Interview Republican Sinn Fein : Des Dalton Par Anghjula Filippi

NDLR : Le Ribombu publie ici une interview du principal responsable actuel du parti irlandais Rebublican Sinn Féin. Afin d’éclairer le lecteur, certaines informations semblent nécessaires pour une meilleur e compréhension du contexte politique actuel en Irlande du Nord. En effet, force est de constater que scissions et divisions existent dans tous les combats de ce type, ce qui, au delà d’un simple constat désabusé, peut être intéressant, voire instructif, à observer. Cela permet d’avoir un regard extérieur, donc un certain recul et une analyse plus objective, sur des phénomènes qui n’ont malheureusement pas épargné nos propres luttes. En ne perdant jamais de vue les différences qui existent aussi entre les situations.Le Republican Sinn Féin est né d’une scission relativement récente, survenue en 1986, au sein du Sinn Féin. Il s’est alors notamment opposé à la ligne défendue par Gerry Adams et Martin Mac Guiness, ainsi qu’au processus de paix ayant abouti aux accords du vendredi saint en 1998. Le RSF a été fondé au départ par des membres influents bien que minoritaires du Sinn Féin (Ruairí Ó Brádaigh, Dáithi Ó Conaill,...), qui avaient été également des chefs d’Etat major de l’IRA puis de l’IRA provisoire (après la scission de 1970).Bien que l'IRA provisoire soit opposée à la création de nouveaux groupes armés, la CIRA (Armée républicaine irlandaise de la continuité) apparaît au moment de la naissance du RSF et est considérée par de nombreux observateurs comme l'aile militaire du RSF, ce qui est officiellement démenti par ce dernier.   1. Pour quelle cause vous battez-vous en Irlande ? Nous sommes les Traditionnels républicains Irlandais du Sinn Fein nous nous battons pour la liberté et l’unité de l’Irlande.Il y a cent ans, le gouvernement britannique a rejeté la République démocratique de toute l'Irlande et le parlement qui avaient été proclamés lors du soulèvement de 1916 et approuvés par le peuple irlandais lors des élections générales de 1918. Au lieu de cela, ils ont partitionné l'Irlande, créant deux États de partition qui existent toujours aujourd'hui. L'injustice politique et économique que la partition a imposée au peuple irlandais demeure et ne peut être éliminée qu'en mettant fin à l'occupation britannique des six comtés du nord-est de l'Irlande et à la création d'une Nouvelle-Irlande. Nous recherchons une République socialiste démocratique fédérale de 32 comtés. C’est notre lutte et c’est une lutte pour laquelle tant de sacrifices ont été consentis au cours des décennies et des siècles.Tout comme le peuple corse se bat pour l'indépendance, nous luttons pour la liberté nationale du peuple irlandais. La lutte irlandaise fait partie de cette lutte internationale contre l'impérialisme. Les républicains irlandais ont toujours été solidaires de tous les peuples en quête de liberté nationale tels que la Corse, le Pays basque, la Bretagne, la Catalogne, la Palestine entre autres. Dans les années 70 et 80 notamment, nous avons eu des relations étroites avec le mouvement pour l'indépendance de la Corse.   2. Quels sont vos moyens de lutte ? Comment les appliquez-vous au quotidien ? Nous sommes une organisation politique, donc nous transmettons notre message directement au peuple. Nous contestons les élections du gouvernement local dans l'État du sud de l'Irlande où nous avons un conseiller élu, Tomás Ó Curraoin, à Co Galway. Nous sommes un mouvement activiste et nous nous impliquons donc dans des campagnes pour la justice politique et économique. Beaucoup de nos membres sont également actifs au sein du mouvement syndical. Le républicain Sinn Féin a par exemple joué un rôle de premier plan dans la question des sans-abris. Un membre de notre exécutif national (Ard Chomhairle) Diarmuid MacDubhghlais a joué un rôle prédominant dans ce travail tout au long de la crise du Covid-19. Nous pensons qu'un tel travail est vital pour relier la lutte pour la liberté nationale aux luttes quotidiennes du peuple. C'est essentiel si nous voulons construire un mouvement national fort basé sur les principes de la démocratie politique et économique.   