#159 – Cap’Articulu : Dignité d’un peuple en lutte… et manœuvres dilatoires.

Depuis plus d’un an, à la suite de mobilisations survenues dans le terrible contexte que chacun connaît, se sont ouvertes des « discussions », préludes à un « processus » qui n’a, à ce jour, abouti qu’à la définition de « lignes rouges » de la part de l’Etat français. Faut-il rappeler que si ce cycle s’est enclenché, c’est uniquement parce que l’émotion suscitée par le sort fait à Yvan Colonna, mais aussi à son peuple depuis trop longtemps, a entraîné une lame de fond qui s’est déployée sur plusieurs semaines, et des manifestations de grande ampleur qui se sont déroulées dans la dignité, bien plus que dans le calme de la soumission permanente prônée en toute circonstance - et en toute inconséquence - par certains. C’est exclusivement à cette réactivité et à cette détermination de la société corse, et notamment de sa jeunesse, que l’on doit l’ouverture de ce que les médias ont nommé « processus de Beauvau ». Pourtant, à l’heure où sont rédigées ces quelques lignes, les représentants de la Corse, malgré des décennies de revendications plus que claires - et leur validation dans les urnes d’un système qui n’est pas celui d’une Corse un tant soit peu souveraine - sont invités à rédiger une énième copie. Cette dernière risque fort de rester lettre morte dans la mesure où la question éminemment politique de l’existence d’un peuple avec des droits sur sa terre, droits inaliénables et reconnus dans la Charte des Nations Unies, ne rentre aucunement dans la grille de lecture que Paris continue à vouloir imposer. Il serait pour le moins hasardeux pour les tenants de la Corse française - quelle que soit leur étiquette interchangeable du moment - de miser sur l’éviction des forces vives de notre pays, sans lesquelles il n’y aurait aujourd’hui aucun (faux?) semblant de discussion, ou sur la capacité estimée de quelque politicien à faire avaler des couleuvres au peuple. Au delà d’un projet politique et sociétal maintes fois développé par le mouvement de libération nationale, ou de la proposition en dix points de Corsica Libera popularisée lors des dernières Ghjurnate Internaziunale, les Corses dans leur grande majorité, indépendamment de leurs âges ou catégories sociales, savent qu’ils sont un peuple, et donc une nation. Si les grandes manoeuvres auxquelles nous assistons aujourd’hui ont pour principal objectif de n’en tenir aucun compte, alors le « processus » en cours, n’en doutons pas, risque vraiment d’avoir une portée « historique ». Mais certainement pas au sens où l’entendent les forces délétères qui ont choisi d’endormir la conscience nationale d’un peuple pour l’accompagner vers sa disparition programmée. « Chì lu populu di Cirnu, mai lu metteranu in fossa... »

Chemin des dames : la bataille oubliée !

