#157 di Marzu : Escerà sta dumenicata

À u prugramma : Ecueils et espoirs : les printemps d’un peuple Corsica libera Cunfarenza di stampa in Aiacciu : Attualità è pariggi FLNC Comunicatu di u 21 di marzu 2023 : “en politique, ni hasard ni coïncidence.” Attualità Lingua corsa : Più l’emu in … è più ci n’avanza Ghjuventù Corsa : Position commune sur la situation politique Storia Fred Scamaroni : héros et martyr pour la défense de la liberté. Ghjurnate di i dritti di e donne : L‘ottu di marzu Internaziunale Irlande : grève de la faim de bobby sands le 1er mars 1981 Cultura Felì, à voline più esciuta di u dischettu novu

#157 – Cap’Articulu : Écueils et espoirs : les printemps d’un peuple

Il y a un an, le 21 mars, Yvan Colonna nous quittait, à l’orée d’un printemps dont il aurait sûrement souhaité qu’il fût celui du réveil, le réveil d’un peuple en qui il plaçait son éternelle confiance, son peuple. Pour ce combat auquel il a consacré sa vie, pour un avenir de dignité et de liberté, pour qu’éclate une vérité qui ne sera que le fruit de nos luttes, pour la libération de tous les patriotes, pour que tous les printemps deviennent ceux du peuple et de la nation corses enfin libres et souverains, les Corses savent qu’ils doivent rester plus que jamais mobilisés. Ils doivent également se rendre collectivement inaccessibles à toute forme de découragement; c’est ce qui fait la force d’un peuple, permettant de dépasser les limites de l’action individuelle, aussi courageuse soit-elle. C’est ce qu’il convient d’opposer en permanence à la violence institutionnelle d’un système étranger qui continue à nier jusqu’à l’existence de ce peuple, et qui, tout en éloignant chaque fois que possible la perspective de véritables négociations, poursuit ses manoeuvres visant à éradiquer toute forme de résistance nationale. Depuis les dernières arrestations de responsables et militants de Corsica Libera, dont le caractère tout aussi arbitraire que politique n’a échappé à personne, les manœuvres d’intimidation se poursuivent avec des interpellations qui touchent toute une jeunesse engagée, et des convocations tous azimuts ciblant notamment les compagnes ou mères de militants indépendantistes. Ainsi se poursuit une politique des otages que nous ne connaissons que trop, par ailleurs parfaitement illustrée aujourd’hui par le cas de Carlu Pieri qui ne connaît aucune évolution favorable malgré de graves problèmes de santé avérés et dûment constatés. La pression est maintenue en permanence sur une jeunesse dont on veut étouffer dans l’œuf tout esprit de juste révolte, et sur des familles entières. Non seulement ces choix délétères nous éloignent systématiquement d’une solution politique pérenne dont le mouvement de libération nationale avait été le seul à réunir jusqu’ici tous les ingrédients, mais, de plus, ils créent les conditions objectives pour que la seule voie de salut, et de respect de la démocratie réelle pour le peuple corse, ne soit celle d’un conflit auquel on avait pourtant toutes les possibilités de mettre un terme. Dans ce contexte, le redéploiement de certains moyens de lutte, répondant à la violence politique de l’Etat français et des relais locaux de sa stratégie funeste, apparaît comme la conséquence logique et inévitable d’une situation artificiellement entretenue. Ici, l’inconséquence et les calculs bassement politiciens, ainsi que les intérêts financiers immédiats liés à une spéculation débridée, convergent pour faire la part belle à une démarche de plus en plus agressive de mise au pas de toute la société corse, et notamment de ses forces les plus vives. La volonté manifeste de marginaliser et de criminaliser le courant indépendantiste procède de ces orientations néfastes, qui ne sont certes pas nouvelles, et qui seront tout aussi vaines que par le passé, car elles se heurteront toujours à la conscience nationale de tous les patriotes sincères. La période qui s’ouvre devant nous sera donc assurément, pour la Corse et les Corses, celle de tous les écueils, mais aussi celle de tous les espoirs, et de toutes les luttes, avec pour objectif principal, l’avènement d’une ère de paix véritable, celle d’un peuple libre dont les droits nationaux seront enfin respectés.

Le projet de statut de résident prêt depuis 9 ans !