3. Quels sont les points clés de votre programme ? Notre programme politique est basé sur les principes de liberté énoncés dans la Proclamation historique de 1916. Nos stratégies politiques et économiques reflètent ces idées de justice politique et économique. Notre programme politique ÉIRE NUA (Nouvelle-Irlande) prévoit la décentralisation de la prise de décision politique du niveau national au niveau provincial, régional et communautaire. Cela implique une réelle participation des personnes aux décisions qui affectent leur vie et leur communauté. Il met un pouvoir significatif entre les mains des gens plutôt que d'un petit groupe d'élite de politiciens qui restent largement irresponsables. ÉIRE NUA concerne la participation maximale des personnes au processus décisionnel et à la formulation des politiques.Chacune des quatre provinces historiques d'Irlande aurait son propre parlement avec un parlement fédéral national représentant tout le peuple irlandais pour décider de questions telles que les relations internationales et la défense nationale. Les parlements provinciaux et les assemblées régionales auraient la responsabilité de domaines importants tels que le développement économique, la santé, l'éducation et la politique environnementale. Notre programme social et économique SAOL NUA (Nouvelle société) vise à créer une véritable démocratie économique, à autonomiser les travailleurs au sein de leurs lieux de travail et communautés dans le développement économique de leurs régions, SAOL NUA encourage les coopératives de travailleurs comme modèle de croissance économique. Nous prônons un développement industriel irlandais tout en développant une relation économique internationale forte et éthique avec d'autres nations pour les investissements entrants et sortants. SAOL NUA est basé sur de forts principes écologiques, républicains et socialistes pour un développement économique durable.Nous luttons pour une Irlande qui embrasse véritablement tous les enfants du pays de la même manière et autonomise les gens à la fois politiquement et économiquement.   4. La langue corse n'est toujours pas reconnue et est largement minoritaire par rapport à la langue française, qu'en est-il du statut de la langue irlandaise ainsi que de son utilisation dans la vie quotidienne? La langue irlandaise est officiellement la première langue de l'État du sud de l'Irlande (26 comtés). Cependant, la réalité est qu'elle a été régulièrement érodée par la négligence au fil des ans par l'État. Les zones de langue irlandaise connues sous le nom de zones Gaelteact ont été privées d'investissement économique, ce qui signifie qu'elles ont perdu un grand nombre de leurs populations qui ont été forcées d'émigrer pour trouver un emploi.Au sein du système éducatif, des tentatives ont été faites pour faire supprimer la langue irlandaise comme matière obligatoire. Cela montre le mépris que beaucoup au sein de l'establishment politique ont pour la langue irlandaise.Dans les six comtés du nord de l'Irlande, il n'y a pas de reconnaissance officielle de la langue irlandaise. L'accord Stormont de 1998 promettait une loi sur la langue irlandaise, mais cela n'a jamais été appliqué. Malgré cela, un mouvement dynamique d'écoles de premier et deuxième niveaux de langue irlandaise s'est créé au cours des 20 dernières années.De nombreuses communautés de langue irlandaise prennent les choses en main pour promouvoir la langue et développer économiquement leurs propres communautés. Pour les républicains irlandais, cela a toujours été une partie vitale de la lutte nationale pour la liberté irlandaise.Si un peuple perd sa langue, il perd une grande partie de son identité, sa capacité à se connecter avec son passé et à exprimer au monde son identité nationale unique.   