“ Que serait la Corse aujourd‘hui si elle n‘avait pas vu ses enfants les plus valeureux décimés sur les champs de bataille de la Grande Guerre ? Une chose est sure : elle ne serait pas la Corse que nous connaissons aujourd‘hui... “ 16 avril 2023, 6h du matin comme chaque année les marcheurs mettent leurs pas dans ceux des soldats qui,sur ordre du Général Nivelle, s‘élancèrent le 16 avril 1917 à l‘assaut du plateau de Californie, point culminant du Chemin des Dames. Selon le commandement, la crête de quelques centaines de mètres de hauteur doit être prise en 3 jours... Seulement voilà, de 1915 à 1917 les Allemands ont eu le temps de fortifier leurs positions... Plus de 100 000 hommes perdront la vie dans des assaults aussi inutiles qu‘absurdes... 30 000 morts par jours au début de l‘attaque... Parmis eux des Corses, des basques, des tirailleurs sénégalais, des bretons, des occitans... Tout ce que les campagnes comportent de forces vives, le monde paysan exterminé en quelques rafales de mitrailleuses et écrasé sous des milliers d‘obus... S‘en suivra un vaste mouvement de rébellion mené par des hommes las de servir de chair à canon. La chanson de Craonne sera leur hymne...et beaucoup seront fusillés pour l‘exemple... Cette Histoire, nous la connaissons trop bien en Corse : c‘est celle de nos familles qui dans la Somme, la Marne, à Verdun, la Côte du Poivre, la Côte 304, les Eparges, le col de la Chapelotte; pour ne citer que quelques un de ces lieux sacrés que la mort a revêtu de son manteau noir; perdront un des leurs, parfois plusieurs,et même tous les jeunes d‘un même village... « Tu babbu in 18 » d‘i Surghjenti, « le chemin des dames » des Chjami Aghjalesi et plus récemment l‘album « In Memoriam » que Jacques Culioli avec l‘associu Aio ziteddi et Arapà consacrèrent entièrement à la guerre 14-18 sont autant de repères musicaux qui dans notre mémoire collective viennent encrer le souvenir toujours vivace de nos aïeux . Les lettres de corses comme celles d‘André Orsoni ou d‘Antoine Fanni, rédigées quelques heures avant leur mort sont de précieux et d‘émouvants témoignages. (album In Memoriam, Arapà) Là bas aussi sur les lieux de ces batailles, plus de cent ans après, les souvenirs sont tenaces: pour ces enfants qui ont grandit aux milieux des ruines et des champs dévastés comme Noel Genteur à Craonne, militer pour la mémoire de ces hommes tués par l‘absurde est un sacerdoce, l‘engagement de toute une vie. D‘autres plus jeunes mais tout aussi déterminés comme Cyril Delahaye, guide conférencier à la Caverne du dragon ou la famille d‘Eric Marchal-Guidoni à la Main de Massiges viennent ,renforcer avec un dévouement exemplaire, la grande famille des bénévoles et des artisans de la Mémoire... Sans eux pas de tranchées reconstituées, pas de musée, pas de recits et d‘anecdotes pour transmettre aux jeunes générations ce qui demeurera la plus grande boucherie humaine de l‘histoire: les morts, les blessés sans oubliés ceux qui seront marqués à vie par l‘obusite, les mutilations, les gueules cassées ... La marche se termine lentement, le « Diu vi salvi regina » résonne devant le monument des basques... Une statue de Napoleon est là, pas loin à quelques centaines de mètres, également pour rappeler une autre bataille sanguinaire, toujours sur le chemin des dames : celle de 1814 au moulin de Vauclerc ... Dans la plaine glacée par un vent matinal, le chant des oiseaux a remplacé le fracas des bombes, la forêt a repris ses droits, et les premières pousses laissent deviner le printemps qui est déjà là... Que serait la Corse aujourd‘hui si elle n‘avait pas vu ses enfants les plus valeureux décimés sur les champs de bataille de la Grande Guerre ? Une chose est sure : elle ne serait pas la Corse que nous connaissons aujourd‘hui... Une partie du Peuple Corse est resté là bas, dans la boue de ces champs de bataille... Si nous ne pouvons certes pas remonter le cours du temps, nous pouvons au moins nous souvenir, par nos pèlerinages sur ces lieux chargés d‘histoire et d‘émotions, afin de leur rendre un éternel hommage! PA Susini

