#163 hè esciutu !

https://uribombu.corsica/produit/n163-dicembre-2023-ghjennaghju-2024/ Chjama Patriotta - Assemblea Generale u 28 di Ghjennaghju in Corti - Interview de Ghjuvan'Filippu Antolini Cap’articulu : Pè un destinu corsu è un avvene di libertà U Ribombu - Un (nouveau) rapport pour rien - A francisata basta ! Internaziunale Corsica Libera au siège de l‘onu : Conférence anticoloniale à genève Allocution de Ghjuvan'marcu Rodriguez et Jean-Guy Talamoni Cultura Piombu 1976 – « Rughji Neri » : l’exposition de l’artiste militant ---Pour les abonnés, choisissez simplement "ajouter au panier" puis confirmer votre commande dans votre panier. Vous pourrez directement le télécharger.  www.uribombu.corsica

Cap’Articulu da Eric Simoni di u #163

« Les usages français greffés sur ceux des Corses, plutôt que les ennoblir, les corrompent et exacerbent la plaie au lieu de la soigner »* Au delà de pseudo discussions en cours sur une éventuelle « autonomie » de la Corse, concept sans cesse revisité et, chaque jour un peu plus, vidé de contenu ou de portée réelle, il y a bien un processus en cours actuellement. Un processus de liquidation de toute revendication d’essence authentiquement nationale dans notre pays. La répression multiforme, qui va du fichage systématique de patriotes considérés comme des « terroristes », à des contraintes administratives et financières hors du commun infligées à de jeunes militants dont le seul tort a été d’exprimer leur sentiment de légitime révolte face à l’injustice, ne faiblit pas. Elle s’amplifie même en traitant des familles entières comme autant d’ « associations de malfaiteurs », et prépare, sans répit, de nouveaux coups tordus contre tous ceux qui ne se résigneront jamais à laisser leur peuple être condamné à un « destin français » de soumission perpétuelle. Parallèlement aux « lignes rouges » qui nient nos droits fondamentaux et jusqu’à notre existence même, des démarches d’enfumage politique et de déconstruction de l’idée nationale corse sont également à l’oeuvre, mais de manière plus insidieuse, participant à une confusion préjudiciable à l’indispensable cohésion nationale que requiert une véritable lutte de libération. Il en est ainsi de la négation du fait colonial, ou de la réduction d’une question nationale à une revendication exclusivement identitaire, ainsi que des nombreux schémas importés qui ont la prétention de faire le bonheur des peuples malgré eux. L’influence des partis français et de leur phraséologie manichéenne est ici prégnante, même lorsqu’elle est affublée des oripeaux d’un « corsisme » - voire d’un « nationalisme » - de circonstance (le plus souvent électorale); elle est aux antipodes des nuances de la pensée que permettent notre culture ancestrale et cette société de proximité qui fait tant horreur à la tutelle étrangère. Téléguidées ou pas, toutes ces manœuvres convergent et peuvent aboutir à une communautarisation de la société « à l’usu francese », avec des polémiques entretenues pour diviser le peuple sur fond de débats caricaturaux ou l’irrespect domine. La colonisation de peuplement effrénée que nous continuons à subir, accélérée et amplifiée par des dispositifs fiscaux et « économiques » de dépossession des Corses, aggrave singulièrement cette menace. Face à cela, sans doute parce que « là où est le danger grandit aussi ce qui sauve », le mouvement de libération nationale est en voie de renouvellement, de redéploiement, avec ses structures politiques, associatives, syndicales, sa jeunesse, et l’expérience des années de lutte qui ont permis de préserver l’essentiel: une conscience nationale inaltérable. Les réunions organisées sous l’égide de A Chjama Patriotta dans toute la Corse participent actuellement de cet élan nouveau qui permettra la mise en synergie de toutes les forces vives du pays au service de la seule ambition qui vaille: libérer la Corse, et permettre à notre peuple d’accomplir enfin son destin national. *Niccolò Tommaseo (1802-1874)

