Cartulare : A salute, una priurità maiò (3/3)

Parolla libera : De la réalité scientifique à la parole politique Le mois de janvier 2020 les autorités sanitaires Européennes actent l’arrivée du coronavirus SARS-COV2 en Europe. Agnès Buzyn, ministre de la santé à l’époque et elle même docteur en médecine déclare alors « que le risque d’importation du virus depuis Wuhan est pratiquement nul et que le risque de propagation est très faible ». Cela s’est révélé bien évidemment faux, mais comment une ministre de surcroit médecin peut-elle prévoir le mode de propagation d’un virus ? Ainsi que la diminution de sa contagiosité ? Ce dernier paramètre ne se faisant que par mutation du virus, ce paramètre étant imprévisible. Les tests PCR étaient alors à l’époque qualifiés « d’extrêmement couteux » et de non réalisables par une bonne partie des laboratoires d’analyses médicales, il faut savoir qu’une RT-PCR dure 1h45 et permet de mettre en évidence le matériel génétique viral dans un prélèvement naso-pharyngé c’est une technique de biologie moléculaire simple, basée sur l’amplification du matériel génétique durant plusieurs cycles, cette technique étant déjà réalisée pour la détection d’autres virus comme les HPV (papillomavirus), il est impensable de dire que la biologie moléculaire n’est pas quelque chose d’accessible. Fin mars le premier confinement se met en place, les soignants doivent alors faire face, sans maques ffp2, à un nombre croissant d’hospitalisations pour un nombre réduit de tests. Les masques médicaux sont indisponibles et qualifiés d’inutiles or la contamination s’effectue par voie aérienne. Une stratégie épidémiologique simple mais efficace aurait été de tester massivement puis d’isoler et enfin d’administrer un traitement viable et non couteux, à la place nous avons eu droit à une spéculation sur des médicaments dont la stratégie moléculaire était assez peu fiable, toujours dans un seul et même but qui est l’enrichissement des sociétés pharmaceutiques assez proches de l’Etat … Les premières annonces étaient donc complètement mensongères, elles avaient pour seuls objectifs  le maintien de la population dans l’ignorance, permettant ainsi une installation progressive de la peur dans la vie quotidienne, ceci afin de masquer des décisions de plus en plus catastrophiques. Un des tournants de l’épidémie fut le refus de mise en place d’un green pass pour notre île durant l’été, à des fins purement monétaires, la mutation du SARS-COV 2 ayant été détectée en Espagne au cours de la saison estivale, il est donc facilement arrivé sur l’île car aucuns tests n’ont été fait au préalable pour au minimum gagner du temps. Viens le tour de l’ARS (agence régionale de la santé) qui fait un bulletin journalier parlant d’incidence (nombre de cas positifs divisé par un échantillon de la population durant une période donnée), à l’heure où l’information doit être de plus en plus claire, ils décident de noyer le poisson avec des termes certes adaptés à l’épidémiologie mais inadaptés à un public lambda, didactiser un savoir n’est pourtant pas une chose compliquée. Ils entretiennent également un climat néfaste de peur annonçant une augmentation chaque jour du nombre de cas, cette augmentation se faisant également en parallèle du nombre de personnes testées il est normal de trouver plus de positifs si il y a plus de personnes qui vont se faire tester. Les conséquences mentales de l’épidémie bien qu’ignorées sont pourtant bien présentes et vont de pair avec les restrictions : couvre feu, fermeture des bars et restaurants, des lieux culturels, des salles de sport ces dernières étant essentielles à l’immunité ainsi qu’au bien être physique et mental et ce malgré les alertes incessantes de la communauté scientifique, l’état français fait comme à son habitude la sourde oreille et instaure un rythme de vie dans lequel il n’y a que le travail qui est présent. L’Ecole quant à elle reste ouverte se déguisant alors en garderie nationale, devenant un véritable cluster et mettant en danger la vie des enseignants à qui l’on donne bien volontiers des masques à composants toxiques (DIM) pour s’enfermer dans des classes de plus de 30 élèves avec pour seule consigne sanitaire « d’ouvrir les fenêtres ». Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale possède également une vision bien personnelle de l’épidémiologie, en effet pour lui il n’y a pas de contaminations dans ce lieu « sacré » , si il y en a c’est que les enseignants, ces victimes faciles et parfaites, font mal leur boulot. Inutile de lui dire que les élèves ont du mal à porter un masque durant 8h00 et que ceux en tissu ne sont d’aucune utilité, ils peuvent êtres néanmoins considérés comme un vecteur de contamination car ils sont humidifiés par la respiration et deviennent un véritable eldorado pour la prolifération microbienne. A l’heure où les contaminations se multiplient et le couvre feu est de plus en plus tôt, on s’aperçoit que finalement les lieux culturels, les bars, les restaurants, les salles de sports, en résumé tout ce qui fait vivre un monde, ne sont que très peu impliqué dans la propagation du virus. La stratégie mensongère du gouvernement Français empirant tous les mois la crise que nous connaissons est bien loin d’être terminée. Angèle Filippi

Cartulare : A salute, una priurità maiò (2/3)

Un chu en corse, la condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île François Benedetti, elettu di u gruppu Corsica Libera à l‘Assemblea è presidente di u culletivu per a creazione d‘un centru ospidalieru universitariu ci parla di a crisa è di a pruposta di un CHRU : « En tant que médecin généraliste exerçant dans le secteur de plaine orientale depuis plus de quarante ans, j‘ai été confronté maintes fois à la problématique des soins en milieu rural mais également aux difficultés de traiter en Corse les patients qui nécessitaient l‘intervention de praticiens hautement spécialisés. Aujourd‘hui conseiller territorial, ayant eu à connaître cette forte vague épidémique de covid 19 qui a obligé les hôpitaux insulaires à se réorganiser grâce à la forte mobilisation des équipes soignantes, il devient extrêmement important de sortir du sous-développement structurel et humain que nous connaissons en matière sanitaire. L‘histoire de la Corse dans les domaines économiques et sociaux a souvent démontré le mépris dont nous avons été l‘objet de la part des puissances colonisatrices. Le premier conflit mondial aux mobilisations de fratries entières envoyées en première ligne en est un exemple parmi tant d‘autres. L‘absence de perspectives de développement économique, d‘autonomie de gestion fiscale, de maîtrise de l‘urbanisme sont des preuves flagrantes de ce que j‘avance. En matière sanitaire, la problématique est la même et j‘affirme avec vigueur que le saupoudrage d‘aides ou d‘avancées de ci de là concédées par les préfets de santé en place sur l‘île ne sont pas suffisantes pour lutter contre la désertification médicale, pour assurer une permanence des soins qualifiés, et pour permettre à nos patients de pouvoir recevoir en Corse les soins spécifiques auxquels ils ont droit. C‘est une question d‘équité et de justice qui une nouvelle fois dans ce domaine est bafouée. Une requête évoquée il y a une dizaine d‘années par Corsica Libera Le plan Corsica 21 il y a plusieurs années posait déjà les grandes lignes de l‘avènement d‘une assistance publique des hôpitaux de Corse, un projet novateur qui regrouperait structures médicales publiques et privées de l‘île. Aujourd‘hui, les petites batailles gagnées (les Smur, les scanner et Irm implantés) ne sont pas la grande victoire que j‘appelle de tous mes voeux. Une victoire pour laquelle je ne suis pas seul à me battre puisqu‘un collectif composé de professeurs universitaires et de professionnels de santé travaille sur le projet d‘un centre hospitalier régional universitaire, une entité multi sites répartie sur la Corse entière et qui n‘oublierait personne. Le projet de CHRU n‘est pas comme le pensent certains une utopie, les mêmes peut être qui jadis ne croyaient sûrement pas à la création de l‘université de Corse. Aujourd‘hui cette dernière fonctionne bien et nos étudiants développent ainsi une conscience collective et intellectualisée de ce que nous sommes et des combats que nous menons. Le concept de CHRU a également reçu le soutien de la Collectivité en premier lieu lors d‘une motion portée par Jean Guy Talamoni validée par l‘exécutif puis par la contribution du président de l‘assemblée de Corse au Segur de la santé. Comment en effet s‘opposer lorsque l‘on défend le peuple corse à la création de services de formation et de recherche médicale, comment renoncer à la formation de médecins en permettant aux étudiants en médecine de l‘île de réaliser leurs années d‘étude à Corte ? Un centre hospitalier multi-sites réhausserait sur tout le territoire le niveau de l‘interventionnel, la qualité des soins et lutterait efficacement contre le manque cruel de spécialistes qui obligent nos malades à partir sur le continent. Le développement de structures de recherche à Corte, l‘installation en centre corse d‘un TEP scan accolé à un cyclotron en capacité de fournir aux opérateurs les isotopes nécessaires est un axe sérieux de travail. Nous avons en Corse et dans la diaspora des compétences certaines qui ne demandent qu‘à s‘exprimer. De nombreux jeunes corses postulent actuellement pour la première année de médecine à Corte. De la même manière des mesures incitatives pourraient être prises pour attirer sur l‘île un corps professoral universitaire pré-retraité ou retraité en lui allouant des aides à l‘installation ou des avantages fiscaux. La fin de la dépendance sanitaire De nombreuses pistes sont à étudier et le collectif que je préside envisage la création d‘un conseil scientifique restreint consacré à l‘étude de faisabilité de ce CHRU. Comme je le signifiais precédemment, d‘éminents professeurs universitaires ont été contactés, certains d‘entre eux ont co-signé la pétition pour un centre hospitalier universitaire. Ce conseil scientifique sera à même d‘apporter sa cotribution aux travaux menés depuis quelques semaines par la commission médicale de l‘assemblée de Corse. La responsabilité de l‘état dans le sous developpement hospitalier et sanitaire de la Corse est engagée. Il semblerait au vu de la frilosité des mesures prises par le gouvernement et ses représentants en Corse qu‘il n‘existe pas une volonté de permettre à l‘île d‘accéder à une médecine moderne de haut niveau. Quelque soient les domaines d‘exercice régalien, notre jeunesse est maintenue dans une dépendance totale y compris du point de vue de la formation médicale. Cette proposition de CHRU a obtenu de la part de l‘ensemble des formations politiques insulaires le consensus. Cette idée maîtresse de l‘émancipation de l‘île d‘un point de vue médical a le soutien total de la population confrontée trop souvent à des difficultés d‘accession aux soins. Cette inéquité anti constitutionnelle doit être combattue et je m‘y emploierai de toutes mes forces. » François Benedetti