En avril 2014, afin de lutter contre la flambée des prix de l’immobilier, l’Assemblée de Corse adoptait par un vote solennel un projet de statut de résident. Durant des lustres, un tel dispositif avait été défendu par les indépendantistes de Corsica Nazione, puis de Corsica Libera. Au début des années 2010, sous la mandature de Paul Giacobbi et Dominique Bucchini, compte tenu du caractère déjà alarmant de la situation, des « Assises du foncier » étaient organisées. Au cours de l’une des nombreuses réunions de travail à l’occasion desquelles la plupart des intervenants semblaient s’en remettre à un droit de l’urbanisme malheureusement inefficace en la matière, le premier élu à rejoindre Corsica Libera sur la proposition du statut de résident fut Jean-Baptiste Luccioni, maire de Pietrosella, commune fortement exposée à la menace de dépossession foncière et de spéculation immobilière. Il expliqua simplement que l’application, même énergique, du droit de l’urbanisme, ne lui permettait pas en sa qualité de maire d’empêcher un acquéreur extérieur disposant de plusieurs millions d’euros d’acheter un bien sur le littoral de la commune, aggravant une situation déjà plus que préoccupante. Partant de son expérience personnelle, il se rendait à l’évidence : seul un statut de résident pourrait enrayer la mécanique dévastatrice en cours de développement. Les travaux des Assises se poursuivirent sans autre ralliement à la proposition de Corsica Libera. Toutefois, lors de la conférence de presse de clôture des travaux, Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif, faisait sensation en se prononçant officiellement pour le statut de résident ! Il exposa posément l’évolution de sa réflexion sur le sujet, reconnaissant les doutes qui avaient été les siens devant une démarche pouvant sembler radicale. Pourtant expliqua-t-il, il avait fini par se rendre à l’évidence : seule une réforme de cette nature permettrait d’interrompre la dépossession en cours. L’annonce fit l’effet d’une déflagration comparable à celles qui s’étaient révélées, depuis des décennies et au prix de multiples sacrifices, bien plus efficaces que le droit français de l’urbanisme, dont on sait ce qu’il n’a pas empêché de faire sur le littoral du sud de l’hexagone… Peu après la déclaration de Paul Giacobbi, ne voulant pas être en reste, les autonomistes de Femu a Corsica rejoignaient également la position de Corsica Libera. Compte tenu des relations exécrables que les élus de Femu entretenaient avec Paul Giacobbi, accusé de les avoir éconduits au moment du fameux « conclave de Venacu », le projet de statut de résident fut élaboré à travers une discussion directe entre Corsica Libera et Paul Giacobbi (comme du reste le projet de coofficialité de la langue corse, la demande d’amnistie des militants nationalistes et quelques autres rapports essentiels). Initialement, Corsica Libera plaidait pour dix ans de résidence, ce qui paraissait excessif à Paul Giacobbi. L’accord se fit finalement sur une durée de cinq ans. Demeurait le problème de la diaspora qui, par définition, ne pouvait se prévaloir de cette durée de résidence. Corsica Libera proposa alors d’avoir recours à un dispositif qui, pour être peu connu, n’en était pas moins présent en droit français : le « Centre des intérêts matériels et moraux » (CIMM), utilisé pour l’outre-mer et permettant notamment aux originaires travaillant en métropole de faire valoir leurs droits aux congés bonifiés. Les critères pris en compte pour prouver le lien au territoire, multiples, ne sont pas nécessairement cumulatifs : lieu de naissance, lieu de naissance des ascendants, lieu de sépulture des ascendants, lieu où l’on a effectué sa scolarité obligatoire, etc. Après validation par le cabinet d’expertise juridique mandaté par le Conseil exécutif, la proposition de Corsica Libera fut jointe au projet global, lequel devait être adopté par une majorité de 29 voix sur les 51 élus que comptait l’Assemblée de Corse à l’époque. Aujourd’hui, ce projet n’a pas pris une ride. Il demeure plus que jamais d’actualité au regard de l’accélération du phénomène de dépossession à l’œuvre. Voté il y a presque une décennie par les représentants élus de la Corse, il a vocation à demeurer la base incontournable des discussions avec Paris au sujet de la question foncière. Jean-Guy Talamoni