U primu Ribombu di l’annu 2024 hà da esce : #163

Da ritruvà : Chjama Patriotta / Patriotti - Assemblea Generale u 28 di Ghjennaghju in Corti - Interview de Ghjuvan'Filippu Antolini Cap’articulu : Pè un destinu corsu è un avvene di libertà U Ribombu - Un (nouveau) rapport pour rien - A francisata basta ! Internaziunale Corsica Libera au siège de l‘onu : Conférence anticoloniale à genève Allocution de Ghjuvan'marcu Rodriguez et Jean-Guy Talamoni Cultura Piombu 1976 – « Rughji Neri » : l’exposition de l’artiste militant

Natale Luciani : 20 anni fà

Per stu pezzu di terra chi deve fermà nostru, Natale Luciani s’era indiatu dapoi u 70 per salvà è tramandà ciò chè no simu, da e stonde di cantu à l’annate clandestine. 20 anni dopu a so morte u s’impastu ferma è u so estru campa.

Ghjuvan Battista Acquaviva : cumbattante di u Fronte, cascatu per a Liberta

Le 15 novembre 1987, Ghjuvan Battista Acquaviva trouve la mort suite à une opération commando du FLNC, dans la ferme du colon « pied noir » Louis-Ferdinand Roussel, à U Querciolu sur la commune de Sorbu Occugnanu. Ce 15 novembre à 20h15, Madame Roussel appelle la gendarmerie de Viscuvatu pour affirmer que son mari a été victime d’une agression à leur domicile. Elle précise que l’auteur de l’agression a été mortellement blessé. A 20h30, les gendarmes sous le commandement du capitaine Jobic arrivent sur place et constatent que dans le bureau de L.F Roussel, un homme gît à terre. Son visage est dissimulé par une cagoule, et ses mains gantées. Il porte à la ceinture une arme automatique et une grenade défensive. Il a été abattu d’une balle dans le visage. Dans sa déposition, L.F Roussel donne comme arguments qu’alerté par les aboiements d’un de ses chiens de garde, il sort sur le seuil de la porte de son bureau, et se trouve alors en présence d’un individu cagoulé qui le menace de son fusil. Une lutte s’engage entre les deux hommes. Un coup de feu part en direction du plafond. Malgré un violent coup asséné par son agresseur, Roussel réussit à se saisir du fusil qu’il tient à deux mains. Un second coup de feu, mortel celui-là part de l’arme de la victime. La version devient sans autre forme de procès la version officielle. À 22 heures, le procureur Bot et le commissaire Dragacci arrivent, puis à 22h30 le Docteur Nicolaï, il soigne Roussel « pour une égratignure à un pouce », invoquant des urgences il quitte les lieux sans se préoccuper de l’homme mort. Il ne reviendra qu’à minuit pour établir le constat de décès. L’autopsie sera pratiquée le 17 novembre. Elle conclura que la mort est due au tir d’une balle à bout portant qui n’est pas ressortie du crâne. Etant donné le calibre de l’arme, un Valmet 222, cela est inimaginable. Sauf si… Ghjuvan’Battista n’a pas été tué accidentellement par son propre fusil, mais abattu froidement comme le précise le communiqué du FLNC (1) d’une balle partie d’une autre arme. L.F Roussel possédait 3 armes. Aucune n’a été examinée au titre de l’enquête, ni saisie, assez incroyable dans une affaire où il y a mort d’homme. Comme le comportement du capitaine Jobic et de ses gendarmes, le lieu du crime n’est pas contrôlé, ils ne cherchent pas à savoir si des charges explosives ont été déposées aux abords, ou dans la ferme et ses dépendances. En fait, les forces de police réunies, policiers, gendarmes et magistrats se comportent comme s’il y avait eu un guet- apens tendu à Gjhuvan’Battista après le départ du commando, alors que rien ni personne ne représentait plus une menace pour Roussel. Le corps de Ghjuvan’Battista ne sera remis à sa famille que trois jours après le drame. Le 18 novembre, L.F Roussel disparait, le capitaine Jobic lui a procuré un billet d’avion et des faux papiers d’identité au nom de Levati. Une fois en France, Roussel est pris en charge par un réseau téléguidé par Charles Pasqua alors ministre de l’Intérieur. Pourquoi cette fuite si les faits s’étaient déroulés selon la version officielle donnée par Roussel à la justice ? Sur l’île la colère gronde suite à ce qui est une évidence, l’assassinat du jeune militant du Front, et surtout dans sa région d’origine la Balagne où sa famille