Cartulare : A salute, una priurità maiò (1/3)

« Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action de Corsica Libera » Depuis des décennies, le courant historique représenté par Corsica Libera au sein du mouvement national, porte des propositions innovantes en matière de santé. Le système de santé est une des bases de la nation Corse Indépendante de demain, ainsi lorsque ce sujet est venu au centre de l‘actualité depuis le début de la crise sanitaire, Corsica Libera et ses élus ont porté à nouveau leurs revendications au sein du débat public. Le système Français qui restreint aujourd‘hui fortement la marge de manoeuvre des élus de la Corse, est également celui qui a conduit méthodiquement à détruire l‘offre de santé publique dans son propre Pays et de facto, sur notre terre, déjà sous développée dans ce domaine, comme dans de nombreux autres. Emmanuel Macron, digne héritier des politiques libérales qui ont mené l‘Hôpital public au bord du gouffre s‘est improvisé cette année en sauveteur d‘un secteur dont il a contibué à l‘affaiblissement et a annoncé en grande pompe son Ségur de la santé, un emplâtre sur une jambe de bois, dénoncé par les soignants et qui aujourd‘hui encore, peine à montrer des résultats tangibles. Au mois de Mai 2020, le groupe Corsica Libera à l‘assemblée de Corse, par la voix du Docteur François Benedetti, proposait dans le cadre de ce Ségur la création d‘un CHU ainsi que la réévaluation du coefficient géographique déterminant les moyens alloués à la Corse. Dénonçant le fonctionnement et l‘utilité même de l‘ARS, il a demandé à ce que ses compétences soient transférées à la Collectivité de Corse. En Juillet 2020, c‘est au tour de Jean Guy Talamoni de se positionner sur le sujet, en réitérant les demandes effectuées par le groupe Corsica Libera et en y intégrant les suivantes : - La construction d’une stratégie territoriale de la santé coordonnée - La création d’un CHR-U multi-site et d’une Assistance Publique Corse à conseil de surveillance unique - Le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse. - La valorisation des compétences, des formations et des rémunérations des personnels de santé. Nous souhaitons porter un éclairage particulier sur les personnels des services d‘aide et d‘accompagnement à domicile (SAAD) qui n’ont pas démérité pendant la crise et qui ne doivent être les grands oubliés. - L’autonomisation du régime d’assurance maladie ce qui existe déjà en Alsace-Moselle. - La reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité. - L’assurance de l’équité dans l’accès aux soins. À ce jour, l‘État a donné à ces revendications la même réponse qu‘à toutes celles formulées par la Collectivité de Corse depuis 2015, à savoir le refus ou le silence. La Santé est une des principales préoccupations des Corses et de Corsica Libera depuis de nombreuses années. Force est de constater que le seul vrai projet politique pour la Corse d’aujourd’hui et de demain est le CORSICA 21, véritable plan d’action présenté pour la première fois par Corsica Libera en 2010 et réactualisé fréquemment depuis. La question de la santé publique y occupe une place centrale (16% du document final). Bien que cela soit une compétence de l’Etat, en tant que représentant des intérêts matériels et moraux du peuple corse, Corsica Libera œuvre, à travers ses militants et ses élus, depuis des années, afin que soient reconnues nos particularités liées à la démographie, l’insularité et la ruralité en termes de santé publique. Nous n’avons pas attendu la crise du COVID-19 pour rendre hommage à nos personnels soignants et pour les soutenir. Hommage et soutien que nous réitérons régulièrement. En effet, nous avons été très souvent aux côtés (et parfois même les initiateurs) des mobilisations des personnels médicaux libéraux, des personnels hospitaliers ou encore des élus et des populations visant à améliorer le système de santé corse. Nous dénonçons depuis plus d’une décennie l’inertie d’une administration d’Etat (Agence Régionale de la Santé de Corse) qui cherche à appliquer en Corse des méthodes inefficaces conçues pour les mégalopoles françaises dont l’objectif inavoué consiste seulement à réaliser des économies. Dès l’accession des nationalistes aux responsabilités, les élus Corsica Libera ont ainsi fait créer une commission santé à l’Assemblée de Corse. Cette commission aura servi à auditionner beaucoup d’acteurs de la santé et a émis de nombreuses propositions lors de cette mandature. Cette commission aura aussi permis, suite à l’obtention du statut d’île montagne, d’avoir un volet propre à la Corse au sein de la Stratégie Nationale de Santé. D’autres solutions ont été obtenues pour réguler les problèmes récurrents rencontrés par notre système de santé : - Hausse de 3% du coefficient géographique (de 8% à 11%), soit un financement annuel supplémentaire de 4,5 M€ et l’attribution d’une enveloppe de 990 000€ pour le service de radiologie de Castelluciu et de 500 000€ pour l’Hôpital de Bastia (néonatologie et neurochirurgie) : - Autorisations obtenues pour l’implantation d’une IRM, d’un Centre de Rééducation fonctionnelle en Plaine Orientale (dont l’autorisation est depuis devenue caduque) et rédaction d’un projet médical global pour le territoire ; - Lancement d’un appel à projet pour l’accompagnement familial des malades sur le continent ; - Mise en place d’un volet Santé dans le plan du comité de massif pour lutter contre la désertification médicale du monde rural via des investissements pour des maisons de Santé, des cabinets médicaux… Mais aussi pour adapter à la Corse des moyens de fonctionnement dérogatoires notamment pour disposer de services d’urgence en milieu rural… Nous avons aussi participé et soutenu activement les usagers et les professionnels de l’Hôpital de Corti Tattò pour mettre en place un Service d’Accueil des Urgences et un scanner sur Corti. Lors de la prochaine mandature, il sera nécessaire de reconduire la commission santé et il nous faudra collectivement lui permettre d’atteindre une autre dimension afin de faire aboutir des dossiers essentiels (CHR-CHU, nouvel Hôpital de Bastia, implantation d’un Hôpital en Plaine Orientale…). Cependant, les difficultés financières et d’équipements structurels de la plupart des établissements publics démontrent que les approches sectorielles menées par l’administration d’Etat de tutelle sont insuffisantes. Cela nous renforce dans l’idée que Corsica Libera doit continuer à occuper le terrain à travers l’action de ses élus et de ses militants auprès des acteurs de la santé et des populations. Cela nous renforce aussi dans l’idée que la Corse, doit être dotée d’un pouvoir législatif et règlementaire de plein exercice afin de pouvoir adapter les lois et les règlements à ses propres réalités et contraintes socioéconomiques, condition sine qua non pour doter notre pays d’un système de santé moderne et pérenne digne du XXIème siècle. Aussi, il est urgent de réunir tous les partenaires, dont le Ministre de la Santé, autour de la table pour engager une réflexion globale sur les besoins de financement et d’investissement de tous les établissements publics et privés de Corse afin de définir une programmation financière permettant d’y répondre selon un calendrier partagé. Les grandes mesures à prendre en concertation avec l’ensemble des acteurs : - Créer une Assistance Publique Corse (AP) afin d’assurer un maillage essentiel pour la proximité des soins et la prise en charge de la première urgence sanitaire ; - La création de l’AP permettra la mise en place d’un Centre Hospitalier Régional (CHR), assurant ainsi des dotations financières plus importantes et des plans de carrière plus avantageux pour les agents hospitaliers ; - La labellisation de CHR permettra la création d’un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) par simple convention avec les facultés de médecine existantes, prolongeant ainsi la formation de la Faculté de Médecine de l’Université de Corse => compétences supplémentaires au plan de la formation et des soins dispensés, moyen de lutte contre la désertification médicale des zones rurales (60% des internes exerçant en milieu libéral s’installent dans la région où ils ont été formés) ; - Prise en compte du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières lié à l’insularité et suppression des effets de seuil ; - Résorption du déficit par l’Etat via dotations affectées et financement des plans de modernisation des structures hospitalières afin de restaurer leur capacité d’autofinancement devant leur permettre à l’avenir de se moderniser sur leurs propres ressources ; - Œuvrer pour que le coefficient géographique soit ajusté à la hauteur des besoins, soit un minimum de 15% ; - Obtention d’ouverture de places supplémentaires en médecine attribuées à l’Université de Corse. Leur financement par la Collectivité de Corse engagera le bénéficiaire à exercer 10 ans en milieu rural selon un zonage réalisé par la CDC en relation avec la Chambre des territoires. Il faut savoir qu’il y a une suppression du concours de la PACES et de la sémantique « numerus clausus » à partir de l’année prochaine. Mais en réalité, c’est une mesure en trompe l’œil s’il n’y a pas de moyens supplémentaires octroyés aux facultés de médecine pour augmenter leurs capacités d’accueil ; - Construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale.  