Ghjuvanteramu Rocchi : Cinque anni fà, cinque anni digià

Da Sant’Anghjuli in punta è da Fium’altu à Golu, ghjeranu custì e so loche, in sta pieve di Casinca, in u so paese in alpellatu di Loretu induv’ellu era natu in u 1940, ind’u veculu d’una sucetà impastata di cursitù naturale. Ghjè forse st’ambiu custì chì darà u versu à a so andatura d’omu, di militante è pueta più tardi. Forse ghjè à mezu à e ricciate è i casali di u paese, à l’aggrottu di a tozza, ma sempre cù sta vista di punta, stu balcone naturale, chì si spalanca annant’à l’immensità azuru di u Mediterraniu, è di l’Altrò. Chì u so estru, u so gharbu s’hè fattu. Ghjuvanteramu Rocchi, ghjè un nome, una statura, un parcorsu, chì per ogni corsu primurosu di a so lingua, a so cultura dicia assai. Tantu l’impegnu chì ghjera soiu mentre guasi un mezu seculu fù impurtante. È oghje, cinque anni dopu a so morte, a so lascita ferma tremenda. Era unu di i pilastri di a leva di u settanta è di l’andatura di u riacquistu, è s’ellu si dice vulinteri chì ogni petra face muru, a soia, quella ch’ellu ci hà arricatu, ghjè una petra maestra, quella callaghja ch’hà pussutu tene arrittu u muru culturale d’una civilizazione chì periculava, quandu chì solu una manata di parsone si n’era accortu è si ne primurava. A so opera, u s’impegnu, senza dubbità ne anu participatu à fà chì simu ghjunti à salvà oghje, un palmu di ciò chè no simu, ciò chì ci face esse corsi in a diversità di stu mondu. Ghjè à lu fà di l’anni settanta, ind’u bullore puliticu è culturale chì nascia in Corsica, cù sta brama cullettiva di ripiglià e briglie di a nostra sucetà tradiziunale chì si ne partia in pappina, cù una mossa culturale è una vulintà forte di riacquistà i diritti naziunali di stu populu nigatu chè n’eramu, chì tandu ellu, ùn hà tricatu per insulcà u so passu à mezu, è mette sì à capu d’affari di tutte e mamme nant’à u tarrenu. Cù a so pedagogia d’insignante, u so militantisimu sputicu, prima hà cuminciatu à cumbriculà una sculuccia d’estate in u so paese, induve era insignatu u corsu, pò à scumbattutu cù d’astri mentre l’università d’estate di Corti. Era dinù di manu cù parechji scrittori nu a rivista Rigiru, chì ghjera tandu u fanale literrariu di l’epica, è pò di sicuru, per via di e so produzzione di scritti indiati chì sò stati per u più cantati, chì ci ribombanu sempre d’oghje cum’è tante chjame di rivolte, è chì rispechjavanu tante rivindicazione : Simu Sbanditi, Vince per un more, I Mufrini, Quale serà, Scelta para, Anu da vultà è tira avanti è dalli. Una musa chì mettia à palesu e brame di una generazione sana, e difficultà campate da una sucetà, i guai è e speranze d’un populu. Ma s’ellu impennava ghjera per un certu piacè, ghjè vera, ma soprattuttu per u bisognu, per u cumbattu d’una vita, quellu à prò di a lingua chì fù u filu mai rottu chì accumpagnò a so dimarchja d’omu è militante fin’à l’ultimi fiati di a so vita. A so primura ghjera di tramandà la, da ch’ella ùn smarisca mai è per quessa, chì ci fussi statu di megliu chè i zitelli, a giuventù per dalli un avvene ? elli, a rileva naturale d’un populu, u so lindumane. Ma in quelli primi tempi di u riacquistu, fora di qualchì nanna chjappa da custì è culà ùn ci era guasi nunda per fà una prima avvicinata di u corsu versi i zitelli, è ci hè vulsutu à inventà, creà, pruduce, è ghjè custì ch’ellu hà cuminciatu à scrivacciulà e so puesiole, fillastrocche da pudè accumpagnà in corsu i primi tempi di u campà, prima nu e riviste, è dopu ci sò stati travagli più apprunfunditi cù u CRDP di Bastia, è dinù cù a so participazione à a pruduzzione di i dischetti Aiò è Campemuci è più tardi Brame Zitelline, Girasole. Ci hè statu dinù sta prova