est honorablement connue, à commencer par son père Maurice, militant historique de la lutte Nationale. Le 20 novembre, le mobilier de la ferme pourtant sous scellés, et sous la surveillance des gendarmes disparait à son tour. Roussel déclarera par la suite l’avoir vendu à des brocanteurs pour la somme de 50.000 francs. Or les meubles n’ont été ni vendus ni mis en vente. Ils ont été déménagés par une entreprise insulaire, puis déposés dans un garde-meubles de Fréjus. Ils seront retirés le 16 novembre 1989 par le fils Roussel médecin à Nice. A la demande expresse d’Alain Juppé alors ministre du Budget, la ferme Roussel est achetée au prix de 580 millions de francs par le ministère de l’agriculture. Elle servira à loger des compagnies de CRS en déplacement en Corse. Le 10 octobre 1989, cela n’empêchera pas le vol de la porte d’entrée d’aucune valeur marchande, mais elle aussi pièce à conviction, comme le mobilier. Pièce à conviction essentielle dans le dossier ; car elle porte les traces d’un impact de balle, qui peut permettre de déterminer l’origine, la trajectoire et le calibre du projectile qui y était planté. Mais la liste des anomalies de cette affaire est encore longue. Il s’avère que le plan des lieux établi par la gendarmerie est falsifié. Le gravier qui borde la villa à un endroit bien précis a été remplacé depuis peu. Certainement portait t’il des traces de sang, preuves que Ghjuvan’Battista n’avait pas été abattu en agressant Roussel dans son bureau, mais à l’extérieur alors que le commando partait. Lors de l’autopsie, le Dr Bastien note « la présence au niveau de la partie occipitale* de gravillons, due probablement à la chute… » (partie occipitale : située à l’arrière du crâne). Donc une chute sur le gravier et non pas sur le sol d’un bureau. Encore pire ! 4 fragments de la balle extraite du corps de Ghjuvan’Battista avaient été placés sous scellés par le médecin légiste. Or, le plus volumineux, le plus « parlant » pour l’enquête a disparu. Il ne figure pas dans l’inventaire des pièces à conviction dressé le 18 novembre. Les 16 et 18 janvier 1990, plus de deux ans après les faits, sur les lieux même du drame une reconstitution est fixée. Roussel et tous les autres protagonistes de la mise en scène refusent. Le juge Sievers, nouveau magistrat en charge du dossier après le juge Catalano, envisage de procéder à une véritable enquête avec rétablissement du plan des lieux tels qu’ils étaient le soir du meurtre, et contraindre Roussel, au besoin par la force de la loi à être présent. Il sera dessaisi du dossier… Pendant deux ans plus aucune procédure n’aura lieu en France. L’affaire est portée devant la Cour Européenne et la Commission des droits de l’homme à Strasbourg. Par 23 voix sur 24 les instances judiciaires européennes se montrent favorables à l’examen des Mémoires de la famille Acquaviva demandant que soit reconnue la violation par la France des droits de la partie civile. Le gouvernement français fera des pieds et des mains pour éviter une condamnation hautement justifiée. En 1995, après de nombreux débats la Cour Européenne des droits de l’Homme donne sa réponse qui est éminemment politique en confortant la France dans sa conduite judiciaire. Le dossier est clos. A Jean-Baptiste, C’est à 20 ans que l’idéal sublime tout, et lorsque comme toi, devant tant d’incompréhension et de vilénie tenace, mu par ta générosité et fidèle à la mémoire de ton Peuple, tu as voulu avec ton enthousiasme généreux et ton courage, défendre le Patrimoine et l’Identité de tes ancêtres … il arrive que des routes divergentes se croisent : - la tienne, celle du souci de l’avenir de ton Peuple sur sa Terre, - celle de Roussel venant dans une Corse française comme il avait quitté une Algérie française où ôter la vie d’un indigène est du domaine du dérisoire. Ce soir funeste de novembre 1987 tu es tombé dans le guet-apens de la bêtise, de l’ignorance et de la haine. Trois jours après l’assassinat de Ghjuvan Battista Acquaviva, l’Etat français effaçait la dette des agriculteurs corses. DT Bibliographie : Ghjuvan Battista Acquaviva, l’Eternu Sguardu

Nuvembre #162 hè esciutu !