Pasquale Paoli, ritrattu d‘un omu di quarant‘anni

U 5 aprile 1765, era u quarantesimu anniversariu di a nascita di Pasquale Paoli, capugenerale di a nazione corsa dapoi quasi dece anni. Pruvemu à fà, secondu certe testimunianze, u ritrattu di issu omu di quaranta anni. Ottu ghjorni dopu issu 5 aprile, Marbeuf u scontra tramezu à Bastia è San Fiurenzu. Scrive à Choiseul : “Le général Paoli est un homme assez intéressant pour que vous soyez peut-être bien aise de savoir ce qui le concerne. Il est grand et assez gros, blond il a un fort beau teint et une figure fort riante. Il est étonnant qu‘un homme dans sa position ait l‘air aussi frais, et aussi peu occupé…“. Quandu, à u mese di uttobre di u 1766, James Boswell ghjunghje in Suddacarò cù una lettera di ricumandazione di Jean-Jacques Rousseau, Paoli hà quaranta anni è sei mesi. U giovanu inglese, chì ellu hà vinticinque anni, trova un omu grande, forte, ben fattu, vistutu di verde è d‘oru. Nanzu, Paoli avia l‘abitutine di vestesi à a corsa, ma dapoi ch‘elli eranu ghjunti i Francesi per aiutà i Genuvesi, pensava chì una certa eleganza pudia fà impressione. Boswell restò abbacciacatu davanti à u capiguvernu di un paisichjulu cum‘è a Corsica. Hè vera chì a nomina avia francatu i mari. Boccheciampe avia fattu entre l‘Inglese in a sala di travagliu di Paoli, è l‘avia lasciati soli. Boswell si trova dipunta à un omu maestosu, energicu, impunente, chì u feghja cù un sguardu acutu, un sguardu chì li ghjunghje à l‘osse. Subitu hè intimuritu, è po, pianu pianu, si ripiglia. U generale li parlava senza famigliarità ma cù naturale. Paoli era un omu assennatu, francu, agradevule. Era sempre à boccarisa senza permettesi di scaccanà. Boswell passò una settimana in Suddacarò, è fù maravigliatu. Più di una volta si truvò solu à parlà cù Paoli. U generale era sempre in muvimentu. Sì ellu ùn era troppu stancu, ùn pusava. Passava è venia, tranquillu, cù una andatura marziale, è parlava di tuttu… in inglese, in francese, o in talianu. Avia assai memoria. Ritenia nomi è casate, cunnuscia i caratteri di e persone, e parentie, è citava autori latini. A so cultura era immensa. U so spiritu era adurnatu d una mansa di cunnuscenze. A so cunversazione era, attempu, istruttiva è divertente. Boswell conta ancu ch‘ellu avia u donu di prevede, svegliulu è durmendu, fatti à vene. L‘omu era calmu, è sapia cumandà. Avia una pruntezza di mente superiore. Un ghjornu ch‘elli li avianu purtatu un traditore, Boswell l‘hà vistu fighjalu cù un ochjacciu, ghjustu una piccula stonda, è po rivene tranquillu, placidu. L‘hà ancu vistu a mane à bon‘ora quandu ellu facia a so pulizia è ch‘ellu si vestia. Ancu tandu avia un cumpurtamentu degnu. A‘ tavula, u pastu era bundante ma semplice. Arricurdemuci ch‘ellu si facia serve patate per incuragginne a cultura à una epica chì in Francia ùn e cunnuscianu ancu. Un‘ li piacianu e pietanze cumplicate è mai beia vini ghjunti da fora. Quandu Boswell si ne andò, per ellu Pasquale Paoli era un omu strasurdinariu, un eroe. U 13 ghjugnu 1769, trentacinque ghjorni dopu a disfatta di Pontenovu, l‘eroe si imbarcava in Portivechju per l‘esiliu. Avia quarantaquattru anni. Trè mesi dopu era in Inghilterra duve ellu hè statu più di vinti anni. Passò per Livornu, Firenze, Bologna, Mantova, Verona, Vienna, Monacu di Baviera, Francuforte, l‘Aia, Utrecht è Amsterdam. Dapertuttu era fistighjatu cum‘è u campione di a Libertà. Era accoltu da i duca è da i rè. In Mantova, duve ellu si hè fermatu una decina di ghjorni, hè statu ricevutu da l‘imperatore austriacciu, Ghjiseppu Secondu. Custì ci era Padre Saveriu Bettinelli, un ghjesuitu di una quarantina di anni, digià celebre cum‘è prufessore, scrittore, puetu, criticu litterariu. Currispundia cù Voltaire è cunniscia a lingua francese quant‘è a taliana. In una lettera à “Madame de l‘Hôpital“, Bettinelli dice : “Après plusieurs conversations que j‘ai eu avec cet homme célèbre, et peu connu hors de la Corse, il me paraît digne d‘être peint pour l‘honneur de l‘humanité, et de notre siècle, qui n‘est pas riche et peut avoir besoin d‘exemples. Je l‘ai considéré en bien et en mal, mais je n‘ai vu que le beau côté. S‘il en a un mauvais, il le cache bien. Il est d‘une taille avantageuse, bien faite, et dans les proportions d‘un corps robuste : le visage beau, tous les traits réguliers, blond tirant au roux, les yeux vifs et pleins de douceur, et encore plus de feu, quoique bleus lorsqu‘il s‘anime en parlant.“ Chì Pasquale Paoli era grande è rubustu, a ci avia digià detta Boswell. D‘altronde, avemu d‘ellu qualchì ritrattu di issa epica. Per esempiu, quandu ellu passò in Amsterdam, ci era una pittrice francese, Sophie Caron. Fece un ritrattu chì ghjè statu incisu nantu à ramu da Hubraken, stampatu è distribuitu à chì ne vulia. Contanu chì, quandu Sophie Caron fece u ritrattu, dumandò à Paoli chì vestura andava a megliu. E‘ Paoli averebbi rispostu : “Per esse in u veru, ci vurebbi à riprisentami in camisgia… chì a Francia mi hà spugliatu“. In Amsterdam ci era dinù un abate francese, Gabriel- François Coyer, chì hà vistu à Paoli è hà scrittu : “Paoli n‘a ni la taille, ni l‘air héroïque : il n‘a même pas l‘air italien. Sans être grand, il a les épaules assez larges, le teint fort blanc, des cheveux blonds, une physionomie douce et modeste“. Qualchì ghjornu nanzu, à Francuforte, Paoli avia scontru un giuvanottu, incunnusciutu tandu, ma chì serà prestu celebre in u mondu interu : Johann Wolfgang von Goethe. Goethe hà dettu chì Paoli era un bellu omu, smirzu, biondu, graziosu, affabile. Isse parulle sò state scritte una cinquantina di anni dopu in un libru autobiograficu intitulatu “Puesia è Verità“, è bisogna à mette da cantu quella chì face di Paoli un omu “smirzu“. Ciò chì hè sicuru, hè chì Paoli avia u fisicu di un omu di u nordu. U litteratore inglese Oraziu Walpole hà scrittu: “era accantu à ellu dapoi qualchì minutu è u pigliava per un ufficiale inglese, o almenu scuzzese“. Tandu, semu sempre in 69. Quattru anni dopu, u filosofu è puetu inglese James Beattie, scrive : “Paoli hà un carnatu chjaru è culuritu. Hà l‘ochji neri acuti. Misura, credu, cinque pedi è nove pollici (ciò chì ferebbi un metru è ottantacinque, allora chì l‘abate Expilly, geografu francese venutu in Corsica, dice “5 pieds, 5 pouces“, dunque un metru è settantasei). Hè rubustu ma micca sgalabatu. E so manere sò semplice è degne. U so sguardu, u so parlà, sò quelli di un superiore, ma ùn hè nè severu nè fieru. A‘ u cuntrariu, hè assai curtese. Un surisu schjarisce a so faccia senza mai cambiassi in risa. I so tratti sò regulari è piacenti.