d’un annu d’una sculuccia guasi clandestina ind’u so appartamentu di Bastia. Di fatti mettia in viaghju tutti i mezi pussibuli da salvà è tramandà. Per pudè mette in ballu una vera pulitica à favore di u corsu, dopu ad avè participatu à elaburà l’appoghji pedagogichi è diddattichi, è dà si di rimenu appressu à una mansa di capatoghji nant’à u tarrenu, ùn s’hè mai scartatu di u so solcu d’insignante, da ch’ellu avia una fede tamanta ind’a scola per pudè inghjennà i lucutori di dumane. Hè statu inisignante, cunsigliere pedagogicu in lingua corsa, cunsigliere tennicu di l’inspettore d’accademia, cù sempre u listessu scopu : fà di a scola un puntellu eccenziale di l’amparera di u corsu. À quelli ch’ùn anu mai stanciatu di rimbiccà chì u corsu ùn s’amparava micca in scola, ellu dicia vulinteri « s’ellu ùn s’era micca insignatu u Corsu à a scola quale hè pò certificà oghje ch’elli ci serianu tutti sti giuvanuttoni, babbi di famiglia, è chì oghje trasmettenu u corsu à i so figlioli, ch’averianu pussutu fà la ? » A so più bella vittoria, forse, ferma ind’u so paese di Loretu. Ghjè sicuramente à i tempi d’oghje unu di i lochi di Corsica, induve u nivellu di cursufunia hè unu di i più alti, a so salvezza hè assicurata. Da a prima prova di scola corsa in l’annate settanta, à u centru immersivu è a scola publica bislingua, à quale s’aghjunghje una tramandera naturale di leva in purleva ch’ùn s’hè mai piantata, a lingua in stu lucale, ghjè una realità campata tutti i ghjorni, l’usu naturale d’ogni paisanu. Infine, di sicuru, a stampa eterna ch’ellu ci hà lacatu ferma nu i so scitti, a diciamu à principiu a so lascita, a so opera sò tremende, chì a prosa di ghjuvanteramu Rocchi ognunu a pudia fà soia, ereda di a sistina d’ottunarii tradiziunale, u so versu paisanu pupulare ci cuntava di manera linda è pura ind’un corsu schiettu induve daretu ogni parulla affaccava una fiura per dì ogni sintimu di u campà è l’intimu di l’esse. Sta lingua in punta di a lingua, a so lingua materna si ne ghjuvava per cuntà ci i frastorni, i turmenti d’ognunu, qual’hè ch’ùn hè statu toccu à u più prufondu di sè stessu, da stu zitellettu in cerca di risposte chì ci dice Quantu ci manca lu passu di quellu chì ghjè quallà, o stu maritu addisperatu chì brama l’amore persu è stu scalone chì pare un nidu chì s’anu lasciatu l’acelli, o l’amore felice è e prime stonde incante, i primi sguardi d’amore, ci cuntava quant’ella era bella a nostra cursichella, ramintendu ci e so stonde, ‘sse passate di a nostra storia cumuna da e prove di Sampieru, È di Sambucucciu d’Alandu è Paoli l’Altieru à MarcuMaria è di lu tempu lu tagliolu chì ci dice ancu lu ventu libertà, Libertà sempre. Ci simu fatti, senza vulè la, senza sapè la, cù i so scritti, u so stintu, simu crisciuti, ingrandati à latu à ellu da criaturi, giuvanotti, militanti o simplici passiunati di cantu, ci hà fattu sparte l’amore di sta lingua, stu paese, sta ghjente, à affiancatu e nostre lotte. L’ultime annate di a so vita cuntinuava à avvià prugetti cù i ghjuchi, i grandi, i prufessiunali è ogni cristianu chì li dumandava. Ma ancu puru essendu statu un omu d’un impurtanza maiò per a Corsica muderna, ricunnisciutu da i so pari ch’ellu era, hè firmatu u listessu, un omu discretu impastatu di cursitù à l’anima paisanesca, baretta incalfata è u so bleu azzingatu à a spallera, battia a so piana di Loretu sempre in cerca d’ operà per u megliu pussibule, per a so giuventù, u so paese, pigliendu pratesa per ogni causa chì li paria ghjusta. Omu dice à spessu chì a vita ghjè un affaccata à u balcone, ma di quessa affacata omu si n’arricorderà una stonda, chì di Ghjuvanteramu, sò cinque anni avà, è eternità serà. Lisandru

