la manière de traiter ces matières abstraites. Il les embellit du coloris de l‘imagination, des grâces et de la légèreté d‘un badinage piquant. Les bons mots ne lui manquent pas, et il a de temps en temps de ces traits d‘esprit rapides et lumineux qui ouvrent en peu de mots une scène entière. Il hésite quelquefois ; on veut lui suggérer la parole par une mauvaise habitude, et il a déjà trouvé la meilleure…“ Quante lode, da a parte di Boswell, Bettinelli, è d‘altri… ghjente chì ùn avianu nisuna raggiò persunale o pulitica per tenelu caru o per disprezzallu. Allora, Pasquale Paoli ùn averà avutu chè qualità ? Forse chì qualchì difettu ancu ellu l‘averà avutu ma, in casu mai, cum‘ellu hà dettu Bettinelli, i sapia piattà, cum‘elli i piattanu tutti i capiguverni di gran valore.

La crise sanitaire liée au SARS COV 2 vu par une jeune infirmière

Nathalie Mabon, jeune infirmière en 3ème année de médecine nous raconte la crise sanitaire : Tout d’abord je voudrais vous parler de ce métier que j’ai choisi par passion, pour moi pouvoir aider des personnes en difficultés semblait donner un sens à ma vie . Je me sens utile car c‘est un métier où je me consacre à prendre en soin des patients qui ont à un moment recours aux besoins pour des soins aussi bien curatifs que préventifs . Lorsque j‘ai débuté ma carrière je ne pensais jamais pouvoir un jour être confronté à une pandémie mondiale qui a bousculé la planète . Mais je sais que le personnel soignant quel qu’il soit (médecins, infirmiers, aides -soignants et agents de service) forment un maillon essentiel dans la lutte contre le coronavirus , et cette période difficile a renforcé les liens entre les membres des équipes. Chaque jours les incertitudes liées à cette maladie nouvelle me font me poser des questions tant au niveau des personnes atteintes par la maladie , que sur l’impact lié à leurs proches, qui pour des mesures de sécurité sont contraints à ne pas pouvoir rendre visite. Les nouvelles caractéristiques de cette maladie ont installé un climat anxiogène au sein de l’établissement. Les privations ou restrictions des visites ont de sérieuses conséquences, pour les personnes soignants et les soignés. Chaque jours, la fatigue et l’inquiétude se lisent sur nos visages , il ne se passe pas un jour où je n’ai peur, peur d’être contaminé, peur de contaminer mes proches ou mes enfants . Nous sommes contraint à porter un masque FFP2 durant des heures qui est cependant très inconfortable, car cela engendre fréquemment des céphalées et parfois même une sensation de manquer d’air, mais c’est ainsi nous devons nous protéger et surtout protéger nos patients avant tout. Je sais que cette bataille risque d’être longue et dure, mais avec l’entraide ce qui fera de nous notre force au quotidien, nous pouvons espérer revivre comme avant . La prise en charge de la pandémie a conduit à une réorganisation importante au niveau de notre hôpital afin d’assurer au mieux des soins de qualité. Lorsque je réfléchi à notre avenir sur du long terme il est évident qu’un CHU serait indispensable pour notre peuple et celui de nos enfants .

Aprile #136 : Eccu lu !

U Ribombu Internaziunale #136 d'Aprile 2021 ha da esce : U prugramma : - Corsica Libera : Sustegnu à AP.Vivoni è l‘affare Streiff in Siscu. - Un chu en corse : La condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île - Odarc : "Remettre le développement au coeur de l'action" - Syndicat Mixte de l'Abattage en Corse par Pierre-José Filipputti - Adecec Voce Nustrale : Pasquale Paoli, ritrattu d’un omu di quarant’anni - Associu Sulidarità : Prisonniers politiques, la triple peine https://uribombu.corsica/produit/n136-aprile-du-2021/ Pour les abonnés, choisissez simplement "ajouter au panier" puis confirmer votre commande dans votre panier. Vous pourrez directement le télécharger. www.uribombu.corsica

Cap’Articulu d’Eric Simoni : Aprile d’u 2021

A Salute, una priurità, ma dinù una lotta pupulare. La crise sanitaire que nous traversons a mis en lumière, en Corse comme ailleurs, les failles d’un système dont la fragilité et la dérive virtuelle apparaissent chaque jour davantage. Au delà de conséquences économiques et sociales, qui appellent des solutions découlant d’approches diamétralement opposées à tout ce que nous subissons depuis trop longtemps, les politiques de Santé Publique que l’on nous impose sont de plus en plus remises en question. La logique paradoxale à laquelle nous sommes confrontés en permanence est celle d’un État central qui tente de compenser ses défaillances par une omniprésence et un contrôle délétère de réalités humaines qui, dans les faits, inéluctablement, lui échappent de plus en plus. Son seul objectif étant de ne pas perdre la main. Ainsi, le rôle des ARS, aujourd’hui véritables préfectures de santé, aux antipodes d’une vision souple, décentralisée, et adaptée aux territoires, est remise en question même au sein de l’hexagone. Pourtant depuis près d’un an, après le rapport présenté le 27 mars par Jean Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse, intitulé « Luttà contr’à u Covid-19 », une feuille de route cohérente, potentiellement efficace, nous était proposée. Il s’agissait d’un véritable cap à tenir dans la tourmente. Dès lors, malgré la bonne volonté de tous les acteurs de terrain, l’implication immédiate de l’Université de Corse et de son laboratoire de virologie, ainsi que la synergie d’action des professionnels de santé, les obstacles et décisions arbitraires imposées depuis Paris n’ont servi qu’à créer retard et confusion; il aura fallu plusieurs mois, par exemple, pour que la réalité géographique d’un territoire insulaire de Méditerranée soit prise en compte. Comme le soulignait l’Associu Corsu di a Salute lors de sa conférence de presse du 26 juin dernier, « toutes les initiatives concrètes, utiles, vitales, émanant de la société corse semblaient se heurter à une inertie incompréhensible, alors que l’urgence était là. On peut admettre que tout n’ait pas été faisable ou prévisible. Mais empêcher d’agir lorsque c’est possible et nécessaire est typique d’un système étranger que nous subissons depuis trop longtemps, dans tous les domaines. Mais qui ne se remettra jamais en question sans y être obligé. » Aujourd’hui, dans un domaine aussi sensible que l’organisation de la Santé, il apparaît plus que jamais urgent de se mobiliser pour faire entendre la voix de la Corse. La construction d’une stratégie territoriale coordonnée, la création d’un Centre Hospitalier Universitaire multi-site et d’une Assistance Publique Corse, le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse, la valorisation des compétences, des formations et des conditions de travail des personnels de santé, l’autonomisation du régime d’assurance maladie, la reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières insulaires, la construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale, sont autant de priorités programmatiques pour Corsica Libera. Ce sont aussi d’évidentes nécessités au regard des besoins réels de notre peuple en matière de santé. Ce seront sûrement, n’en doutons pas, d’âpres combats à mener contre l’inertie cynique d’une bureaucratie hors sol. Mais ces luttes là, comme tant d’autres, s’inscrivent dans le cadre de la défense de l’intérêt national dans sa dimension la plus humaine et la plus concrète. Charge à chacun d’entre nous d’y participer avec détermination.
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