“ Per Beattie, Paoli hè ochjineru, allora chì Bettinelli hà dettu “bleus lorsqu‘il s‘anime en parlant“. Vistu u so fisicu di biondu si pò pensà à ochji naturalmente verdi turchini ma chì cambianu di culore secondu l‘ambiente. Bettinelli dà dinù una precisione pè u culore di i capelli. Dice : “blonds, tirant sur le roux“. L‘Alemani, l‘Inglesi, l‘anu vistu biondu è basta, ma hè nurmale chì un Talianu sia più attenti à un culore chì ùn hè micca cumunu in u so paese. In Corsica, capibiondi è capirossi ci ne hè quantunque parechji. Un‘ sò sì d‘altra ghjente hà parlatu di issu culore di i capelli di paoli, ma Guerrazzi chì si hè ducumentatu per scrive u so rumanzu “Pasquale Paoli ossia la rotta di Pontenuovo“ parla di capelli “di colore fulvo“, vene à dì russicciu. Cuntinuvemu a lettera di Padre Bettinelli à “Madame de l‘Hôpital“ : “Sa figure intéressante et son port majestueux arrêtent les regards de tout le monde. On le croirait un homme de 40 ans et il en a 44 accomplis. Son tempérament est donc bien fort, après tant de peines et de travaux. Toute saison lui est égale, tout aliment indifférent. Il est sobre en tout, et les plaisirs de l‘âme semblent les seuls qu‘il aime. Quoique très poli avec les dames, et n‘ignorant pas cet air de galanterie qu‘elles exigent des hommes aimables, on voit qu‘il n‘est pas de la profession et qu‘il ne s‘en occupe que par politesse (Paoli avia dettu à Boswell chì mai si mariterebbi, ch‘ellu ùn avia e virtù cunghjugale. O allora ch‘ellu si mariterebbi cù una donna ricca immensa chì metterebbi a so furtuna à u serviziu di a patria) ; je l‘ai vu avec elles, et c‘était un homme du monde ; je l‘ai vu avec les enfants de ces dames, et il descendait naturellement jusqu‘à eux. Il est tout ce qu‘il doit être et il l‘est sans efforts. L‘éloquence lui est naturelle ; les occasions de parler en public ne sont plus ; mais ses discours les plus indifférents font conjecturer ce qu‘il était à la tête de la nation.“ “Une voix claire et agréable, le geste vif et plein d‘action, tous ses mouvements font sentir la force de l‘âme, et les grâces de la personne. L‘Anglais, le Français, le Latin lui sont familiers, mais il préfère l‘Italien, sa langue naturelle, qu‘il parle très bien - Per l‘inglese, Boswell conta chì Paoli l‘avia amparatu in Napuli cù Irlandesi, ma quandu ellu l‘hà vistu in Suddacarò, facianu dece anni ch‘ellu ùn u parlava più, è circava e so parulle -. La noblesse et la simplicité caractérisent son style ; toujours modeste et réservé dans ses discours, on y sent un air de vérité qui ne laisse même pas douter de l‘exactitude, et de la sincérité de ses narrations et de ses sentiments. La conversation ne languit jamais en sa compagnie, toujours égal même avec des personnes frivoles ou indiscrètes, qui justifieraient quelque impatience dans un homme de ce caractère, puisque nous ne pouvions la dissimuler. En bonne compagnie de gens raisonnables et discrets, c‘est un plaisir de le voir s‘épancher en liberté. C‘est alors qu‘on admire les qualités de l‘âme et du cœur qui en font un homme unique. Toute la solidité du Législateur, du Philosophe et du Guerrier, toutes les connaissances du Savant et de l‘homme de lettres, avec toutes les manières et les grâces de l‘homme de Cour, la facilité, la bonté, la familiarité de l‘homme de Société, composent cet homme qui fait honneur à l‘homme. Sa mémoire est prodigieuse ; l‘histoire, la poésie, les anciens, les modernes, tous les grands maîtres, et les meilleurs ouvrages fournissent à sa conversation et embellissent ses discours sans la plus petite teinture de vanité ou de pédantisme dans ses citations. Il m‘a dit que la lecture a toujours été sa passion après ses devoirs. Tacite et Virgile semblent ses favoris, et on prétend qu‘il les sait par cœur, ce qu‘il n‘a pas voulu m‘avouer. Les connaissances de l‘antiquité ne l‘ont pas occupé au point de négliger l‘étude de l‘Homme et du Siècle. Le cœur humain, et les affaires de l‘Europe ne peuvent être plus connus par aucun philosophe ou politique, et nous nous sommes accordés à le mettre sur ces matières par préférence, pour notre profit, autant que pour notre plaisir, parce qu‘il y avait dans la compagnie de jeunes seigneurs fort instruits. On ne se lasserait jamais de l‘entendre parler de Lois, de Gouvernements, de Ministères et de Ministres, puisqu‘il a été en commerce avec les principaux de presque toutes les puissances, et il en connaît le fort et le faible, le mérite et les défauts par leurs lettres, leurs traités, leurs artifices enfin. C‘est pour cela que ses papiers sont un objet très intéressant pour lui. De là les passions, et le jeu de nos penchants et de nos intérêts particuliers lui sont mieux connus ; on ne croit pas être avec un soldat. L‘homme de Cabinet, le plus tranquille moraliste ne sauraient développer plus profondément les secrets du cœur et les mystères de l‘amour-propre. Ce qui surprend encore c‘est la manière de traiter ces matières abstraites. Il les embellit du coloris de l‘imagination, des grâces et de la légèreté d‘un badinage piquant. Les bons mots ne lui manquent pas, et il a de temps en temps de ces traits d‘esprit rapides et lumineux qui ouvrent en peu de mots une scène entière. Il hésite quelquefois ; on veut lui suggérer la parole par une mauvaise habitude, et il a déjà trouvé la meilleure…“ Quante lode, da a parte di Boswell, Bettinelli, è d‘altri… ghjente chì ùn avianu nisuna raggiò persunale o pulitica per tenelu caru o per disprezzallu. Allora, Pasquale Paoli ùn averà avutu chè qualità ? Forse chì qualchì difettu ancu ellu l‘averà avutu ma, in casu mai, cum‘ellu hà dettu Bettinelli, i sapia piattà, cum‘elli i piattanu tutti i capiguverni di gran valore.