“Redresser la barre” da J.G Talamoni

Lorsque l’on se remet en mémoire l’enthousiasme et l’attente populaire – parfois démesurée – qui avaient accompagné en 2015 et 2017 l’arrivée des nationalistes au pouvoir et que l’on considère le caractère tristement atone de la situation politique actuelle, on ne peut que mesurer l’étendue du gâchis. “ Mais les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas moins déterminés que les jeunes d’hier. Ils en ont d’ailleurs administré la preuve lors des manifestations de l’an dernier. “ Comme dans toute catastrophe autre que naturelle, il y a évidemment des responsables. Mais est-il bien utile de concentrer notre réflexion sur les turpitudes de ces derniers ? Si le ressentiment avait quelque vertu en politique, cela se saurait. La politique du bouc émissaire, même lorsque ce dernier a eu une attitude peu reluisante, ne permet aucunement de défendre une communauté contre ses adversaires extérieurs, ceux qui nient purement et simplement son droit à l’existence. Il nous faut donc consacrer nos efforts à l’œuvre de reconstruction nationale entamée dans les années 1970. Tout n’est pas à refaire, n’en déplaise aux tenants du « c’était mieux avant », à ceux qui se complaisent dans l’illusion d’un passé fantasmé. Non, on ne peut dire comme on l’entend parfois : « L’ultimi Corsi sò morti in Ponte Novu ! ». Ni même que les nationalistes des années 70 étaient plus valeureux que ceux d’aujourd’hui. Ce genre de propos n’est dû qu’à l’illusion qui fait passer le souvenir de sa propre jeunesse pour un âge d’or collectif. Beaucoup de ceux qui luttaient jadis contre les CRS combattent aujourd’hui les rhumatismes, ce qui est – on peut en convenir – moins exaltant. D’où leur appréciation négative de l’évolution des choses… Mais les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas moins déterminés que les jeunes d’hier. Ils en ont d’ailleurs administré la preuve lors des manifestations de l’an dernier. Ils ne sont pas moins bien formés politiquement que ne l’étaient leurs parents. En témoigne la qualité des débats de l’Assemblea di a Giuventù et des organisations de jeunes, étudiantes ou autre. Cette jeunesse est montée en première ligne pour recueillir et protéger les pénates de la patrie corse, quand d’autres les avaient laissés tomber à terre. C’est elle qui a donné le signal du nécessaire sursaut général. À l’ensemble des forces vives, à présent, de redresser la barre. Disceta ti, cara nazione ! Jean-Guy Talamoni

Esciuta di u numaru #158 di Maghju

https://uribombu.corsica/produit/n158-maghju-2023/ À LA UNE : Redresser la barre da jean-guy talamoni Cap’Articulu Où sont les démocrates ? da Eric Simoni Ghjuventù corsa Terra corsa à i corsi : Occupation et soutien de Corsica Libera Internaziunale : Irlande du Nord : 25 ans après « l’accord du Vendredi Saint » Suceta Le football comme fait social total : "sur les terrains du discours corse" Storia : L’ottu di maghju : Ricurdemuci di i martiri di Ponte Novu Chemin des dames : la bataille oubliée ! Cultura : Puesia : L'ombra Sintinella Una Fiara Nova : Surtita di u so primu discu Natale Vesperini : Anna Lucia, primu discu Dialogue ininterrompu : Entre l'histoire et la nation scrittu da Emmanuelle Le Baler Ferrand