5. La France exprime une forte réticence à enseigner son histoire coloniale en Corse et plus généralement l'histoire de la Corse elle-même, qu'en est-il du côté de l'Angleterre et de l'Irlande? Il y a toujours eu une réticence similaire ici. L'histoire irlandaise est devenue une arme pour l'État britannique et l'État du sud de l'Irlande. Ils le font pour tenter de retirer la légitimité de la lutte historique pour la liberté irlandaise. Ces dernières années, cela s'est intensifié alors que nous marquons le centenaire de la période révolutionnaire de 1913-1923. L'État a tenté d'assainir cette histoire en assimilant ceux qui ont collaboré avec l'État britannique en rejoignant son armée à ceux qui ont résisté et combattu contre la domination britannique. Cela vise à brouiller et à voler le sentiment d’identité de nos enfants et une véritable fierté de notre histoire révolutionnaire. Dans les six comtés du nord de l'Irlande, une vision très étroite de l'histoire irlandaise est enseignée qui ignore ou balaie la façon dont la partition a été imposée à l'Irlande et le rôle répressif de l'État britannique en Irlande. L’État britannique n’enseigne aucune histoire irlandaise significative, ce qui signifie que la grande majorité des Britanniques n’ont aucune connaissance de l’Irlande ou du rôle colonial de la Grande-Bretagne en Irlande. L'histoire et notre compréhension de celle-ci sont extrêmement importantes pour garantir notre sentiment d'identité.   6. Quel statut a donné l'Angleterre aux prisonniers politiques irlandais, font-ils l'objet d'injustice par rapport aux prisonniers de droit commun? Après la grève de la faim héroïque de 1981 H Block menée par Bobby Sands, les prisonniers républicains irlandais du nord de l'Irlande ont obtenu la pleine reconnaissance en tant que prisonniers politiques. Cela a été donné aux termes de l'accord de Stormont ou de Belfast de 1998. Depuis lors, les prisonniers républicains détenus dans la prison de Maghaberry, près de Belfast, ont été impliqués dans une campagne en cours pour restaurer leur plein statut politique. Ils ont subi un régime carcéral brutal, des fouilles à nu et des passages à tabac de la part des gardiens de prison. Ils ont vaincu une tentative de les forcer à partager les « débarquements » de prison avec des prisonniers criminels et à avoir leurs propres « débarquements » au sein de la prison et leur propre structure de direction et organisation.Cependant, ils endurent de longues périodes d’enfermement dans leurs cellules, de manque de temps libre avec leurs camarades et d’accès à des établissements scolaires adéquats. Cela a inclus l'interdiction des livres. Un exemple célèbre en est l’interdiction, l’année dernière, d’une étude académique sur le républicanisme irlandais contemporain par le Dr Marisa McGlinchey de l’université de Coventry intitulée Unfinished Business: The Politics of «Dissident» Irish Republicanism. Cette interdiction a été contestée par Marisa McGlinchey et son défi a forcé le service pénitentiaire britannique du nord de l'Irlande à reculer et à convenir de nouvelles procédures qui permettraient aux livres universitaires d'entrer dans la prison. Ce fut une victoire significative pour les droits des prisonniers politiques d’avoir un accès approprié aux livres. Les Britanniques utilisent la vieille tactique d'essayer de criminaliser les prisonniers républicains dans une tentative de criminaliser la lutte pour mettre fin à la partition et pour une Irlande totalement libre. Dans l'État du sud de l'Irlande, les prisonniers républicains sont en effet reconnus comme prisonniers politiques et peuvent organiser leurs structures au sein de la prison de Portlaoise, accéder à l'éducation et s'associer librement entre eux. Angèle Filippi