Eccu u vostru ribombu di stu mese di Nuvembre : https://uribombu.corsica/produit/n162-nuvembre-2023/ Chjama Patriotta : una dimarchja chì cresce Cap’articulu : Pè un destinu corsu è un avvene di libertà U svegliu di a nazione : A chjama patriotta di u 15 d’ottobre Jean-Guy Talamoni : Stratégie pour un destin corse FLNC A FRANCIA FORA U Ribombu Le nouveau serment de bastia Assemblea di Corsica CHU et organisation de la santé Des perspectives et des combats à mener Internaziunale Catalunia : Corsica Libera représentée à la Diada 2023 Storia Ghjuvan Battista Acquaviva : cumbattante di u Fronte, cascatu per a Liberta Liberazione di a corsica : da l’8 settembre à u 4 ottobre 1943 Cultura ùn ci scurdemu di a Sant‘Andria ---Pour les abonnés, choisissez simplement "ajouter au panier" puis confirmer votre commande dans votre panier. Vous pourrez directement le télécharger.  www.uribombu.corsica

#162 : A chjama patriotta pè un destinu corsu è un avvene di libertà.

Le mois écoulé aura été marqué dans un premier temps par la visite du Président français en Corse. Comme prévu, il s’est agi d’un non évènement entérinant une démarche des « petits pas », dont certains, contre toute évidence, continuent à vanter les mérites. Sauf que ces petits « pas » là se résument en réalité à : « pas » de peuple corse, « pas »d’officialité de notre langue dans son propre pays, « pas » d’emploi pour les Corses sur leur terre, « pas » de possibilité pour notre peuple de préserver son patrimoine, en fait « pas » de peuple corse du tout. De « lignes rouges » réaffirmées en promesse d’un funeste destin de soumission, le processus d’ « accompagnement » d’un peuple ravalé au rang de « communauté » suivait donc son cours dans l’indifférence quasi générale d’un corps social anesthésié. Dans ce contexte, le réveil général opéré par les actions du FLNC, ainsi que les termes - laconiques mais on ne peut plus clairs - de leur revendication, n’est pas vraiment surprenant. Même si les calculs - aussi irresponsables que cyniques - de certains ont fini, le temps aidant, par leur faire penser que la volonté d’installer une paix durable réellement porteuse d’une solution politique pour la Corse et son peuple se confondrait avec l’acceptation de l’inacceptable. Aujourd’hui, la responsabilité de la situation dans laquelle nous nous trouvons incombe exclusivement à ceux qui à Paris ou en Corse ont manoeuvré honteusement pour étouffer l’idée nationale et tenté, une fois de plus, de marginaliser, voire de criminaliser, les patriotes qui la portent. Le succès de l’appel lancé par le collectif Patriotti atteste du fait que les Corses ne sont pas prêts à renier tout ce pourquoi ils se sont battus tout au long de leur Histoire, et, notamment ces dernières décennies. Les centaines de militants présents ce dimanche 15 octobre à Corti, par l’ampleur de leur participation et la nature de leurs échanges, ont démenti les quelques « analystes » - pas très bien attentionnés - qui s’évertuent à tenter de minimiser une démarche essentielle et salvatrice: non, il ne s’agit pas simplement de créer un enième parti nationaliste pour redonner du souffle à quelque structure existante; pas plus qu’il n’est question de vouloir bloquer un « processus », si tant est qu’il en existe vraiment un, susceptible d’apporter quoi que ce soit de positif à la Corse. En réalité, ce qui est en jeu ici, c’est la possibilité de faire converger tous les engagements, toutes les compétences, quel que soit leur terrain d’application, au service d’une action globale cohérente et d’une synergie efficace qui rendent incontournables nos aspirations nationales. Et qui instaurent enfin le seul rapport de force susceptible d’amener à de véritables négociations. Celles qui prendront réellement en considération la volonté d’un peuple sur sa terre, et par la même, les droits nationaux qui en découlent. A chjama patriotta hè stata intesa. Avà ci tocc’à tutti à falla rimbumbà ind’è a Corsica sana.