Hè esciutu u ferraghju #156

https://uribombu.corsica/produit/n156-ferraghju-2023/ Corsica Libera : Prucessu storicu ? Lignes rouges imposées par paris Quelles bases de discussions ? Notre position - Le projet de statut de résident prêt depuis 9 ans ! par Jean-Guy Talamoni - U costu di e base militare in Corsica è in Sardegna- - Colloque en Guyane : Déclaration au ralliement Attualità Après les Scontri de la Ghjuventù Indipendentista Patriotti Per mantene accesa a fiaccula di a mimoria Cultura Ghjuvanteramu Rocchi : Cinque anni fà, Cinque anni digià Storia U 5 di ferraghju 1807 : À l'eterna, Pasquale Paoli Internaziunale Libération de Nelson Mandela le 11 février 1990

Ferraghju #156 : Ha da esce

À u prugramma di stu numaru : Corsica Libera : Prucessu storicu ? Lignes rouges imposées par paris Quelles bases de discussions ? Notre position - Le projet de statut de résident prêt depuis 9 ans ! par Jean-Guy Talamoni - U costu di e base militare in Corsica è in Sardegna- - Colloque en Guyane : Déclaration au ralliement Attualità Après les Scontri de la Ghjuventù Indipendentista Patriotti Per mantene accesa a fiaccula di a mimoria Cultura Ghjuvanteramu Rocchi : Cinque anni fà, Cinque anni digià Storia U 5 di ferraghju 1807 : À l'eterna, Pasquale Paoli Internaziunale Libération de Nelson Mandela le 11 février 1990

Ferraghju #156 – Cap’Articulu : Otages

Depuis toujours la politique de l’Etat français s’est caractérisée en Corse par des mécanismes visant à imposer un traitement uniformisant le paysage humain, et niant les réalités culturelles, historiques, sociologiques de tout un peuple à qui l’on refuse obstinément, aveuglément même, de reconnaître une existence à part entière. Ces données suffiraient à elles seules à prouver le caractère colonial des rapports de sujétion auxquels on veut astreindre les Corses, même si dans certaines sphères - qui participent objectivement à une « déconstruction » délétère du discours national - le terme de colonialisme est réservé à d’autres: nier la réalité des faits, c’est désarmer le peuple, et renoncer aux seules luttes susceptibles de lui permettre enfin d’accomplir son destin national. Mais si la situation actuelle n’est toujours pas débloquée, tournant en permanence le dos à une réelle solution politique pourtant à portée de main, on le doit sans doute à la pression constante que les Corses subissent et qui fait d’eux de perpétuels otages. Les premiers de ces otages sont les patriotes, régulièrement détenus dans des conditions qui les exposent au pire, chaque moisson répressive permettant de renouveler un contingent qui correspond au courant d’opinion que l’on s’efforce de museler : Corsica Libera vient à nouveau d’en faire tout récemment les frais, l’Etat français ciblant systématiquement ceux qui, eux, ne renoncent pas à la nation. Ce ne sont pas les libérations ou demi libérations de militants qui auraient dû bénéficier de ces mesures depuis longtemps qui infirmeront cela, bien au contraire. Mais les Corses sont également otages d’intérêts « économiques » étrangers, qui maintiennent notre pays dans un Etat de dépendance mortifère, otages de grilles de lecture en totale inadéquation avec ce que nous sommes, otages d’une sur-administration hors sol et de ses décisions ubuesques, otages d’une fiscalité inadaptée qui nous dépossède, inhibe tout élan de développement réel au service de notre peuple, et consacre le règne de la spéculation sous toutes ses formes au détriment de la création de vraies richesses à partager. Ils sont enfin otages de tous les discours qui, empruntant aux dogmes importés, ou aux modes du moment, les détournent de la seule lutte qui vaille, celle qui, de tout temps, et sous tous les cieux, a permis aux peuples de se libérer et d’assurer leur avenir, celle qui, au delà de tous les déterminismes hypothétiques, donne à l’Histoire tout son sens : la lutte pour la liberté et l’indépendance nationale. Plus immédiatement et de manière très concrète, reste à réaffirmer une stratégie de lutte à opposer à cette agression multiforme, tout en favorisant les orientations les plus vertueuses - que nous avons d’ailleurs définies dans la plupart des domaines - chaque fois que possible: les signaux de soumission, le recul des idées, l’édulcoration des revendications fondamentales, sont à bannir. Pas seulement pour des questions évidentes d’éthique, mais aussi par souci d’efficacité, comme cela a été démontré à maintes reprises. Le peuple corse ne se laissera pas endormir et « accompagner » jusqu’au déclin : sa jeunesse en porte déjà le témoignage. Et demain les forces vives, authentiquement patriotiques, ne pourront que converger pour faire face à toutes les prises d’otages auxquelles le colonialisme français continuera de nous confronter.