Hè esciutu u numaru di Nuvembre !

Numaru #131 : Hè esciutu u Ribombu di Nuvembre ! - Umagiu à GB.Acquaviva - Ritornu nant'à un mese di mubilizazione di Corsica Libera - Cartulare : Ghjuventù corsa cù a Ghjuventù Libera, l'Assemblea di a Giuventù di a Corsica è l'andatura di Bastien Caraccioli, ambasciatore sportivu Da ritruvà in casa vostra

Ghjuvan-Battista Acquaviva, sempre vivu

Oghje tù ti ne vai a l’ultimu riposuGhjè l’esempiu chè tù ci dai fratellu generosuPurtatu da li toi sin’à l’altu pratuPalatini è Eroi caminanu à u to latu RIPIGLIUMa la to risa canta e schiatta cum’un fioreChì u dulore pianti e sbucci l’amoreChì u furore pianti e sbucci l’ amore.(…)Quì si pensa assai svegliu a lutte l’oreGhjunt’hè tempo di guai e di sgarbe a lu coreDa la corte a la cellula u spiritu in rivoltaA mente cum’un’acella versu tè si ne volta. Parler de Battì tant d'années après n'est pas vraiment un exercice facile mais bon la facilité n'a jamais été notre point fort, amicu. C'est vrai, ça doit faire bientôt 33 ans si je ne me trompe que tu es parti, assassiné par un colon parmi tant d'autres, un occupant parmi tant d'autres. Roussel je crois. La première fois, ce devait être au printemps ou en été après mon évasion, 1984. On m'a dit qu'un jeune machjaghjolu voulait me voir, jeune car j'avais 10 ans de plus que vous. Tu en avais probablement 24 et très rapidement tu m'as appelé le vieux. Sur une route déserte, peut-être du côté du désert des aggriates, la moto est arrivée, vachement bruyante. Tu aimais les motos et a même essayé plus tard de faire de moi un motard, sans succès. Très vite on a parlé tous les deux, probablement durant des heures comme d'habitude. Tu avais le sourire, ton éternel sourire, o croce, et une putain de foi, tu y croyais, nous y croyions tous comme des malades. De cette maladie qui nous a fait vivre à 4, toi Macgyver, Panda, Dob et moi le vieux pendant des semaines, des mois, des années, cette vie commune de frères, de soldats, de militants, de machjaghjoli. Une vie pas toujours facile avec de bons moments et d'autres qui, finalement étaient bons aussi parce que c'étaient nos moments. Je sais que, là où tu es, tu n'en regrettes rien, moi non plus d'ailleurs. La route nous l'avons tracée ensemble, non pas tamanta strada mais passu à passu. Tu sais, je parle de toi parce que nous autres, les trois autres, nous sommes vivants mais toi c'est nous comme nous sommes tous les trois morts un peu avec toi. Battì, nos enfants portent ton prénom, toi tu portes encore nos rêves. Beaucoup de gens parlent de toi, qu'ils t'aient connu ou pas parce que tu le mérites. Tu restes à jamais un exemple, un phare, une lumière, tamanta luce, celle de ton éternel sourire. Des décennies passent mais toi tu demeures. Ne me pose pas de questions, ne me demande pas ce qui a changé, en bien ou en mal. Tu sais, Battì, Panda doit se souvenir d'une de nos dernières soirées, avant mon arrestation, avant qu'il ne te tue. Tu voulais poser le sac parfois, planter des tomates, toi le vigneron. Sur le tard, je plante des tomates et, comme un vieux con, parfois je pense à toi. Oui tu as au moins échappé à ça, être un vieux con mais rassure toi, j'ai retenu tes leçons, je garde le sourire. Ce soir c'était sympa de parler avec toi, de parler de toi. Qui étais tu parce qu'ils veulent peut-être savoir. Tu étais et tu es l'archétype du militant, tu es corse autant si ce n'est plus que nos montagnes, tu es cette eau vive, la seule qui vaille la peine d'être transmise à nos jeunes, à cette jeunesse, à ces générations. Tu es l'eau éternelle à laquelle ils doivent s'abreuver et garder le sourire comme tu as as toujours su le faire avec courage et dignité. Fratellu, simu sempre à fiancu à tè per l'eternu.Carlu PIERI

Hè esciutu u numaru d’Uttobre !

Hè esciutu u novu numaru di U Ribombu Internaziunale ! Da leghje : - A rientrata pulitica di Corsica Libera - U cartulare #Iwas - Corse : le pari d’une création décomplexée ? La filière industrielle en question : réflexion sur l’avenir et la structuration d’un “Cinéma des peuples en luttes” - L'analisa di u referendum in Kanaky È cumè sempre a pena di Cultura cù Spartimusica è di lingua corsa cù l'Adecec Voce Nustrale

In Memoria d’Antone Acquaviva

Antone Acquaviva fù un giurnalistu di prima trinca, è da « Ce soir » d’Aragon à « U Ribombu », passendu da « l’humanité », messe sempre a so piuma è i so talenti di scrittore à u serviziu di a causa chì li paria a più ghjusta. Ma, da e machje di u Morvan à a Lotta di Liberazione Naziunale di u nostru populu, ghjè statu dinù un cumbattente di a libertà, l’eternu resistente chì s’hè sempre rivultatu contr’à tutte l’inghjustizie fatte à u so populu, è à l’Umanità sana. Micca solu cù e so parolle , o i so scritti luminosi, ma dinù incù l’atti diterminati di l’omu senatu è curagiosu ch’ellu era. Fermerà per u sempre à fianc’à noi, è u so esempiu guiderà i nostri passi sin’à a vittoria. Quella di una Corsica libera è fraterna.