Où sont les démocrates ? da Eric Simoni

Depuis des lustres nous n’entendons parler que de « démocratie » par les représentants officiels de l’Etat français et ceux qui, en Corse, s’en font les zélateurs. Pourtant, lorsque les orientations validées par les urnes - en consultant au demeurant un corps électoral qui va bien au delà du peuple réel de ce pays - sont régulièrement bafouées, où sont ces « démocrates »? Où sont-ils quand le sort, et la vie, de prisonniers politiques sont entre les mains de forces promptes à détourner les règles du droit pour assouvir une vengeance qui ne dit pas son nom? Où sont-ils quand des Corses sont interpellés, harcelés continuellement du fait de leur engagement public ou de leurs liens familiaux avec certains militants politiques? Comment justifient-ils que les droits de l’Homme soient à géométrie variable conférant à certains peuples le droit de s’ériger en nation, et le pouvoir de l’interdire à d’autres peuples? Comment expliquent-ils leur empressement à dénoncer le moindre geste de révolte d’une jeunesse, qu’ils n’hésitent pas à insulter et à qualifier de « manipulée », alors qu’ils sont les serviteurs d’un ordre étranger et violent à l’égard d’un peuple dont les aspirations à la souveraineté sont parfaitement légitimes? Pourquoi, et au nom de quels intérêts, défendent-ils l’application de règles étrangères au détriment de celles qui pourraient permettre de développer et faire prospérer notre nation? Sans limiter d’ailleurs le propos à la Corse, comment peut-on admettre, par exemple, que la dernière victoire électorale des indépendantistes polynésiens ne soit pas plus considérée, du coté de Paris et des médias français, étrangement silencieux sur le sujet, que le résultat d’une quelconque consultation locale? De vrais démocrates seraient enclins à tenir compte de la volonté d’un peuple dont le territoire a été réinscrit sur la liste des pays à décoloniser depuis dix ans, malgré des décennies d’obstruction française. De vrais démocrates ne se vautreraient pas dans l’imposture qui consiste à faire passer pour de la « non-violence » la soumission permanente à la violence du plus fort. De vrais démocrates défendraient bec et ongles la liberté de leur peuple et, plus généralement, le droit imprescriptible des peuples à disposer d’eux-mêmes. De vrais démocrates se battraient pour que chacun ait et garde le droit de dire haut et fort où vont ses soutiens humains, et politiques, sans être inquiété. Pour être fidèles à cette conception de la démocratie, les militants de Corsica Libera ont vu leurs locaux perquisitionnés, des responsables et membres de leur mouvement interpellés, leurs familles harcelées judiciairement. Pourtant ils ne font que relayer l’ardent désir de liberté et de paix réelle dont le mouvement de libération nationale dans son ensemble a toujours été porteur, et dont il s’est toujours efforcé de créer les conditions de la concrétisation. Alors, face à la situation critique dans laquelle se trouve aujourd’hui la Corse, et dans laquelle - sur le plan social, économique ou culturel - son peuple se débat, une question lancinante se pose: où sont vraiment les démocrates?

5 di maghju à l’internaziunale

A brama di libertà è i sacrifizii di vita trapassanu e cunfine, oghje omu si ramenta di duie stonde scure di a lotta di i populi, cù l’anniversarii di a morte di Bobby Sands in u 1981 è di l’evenimenti di a grotta d’Ouvea in Canacchia in u 1988.

5/05/1992 : Furiani

« U sole si ciotta è l’ambianza cresce » Pè sempre s’hè fasciata di neru a storia È zuccatu ferma u ricordu ind’a memoria

05.05.1976 : L’ombra sintinella

Ind’una Corsica à l’orlu d’un sprufondu sucetale, culturale, civilizaziunale, eternu. Nascia u 5 di maghju di u 1976 u FLNC, da fà chì u nostru populu firmessi, è ch’ellu campessi arrittu, degnu in terra soia. 47 anni dopu, à rombu i sacrifizii, s’hè pussutu salvà, crede è sperà, Iè fà a spera sulenna di vede dumane u nostru paese à l’altu celestu di e libertà è di i populi maestri. 05.05.1976 : L'ombra sintinella "N’u viottulu di a storia, è di quella orma ribella parata à cannunate vile pè Custera è Rustinu. N’u a vistica di e rivolte vinte à sfracellu feroce di l’estru patriottu vivu chì bramava un destinu. Pè Fium’orbu, Nebbiu, Niolu è tanti rigiri di Cirnea, tolti, à impiccate è macellate mentre e stonde di sfrancisate. Pè u biancu è moru frisgiatu, calpighjatu da Marianna, è u Corsu di caravana, chì di filetta s’hè scurdatu. À l’ombra pisata tempi fà per d’avvene avè un palmu è ùn stancià di rivindicà. Chì di populu fattu eramu, è bisognu aviamu à marchjà..." Disegnu : @Antea Perquis Ferrandi