L‘affari sò in francese : debbulezza culturale è suciale

Più chè mai stu mottu ci dà à riflette è deve avvià e nostre scelte per dumane, s’omu sà chì dapoi parechji anni simu à l’orlu d’un sprufundu sucetale è civilizaziunale, l’ultimu studiu di l’INSEE* annantu à a pupulazione di Corsica, esciutu di dicembre scorsu a ci ramenta di manera seria. L’andatura seguita quella di st’ultime annate, una crescita sfrenata di a pupulazione chì avvicina oghje i 343 700 abitanti, cù 19 500 persone di più dapoi u 2014, un numaru chì s’accresce d’1% tutti l’anni, sia unu di i percentuali frà i più forti d’Auropa. Sta crescita hè sempre u risultatu di l’arrecu scalaticciu, chì in u fratempu u raportu trà u numaru di nascite è di morte ferma negativu. Infine u studiu c’insegna chì 53% di a ghjente campa nu i lucali urbani di l’isula. “ Au 1er janvier 2020, 343 700 habitants résident en Corse. Avec 19 500 personnes supplémentaires depuis 2014, la population augmente de 1,0 % par an en moyenne. Cette croissance démographique est trois fois supérieure à celle de France métropolitaine (+ 0,3 %). La Corse est ainsi la plus dynamique des régions devant l’Occitanie (+ 0,7 %) et les Pays-de-la-Loire (+ 0,6 %). “ (source insee) Tandu, senza fà una sfruttera minuta più chè quessa di sti sciffri, c’avvidimu d’un fattu, una realità, tutti i puntelli chì facianu prima a nostra sucetà sò lampati à caternu. L’inchiesta ci permette d’una banda d’incalcà annantu à u periculu per l’avvene di u nostru populu, à esiste in quantu chè populu secondu à u so modu di campà, a so identità impastata da e lascite d’un passatu tradiziunale, è d’un altra banda ci dumanda di mette in opera nove vie di sviluppu pè sta terra è insulcà perspettive astre chè quelle pruposte oghje à i corsi. Si sà oghje, cù u rinculu chè n’avemu, chì dapoi u principu di stu seculu si mette in ballu in Corsica ùn scambiamentu sucetale, culturale forte assai, è chì l’affari si ne vanu di mal‘in peghju. Per ciò chì tocc’à a ghjunta scalaticcia, omu puderebbe fà valè chì dapoi i tempi i più landani u nostru populu s’hè fattu cù l’influenze ghjunte da u fora è quessa nimu a pò nigà, e vistiche sò parechje, ind’i nostri ceppi, parlate, usii è tira avanti. Ma mai cum’è oghje ste ghjunte anu avutu un impattu cusì impurtante annantu à ciò chè no simu è cio chè no tenimu, in cusì pocu tempu. Si pò tandu mette in risaltu u periculu culturale chì s’affacca. Cumu amintatu nanzu, à tutte l’epiche cì sò state persone ghjunghjiticcie chì sò venute à fà ceppu nant’à a terra di corsica, ma tandu per sse pupulazione era una necessità di fà soiu l’usu nustrale chì ghjera in anda per fà sucetà, chì u populu era maestru annantu à a so terra : Cù a so lingua à bocca, eranu praticati i sapè fà è e faccende eredi d’una sucetà agro-pasturale vechja quant’è u mondu è u so territoriu ghjera assestatu secondu à stu campà pluri seculare. Tandu sì, a Corsica pruducia i corsi, chi a so identità era forte. Oghje a debbulezza di u nostru esse, face chì a corsica ùn pruduce più corsi o pochi è a culunizazione di pupulamentu messa à palesu dapoi anni è anni ùn hè mai stata cusì trista realità. Forse si pò ancu dumandà s’ellu hè sempre pussibule d’avè un destinu, s’ellu ùn ci hè più cumunità ? À sta debbulezza culturale, s’accatasteghja, una situazione suciale pessima. Ind’un cuntestu mundiale turbidu, una situazione ligata à una francia chì si ne trafalla ind’è tutti i dumini, tutti l’anni appena di più. U nostru paese ùn ghjunghje à scartà si di sti tempi pocu gharbati, per prupone un andatura più favurevule à a so ghjente. Si pò pensà subbitu à e difficultà prisente ind’u mezu di u travagliu cù i strapazzi ligati à una cuncurenza forte venuta da mare in là. Quandu si sà chì a vechja rivindicazione di cursizazione di l’impiechi ùn hè ancu à ghjunghje è chì ùn esiste nisuna ricunniscenza vera di a cumpetenza cursofona, sti quadri serebbenu di sicuru una bona da pudè parà l’inciampi ch’anu i Corsi à buscà si un impiegu à l’altezza di e so capacità. A cumpetenza di