“Indépendantiste” da Jean-Guy Talamoni

En ces temps politiques, confus à maints égards, les choses les plus simples méritent d’être précisées. Ainsi, ces derniers mois, l’interpellation suivante m’a-t-elle souvent été adressée : « Que signifie, aujourd’hui, être indépendantiste corse ? » L’idée d’autonomie ayant conquis une large partie de la droite et de la gauche insulaires – sans pour autant, du reste, provoquer la moindre évolution de la position parisienne -, elle est devenue une sorte d’évidence théorique, peu destinée cependant, du moins à court terme, à être mise en pratique… L’indépendance paraît être une option plus audacieuse. Mais au fond, devant l’incapacité de l’Etat jacobin à se réformer, ne constitue-t-elle pas désormais la voie la plus praticable ? Laissons pour l’heure cette question ouverte. Ce n’est pas précisément la problématique que je traiterai dans les lignes qui suivent, mais celle de la justification historique et politique de la position indépendantiste corse… “Si je suis indépendantiste et non autonomiste ou régionaliste, c’est parce que j’ai la conviction que notre souveraineté est inaliénable et qu’elle n’a pu être confisquée par aucun autre pays.“ La Corse est – cela me semble évident depuis mon enfance – un pays à part entière, une nation de droit naturel, avec son territoire aux limites peu discutables, sa langue, sa culture, son imaginaire. S’agissant de ce dernier, quatre cents ans de domination de la Sérénissime n’ont pas atténué l’opposition entre les mentalités corse et génoise. Les publications polémiques opposant les responsables des deux camps durant la Révolution du XVIIIe siècle le montrent parfaitement : par-delà la haine et la mauvaise foi inhérentes à ce genre de situations, on constate une profonde incompréhension réciproque, une confrontation entre deux systèmes de valeurs. Les Génois se moquaient de la pauvreté des Corses. Les Corses méprisaient l’esprit de lucre des Génois et leurs maigres qualités guerrières… Bien entendu, de part et d’autre, ces appréciations n’avaient rien d’objectif : il s’agissait uniquement de représentations, mais l’on sait que les représentations finissent souvent par s’imposer dans le monde réel. Quant aux deux cent cinquante ans de présence française, l’acculturation à l’œuvre n’a pas permis d’effacer une spécificité corse souvent vue, du reste, de façon très négative de l’autre côté de la mer. La rémanence de cette personnalité nationale fait que notre droit à l’indépendance demeure parfaitement d’actualité. Ce droit a été défendu par les armes, et ce jusqu’en ce début de XXIe siècle. Il continue à l’être, aujourd’hui, par différents moyens. Car la perte de notre souveraineté est exclusivement due à l’annexion française par le fer et le feu. C’est une situation de fait et non de droit. Elle nous a été imposée. Si je suis indépendantiste, c’est parce que je ne considère pas cette situation de fait comme irréversible. C’est parce que je n’accepte pas que la Corse ait pu être amputée de sa souveraineté, donc de son droit à choisir ses interdépendances. Je n’accepte pas que l’on nous ait interdit, de fait, toute relation culturelle ou économique avec le monde italique. Je n’accepte pas que notre rapport au sud de la Méditerranée ait été réduit à une participation à « l’aventure » coloniale française. Les Marocains, Algériens, Tunisiens, avaient vécu la même agression que nous, avec un décalage de quelques décennies. Par quel revirement de l’histoire pouvions-nous être du côté de l’agresseur commun ? Si je suis indépendantiste, c’est parce que je considère que la disparition de la nation corse n’a rien d’inéluctable. C’est parce que cette nation vit dans nos pensées, dans nos mots, dans nos livres, dans nos gestes les plus prosaïques comme dans nos déclarations solennelles. Dans la mémoire de nos anciens comme dans les balbutiements de nos enfants. Parce qu’elle est encore une réalité et que notre devoir est de la préserver et de continuer à la faire vivre. Si je suis indépendantiste, ce n’est nullement par haine de la France – dont j’admire la culture – mais par amour de la Corse. C’est parce que la Corse ne sera jamais une région ou une province. Si elle abdiquait sa vocation nationale, elle renoncerait à être. Si je suis indépendantiste, ce n’est pas par esprit passéiste mais parce que je suis convaincu que sur les plans économique, social, culturel, politique, l’indépendance correspond aux besoins des Corses d’aujourd’hui. Si je suis indépendantiste, c’est parce que je crois que la Corse a encore des choses à dire à l’Europe et au monde. Citoyens européens, nous devons l’être, comme nos amis Catalans ou Ecossais, par notre choix propre et non par une décision étrangère. Si je suis indépendantiste et non autonomiste ou régionaliste, c’est parce que j’ai la conviction que notre souveraineté est inaliénable et qu’elle n’a pu être confisquée par aucun autre pays. Parce que je suis indépendantiste, j’estime que c’est nous faire injure que de nous « concéder » quelque droit que ce soit. Nos droits, nous les tenons de l’ordre naturel et nous attendons simplement qu’ils soient reconnus par tous ceux qui prétendent être traités en amis. Parce que je ne suis pas autonomiste, je n’ai jamais pénétré un ministère parisien avec l’espoir d’un début d’« émancipation », car je ne me considérais pas comme l’un des représentants d’un « peuple enfant ». Toute avancée politique éventuelle, quelle que soit son ampleur, doit être replacée à travers notre volonté collective dans une perspective de souveraineté pleine et entière. Parce que je suis indépendantiste, et quoi qu’ayant toujours été ouvert au dialogue, je n’ai jamais envisagé un instant de reconnaître l’arbitrage de la force injuste ayant accablé notre pays au XVIIIe siècle. Parce qu’être indépendantiste, c’est contester résolument le moindre droit pérenne sur la terre de Corse au bénéfice d’une entité étrangère. C’est, à mon sens, en gardant tout cela à l’esprit qu’un indépendantiste pourra envisager, demain, un réel dialogue avec Paris.