Josepha Giacometti – Piredda dispusitivu di traduzzione à l‘Assemblea

Intervenzione di Josepha Giacometti-Piredda mentre a sessione di u 31 di marzu scorsu, u so parè dopu à a decisione di u tribunale amministrativu di Bastia in quant’à u ricusu di mette à paru u Corsu è u Francese à l’Assemblea di Corsica è par raportu à u dispusitivu novu di traduzzione à l’Assemblea quand’ellu s’adopra u Corsu. « Una decisione aspettata, cunnisciuta, sappiuta. Eiu piglieraghju u cuntrapuntu, sapiamu ch’ellu ci serebbe sta decisione, postu chì un tribunale appieca e so decisione in cufurmità cù a lege è in stu quadru quì cù a custituzione francese, chè no simu impegnati à fà cambià. Eiu ciò ch’eo diceraghju, ghjè chì sò naziunali chi sò à u putere dapoi 8 anni avà è avemu duie vie : da mandà à spassu e decisione di i tribunali, l’azzione di i prefetti è e ligne rosse di u guvernu francese, prima à latu stituziunale è à latu puliticu mettimu una cuuficialità di fatti. Eiu nant’à stu dispusitivu di traduzzione, trà di noi, sò appena riservata, v’aghju da dì perchè, perchè chì ci hè una cumunità pulitica, chì à a vulintà di mette à paru e duie lingue, perchì chì ci n’hè una chì ghjè à sparu, a lingua corsa, è custì cunfirmemu una situazione di diglussia. Ci vole à fà u sforzu mettendu a lingua corsa à paru à u francese, chì u francese ùn hè à bisognu, è dunque ricunnosce in a cumunità pulitica chè no simu, chè n’avemu bisognu di traduce è fà opera di traduzzione , à mè ùn mi pare micca esse un bona è di dì chè n’avemu bisognu di traduce per u nostru populu, ùn sò s’ellu hè un messagiu bonu per una cumunità linguistica chè no vulemu à paru è ancu à nivellu puliticu, demu raggiò d’una certa manera à a decisione di u tribunale, perchè chì femu traduzzione in francese di e decisione chè no pigliemu quì. U guvernu di a corsica cumpostu à naziunali s’ellu vole resiste fin’à fondu in a disubbidenza civile, s’ellu vole andà nant’à què tranquillu è serenu, andemu à purtà sani i raporti in ingua corsa, cum’elli sò in lingua francese, seremu attaccati, cuntinueremu què ghjè a nivellu puliticu è à nivellu stituziunale, in ogni stituzione chè n’avemu femu cusì perchì chì quì d’una certa manera valitemu st’idea. A traduzzione pò valè ind’altri casi è ghjè bè cum’è oghje quand’è no ricevimu u signore De Varennes, ma à nivellu di a nostra cumunità ùn pensu micca ch’ella sia una bona. Perchè chì inghjenna una certa passività quand’è no parlemu di a lingua corsa, quand’è no precunisemu è purtemu tutti quant’è no simu a quistione di l’immersione per mette à paru a nostra lingua. Allora eiu sò assai, assai riservata, prima d’esse sempre nu a reazzione, agimu, avemu e stituzione, a vulintà di u populu, agimu ùn reagimu più, què ghjè u secondu affare, annantu à a cumunità è a custruzzione d’una via pulitica, avemu l’arnesi, mettimu una pulitica forte in piazza à tutti i nivelli, à nivellu di a scola, di u spaziu publicu, di i media, cuntinuemu ad avè una pulitica linguistica forte. Emu da cuntinuà à nivellu cullettivu à affirmà la, postu chè no simu un populu, chè n’avemu una lingua, è chì a cumunutità pulitica in tutta a so diversità, u populu corsu porta à traversu a so lingua, a so essezza, chì in ogni spaziu ci traduce un universu, postu chì una lingua ghjè un universu, una manera di campà u so locu, di campà una terra, di campà u so raportu à l’altru è ùn duvimu micca incuragisce una certa passività à traversu st’opera di traduzzione chè no femu ind’u spaziu publicu. Allora a cuuficialità di fattu disubbedimu à traversu a stituzione, andemu à fondu micca solu ind’a cumunicazione, di mette traduzzione è ascultadori in st’Assemblea, mandemu à spassu e decisione, è a livellu puliticu, à livellu di a soluzione pulitica chè no vulemu cù Parigi, a sapemu e ligne rosse ch’elle sianu simboliche o di diritttu ùn l’accettemu micca, di modu chjaru s’è no falemu sottu à què ùn vale nunda, perchè chì ognunu l’hà detta ùn ci serà più essezza, ùn ci serà più populu è ùn ci serà più sensu à purtà qualcosa ch’ùn dicerà nunda di ciò chè no simu. Ci vole sta riforma di a custituzione, ma aspettendu femu prova di tutti l’arnesi chè n’avemu, andemu forte, ùn a femu micca, ind’a pulitica linguistica, micca solu un affare di soldi, un affare di cumpurtamentu, un affare d’impegnu, cuntinuemu à parlà sta lingua quì, cum’è no a femu, ùn passemu più à u francese, è s’è no vulemu desubbedisce, ùn ci vole à traduce, chì li demu a ragiò, purtemu le sanu in corsu cum‘è no e purtemu in francese, femu opera d’una cuuficialità di fatti, ùn ci cumpurtemu micca cum’è si a nostra lingua ghjera à paru, ghjè què a nostra lotta, ghjè què u nostru impegnu, a sò chì ognunu ne cunvitu, eiu vi vulia purtà stu parè è sò chì sò in contrapuntu, ùn face nunda, ma pensu chì a riflessione di fondu a duvimu purtà à nivellu di a nostra filusufia pulitica di naziunali, a lingua hè di tutti i corsi quessa hè intesa ùn ci hè mancu bisognu à dilla, tramandemu la al di là di a stituzione, chì a stituzione ùn hè micca tuttu, ancu s’ella pò purtà pulitiche publiche forte, ma cuntinuemu à impignà ci è strappemu sta mudificazione per sorte di a francia ghjaccubbina è di u so monolinguisimu anticognu chì sò trappule murtale ».