lingua permetterebbe dinù d’alzà e cunfine d’una cumunità linguistica ricunnisciuta. Forse seria ora dinù d’avvià a nostra sucetà versi d’astre risorze chè quelle scavate fin’à avà. L’ora di e scelte, di a messa in opera d’un veru prugettu di sucetà, mudernu chì tenessi contu di ciò chè no simu, di a ricchezza di u nostru locu, fà a scelta di u spergugliame di l’ecunumia, è di i territorii. per accimà l’inghjochi di suvranità chè no bramemu. E sbarcate di st’ultime decine anu avutu dinù un pesu tremendu annantu à u mercatu di l’allogi, cù a mancanza d’un quadru legislativu chì possi regulà u mercatu. I prezzi sò crisciuti assai è ancu ind’è certi lochi pocu turistichi è scantati. Oghje ghjornu a trista realità vole chì i corsi cù un nivellu mezanu di rivenuti frà i più bassi di i territori sottu amministrazione francese, ùn ghjunghjenu più à cumprà si un qualcusella in terra soia per via di u so stanta pane. Custì dinù sapemu chì u fattu di pudè gode d’una citatinanza corsa serebbe un primu passu per dà pettu à a crisa in stu settore. Si e ghjunte à l’ingrossu spiecanu assai sti cambiamenti, un altra realità favurizeghja sta situazione, ghjè l’occupazione di u territoriu. L’analisi di l’INSEE a dice, i Corsi sò impiaghjati è si sò tramutati à 53% versi e zone urbane è peri urbane, certe volte cù una rumpitura forte cù u so locu di ceppu, u paese. È ghjè cusì chì omu s’accumpuleghja per ste case è casamenti custruiti à fila longu à i stradò principali di l’isula. Pè sti lochi a vita si face secondu un mudellu spiccatu di l’usii culturali paisani o citatini tradiziunali, si svillupa un campà universalizatu à paru à ciò chi si face astrò ch’ellu sia ind’a manera di cunsumà, di fà sucetà è dunque di pensà. Ste loche nove sò à spessu l’aggrottu predilettu di e pupulazione ghjunte ùn hè tantu. Tandu si puderebbe pensà chì a salvezza venerà da i nostri paesi, a salvezza di l’internu, u ritornu à una certa vita paisana à usu mudernu, chì ghjè sempre statu bramatu. Ma cumu serà chì à i tempi d’oghje induve pudemu gode di tutti l’arnesi numerichi, ch’ellu si chjappa di più in più u versu di a dematerializazione di u travagliu, chì appena à di pertuttu pè stu mondu dapoi a crisa sanitaria a ghjente hà capitu l’interessu per l’esse di vultà à una vita più campagnola, naturale. Noi ùn ci la femu ancu, chì tutti l’anni i nostri paesi si ne viotanu sempre di più. Seremu sempre à contra sensu ? O ghjè chì ùn emu ancu datu à a ghjente i mezi di campà sta vita paisana, cù i sempiterni capatoghji chè no cunniscimu è ch’ùn sò ancu à esse regulati : mancanza di servizii di prussimità è astre cumudità, desertu medicale, retale stradale in gattivu statu, forse, ghjè un inseme di cagione. Ci ferma solu à sperà chè no feremu cum’è l’acqua chì dopu centu annu è centu mesi torna à i so paesi. Infine, per pudè dì chì tuttu si leia è si cunfonde, ghjè stata ammintata mentre sta ragiunata è ghjè forse u fattu chì palesa u megliu u dettu. A nostra lingua, segnu d’un identità chì s’indebbulisce ogni ghjornu, per via d’un ambiu sucetale oghjincu ch’ùn ci permette più di campà da corsi in terra corsa. Stu puntellu maiò di l’idea naziunale dapoi u sempre è chì ghjè stata rivindicata da tuttu una leva à un epica induve pochi n’avianu a primura. Oghje u so statu hè pessimu, ancu si u cunsensu puliticu ci hè, è chi l’impegni nant’à u terrenu sò numarosi. Forse chì stu statu currisponde à u male generale chì tocca a nostra identità, chì una lingua ùn hè solu un intrecciu di parulle, arrimbatu à una sintassa è una cunghjucazione. Ghjè dinù al di là d’un arnese di cumunicazione, qualcosa chì si vole fà spechju d’una sucetà, d’una vita di tutti i ghjorni campata da a so ghjente, d’una manera d’esse è di pensà, di fà sucetà cù u so paru è l’Altru, è di spannà si ind’un ambiu chì li currisponde, seguitendu u filu di u so ceppu naturale, forse tandu ch’ùn seremu ghjunti à avvicinà si di sti punti, per a lingua è per u restu, l’affari seranu in francese. Lisandru *https://www.insee.fr/fr/statistiques/6680462