Populu è immigrazione : Quì simu in Corsica

Conférence de presse de Corsica Libera sur La promotion du peuple corse et de ses droits du 28 octobre 2015 : Le débat récemment organisé à l’Università di Corsica sur la notion de « communauté de destin » a donné lieu à une large participation de la jeunesse à travers notamment les syndicats étudiants. Des prises de positions très intéressantes ont été effectuées à cette occasion. Nous nous reconnaissons tout particulièrement dans l’intervention, équilibrée et responsable, de la Ghjuventù Indipendentista.Ce débat constitue pour nous l’occasion de préciser notre propre position en ce domaine. Héritier de la lutte des nationaux corses du XVIIIe siècle, le mouvement moderne de libération nationale combat naturellement pour la défense des intérêts politiques de notre peuple, dont il convient de rappeler qu’il est la seule communauté de droit sur la terre corse. Le peuple corse, seule communauté de droit sur la terre corse Comme l’avait solennellement déclaré l’Assemblée de Corse en 1988, à travers une motion déposée par le groupe de A Cuncolta Naziunalista, notre peuple est composé de Corses d’origine et de Corses d’adoption. Lorsque, il y de nombreuses années, le FLNC a adopté la notion de « communauté de destin », cette dernière ne signifiait pas qu’il suffisait de fouler le sol de l’île pour devenir corse instantanément. L’adoption dont il est question suppose une volonté de participer à notre peuple, ainsi qu’un processus d’intégration. Ce mode d’intégration fonctionne depuis toujours dans notre pays et il a conduit au peuple corse actuel.Aujourd’hui, cette communauté nationale, qui a adopté des étrangers tout au long de son histoire, se pose légitimement la question de son avenir, compte tenu de la politique migratoire mise en œuvre par la France sur le territoire corse : 4000 à 5000 personnes s’installent chaque année dans notre pays. Notre taux d’immigration est deux fois plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE, et quatre fois plus élevé que le taux de la France ! (Et oui, contrairement à une idée répandue dans l’hexagone, ce dernier est loin d’être accueillant !)Nos taux de chômage et de précarité sont extrêmement élevés. Notre langue, vecteur majeur d’intégration depuis le fond des âges, est aujourd’hui en danger, ce qui rend les choses encore plus difficiles. Pour autant, les nationaux corses n’ont jamais eu et n’adopteront jamais le discours égoïste qui caractérise aujourd’hui une large part du paysage politique français. Pour paraphraser Michel Rocard « La Corse ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre sa part », propos que le Premier ministre français appliquait quant à lui à son propre pays, conciliant humanisme et bon sens, éthique de conviction et éthique de responsabilité. S’agissant de l’immigration économique, on peut dire que jusqu’à présent la Corse en a pris plus que sa part, ce qui est tout à son honneur mais qui pose pour l’avenir le problème du contrôle par notre peuple de ses flux migratoires, pouvoir dont disposent déjà les Catalans et que le mouvement national revendique depuis fort longtemps.Corsica Libera continuera à militer pour que les institutions de la Corse bénéficient enfin de ce droit de contrôle et de régulation des flux migratoires. La question de l’intégration : ici c’est la Corse La générosité de notre peuple à l’égard de ceux qui sont venus sur sa terre pour trouver de meilleures conditions d’existence implique pour ces derniers de souscrire à un « pacte d’intégration ». Le prélude à ce pacte est naturellement une reconnaissance et un respect réciproque. Ici, ce n’est pas la France mais la Corse. C’est donc la Corse qui accueille les étrangers. La reconnaissance par ces derniers de ce fait incontournable est évidemment la moindre des choses. De la même manière et de façon réciproque, les étrangers voient leurs droits reconnus, au premier rang desquels le droit à une vie matérielle décente et à une progressive intégration.S’agissant des différents modèles d’intégration, celui de la France montre actuellement ses limites, de façon cruellement évidente. Le modèle « multiculturaliste » à la canadienne n’est pas davantage le nôtre : il n’y aura pas sur notre terre de communautés juxtaposées et concurrentes. Nous nous prononçons clairement pour un rejet à la fois du modèle français d’intégration et du modèle multiculturaliste. Un modèle corse doit s’affirmer. Il puise ses racines dans la tradition insulaire du XVIIIe siècle. Rappelons l’attitude extrêmement ouverte de Pasquale Paoli, notamment à l’égard des Juifs : les individus disposaient des mêmes droits quelles que soient leurs origines et confessions. En revanche, il n’était nullement question de nier la place du christianisme dans notre société. Observons que ce modèle corse de gestion de la diversité est proche de l’« interculturalisme » que les Québécois ont notamment développé face au multiculturalisme canadien (cf. travaux de la commission Bouchard-Taylor). Or, c’est ce modèle que le Conseil de l’Europe privilégie depuis la consultation de 2006-2007, rejetant dos à dos d’une part la version française de « l’intégration républicaine » faisant appel à une notion abstraite de « citoyen » détachée de toute réalité, et d’autre part le multiculturalisme qui encourage les communautés à vivre séparément sur un même territoire. Pour les tenants de l’interculturalisme, la vie commune ne peut s’organiser qu’à partir du peuple d’accueil, disposant d’une langue et de valeurs spécifiques et autour duquel s’agencent nécessairement la vie du pays et l’intégration de ceux qui souhaitent y demeurer, même s’il n’est pas demandé à ces derniers de renoncer à leurs religions et à leurs racines. Il existe une « préséance » du peuple d’accueil et de sa « culture fondatrice », pour reprendre la terminologie québécoise. C’est ce que nous exprimons pour notre part en affirmant que le peuple corse est le seul peuple de droit sur la terre de Corse.   