La crise sanitaire liée au SARS COV 2 vu par une jeune infirmière

Nathalie Mabon, jeune infirmière en 3ème année de médecine nous raconte la crise sanitaire : Tout d’abord je voudrais vous parler de ce métier que j’ai choisi par passion, pour moi pouvoir aider des personnes en difficultés semblait donner un sens à ma vie . Je me sens utile car c‘est un métier où je me consacre à prendre en soin des patients qui ont à un moment recours aux besoins pour des soins aussi bien curatifs que préventifs . Lorsque j‘ai débuté ma carrière je ne pensais jamais pouvoir un jour être confronté à une pandémie mondiale qui a bousculé la planète . Mais je sais que le personnel soignant quel qu’il soit (médecins, infirmiers, aides -soignants et agents de service) forment un maillon essentiel dans la lutte contre le coronavirus , et cette période difficile a renforcé les liens entre les membres des équipes. Chaque jours les incertitudes liées à cette maladie nouvelle me font me poser des questions tant au niveau des personnes atteintes par la maladie , que sur l’impact lié à leurs proches, qui pour des mesures de sécurité sont contraints à ne pas pouvoir rendre visite. Les nouvelles caractéristiques de cette maladie ont installé un climat anxiogène au sein de l’établissement. Les privations ou restrictions des visites ont de sérieuses conséquences, pour les personnes soignants et les soignés. Chaque jours, la fatigue et l’inquiétude se lisent sur nos visages , il ne se passe pas un jour où je n’ai peur, peur d’être contaminé, peur de contaminer mes proches ou mes enfants . Nous sommes contraint à porter un masque FFP2 durant des heures qui est cependant très inconfortable, car cela engendre fréquemment des céphalées et parfois même une sensation de manquer d’air, mais c’est ainsi nous devons nous protéger et surtout protéger nos patients avant tout. Je sais que cette bataille risque d’être longue et dure, mais avec l’entraide ce qui fera de nous notre force au quotidien, nous pouvons espérer revivre comme avant . La prise en charge de la pandémie a conduit à une réorganisation importante au niveau de notre hôpital afin d’assurer au mieux des soins de qualité. Lorsque je réfléchi à notre avenir sur du long terme il est évident qu’un CHU serait indispensable pour notre peuple et celui de nos enfants .

Aprile #136 : Eccu lu !

U Ribombu Internaziunale #136 d'Aprile 2021 ha da esce : U prugramma : - Corsica Libera : Sustegnu à AP.Vivoni è l‘affare Streiff in Siscu. - Un chu en corse : La condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île - Odarc : "Remettre le développement au coeur de l'action" - Syndicat Mixte de l'Abattage en Corse par Pierre-José Filipputti - Adecec Voce Nustrale : Pasquale Paoli, ritrattu d’un omu di quarant’anni - Associu Sulidarità : Prisonniers politiques, la triple peine https://uribombu.corsica/produit/n136-aprile-du-2021/ Pour les abonnés, choisissez simplement "ajouter au panier" puis confirmer votre commande dans votre panier. Vous pourrez directement le télécharger. www.uribombu.corsica

Cap’Articulu d’Eric Simoni : Aprile d’u 2021

A Salute, una priurità, ma dinù una lotta pupulare. La crise sanitaire que nous traversons a mis en lumière, en Corse comme ailleurs, les failles d’un système dont la fragilité et la dérive virtuelle apparaissent chaque jour davantage. Au delà de conséquences économiques et sociales, qui appellent des solutions découlant d’approches diamétralement opposées à tout ce que nous subissons depuis trop longtemps, les politiques de Santé Publique que l’on nous impose sont de plus en plus remises en question. La logique paradoxale à laquelle nous sommes confrontés en permanence est celle d’un État central qui tente de compenser ses défaillances par une omniprésence et un contrôle délétère de réalités humaines qui, dans les faits, inéluctablement, lui échappent de plus en plus. Son seul objectif étant de ne pas perdre la main. Ainsi, le rôle des ARS, aujourd’hui véritables préfectures de santé, aux antipodes d’une vision souple, décentralisée, et adaptée aux territoires, est remise en question même au sein de l’hexagone. Pourtant depuis près d’un an, après le rapport présenté le 27 mars par Jean Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse, intitulé « Luttà contr’à u Covid-19 », une feuille de route cohérente, potentiellement efficace, nous était proposée. Il s’agissait d’un véritable cap à tenir dans la tourmente. Dès lors, malgré la bonne volonté de tous les acteurs de terrain, l’implication immédiate de l’Université de Corse et de son laboratoire de virologie, ainsi que la synergie d’action des professionnels de santé, les obstacles et décisions arbitraires imposées depuis Paris n’ont servi qu’à créer retard et confusion; il aura fallu plusieurs mois, par exemple, pour que la réalité géographique d’un territoire insulaire de Méditerranée soit prise en compte. Comme le soulignait l’Associu Corsu di a Salute lors de sa conférence de presse du 26 juin dernier, « toutes les initiatives concrètes, utiles, vitales, émanant de la société corse semblaient se heurter à une inertie incompréhensible, alors que l’urgence était là. On peut admettre que tout n’ait pas été faisable ou prévisible. Mais empêcher d’agir lorsque c’est possible et nécessaire est typique d’un système étranger que nous subissons depuis trop longtemps, dans tous les domaines. Mais qui ne se remettra jamais en question sans y être obligé. » Aujourd’hui, dans un domaine aussi sensible que l’organisation de la Santé, il apparaît plus que jamais urgent de se mobiliser pour faire entendre la voix de la Corse. La construction d’une stratégie territoriale coordonnée, la création d’un Centre Hospitalier Universitaire multi-site et d’une Assistance Publique Corse, le transfert de la compétence santé à la Collectivité de Corse, la valorisation des compétences, des formations et des conditions de travail des personnels de santé, l’autonomisation du régime d’assurance maladie, la reconnaissance du surcoût de fonctionnement des structures hospitalières insulaires, la construction d’un nouvel Hôpital à Bastia  et d’un Hôpital de proximité en Plaine Orientale, sont autant de priorités programmatiques pour Corsica Libera. Ce sont aussi d’évidentes nécessités au regard des besoins réels de notre peuple en matière de santé. Ce seront sûrement, n’en doutons pas, d’âpres combats à mener contre l’inertie cynique d’une bureaucratie hors sol. Mais ces luttes là, comme tant d’autres, s’inscrivent dans le cadre de la défense de l’intérêt national dans sa dimension la plus humaine et la plus concrète. Charge à chacun d’entre nous d’y participer avec détermination.

Ha da esce u Ribombu Internaziunale d’Aprile 2021

U Ribombu Internaziunale #136 d'Aprile 2021 ha da esce : "La crise sanitaire que nous traversons a mis en lumière, en Corse comme ailleurs, les failles d’un système dont la fragilité et la dérive virtuelle apparaissent chaque jour davantage." Ritruvate in stu numaru u cartulare nant'à a Salute : - Corsica Libera : Sustegnu à AP.Vivoni è l‘affare Streiff in Siscu. - Un chu en corse : La condition d‘une indépendance sanitaire de l‘île - Odarc : "Remettre le développement au coeur de l'action" - Syndicat Mixte de l'Abattage en Corse par Pierre-José Filipputti - Adecec Voce Nustrale : Pasquale Paoli, ritrattu d’un omu di quarant’anni - Associu Sulidarità : Prisonniers politiques, la triple peine ABBUNASSI : https://uribombu.corsica/abbunamentu/ - - - www.uribombu.corsica