Lingua corsa : Più l’emu in … è più ci n’avanza

Si dice chì l’amore passa quant’è e stagione, ma ind’u nostru casu si pò dì chì d’amore ci n’hè sempre statu pocu frà noi è elli, pocu importa e stagione, l’annate è i seculi è quessa l’emu vista torna qualchì simana fà. Prima, bisognu ci hè à fà un picculu ramentu di a situazione chì c’interessa, u 16 di dicembre 2021, l’Assemblea di Corsica avia adduttatu u so regulamentu internu novu, chì dicia chì a lingua di i dibattiti à l’Assemblea ghjera u Corsu è u Francese, ciò chì si face per altru di manera naturale dapoi a so creazione in u 1982. Qualchì ghjornu dopu u prefettu di l’epica avia attaccatu d’avant’à u tribunale amministrativu di Bastia stu regulamentu per a sempiterna cagione ch’ellu era cuntrariu à a custituzione francese, è dapoi s’aspettava a so risposta. È ghjè dunque u 9 di marzu scorsu ch’emu amparatu a so decisione, chì hà di fatti datu cunferma à l’anzianu prefettu Lelarge è attempu nigatu u votu di l’Assemblea, una surpresa ? Mancu appena, mancu di chè fanne un parapiglia è teni, solu pò esse per quelli chì si rallegranu di l’accolte caldorose di st’ultimi mesi fatte da certi quand’elli sbarcanu in Parigi è chì volenu facci crede à un guvernu francese benevulente di pettu à i Corsi. Eppuru l’anu detta, e ligne rosse, ci sò sempre e ligne rosse. Ma i Corsi, è in particulare quelli ch’anu avutu di sempre una cuscenza naziunale o una primura inchjuccuta di a lingua, sanu u nivellu di disprezzu, a voglia di minuracci ch’elli anu i riprisentanti parigini è a prefetturale dapoi 254 anni avà. Ci serebbenu stati l’esempii, i detti, i fatti dapoi oramai dui seculi ? Da chè no fessimu nice d’ùn cunnosce l’andatura è e faccende di ste ghjente di pettu à a nostra lingua è chè no firmessimu à bocca intellata davant’à e so pusture, eppuru ghjè longu dui seculi è mezu. (affissi chì mettenu à paru u corsu è u fattu di sputà, ricusu di a lege deixon 1951, ricusu à a cuuficialità è tira avanti è dalli). Tandu, quandu omu hè à capu di tutti st’elementi, parechje vie si ponu piglià : quella di capighjimbà d’avant’à stu ghjudicamentu, quella chì ne piglia contu è chì cerca una soluzione cù u penseru sempre di stà nu u quadru è d’una certa manera dendu li ragione, o quella chì lampa à caternu simpliciamente tutte l’inghjulie fatte à i puntelli di a nostra cultura, à u nostru populu, à ciò chè no simu à u più prufundu. Tandu custì, forse chì fà usu di « desubbidenza civile » serebbe statu a legittima risposta à sta rinfacciata, ma ognunu face secondu à i so estri. Eppuru si ne và cù i so pedi chì ogni fattu, dettu, misura chì và à l’incontru di ciò chè no simu, ciò chè no rivindichemu di modu cullettivu, è di primura per u nostru populu deve esse