La question de la laïcité Ici encore, le modèle français ne correspond ni à nos intérêts ni à nos traditions politiques. Sous l’autorité de Pasquale Paoli, la Corse a inventé un Etat laïque dès la moitié du XVIIIe siècle, ce qui était alors impensable en France et dans le reste de l’Europe. La séparation entre l’ordre ecclésial et l’ordre politique était réalisée, opération extrêmement audacieuse à l’époque. Les Juifs vivant dans l’île disposaient du droit de vote comme les autres citoyens. Il ne s’agissait pourtant pas d’une démarche d’éjection du fait religieux, d’un laïcisme comme celui que la Révolution française créera quelques décennies plus tard. Ce laïcisme français conduit actuellement à des comportements ineptes, comme interdire les crèches dans les lieux publics. Cette laïcité qui prétend effacer les racines culturelles chrétiennes de l’Europe n’est pas la nôtre. La laïcité que nous enseigne la tradition politique corse est fondée sur un respect réciproque. Ici encore, il n’est pas question de renoncer à ce que nous sommes et notamment à l’enracinement culturel chrétien de notre société. La laïcité corse garantit à tous les individus les mêmes droits, quelles que soient leurs religions. Elle donne à chacun la possibilité de se livrer de façon digne au culte de son choix. Elle admet depuis toujours, pour faciliter la vie en commun, ce que les Québécois appellent les « accommodements raisonnables ». La laïcité, dont la raison d’être est de permettre le vivre ensemble, place toutes les personnes, de toutes confessions, dans une position de stricte égalité du point de vue politique, administratif, et quant à leurs droits individuels. En revanche, il n’est pas envisageable de mettre sur le même plan le christianisme, intégré culturellement dans notre pays depuis deux millénaires, et les autres religions présentes dans l’île. On comprendra aisément par exemple que nos fêtes religieuses aient vocation à demeurer ce qu’elles ont toujours été, et que notre laïcité ne conduira pas à leur substituer celles d’autres religions présentes dans l’île.  La crise des réfugiés Il ne s’agit pas ici d’un cas d’immigration économique mais de réfugiés que la guerre a jetés vers l’Europe. Que faire devant cette urgence ? Tenter de barricader ses portes en tremblant, comme certains le suggèrent? Ceux qui ont « une certaine idée de la Corse », ceux qui considèrent que nous sommes une nation, et non une population apeurée sur un morceau de territoire français, ne peuvent avoir cette attitude. En premier lieu, parce que le droit d’asile relève du jus gentium appliqué par tous les pays civilisés. En second lieu, parce que cette forme particulière d’hospitalité est chez nous essentielle, de par nos racines culturelles chrétiennes et notre propre tradition politique. À cet égard, le paolisme n’a pas fini de nous délivrer ses enseignements.En tout état de cause, il convient d’observer que la participation de la Corse à l’effort européen concernera seulement quelques dizaines de personnes à accueillir.Par ailleurs, ne peut-on mettre à profit l’émotion suscitée par cet épisode dramatique pour fédérer toutes les ressources disponibles dans le sens d’une solidarité organisée face à toutes les situations de détresse ? L’Assemblée de Corse ne pourrait-elle se doter d’une entité politique en charge de la coordination de l’ensemble des administrations, des associations et des particuliers, non seulement pour participer – dans la mesure de nos modestes capacités – à la gestion de la présente situation de crise, mais à plus long terme pour venir en aide à tous ceux qui dans l’île éprouvent les plus grandes difficultés ? C’est ce que le groupe Corsica Libera a officiellement proposé à l’Assemblée de Corse lors du débat public du 2 octobre 2015. Ainsi, non seulement les détresses locales ne seraient pas délaissées au profit des réfugiés mais ces derniers auraient provoqué une prise de conscience salutaire au bénéfice de tous. Car la générosité et la solidarité n’ont pas vocation à se diviser mais à s’additionner. La citoyenneté : un pont entre le statut de résident et la nationalité corse de demain Le statut de résident, adopté par l’Assemblée de Corse, constitue une avancée importante dont nous devons obtenir la mise en œuvre par Paris. Pour autant, il ne saurait constituer une fin en soi. Nous militons pour une citoyenneté corse, laquelle devra conduire à terme à l’institution d’une véritable nationalité.  Une citoyenneté fondée sur dix ans de résidence à titre permanent (critère retenu depuis une quinzaine d’années par l’ensemble des formations nationalistes dans le cadre de « A Cunsulta Naziunale ») ainsi qu’une connaissance de notre langue (compétence de niveau A2, critère proposé par le rapport de la mission universitaire sur l’avenir de la Corse d’avril 2011).Cette citoyenneté permettrait d’accéder à la propriété immobilière, à l’emploi, ainsi qu’à l’inscription sur les listes électorales.Observons que la corsisation et la corsophonisation des emplois demeurent des axes essentiels de la politique que nous préconisons. Enfin, précisons que ces propositions de notre part, bien que parfaitement cohérentes avec l’objectif d’indépendance nationale, ont vocation à être mises en œuvre par les autorités corses dès la prochaine mandature, quitte à ouvrir des contentieux avec l’Administration de l’Etat français. Corsica Libera