Cartulare : E rumenzule

Un bref historique L’origine même de la crise des déchets en Corse peut remonter dès les années 60/70 avec un changement drastique de notre consommation, qui a automatiquement engendré, de plus en plus de déchets. Afin de pallier cette arrivée massive de « nouveaux déchets », la première solution a été, pour chaque commune, de créer des décharges brutes, engendrant ainsi des nuisances et pollutions sans précèdent pour notre environnement sur les eaux superficielles ainsi que les nappes phréatiques, en rajoutant à cela un vecteur important d’incendie. Ce n’est que dans les années 80 que les premières idées désastreuses font leur apparition avec notamment la création des premiers incinérateurs d’ordures ménagères à échelle communale. Cette méthode fut d’autant plus chaotique que l’ensemble de ces incinérateurs ont arrêté de fonctionner entre 2002 et 2005 à cause d’une pollution sans précédent, en raison notamment des fumées toxiques dégagées par ces machines. La première « réflexion » n’apparaitra dans la sphère politique qu’à l’année 1995, initiée par l’Office de l’Environnement de la Corse. Ce n’est que 3 ans après, en 1998, que les deusx départements rédigeront un plan d’élimination des déchets qui n’aura servi malheureusement à rien compte tenu de l’avis du Ministère de l’Environnement qui, lui, préconisera un seul plan pour l’ensemble de notre territoire. La preuve d’un désintéressement total de la part des élus durant ces veilles années n’est plus à apporter: il sera tel que la préfecture de corse devra réactiver le dossier, afin de solutionner la problématique de la gestion des déchets. En 2002 sera alors voté le Plan Interdépartemental d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés, ainsi que la création du SYVADEC en 2005. Durant toutes ces années, entre débats contradictoires, recherches, plans d’action, etc... aucune « des solutions », en parfait accord avec nos principes de base, ne se sont dégagées. L’enjeu politique est certainement de taille, mais rien ne peut être plus important que l’impact environnemental, qu’à terme une mauvaise gestion, pour ne pas dire une « non-gestion », pourra engendrer sur notre terre. C’est pour cela qu’il semble essentiel de rappeler que la source même de la crise des déchets en Corse, comme rappelé en début d’article, a été la modification brutale de nos méthodes de consommation, dès les années 1960 et 1970. Cette nouvelle consommation de masse, a créé de toute pièce cette crise existante, avec notamment l’apparition de nouveaux déchets plastiques, verre, aluminium ou autres, à raison d’une surindustrialisation liée à une politique mondiale basée sur l’ultra libéralisme. De ce fait, quels autres choix vont alors se poser aux producteurs de déchets que celui de pallier au désastre de cette surconsommation ? La responsabilité des grandes-surfaces est tout aussi importante dans le sens où elle induit, à elle seule, la nécessité d’une surproduction d’emballage, pour un meilleur packaging, une meilleure préservation, et aussi, un coût plus élevé à la revente. La mise en place d’achat en vrac, l’arrêt des bouteilles en plastique pour une création de consigne sur l’ensemble des bouteilles en verre peuvent être, en l’état, un début de solution dans l’objectif de contrecarrer cette logique de suremballage, imposée par une politique néfaste de surrentabilité, à défaut de favoriser une méthode plus écologique. La première pierre que nous devons poser ensemble sera de promouvoir le principe de zéro déchet. Car au-delà du constat que « la meilleure façon de traiter les déchets, est de ne pas les produire », et ainsi de promouvoir le Zéro Déchet, il s’agit également de mieux développer l’économie sociale et solidaire, de renforcer l’ensemble des circuits courts, de réinventer un nouveau système économique basé sur une nouvelle agriculture, une nouvelle industrialisation et, ainsi, une véritable économie circulaire profitable à tous, mais aussi, et c’est là tout l’enjeu, une véritable vision pour la sauvegarde de notre environnement. Le Tri à la source L’ensemble de la crise que nous traversons encore aujourd’hui, aura permis de dégager un ordre d’idée majeur qui est le tri sélectif au porte à porte. « En 2019 en Corse, chaque habitant a produit 730 kg de déchets dits municipaux, soit un volume total de 241 080 tonnes. 36 % de ce volume total est recyclé grâce aux moyens mis à disposition des habitants : poubelles et bornes de tri sélectif pour les emballages, le verre et le papier ; composteurs individuels ou partagés ; réseau des 22 recycleries » Source : Bilan annuel du trie en Corse 2020*) Le taux de tri et de résiduel en 2019* : Si nous commençons à être témoins d’un changement d’habitude de la part des corses, il est important de prendre en considération plusieurs données. Pour rappel l’ensemble des directives européennes nous impose les objectifs suivants : Le tri des emballages, du verre et du papier, devra être effectué à hauteur de 55% à l’horizon 2025 ; 60% en 2030 et 65% en 2035. Aussi, Le taux de tri s’établit aujourd’hui à 36 % soit 266 kg/hab. (contre 32 % en 2018). Entre août 2017 et juillet 2020, le volume total des collectes sélectives d’emballages, de verre et de papier a augmenté de plus de 24 %. Cette hausse découle principalement de l’augmentation considérable de la collecte des emballages : + 70 % en trois ans. Ce résultat significatif témoigne des effets positifs de la mise en place anticipée de l’extension des consignes de tri entrée en vigueur en août 2018, et, peut ainsi paraître comme un excellent résultat. Cependant, si une partie de ces chiffres peuvent en l’état, être rassurants, l’objectif d’augmenter notre capacité de tri à hauteur de 19% en seulement 3 ans relève des tâches les plus complexes, sachant que l’objectif pour notre mouvement reste inchangé*, à savoir viser 80% du tri sélectif en Corse. (Corsica 21)* Aussi, la dernière donnée à prendre en compte, reste l’augmentation significative du nombre de nos habitants Avec 338 554 habitants au 1er janvier 2018, la population de la Corse a augmenté en moyenne de 1,1 % sur les cinq dernières années*. Cette croissance soutenue place notre pays parmi les « départements français » les plus dynamiques. (Source Insee) Le tri à la source, eu égard à l’ensemble de ces données, peut paraître aller dans le bon sens. Cependant nous rappelons la nécessité de devoir accélérer ce processus qui n’est clairement pas à la hauteur des enjeux. Au vu des expériences dans le domaine du tri sélectif que nous avons pu observer, aussi bien dans le rural que dans le milieu urbain, la seule solution permettant d’atteindre notre objectif de tri de 80% est le ramassage quotidien des ordures ménagères au porte à porte. Le passage au tri sélectif au porte à porte nécessite également d’employer plus de personnels pour pouvoir effectuer les tournées nécessaires au bon fonctionnement du dispositif parce qu’il doit s’accompagner du retrait progressif des poubelles actuelles et des bornes de tri déjà installées. Des filières pour le rachat des ordures recyclées sont déjà presque toutes en place en dehors de celle pour les déchets fermentescibles que le SYVADEC aurait dû mettre en place rapidement pieve par pieve. Les intercommunalités, véritables acteurs d’une meilleure gestion. Si aujourd’hui nous confirmons la nécessité de mettre fin au SYVADEC, qui n’est que complication politique et administrative, nous réaffirmons alors le fait que l’ensemble des Intercommunalités doivent récupérer les prérogatives du traitement et de la valorisation de leurs propres déchets. Si l’Assemblée de Corse vote un Plan de gestion des déchets, elle doit aujourd’hui s’appuyer sur l’expertise et la concertation de la Chambre des Territoires ainsi que du CESEC, pour ainsi permettre à chaque EPCI, en application dudit Plan, la gestion de ses propres déchets. Comme exemple concret, l’EPCI sera en mesure de récolter ces déchets, avec application du tri à la source directement chez le producteur de déchets, emmènera l’ensemble des déchets triés au sein de ses plateformes de récoltes déjà existantes pour un « sur-tri » et ainsi aura à disposition son propre service de valorisation et de traitement. L’installation de ces nouvelles plateformes de « sur-tri » et de traitement des déchets, peut prendre la forme d’une multitude de procédés, excluant bien évidement l’élimination thermique des déchets par incinération. Il est important de se placer dans l’innovation, de traiter et ainsi valoriser intelligemment, dans l’objectif de se servir de nos propres déchets non pas comme « une crise et un fardeau » mais comme une richesse. Grâce à de multiples procédés, chaque intercommunalité, pourra valoriser une partie de ses propres déchets en Combustibles Solide de Récupération, avec deux choix : Les stocker dans un premier temps (Déchet inerte grâce à de nouveaux procédés innovants, déjà en application dans de nombreux pays) Se servir de ses CSR afin de créer une véritable richesse pour les collectivités avec sa commercialisation. En effet ces CSR pourront servir de matière première dans bien des cas, comme l’Eco construction, combustible pour chauffage, réalisation d’enrobé pour route, etc. Cette première solution pourra en effet permettre la création de futures filières innovantes et ainsi rentrer dans une véritable économie verte et durable. Ainsi, lesdits déchets récoltés, triés, recyclés et valorisés, serviront de matière première grâce aux procédés innovants déjà en application dans d’autre pays. Cette nouvelle stratégie permettra à la fois de baisser de façon drastique le coût du traitement des déchets actuellement exorbitant, de valoriser ces déchets afin d’en créer une richesse, de maitriser publiquement avec l’aide potentielle de privés, la gestion de nos déchets et de leur valorisation. Mais aussi de financer de nouveaux projets grâce à cette rentabilité créée, et ainsi s’inscrire dans une véritable politique de développement durable et de sauvegarde de notre environnement. Le simple fait de donner à chaque intercommunalité la compétence traitement et valorisation des déchets, réduira l’impact carbone, considérablement élevé, laissé par l’ensemble des transporteurs privés, qui actuellement récupèrent les déchets aux différents points de récolte, pour les transporter soit sur le continent, soit dans les centres d’enfouissement. L’impact carbone laissé par l’ensemble de ces transports est absolument à prendre en compte dans ladite crise des déchets. La solution de faire de l’intercommunalité, le récolteur, l’ambassadeur de tri d’une meilleure « production » du déchet, et, de ce fait, l’entité publique en charge de valoriser et traiter, est pour notre mouvement, le début de la solution de cette crise. Un exemple, le JAPON Les objectifs de recyclage et de réduction de déchets guident de plus en plus de politiques locales nippones. Ainsi, le village de Kamikatsu