#155 : U Primu di l’annu hè esciutu !

https://uribombu.corsica/produit/n155-ghjennaghju-2023/ 2022 in u spechju Attualità Riforma di e ritirate : INNÒ Sucetà L‘affari sò in francese : Debbulezza culturale è suciale Internaziunale Eloi Machoro, leader du FLNKS-Officiel assassiné le 12 janvier 1985 par le GIGN Bresil : Le coup de force des partisans de Bolsonaro Scontri di a Ghjuventù Indipendentista - GI : u 28 di Ferraghju, l’1 è u 2 di Marzu 2023

Ghjennaghju #155 – Cap’Articulu : Liberté, vérité, dignité : la voie de la lutte

L’année 2023 a commencé en Corse dans une atmosphère lourde. L’offensive répressive menée contre Corsica Libera, dont tous les observateurs honnêtes ont souligné le caractère politique et arbitraire, s’ajoute aux autres signaux négatifs que l’Etat français ne cesse d’envoyer à la Corse, depuis le début de cette tartuferie que d’aucuns s’ingénient encore à qualifier de « processus ». Pendant que les mots Pace è Salute, aspirations aussi universelles que légitimes, étaient sur toutes les lèvres, des patriotes, dont le seul tort est de ne pas accepter le sort fait à leur pays, subissaient les conséquences de ces manoeuvres. Le maintien en détention, à l’occasion d’une procédure incidente, malgré son état de santé, et qui plus est dans une prison française, de Charles Pieri s’inscrit certainement dans cette logique. Les campagnes calomnieuses, relayées dans certains médias par des billets directement dictés par la place Beauvau, dont la dernière conférence de presse de l’association Sulidarità a mis en évidence le caractère grotesque ainsi que la finalité mortifère, poursuivent quant à elles le même sinistre objectif: faire le lit de toutes les manipulations, de tous les coups tordus, pour permettre à l’Etat d’en finir avec le courant qui ne renoncera jamais à faire de la Corse un pays libre et souverain, et à assurer à son peuple la reconnaissance qui lui est due, au même titre - c’est à dire ni plus ni moins - qu`à chaque peuple de la planète. Dans ce contexte plus que trouble, le « secret défense », tout récemment évoqué concernant l’assassinat d’Yvan Colonna, vient contredire ceux qui continuent à croire, ou à tenter de faire croire, que la vérité dans cette affaire viendra des institutions françaises. Plusieurs décennies n’ont pas permis de lever le voile sur des sujets qui pourraient gêner, et qui ont pourtant fait l’objet d’analyses, de recherches et d’investigations sérieuses, menées, elles, par de véritables militants de la vérité - certains étaient des journalistes d’ailleurs - dont il faut saluer le courage. Quand un temps suffisamment long s’est écoulé, un gouvernement ouvre généreusement l’accès à des archives qui, le plus souvent, ne mettent à jour que des notes administratives sans intérêts, ou l’implication de quelques lampistes la plupart du temps déjà disparus. De l’assassinat d’un Thomas Sankara à l’ « accident de la caravelle Ajaccio-Nice », les mécanismes de dissimulation et de détournement de la vérité restent les mêmes, répondant à l’« omertà » d’un système dont le seul but est de sauver les apparences plutôt que la démocratie. Les seuls moments où la machine se grippe, et où les gardiens du mensonge d’Etat sont en difficulté, c’est lorsqu’ils sont pris la main dans le sac, comme à l’époque des évènements de Bastelica-Fesch, ou des provocations du Préfet Bonnet, par exemple. On parlera aussi volontiers de ce qui s’est passé il y a trente ans, en jurant ses grands dieux de faire toute la lumière dessus: cela présente le double avantage de donner l’illusion d’un fonctionnement démocratique... Et de taire ce qu’on est en train de faire, à l’heure où l’on attire toute l’attention ailleurs. C’est à ce cynisme que le peuple corse doit faire face. La vérité, la liberté, la dignité ne seront que l’aboutissement de ses luttes. Mais ça, au fond de lui, et quelles que soient les manoeuvres dilatoires visant à le lui faire oublier, il le sait depuis toujours.
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