Aleida Guevara, fille d’Ernesto “Ché” Guevara, soutient l’amnistie

De passage en France, pour une rencontre sur la Tricontinentale (organisation créée à la Havane en 1966 regroupant les forces « anti-impérialistes » d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine), Aleida Guevara, fille du révolutionnaire Ernesto “Che” Guevara s’est rendue au Centre international deculture populaire, une maison associative anticolonialiste de solidarité internationale, où la Section à Paris de l’Associu Sulidarità, organise régulièrement des soirées de solidarité et d’information en faveur des prisonniers politiques corses et de leurs familles. Un représentant à Paris de Sulidarità a pu, ce vendredi 25 septembre 2015, s’entretenir avec Madame Guevara et prendre une photo avec elle en solidarité avec la Campagne “AMNISTIA !” pour la libération de nos prisonniers politiques. Un geste fort internationaliste, de cette personnalité qui continue à œuvrer pour les idéaux de son père. Geste important notamment alors que la jeunesse corse se mobilisent pour nos prisonniers et que Paul-André Contadini, met sa vie en danger pour faire valoir ses droits! Evviva a sulidarità internaziunale ! Libertà per tutti i prighjuneri pulitichi corsi incarcerati ! Amnistia ! Sylvain AlesandriniAssociu Sulidarità – sezzione in Pariggi
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