“Stratégie pour un destin corse” da Jean-Guy Talamoni

Non, le destin de la Corse n’est pas français, comme l’affirmait curieusement le président de l’exécutif il y a quelques jours. Non, on n’a pas le droit de renvoyer dos à dos – il l’avait fait deux semaines plus tôt – le crime organisé qui sévit dans notre pays et ceux qui ont tout sacrifié pour défendre ce même pays. Non, déférer aux injonctions de l’adversaire et aller toujours plus loin dans le reniement ne constitue pas une stratégie valide. Ni digne, au demeurant. Car c’est bien de stratégie qu’il s’agit. Le problème n’est jamais une question d’homme. Les hommes peuvent changer. En mal – ici, quelques exemples peuvent venir à l’esprit –, mais parfois aussi en bien. Comme avocats, nous avons l’habitude de le rappeler : ne jamais réduire un homme à certains de ses actes, fussent-ils singulièrement graves. À un problème politique persistant, la bonne réponse ne peut-être de désigner un bouc émissaire. Un tel problème appelle une stratégie adaptée. Celle mise en œuvre depuis 2021 par le Cours Grandval à l’égard de Paris (connivences – courbettes – compromissions) a largement montré sa nocivité pour le mouvement national (déloyauté – déstabilisation – division). Dès l’origine, ces lourds inconvénients ne sont pas passés inaperçus. Pour toute réponse à ces inquiétudes, on a alors entendu une petite musique, celle de la prétendue realpolitik : « Capisci, il faut être malin, on va obtenir l’autonomie… ». Malheureusement, même si l’on fait abstraction des questions d’éthique – ce qui n’est jamais bon –, force est de constater que cette « stratégie » n’en est pas une. Elle ressemble plutôt, au mieux, à de la rouerie de cantine. Il suffit d’avoir lu quelques livres d’histoire pour savoir que la France n’a jamais concédé la moindre avancée à un peuple soumis à sa tutelle sans y être contraint par un rapport de force. Jamais. Ainsi, en Corse, après avoir conduit ses interlocuteurs à des compromissions difficiles à assumer, Paris les a subitement abandonnés, désormais sourd à leurs appels incessants et larmoyants au « dialogue ». En politique, si l’on peut négocier avec des adversaires, on ne le fait généralement pas avec ceux qui ont accepté d’être des subordonnés. C’est dans cette situation d’indifférence et de mépris parisiens qu’est intervenu l’assassinat d’Yvan Colonna, suivi de la révolte de notre jeunesse. Débarquait alors en urgence Gérald Darmanin, le mot d’autonomie à la bouche, cherchant avant tout à rétablir le calme en cette période préélectorale. Le semblant de processus qui s’est déroulé depuis lors a donc pour cause exclusive la détermination des jeunes Corses. Dès que les élus reprirent la main, ils acceptèrent d’écarter des discussions les sujets les plus essentiels, à travers les « lignes rouges » mentionnées dans le protocole Darmanin-Simeoni. Plus que d’une erreur, il s’agissait d’une nouvelle faute, laquelle ne pouvait déboucher, un an et demi plus tard, que sur l’ouverture en trompe l’œil opérée par le discours d’Emmanuel Macron devant l’Assemblée de Corse : une rhétorique avenante cachait le vide sidéral du fond politique. Comme devait le constater l’éditorialiste Jean-François Achilli sur France Info : « Une déclaration forte dans les mots, mais pas dans les contenus ». Pas de reconnaissance des droits du peuple corse, pas de corsisation des emplois, pas de statut de coofficialité pour sauver notre langue, pas de statut de résident pour interrompre le processus de dépossession… Voilà donc où nous en sommes. La « stratégie » à l’œuvre mène tout droit à l’échec et il faut en changer. Comment transformer le bavardage institutionnel actuel en négociation porteuse d’avancées ? Pour notre part, nous n’avons cessé, depuis 2015, de préconiser la mise en place d’un rapport de force, serein et déterminé. Nous avons collectivement les moyens d’une véritable mobilisation populaire à travers nos forces vives, politiques, syndicales, associatives… L’appel de Patriotti pour la réunion du 15 octobre à Corti peut en être l’occasion et c’est dans cet esprit nous y participerons. L’objectif doit être de convaincre l’ensemble des nationaux que seul paye le courage politique. Quant à ceux qui rédigent actuellement la chronique d’un échec annoncé, offrons leur – par-delà leurs erreurs – la possibilité d’apporter une contribution aux nouvelles pages que nous voulons écrire. De nouvelles pages qui mériteront enfin, sans grandiloquence ridicule, le qualificatif « historique ». Jean-Guy Talamoni

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