a par exemple atteint un taux de recyclage des déchets de 80 % en imposant des consignes de tri strictes, en mettant en place des systèmes de troc, des opérations de sensibilisation, des ateliers d‘upcycling, etc... Les retombées écologiques, mais aussi économiques et sociales observées, sont très positives. En effet, la loi japonaise fixe le rôle de chaque acteur : l’État et les collectivités locales ont ainsi pour responsabilité d’inciter les particuliers et entreprises à agir – notamment en leur fournissant les moyens de collecte, de tri et de recyclage adéquats – et de punir les comportements inadaptés. Tous les acteurs de la société se doivent d’optimiser le cycle des biens qu’ils consomment et de gérer de manière appropriée la fin de vie de ces derniers. Ainsi, deux principes coexistent dans la loi japonaise : Le principe, « Responsabilité Étendue du Producteur », selon lequel les producteurs portent un certain degré de responsabilité dans le recyclage et la gestion appropriée de leurs produits (même après que ces derniers aient été utilisés et éliminés), et celui d’une responsabilité incombant au générateur de déchets (y compris le consommateur) de les recycler et les éliminer de manière adéquate. C’est pour cela que les municipalités japonaises sont au cœur de la problématique de gestion des déchets. Elles formulent et mettent en œuvre les plans concrets de gestion des déchets sur leur territoire et ont la responsabilité de collecter, traiter et éliminer les déchets « municipaux » (par opposition aux déchets d’entreprises). Elles disposent donc d’une assez grande latitude dans la façon dont elles choisissent de gérer les déchets : cette gestion peut être soit directe (i.e. réalisée par les services municipaux), déléguée (i.e. confiée par la localité à un opérateur privé) ou « autorisée » (i.e. où la collectivité autorise des particuliers ou entreprises à contracter avec un opérateur privé pour la gestion de leurs déchets). Si il est difficile de comparer les municipalités japonaises et les nôtres, il convient simplement de les remplacer par nos « Intercommunalités ».     assemblea di corsica : u gruppu corsica libera Depuis des décennies dans les domaines de traitements de déchets, comme dans de nombreux autres, la Corse est en situation de sous-développement, qui est la résultante des politiques coloniales successives et de l‘incurie de ceux qui ont eu à gérer la Corse jusqu‘à 2015. Alors que le mouvement national a toujours été à la pointe en matière de propositions innovantes et de protection de l‘environnement, les tenants de la Corse française se complaisaient dans les politiques mortifères du tout enfouissement et de la gestion privée. La séance de l‘Assemblée de Corse du 26 février a permis de clarifier les positions des différents courants politiques sur ce sujet et de valider, par le vote, un choix assumé dans le domaine de la gestion des déchets. A cette occasion, les élus de la Corse étaient amenés à débattre du futur PTPGD, à savoir le Plan territorial de prévention et de gestion des déchets qui s‘imposera après adoption définitive aux intercommunalités, au Syvadec et aux opérateurs privés. Notons à ce sujet que la procédure d‘adoption de ce plan relève, pour reprendre l‘expression de Petru Antone TOMASI d‘une « bizarrerie institutionnelle ». Alors que les régions de droit commun maîtrisent la totalité du processus d‘élaboration du plan, en Corse, c‘est une commission spéciale composée en grande partie de représentants des intercommunalités ou du Syvadec qui élabore le projet de plan. Cela n‘est pas neutre et explique la surprise de nombreux militants à la lecture du projet de plan initial qui diffère grandement de nos options sur nombre d‘orientations. Durant le débat, après la présentation du rapport du Conseil Exécutif par François SARGENTINI, Petru Antone TOMASI, a défendu, au nom du groupe Corsica Libera, les fondamentaux de notre politique, à savoir : - La montée en puissance du tri à la source comme priorité absolue grâce, par exemple, au développement d‘une tarification incitative, voire comme l‘a proposé y compris un élu de l‘opposition (François-Xavier Ceccoli) une taxation de la production de déchets des personnes extérieures à la Corse. - Le refus sans ambiguïté de l‘incinérateur pour des raisons à la fois sanitaires, économiques, voire même, désormais, réglementaires. - La réaffirmation de la maîtrise publique des infrastructures de traitement et de transports (fret ferroviaire) des déchets pour parer toutes les velléités de mainmise dans un secteur extrêmement lucratif et donc extrêmement sensible. A cet égard, le Président du groupe a, en même temps qu‘il lui apportait publiquement son soutien suite à l‘incendie contre des engins de la Communautés de Communes de Lisula-Balagna, salué les annonces faites par Lionel MORTINI et notamment la création d‘un centre public de stockage des déchets inertes de petite capacité (20.000 t) adapté à son territoire. Cette expérience de centres équitablement répartis dans les territoires ayant vocation à se reproduire ailleurs : la délibération de l‘Assemblée de Corse acte un nombre pouvant aller de 4 à 5. - L‘inclusion au sein de la stratégie d‘usines de méthanisation, non pas dans une dimension industrielle (le projet de plan prévoyait un méthaniseur de 130.000 t), mais dans le cadre du traitement de biodéchets d‘origine végétale ou animale par exemple. - Enfin, la ligne de clivage avec une partie de l‘opposition a surtout porté sur le projet d‘usine de surtri porté par la CAPA (un autre projet pourrait voir le jour sur Monte). La majorité nationaliste a accepté le principe de ces usines pour accompagner la montée en puissance du tri et réduire les volumes destinés au stockage. Dans cet esprit, les tonnages que ces usines auront à traiter seront appelés à baisser chaque année au fur et à mesure que le tri augmentera. Or, le projet lancé par la CAPA (l‘appel d‘offres est publié) est complètement surdimensionné. Alors que la CAPA figure aujourd‘hui dans les derniers de la classe pour le tri (0% pour la collecte des biodéchets !), ce projet de centre de surtri confirme que la CAPA ne souhaite pas trier puisqu‘en 2030 80% des déchets de cette région seraient traités par cette usine ! Le Président du groupe Corsica Libera a donc dénoncé ce qu‘il considère comme « une insulte à l‘intelligence des Corses et à l‘intelligence de l‘Assemblée et de sa majorité ». Des Corses d‘abord parce que l‘on fait croire que la CAPA soutient le tri alors qu‘elle porte un projet dicté par la seule rentabilité économique qui va empêcher tout tri ! A la majorité, parce que le projet actuel de la CAPA est un reniement à la parole donnée et signée en 2016 (centre dimensionné sur les objectifs de tri, maîtrise publique). Les amendements portés et votés par l‘ensemble de la majorité lors de cette session permettent de verser à l‘enquête publique une vision claire de ce que doit être une gestion saine du traitement des déchets. Il reviendra devant l‘Assemblée de Corse pour une approbation définitive dans près de dix mois. MARE VIVU : UNE JEUNESSE à plein bouillon face au drame environnemental Fondée il y a quatre ans par deux amis corses en études à Paris, l’association Mare Vivu a une histoire peu conventionnelle dans le paysage environnemental insulaire. À commencer par deux parcours universitaires que rien ne lie à l’environnement, si ce n’est un attachement viscéral à leur île. C’est pour trouver des réponses face au constat de plus en plus accablant des scientifiques, tenter d’en comprendre les manifestations et se donner des moyens de réagir que cette association est née. Rien de très « écologiste » là-dedans. C’est une jeune association, portée par des jeunes, et au service des jeunes. Dans le seul souci de leur avenir. La démarche est donc à fois scientifique, pédagogique et engagée : sur le terrain, l’association mène des opérations de caractérisation scientifique en partenariat avec divers organismes de recherche (CNRS, Ifremer…), puis utilise dans la foulée ces données comme témoignages pour informer et sensibiliser le public, en redoublant d’effort et d’imagination pour toucher un maximum de monde possible. Historiquement l’association s’est beaucoup spécialisée sur la problématique de la pollution plastique, même si en réalité toutes les thématiques y passent : habitats marins, réchauffement climatique, espèces invasives… mais également sobriété numérique, expérimentations low-tech, zéro déchet… L’association se veut à la fois laboratoire et manifeste, outil d‘expérimentation et d‘expression, support d‘information et d‘action. Elle vise à questionner, décrypter et réformer « par la base » nos choix de société dans le seul souci d’assurer un avenir juste à cette jeune génération.   Biomédias : pollution sans précédent à la Marana Des dizaines de milliers de filtres plastiques disséminés sur la plage du lido de la Marana Un dimanche matin maussade, qu‘on pourrait croire ordinaire pour un jour de février. Et pourtant, malgré la météo pluvieuse, une petite centaine de personnes se sont rassemblées munies de gants et de filets, pour réagir face à une pollution sidérante. A perte de vue, la plage de sable fin est constellée de dizaines de milliers de petits camemberts en plastique, qui depuis plusieurs semaines se déversent en continu sur le lido de la Marana, puis désormais sur l’ensemble du littoral insulaire. Les biomédias (ou médias filtrants) sont de petits filtres circulaires en plastique utilisés depuis le début des années 2000 dans de nombreuses stations d‘épuration municipales ou industrielles (pisciculture, papeterie). Il en existe plusieurs types, de formes, tailles et couleurs différentes, en fonction de l‘usage du bassin et des eaux traitées. Leur rôle est de servir de support aux micro-organismes qui, en s‘y agglutinant, permettent de dégrader plus efficacement la matière organique pendant la phase de traitement biologique des eaux, améliorant ainsi le rendement de la station jusqu’à 30%. Malheureusement, plusieurs incidents peuvent conduire à ces cas de pollution : fortes pluies causant des débordements de bassins, opérations de maintenance, pannes techniques, ou tout simplement défauts de conception des installations, comme l’absence de grilles de rétention pour ces biomédias. Outre la catastrophe environnementale que ces incidents génèrent, les biomédias constituent un grave risque sanitaire car ils sont contaminés par de nombreux germes et bactéries contenus dans les eaux usées. Le bilan de la collecte organisée par Mare Vivu est glaçant : au total, quelques centaines de milliers de ces filtres ont été ramassés par les bénévoles, sur une portion de la Marana allant de l’embouchure de l’étang jusqu’à Pineto. Mais depuis lors, les signalements affluent de partout en Corse, et des milliers d’autres biomédias du même type sont retrouvés tout autour du littoral insulaire.