ricusatu è cumbattuttu. Chì ùn si pò micca accittà ch’un tribunale cumpostu di persone strangere à u nostru populu, pigliessi pratesa per un prefettu mandatu da parigi di pettu à un assemblea elletta da i Corsi, è ancu di più s’ellu si tratta di fà usu di a nostra lingua ind’è noi. Di fatti stu ghjudicamentu, ùn ci hè nisun corsu o simplice demucraticu à u mondu chì u possi capì, è ancu di più quandu omu à a pretenzione di custruì un paese cù stu pilastru arradicatu à noi tutti chì ghjè a lingua, chì ghjè una petra maestra di u nostru prugettu cumunu. È quessa, i primi ad avè capì la, sò i giovani di stu paese, chì qualchi ghjornu dopu à l’annunziu di a decisione di u tribunale, ùn anu aspettatu tantu per manifestà a so uppusizione. Un gruppu cumpostu di l’inseme di e strutture di giuventù di a LLN hà occupatu i lucali di u tribunale amministrativu di Bastia. U 15 di marzu à a mane, una cinquantina di militanti s’hè resa sopr’à locu per accumpulà u tribunale di manera pacifica, dopu ad avè fattu sapè à i sfarenti persunali e cagione di sta mubilizazione, parechji striscioni di rivindicazione à prò di a lingua sò stati azzingati à a facciata di u casamentu chì supraneghja Bastia è una cunferenza di stampa hè stata fatta da pudè rende contu di a situazione à l’inseme di a pupulazione. U restu di a ghjurnata s’hè fattu à u sonu di e ghitarre è di i canti. Più tardi in core di u dopu meziornu, u direttore di cabinettu di u prefettu hà ricevutu una delegazione di ste strutture, una cuntrastata chì a sapiamu di nanzu serà vana, ma quessa, ogni militantu a sapia, è nimu ùn hà pussutu esse burlatu, per altru ùn s’aspettava nunda, è ùn si dumandava nunda, è ancu di menu u dirittu à parlà corsu. Ma u scopu di sta mossa era di risponde à un offesa di più, à u locu induv’ella era stata fatta, è di scuzzulà appena e cervelle ind’è noi. A mubilizazione s’hè compia à principiu di serata cù una dichjarazione letta à a stampa, chì ghjè stata assai cumentata nu i media è chì hà trovu u so riboccu nu u populu. st’azzione simbolica hè dunque stata una riescita. Per compie, stu ghjudicamentu chì ferma nu u solcu di l’andatura ghjaccubbina francese chè no cunniscimu più chè bè, ci dice un affare : chì a sola via chì vale per parà stu statu di diglussia hè di fà a nostra cuuficialità à di per noi, pocu impreme u locu è a situazione. Senza teme e cundanne è i tribunali perchè chì a sapemu chè troppu. Sottu à e rise furzate, u scopu di a ghjente chè n’avemu di pettu à noi, hè sempre u listessu, purtacci di fole in canzone da ghjunghje à facci smarì in quantu chè populu, à tutti i nivelli. È sta vulintà ùn hè d’avà, chì à u diciottesimu seculu l’avianu digià. Lisandru
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