Catalogne : Grande victoire aux élections des indépendantistes

Da Jordi Mirò u nostru currispudente è presidente di l‘Estat Català Le 14 février, ont eu lieu des élections au Parlement de Catalogne, une élection déclenchée au milieu de la pandémie de Covid et contre la volonté du gouvernement de Catalogne pour le danger qu’elles représentaient pour les citoyens. Il faut se rappeler que ce processus électoral a été atteint, bien que la législature n’ait pas été épuisée, car la justice espagnole avait disqualifié le président de la Generalitat, Quim Torra, pour avoir accroché une banderole sur le balcon du Palau de la Generalitat demandant la «Liberté des prisonniers politiques et des exilés». Un fait sans précédent dans tout État démocratique et une attaque frontale contre la liberté d’expression et la souveraineté du Parlement de Catalogne, car qui a le pouvoir d’élire ou de révoquer le Président de la Generalitat, c’est le Parlement. La Catalogne est en état de siège judiciaire depuis le 1er octobre 2017, depuis la menace de disqualification et d’emprisonnement des députés et du président du Parlement; avec des milliers de personnes inculpées pour leur implication dans les événements du 1er octobre ou plus tard. Nous ne devons pas oublier les longues peines infligées aux membres du gouvernement catalan, ni la persécution judiciaire en cours des membres du gouvernement en exil, dirigée par le président Carles Puigdemont, actuellement membre du Parlement Européen. Le gouvernement espagnol a forcé ces élections avec l’intention de former un gouvernement unioniste en Catalogne. C’est pourquoi il a ignoré les indications médicales, et le refus du gouvernement catalan, qui a proposé de tenir les élections en mai. Profitant du fait que le ministre de la Santé du gouvernement central était catalan, ils ont tenté de profiter de l’effet médiatique du ministre en tant que tête de liste au Parlement de Catalogne pour le Parti Socialiste. En raison de la pandémie, ces élections ont été marquées par un taux de participation très faible, avec un peu plus de 53%, l’un des plus bas de l’histoire. Ce faible taux de participation a nui aux grandes formations et a profité aux petites, avec un électorat plus fidèle. Au sein du bloc indépendantiste, il y a eu des résultats très proches entre ERC et Junts, donc il y avait une égalité technique. Lors des dernières élections, Junts était la force dirigeante du bloc indépendantiste et du deuxième ERC. Cette fois, c’est l’inverse: l’ERC a obtenu 33 députés et 32 Junts. Il est à noter que Junts a eu une scission: le secteur autonome de droite, héritier de l’ex-Convergència de Jordi Pujol, a quitté le parti en raison du virage pro-indépendance et progressiste de Junts sous la direction du président Carles Puigdemont, et il s’est présenté aux élections avec l’acronyme PDeCAT. Ils n’ont pas obtenu de représentation parlementaire, mais leurs 77 000 voix ont fait que Junts n’est pas resté, lors de ces élections, la force dirigeante du Parlement de Catalogne. Quoi qu’il en soit, Junts, bien qu’étant la deuxième force des députés et des votes, a été la première force électorale au niveau des communes et des régions de toute la Catalogne. Les anticapitalistes du CUP ont bénéficié du faible taux de participation et ont obtenu 9 députés; de très bons résultats qui les rapprochent aux 10 députés qu’ils ont déjà obtenus aux élections de 2015. Le faible taux de participation a également profité, au sein du camp unioniste, à l’extrême droite espagnole qui est entrée au Parlement de Catalogne pour la première fois. Le parti fasciste, Vox, a obtenu 11 députés et devient la quatrième force. Poursuivant dans le camp unioniste, Ciutadans (parti du centre anti-catalan), qui avait été le plus voté aux élections de 2017, a perdu la majorité de ses députés (il ne lui reste plus que 6 députés, sur les 36 qu’il avait), qui passent aux «socialistes» du PSC (la branche du PSOE en Catalogne), qui a obtenu 34 députés, ou à l’extrême droite de Vox. Les ex-communistes, En Comú Podem, restent avec les mêmes résultats: 8 députés. Ils sont définis comme équidistants; ils sont favorables à un référendum sur l’autodétermination, mais sont opposés à l’indépendance; à Madrid, ils gouvernent avec le PSOE; ils sont favorables à des portes ouvertes à l’immigration, mais à la mairie de Barcelone, ils ont pu gouverner grâce au soutien de Manuel Valls. Le PP, parti classique de droite, héritier direct du régime franquiste, deuxième parti d’Espagne, s’est retrouvé sans presque aucune représentation parlementaire: ses anciens électeurs ont préféré les fascistes de Vox et l’ont laissé avec 3 députés. Malgré tous les éléments qui s’y opposent, le mouvement indépendantiste a montré une santé de fer. Encore une fois, et c’est déjà la troisième fois : en 2015 et en 2017, malgré l’état d’exception que représentait l’article 155, ce 14 février 2021 le mouvement indépendantiste dans son ensemble a remporté les élections au Parlement de Catalogne. Ces élections du 14 Février supposaient un nouveau plébiscite pour le mouvement indépendantiste. Le résultat est clair : nous avons obtenu une majorité parlementaire des formations favorables à l’indépendance de la Catalogne et, pour la première fois, nous avons franchi le seuil de 50% des électeurs en faveur du fait que la Catalogne soie un État indépendant. Cela montre que l’indépendantisme ne souffre pas de l’épuisement, que n’est pas une proposition conjoncturelle et que la volonté d’indépendance reste plus forte que jamais. La communauté internationale doit prendre acte de la volonté de la majorité du peuple catalan et doit trouver les mécanismes pour résoudre le conflit. Le message des urnes a été clair: l’indépendantisme est le vainqueur des élections; il nous faut maintenant un gouvernement d’unité entre les forces indépendantistes pour faire avancer le pays, sortir de la grave crise économique et sanitaire et avancer de manière décisive, dans cette législature, vers l’indépendance de la Catalogne. 
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